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Reporters d’Espoirs

Libé des solutions : « C’est l’un des journaux les mieux vendus de l’année »

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18 ans après son lancement, l’édition spéciale créée avec Reporters d’Espoirs s’avère toujours performante : +34% de ventes l’année dernière. Elle plait aux lecteurs – ce qui n’est pas la moindre des qualités pour un journal qui a vocation à être lu ! – et aux journalistes qui ont progressivement intégré la méthode du journalisme de solutions. Nous avons voulu savoir comment les choses s’organisent et sont perçues au sein du journal. 

En 2007, Libération lançait en partenariat avec Reporters d’Espoirs, un numéro spécial consacré au journalisme de solutions. Après plusieurs années de coopération, la rédaction du quotidien national s’est emparée pleinement du projet. Et c’était bien l’objectif. Dix-huit ans plus tard, le Libé des solutions paraît toujours, chaque 31 décembre. « Si j’étais très cynique, je dirais que si on continue à le faire, c’est parce que c’est un des journaux qui se vend le mieux de l’année », lance Michel Becquembois, responsable des éditions spéciales chez Libération. Et c’est vrai. En 2024, il a fait +34% de ventes par rapport à un numéro classique sur la même période, et +38% en 2023. Mais s’arrêter aux ventes, ce serait passer à côté de l’essentiel. 

Se forcer à porter un regard différent

Derrière ce succès commercial, il y a un vrai projet éditorial. Et si une fois par an, on se forçait à regarder l’actualité autrement ? Michel Becquembois pilote le Libé des solutions depuis 2021. Il en est à sa cinquième édition. Pour lui, ce numéro annuel joue un rôle précis au sein de la rédaction : « Quand on est entraîné par le flux de l’actualité, on se laisse facilement emporter par les guerres, les conflits, le terrorisme, les arrangements politiques. Se forcer à porter un regard différent, ça nous aide. C’est un aiguillon qu’on se met à nous-mêmes. » 

Un constat que partage Elsa Maudet, cheffe adjointe du pôle société de Libération, qui contribue au numéro depuis plusieurs années. « Assez naturellement, on va vers ce qui dysfonctionne. Et évidemment, il faut le faire. Mais si on n’a que du négatif, en tant que journalistes, il y a un vrai impact sur le moral. Cette spirale peut être un peu mortifère. » 

Pour les deux journalistes, le Libé des solutions n’est donc pas un simple « feel good journal », mais une tentative de rééquilibrage. Une manière de rappeler que le réel ne se limite pas à ce qui échoue, et que raconter ce qui fonctionne relève aussi d’un travail journalistique exigeant.

« Le journal de Gandhi »

Depuis 2007, le Libé des solutions a bien évolué. À ses débuts, le concept était flou. Ou mal perçu. Parfois moqué en interne. « On parlait de “Libé des bonnes nouvelles », raconte Michel Becquembois. Certains raillaient ce numéro en disant que c’était le journal de Gandhi, qu’on allait raconter que tout va bien. » Avec le temps, le concept s’est affiné. Reporters d’Espoirs y a signé des reportages sur la mafia en Sicile (et comment lutter contre), ou sur des entreprises au bord de la faillite (qui s’en sont relevées à force d’ingéniosité) : quand les narrations comportent une part de tension et de résolution, cela aide à convaincre.

Le journalisme de solutions a depuis un certain temps été théorisé, clarifié, et débarrassé de son angélisme supposé. La profession, aussi, a fait un peu de travail sur elle-même, sur ses biais… « Ce n’est pas un journalisme qui nie les problèmes, précise Michel Becquembois. On va chercher des choses constructives, mais on garde notre esprit critique de journalistes. » Aujourd’hui, cette distinction est largement intégrée dans la rédaction. Et le Libé des solutions est devenu un exercice assumé, qui « nous fait du bien », assure-t-il.

