Diversité biologique et diversité linguistique vont souvent de pair : près de la moitié des langues du monde sont parlées dans seulement 35 « hotspots » de biodiversité*.
Diversité biologique et diversité linguistique vont souvent de pair : près de la moitié des langues du monde sont parlées dans seulement 35 « hotspots » de biodiversité*.
Peut-on traiter la biodiversité comme un enjeu économique à part entière ? C’est la question que Reporters d’Espoirs a posée à des spécialistes du sujet. Valeur de la nature, rentabilité écologique, manière de raconter le vivant : autant de thématiques sur lesquelles les experts livrent leur position, en vidéo.
Un guide récemment publié en anglais par l’UNESCO et le Représentant pour la liberté des médias de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), intitulé « Reporting the Environment : A Practical Manual for Journalists » (Couvrir l’environnement : un manuel pratique pour les journalistes), explique comment les journalistes peuvent aborder les problèmes courants rencontrés dans le journalisme environnemental.
La science est un langage qui doit être traduit pour être compris. Aussi, les journalistes traduisent chaque jour des connaissances scientifiques complexes pour les rendre accessibles au grand public. Les mots qu’ils choisissent, les récits qu’ils façonnent et les sources qu’ils mobilisent influencent la manière dont la biodiversité est perçue.
Comment trouver le bon équilibre pour rendre la science accessible tout en respectant sa rigueur ? Voici quelques pistes pour explorer différentes manières de parler de la biodiversité.
Aurélien Dufromont est professeur documentaliste depuis trois ans au collège Carlin Legrand de Bapaume. Il a découvert le journalisme de solutions lorsqu’il préparait le concours du CAPES. Depuis, il évoque régulièrement le sujet avec ses élèves. Il reconnaît qu’il s’en sert au quotidien depuis la formation qu’il a reçue de la part de Reporters d’Espoirs et du CLEMI (CLEMI national, des académies de Créteil et Lille) qui ont mis au point leur pédagogie en 2024. Au même titre que 30 autres enseignants de collèges et lycées, il a suivi la formation “EMI et compétences psychosociales”. Celle-ci présente le journalisme de solutions comme un levier pour développer des compétences cognitives et sociales.
Le kit est à disposition des enseignants d’écoles, collèges et lycées qui l’utilisent notamment à l’occasion de la Semaine de la presse à l’école – chaque année au mois de mars. Au programme : du terrain plutôt que de la théorie, des ateliers et des exercices pratiques.
Deux ans auparavant, Aurélien avait lancé une webradio scolaire dans le cadre du dispositif WRS Studio, du département. La première année, le collège s’est doté d’un enregistreur zoom, qui permet de faire des interviews avec un son de qualité. La deuxième année, s’ajoute un dispositif encore plus ambitieux : “le département nous offre le matériel studio professionnel, donc le broadcaster, les micros, les casques, tout ce qui va bien pour réaliser des émissions en conditions professionnelles” explique-t-il.”
Le but ? Construire une émission avec plusieurs formats radiophoniques sur le développement durable. Le tout avec l’aide d’une journaliste, qui est intervenue durant cinq sessions de deux heures pour encadrer les élèves et réaliser l’émission sur le thème du gaspillage alimentaire. D’une durée de vingt minutes, cette dernière a été diffusée en direct le 9 juin 2026 auprès des douze collèges du Pas-de-Calais qui ont participé au projet. Les radios associatives alentour l’ont même retransmise sur leurs ondes. À noter, 40 enseignants dont Aurélien ont suivi une formation similaire sur le département.
M. Dufromont reconnaît que la diversité des niveaux dans son club radio, de la 6e à la 3e, complique parfois « la gestion des compétences des uns et des autres quant au maniement de la web radio« . La formation permet de “se recentrer sur du pratico-pratique, pour en faire quelque chose de simple et efficace”, indique-t-il. “Je pense que la rencontre avec une professionnelle des médias, ça change carrément la donne pour les élèves”, appuie l’enseignant. “C’est un peu le projet parfait pour l’EMI, ce type d’initiative”.
La compréhension du journalisme de solutions s’est faite “presque de manière instinctive grâce à la réalisation de l’émission”. L’un des deux collégiens présentant l’émission en direct “constate réellement comment se construit l’info”, rapporte le professeur. Concernant l’impact de son travail, Aurélien Dufromont se réjouit : « le fait que les autres élèves voient leurs camarades manier le matériel et faire des interviews attise leur curiosité. Une heure par semaine est consacrée à ce ‘club radio’. Les élèves ont compris que pour faire quelque chose de plus conséquent, en variant les formats par exemple, il faudrait encore plus de temps », conclut-il.
Marine Issartel
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