Un numéro « normal », sans supplément

L’un des choix éditoriaux les plus structurants concerne la forme. Contrairement à ses débuts, le Libé des solutions n’est plus un cahier à part, ni un journal entièrement dédié à un thème unique. « C’est le Libé des 31 décembre et 1er janvier, un Libé normal, avec une pagination normale et un chemin de fer classique, explique Michel Becquembois. Sauf que dans chaque séquence (international, politique, économie, société) on s’astreint à proposer un ou plusieurs sujets relevant du journalisme de solutions. »

« On peut parler des trains qui arrivent à l’heure,
mais ce n’est pas pour dire que tout a été rose pendant le trajet.
»

Ce choix n’est pas anodin. Il évite de cantonner le journalisme de solutions à un espace marginal et affirme qu’il s’agit avant tout d’une grille de lecture posée sur l’actualité, pas d’un genre à part. La date choisie est également stratégique, puisque l’actualité se calme généralement pendant les fêtes de fin d’année. Et si « l’actu chaude » de la veille peut être propice à ce type de traitement de l’information, le secret, c’est le « mag » : « On prépare ça bien en amont », indique Michel Becquembois, à l’affût de sujets auprès des correspondants à l’international dès le début de l’automne. 

Dans les coulisses d’un reportage « solutions »

Pour l’édition parue ce mercredi 31 décembre 2025, Elsa Maudet a choisi de travailler sur Atypie Friendly, un dispositif d’accompagnement d’étudiants présentant des troubles du neurodéveloppement, notamment des étudiants autistes. Né à Toulouse, le programme est aujourd’hui déployé dans 37 établissements d’enseignement supérieur.

Avant de se rendre sur place, la journaliste a appliqué les mêmes réflexes que pour n’importe quel autre sujet : vérifier l’envergure du dispositif, mesurer son impact réel, confronter les points de vue. « La première question qu’on s’est posée avec Michel, c’était : est-ce que ce n’est pas trop anecdotique ? Si ça concerne deux personnes et demie, ça n’a pas grand intérêt. » Un critère utile pour choisir un sujet orienté solutions qui soit convaincant. Sur le terrain, Elsa Maudet observe un dispositif structuré, porté par une équipe pluridisciplinaire, mais aussi imparfait. Certains étudiants décrochent. Le programme est parfois accusé de ne concerner que des profils déjà favorisés. Des critiques qu’elle prend en compte, et auxquelles la journaliste confronte les acteurs du projet. 

Toujours choisir son sujet soi même

Pour s’assurer de ne jamais jouer le jeu d’une marque, de rentrer dans la communication, ou simplement de vendre du rêve, les deux journalistes insistent sur la nécessité de garder une distance critique, notamment face aux sollicitations extérieures. « Je reçois beaucoup de communiqués de presse me disant “on fait quelque chose de formidable, parfait pour votre Libé des solutions », raconte Michel Becquembois. Ça ne nous suffit jamais, affirme-t-il. Le garde-fous, c’est que l’on s’astreint à définir nous-mêmes tous nos sujets. »

Même vigilance du côté d’Elsa Maudet. « Quand quelqu’un vient toquer à ta porte en disant “regarde comme c’est super ce que je fais”, il faut être encore plus attentif. Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas traiter le sujet, mais il faut se renseigner, vérifier, confronter. » 

Pour Michel Becquembois, comme pour la méthode proposée par Reporters d’Espoirs, faire du journalisme de solutions ne rime pas avec négation des dysfonctionnements. « On peut parler des trains qui arrivent à l’heure, mais ce n’est pas pour dire que tout a été rose pendant le trajet. » Autrement dit, la recherche de réponses concrètes ne dispense jamais de l’esprit critique, ni de la mise en évidence des limites, des échecs ou des angles morts d’une initiative. « Parler d’un sujet positif, ça n’empêche pas de faire apparaître des bémols. Au contraire, c’est sain », ajoute Elsa Maudet, pour qui raconter ce qui fonctionne n’exonère jamais de la rigueur journalistique. 

Un laboratoire qui infuse lentement

Si le Libé des solutions reste un rendez-vous annuel, ses effets dépassent largement le 31 décembre. « Pendant l’année, il m’arrive de dire en conférence de rédaction : ce sujet aurait été parfait pour le Libé des solutions, raconte Michel Becquembois. Et en fait, on le publie quand même, en avril ou en juin. C’est très bien aussi. »

Elsa Maudet, elle, se méfie du « tout positif », mais revendique une nécessité sociale. « Les lecteurs ne veulent pas que du positif. C’est une question d’équilibre. Mais d’un point de vue sociétal, oui, il faut aussi raconter ce qui fonctionne », assure la journaliste, qui souligne d’ailleurs une « demande assez forte de la direction » de Libération pour que la rédaction produise davantage de sujets positifs tout au long de l’année. Il faut dire que tous les médias ou presque ont vu apparaître ces dernières années dans leurs études de lectorat une demande croissante du public pour ce genre de contenus – ce dont témoignent Le Monde Diplomatique comme Le Figaro.

Commencer 2026 avec un journal moins anxiogène, sans renoncer à l’exigence critique, voilà la promesse du Libé des solutions. Non pas un antidote magique à l’actualité trop souvent négative, mais une respiration pour entrer dans la nouvelle année.

Jeanne Tesson // Reporters d’Espoirs

Le prix Reporters d’Espoirs, un  « fortificateur de confiance » pour Pierre Terraz, journaliste de 28 ans déjà multiprimé

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Crédit photo Pierre Terraz

Lauréat du Prix européen jeunes Reporters d’Espoirs pour « Nommer, c’est faire exister » : sur la trace des morts anonymes, ce qui lui a valu d’être publié dans Le Figaro et de recevoir un prix de 2500 euros, Pierre Terraz a depuis été distingué, en octobre 2025, du prix Bayeux des correspondants de guerre pour une série de reportages intitulée « Birmanie : plongée clandestine dans la guerre civile ». 

Le jeune journaliste de 28 ans, qui cumule les distinctions -il a également reçu le Prix de la Fondation Lagardère-, s’est spécialisé dans les reportages à l’étranger, notamment au Bangladesh, en Thaïlande, en Malaisie, en Birmanie et en Indonésie. Il nous livre sa vision du journalisme de solutions et du prix Reporters d’Espoirs. 

Pierre Terraz : Les prix et les bourses de ce type sont des “fortificateurs de confiance”. C’est vraiment ça que j’ai ressenti en recevant le Prix européen jeunes Reporters d’Espoirs. Ça apporte de la crédibilité à notre travail, et de la visibilité aussi certainement. On se dit qu’on est sur la bonne voie, et c’est d’autant plus important que notre métier n’est pas facile. Recevoir un prix, ça aide à vraiment se lancer avec confiance. A la dotation financière qui est forcément très sympa à recevoir, s’ajoute la satisfaction d’être validé par des pairs. Ce qui m’a fait le plus plaisir en recevant le prix, c’était que le jury comportait des professionnels de l’AFP, du Figaro, et des journalistes étrangers comme Paolo Levi aussi. Que mon travail soit validé par des gens plus âgés, plus installés, plus expérimentés que moi, c’est très stimulant !

« Quand vous êtes amené à couvrir un conflit sur le temps long, le journalisme de solutions devient une bonne option »

Pierre Terraz : A l’époque, j’étais déjà orienté sur les reportages à l’étranger, je ne le faisais pas régulièrement mais c’est ce que je voulais faire. Après le prix ça s’est un peu intensifié, j’ai eu plus de commandes pour partir à l’étranger, et notamment en Asie. De fait, en couvrant des zones de conflits, le journalisme de solutions, ce n’est pas le genre de reportages que je fais le plus souvent, mais il m’est arrivé d’en réaliser à plusieurs reprises, et de repenser à Reporters d’Espoirs. Par exemple, l’été dernier j’étais en Ukraine, où il y a énormément de soldats et de civils amputés, qui n’ont plus qu’une jambe ou qu’un bras. C’est un sujet un peu glauque, que je couvrais pour un magazine Suisse. J’ai tout de même opté pour un angle solutions. En Ukraine, avec la guerre, de nombreux clubs de foot pour amputés se sont montés dans les grandes villes du pays, pour les aider à surmonter les douleurs fantômes, à réapprendre à se servir de leur corps, et à le revaloriser. Il y a même désormais un tournoi national et international. Ce reportage a été complètement inspiré par le journalisme de solutions. 

Pierre Terraz : Quand on couvre un conflit, c’est assez compliqué de trouver des angles de solutions. Mais ils existent quand même. Les personnes victimes du conflit ou qui en pâtissent n’attendent pas la fin de la guerre pour commencer à se reconstruire. Tout cela se fait en même temps. Dans les médias classiques, le journalisme de solutions, ce n’est pas encore un réflexe, surtout pour couvrir les guerres. Mais j’observe que cela devient une manière intéressante de traiter les conflits sur le temps long. Au début du conflit, les médias sont très intéressés par ce qui se passe dans le pays. Mais après trois ou quatre années de guerre, il y a un espèce d’essoufflement de l’intérêt des médias, ou du public. Ils en ont assez. Donc quand vous êtes amené à couvrir le conflit sur le temps long, le journalisme de solutions devient une bonne option. Il permet de mettre en avant des initiatives locales pour faire face à la guerre, pour se reconstruire. Quand on a déjà beaucoup parlé des problèmes, c’est un bon moyen de continuer à capter l’attention médiatique sur la situation.

« La science n’est ni plus ni moins complexe à aborder que l’économie »

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Carole Chatelain nous a partagé en quoi ses études en littérature et en logistique internationale l’ont amenée au journalisme scientifique, comment les médias doivent adapter leurs métiers face aux défis environnementaux et pourquoi être sur le terrain est l’une des choses les plus importantes pour être journaliste à l’ère de l’intelligence artificielle.

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Les 6 lauréats du Prix européen Jeunes Reporters d’Espoirs 2025 dévoilés

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Pour sa 4ème édition, le Prix européen Jeunes Reporters d’Espoirs récompense six jeunes talents de moins de 30 ans. Leurs reportages, tournés vers l’Europe et la francophonie, mettent en lumière des réponses concrètes aux grands défis économiques, écologiques et sociaux.

Jeunesse, Médias & Démocratie : l’itinéraire des lauréats

Avant d’être mis en lumière, ces jeunes reporters ont dû relever un défi exigeant. Leur mission : réaliser un reportage en langue française sur un problème économique, social ou environnemental ; sur des initiatives qui y apportent des réponses concrètes, avec une dimension européenne.

Au terme de plusieurs mois de candidatures et d’un jury sélectif, elles et ils sont venus du Congo, du Canada, de l’île Maurice et des régions de France. Avant la remise des prix, ils ont participé à une immersion intense de 48h à Paris. Ce séjour, conçu comme un passage de témoin, leur a permis de rencontrer de grandes figures du métier, notamment la grande reporter Mémona Hintermann, ainsi que des journalistes de l’AFP et de France Médias Monde.

ls se sont également rendus à Europa Expérience pour raconter les reportages pour lesquels ils ont parcouru l’Europe. Mais ils ont fait plus que témoigner : le 15 septembre 2025, ils ont rejoint un collectif de 40 personnalités (journalistes, experts, acteurs économiques et culturels) pour débattre autour d’ateliers thématiques (jeunesse, numérique, biodiversité).

Ensemble, ils ont tenté de répondre à un défi majeur :

Comment l’information de solutions peut-elle restaurer la confiance des citoyens dans la démocratie européenne ?

C’est à l’issue de cette dynamique collective que les 6 lauréats du Prix européen Jeunes Reporters d’Espoirs 2025 ont été officiellement désignés.

Les 3 lauréats « France »

1er Prix : Amel Louzguiti – Seniors LGBT+ : des résidences pour passer l’hiver de sa vie en couleurs

Journaliste et vulgarisatrice scientifique, Amel Louzguiti s’intéresse dans cet article aux enjeux sociaux et culturels, reliant monde académique et grand public. Dans ce reportage, elle explore le quotidien des seniors LGBT+ en Europe, confrontés à la précarité, à la solitude et à la discrimination, et met en lumière les résidences inclusives qui leur offrent un cadre sûr et communautaire.

2e Prix : Emma D’Aversa – « Avec les Caravanes, on essaie d’abolir la prison pour mineurs »

Diplômée en histoire et en journalisme, Emma D’Aversa s’intéresse aux initiatives sociales et éducatives. Dans ce reportage, elle suit un séjour de marche collective pour mineurs en difficulté avec la justice, porté par l’association italienne Exodus, qui milite depuis 2020 pour l’abolition de la prison pour mineurs. À contre-courant du gouvernement de Giorgia Meloni et de son décret Caivano, le projet Pronti Via propose une alternative humaine et éducative face au phénomène croissant des baby-gangsters.

3e Prix : Thibaut Camboulives – La Sécurité Sociale de l’Alimentation : une idée qui fait son chemin

Journaliste spécialisé dans les questions sociales et environnementales, Thibaut Camboulives explore les expérimentations locales de la Sécurité sociale de l’Alimentation. Entre Cadenet, Montpellier, Bordeaux, Dieulefit, Toulouse, ainsi qu’en Belgique et en Suisse, il décrit des initiatives qui testent concrètement ce modèle innovant, prometteur de transformer en profondeur nos systèmes alimentaires et agricoles, malgré l’absence de vote national.

Les 3 lauréats « francophonie »

1er Prix : Esther Lubanza – Quand les petits villages ouvrent grand leurs portes : comment Camini transforme l’accueil des migrants en opportunité (République Démocratique du Congo)

Étudiante en sciences de l’information et de la communication, Esther Lubanza Ngangu s’intéresse aux dynamiques sociales et territoriales. Dans ce reportage, elle met en lumière Camini, village du Sud de l’Italie, qui accueille des migrants pour revitaliser sa vie économique et sociale, s’inspirant de l’expérience pionnière de Riace. À travers ce modèle d’hospitalité dispersée soutenu par les financements européens, elle montre comment un défi migratoire peut se transformer en opportunité au cœur des débats européens sur l’intégration.

2ème Prix : Alice Girard Bossé – Quand la salle d’urgence vient au patient (Canada)

Journaliste au quotidien québécois La Presse, Alice Girard-Bossé allie son expertise en neurosciences à son intérêt pour la santé publique. Dans ce reportage, elle suit les ambulances spécialisées pour les accidents vasculaires cérébraux (AVC), une initiative née à Hombourg, en Allemagne, et reproduite dans une vingtaine de villes dans le monde. Au cœur de ces équipes médicales, elle met en lumière leur détermination à sauver des vies grâce à des interventions rapides et innovantes.

3ème Prix : Kelly Gourdin – Semences libres : une licence pour résister aux multinationales (Maurice) Journaliste passée par Radio Pulsar et cofondatrice de l’association Aether Narratio, Kelly Gourdin signe un travail rigoureux qui prolonge un podcast réalisé en duo avec Hildegard Leloué. Elle y enquête sur la résistance face aux multinationales à travers les semences libres, dans la lignée de son projet « Éveille ta Ville », un tour d’Europe des solutions écologiques. Remis spécifiquement lors des Tribunes de la presse à Bordeaux, ce prix récompense une plume qui a fait ses débuts à l’île Maurice et qui défend une information cherchant des réponses plutôt que des divisions.

A propos du jury

Le jury 2025 était composé de personnalités engagées pour une information de qualité :

  • Marianne Barraux (AFP), Paolo Levi (La Stampa/ANSA), François Vey (Légende/Le 1), Ségolène Allemandou (ENTR), Dorian de Meeus (La Libre Belgique).

  • Pascal Canfin (Député européen), Nora Hamadi (France Inter), Serge Michel (Heidi.news), Alexia Kefalas (Le Figaro/France 24), Carolin Ollivier (ARTE).

  • Christophe Leclercq (Euractiv), Dorothée Merville (Fondation Hippocrène), Etienne Pflimlin (Fondation Crédit Mutuel) et Amélie Reichmuth (Lauréate 2024).

 

Espace Presse & Médias

Journalistes et créateurs de contenus : Les photos de la soirée et des lauréats sont à votre disposition. (Mention obligatoire : Copyright Augustin Perraud/Reporters d’Espoirs

Philippe Grandcolas à Bayard

« Il faut un changement culturel profond face à la crise de la biodiversité » – Philippe Grandcolas

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Philippe Grandcolas nous livre sa vision sur la manière dont nous pourrions créer des ponts entre scientifiques et journalistes, le rôle des médias face à la perte de la biodiversité et pourquoi nous avons besoin d’un changement culturel pour réduire cette crise.

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01.07.2025 : Webinaire : « Combien les journalistes traitent de biodiversité, et comment aller plus loin ? » Présentation de notre étude, avec Audrey Cerdan et Simon Rozé

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Journalistes : Reporters d’Espoirs, l’Observatoire des Médias sur l’Ecologie (OME) et l’agence d’études iligo vous convient à un webinaire mardi 1er juillet de 11h à 11h45 pour vous présenter les résultats de leur étude menée avec le soutien de l’OFB – Office Français de la Biodiversité et de la Fondation Crédit Mutuel Alliance Fédérale.
Quelle part d’antenne est dédiée à la biodiversité ? Les médias abordent-ils plutôt les causes ou les solutions ? Sous quels angles ?

Nous nous sommes associés à l’OME, dont les données nous permettent de suivre l’évolution du traitement médiatique de la biodiversité au fil des années.
En 45 mn top chrono, nous vous proposons un regard en miroir via les principaux résultats de notre baromètre.

Venez échanger avec nos experts et acteurs des médias qui partageront des retours d’expérience et conseils à votre attention, et répondront à vos questions :

  • Céline Pasquier, Directrice adjointe, coordinatrice de l’étude, iligo
  • Audrey Cerdan, Rédactrice en chef pour le climat, France Télévisions
  • Simon Rozé, Chef du service environnement-climat, RFI
  • Cyrille Frank, Consultant, spécialiste des contenus et formateur en journalisme

Cette étude quantitative complète l’étude qualitative publiée en mai 2025.

Inscriptions ici pour recevoir le lien de connexion

Le Tour à Lyon – La biodiversité, un sujet médiatique ?

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La biodiversité est-elle un sujet médiatique ? C’est la question que Reporters d’Espoirs a posé lors d’une une étape du Tour de son Lab Biodiversité. Cette table ronde a été organisée à Lyon le 16 mai 2025 en partenariat avec le groupe EBRA et l’ISCPA de Lyon. 40 étudiants de cette école ont ainsi pu participer, de même que des professionnels de l’information et de la communication, pour poser leurs questions aux 4 intervenants :

  • Anne-Cécile Bras, journaliste pour RFI où elle anime notamment l’émission C’est pas du vent
  • Muriel Florin, journaliste au Progrès
  • Thierry Lengagne, chercheur au CNRS au sein du Laboratoire d’Ecologie des Hydrosystèmes Naturels et Anthropisés (LEHNA – CNRS / Université Lyon 1). Il est également Président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) pour le territoire de l’Ain.
  • Arnaud Piel, Directeur adjoint de l’Office Français de la Biodiversité (OFB) de la région Auvergne-Rhône-Alpes

Qu’est-ce que la biodiversité ? Quels sont les ordres de grandeur à avoir en tête ? Quels enjeux recouvre-t-elle ? Comment comprendre une étude scientifique ? Comment travaillent les journalistes sur ces sujets ? Comment traiter de biodiversité avec un angle « solution » ? Autant de questions abordées lors de cette session pour initier le public à ce sujet majeur. L’opportunité également pour Reporters d’Espoirs de présenter les principaux résultats de son étude qualitative sur le traitement médiatique de la biodiversité.

Pour aller plus loin :
Retrouvez l’interview de Gilles Vanderpooten, directeur de Reporters d’Espoirs et Floriane Vidal, Coordinatrice du Lab Biodiversité, réalisée par l’ISCPA dans le cadre de cette rencontre

Photo : table ronde « La biodiversité, un sujet médiatique ? » animée par Reporters d’Espoirs dans le cadre de son Tour, lors de l’événement Ici On Agit à Lyon, le 16 mai 2025. Crédits : Joël Philippon

 

16 mai . RDV à Lyon pour l’événement « ici on agit » organisé par Le Progrès et le groupe EBRA

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Les 16 et 17 mai se tient à La Sucrière à Lyon un événement apporteur de solutions pour agir localement et positivement pour le climat et l’environnement : Ici On Agit, à l’initiative du titre phare de la région, Le Progrès. Reporters d’Espoirs s’y associe en organisant le vendredi 16 mai 2025 de 9h30 à 11h, durant la journée dédiée aux professionnels et aux étudiants, une discussion-débat sur la couverture médiatique de la biodiversité, « le sujet dont tout le monde parle… pour dire qu’on en parle pas suffisamment ! ».

Avec la participation de 40 étudiants de l’ISCPA – l’école de communication et de journalisme de Lyon, de Claire Labaune, responsable relation entreprise et Ingrid Genet, responsable des formations de l’ISCPA.

Ce rendez-vous constitue pour Reporters d’Espoirs la première étape de son « Tour des Reporters d’Espoirs 2025-2027 » dans les régions de France, qui inaugure un nouveau cycle et de nouveaux travaux sur la montée en puissance de la couverture de la science et de la biodiversité dans le journalisme et les médias.

Avec le soutien de l’Office Français de la Biodiversité.


Le thème de la conférence-débat Reporters d’Espoirs :
La biodiversité, un sujet médiatique ? 

Là où le climat s’est imposé en bien des secteurs comme sujet cardinal, un autre demeure tapi dans l’ombre : la biodiversité. Celle dont on parle trop peu, ou seulement pour déplorer qu’on n’en parle guère.

Selon l’Observatoire des Médias sur l’Écologie, elle représentait 1 % du contenu audiovisuel en 2024. Le traitement médiatique de ce sujet renvoie plus largement au bagage scientifique des journalistes : ils ne seraient que 2,4 % à être issus d’une formation scientifique (en 2013) contre 5 fois plus 15 ans plus tôt ! Alors que les crises climatique, sanitaire, de biodiversité, s’entremêlent, auxquelles on peut ajouter le pullulement des « fake news » qui inquiètent la profession journalistique, n’est-il pas temps de réhabiliter l‘état d’esprit -et la formation- scientifique dans la profession, pour la renforcer et la relégitimer ?  

Reporters d’Espoirs s’y intéresse et va mobiliser les journalistes sur 3 ans avec son Lab Biodiversité 2025-2027, avec le soutien financier de l’OFB – Office Français de la Biodiversité.

L’association a mené une étude pour interroger les journalistes qu’elle présentera lors de cette session : que connaissent-ils du sujet ? Comment le traitent-ils ? Quels sont les obstacles ? Sont-ils prêts à aller plus loin ?
L‘occasion d’une discussion-débat avec 2 journalistes, 1 scientifique et 1 communicant de la biodiversité, et le public de l’événement dont 40 étudiants en journalisme et communication de l‘ISCPA Lyon.
Pour partager témoignages, exemples de reportages et pratiques journalistiques, recul critique du scientifique, et s’interroger collectivement sur comment faire plus et mieux. 

INTERVENANTS 

Muriel Florin est journaliste au Progrès, à Lyon. Elle y a animé pendant dix ans une page « Sciences pour tous ». D’abord spécialisée dans les sujets « éducation », elle traite aujourd’hui essentiellement les questions d’environnement. Muriel Florin a aussi publié plusieurs ouvrages, Elle préside le Club de la presse de Lyon et sa région. 

Anne-Cécile Bras est journaliste à RFI où elle anime depuis 2009 l’émission environnement C’est pas du vent ! : 50 minutes le mercredi, le jeudi et le vendredi à 14h10 pour décrypter avec des invités et des reportages sur les 5 continents comment l’humanité relève son plus grand défi : apprendre à vivre harmonieusement sur une planète aux ressources limitées.

Thierry Lengagne est un scientifique spécialiste de la biodiversité. Il est chercheur au Laboratoire d’Ecologie des Hydrosystèmes Naturels et Anthropisés (LEHNA) du CNRS à l’Université Lyon 1. Il est également Président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) pour le territoire de l’Ain.

Arnaud Piel est directeur adjoint de l’Office Français de la Biodiversité (OFB) de la région Auvergne-Rhône-Alpes et référent sur les questions de communication.

Floriane Vidal est la coordinatrice du Lab Reporters d’Espoirs Biodiversité, programme de mobilisation des journalistes et médias sur la science et la biodiversité. Elle a précédemment été responsable de la communication de CNRS Ecologie & Environnement.

Le programme et toutes les infos sur Ici On Agit, Lyon, 16 et 17 mai 2025

« Lutter contre la morosité ambiante face aux défis d’un avenir incertain est un sujet primordial auquel je suis heureuse de contribuer. » Corinne Denis, présidente de Reporters d’Espoirs

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Corinne Denis est la Présidente de Reporters d’Espoirs. Jeune retraitée, elle a mené toute sa carrière dans le monde des médias. D’abord documentaliste, puis journaliste, puis enquêtrice, elle a été pionnière dans la numérisation des médias, ce pourquoi les États Généraux de l’Information ont fait appel à elle alors qu’ils s’intéressent aux défis des plateformes et de l’IA. Engagée dans le milieu associatif en région Occitanie, elle nous raconte son parcours.

Documentaliste, journaliste, puis dirigeante : vous avez fait carrière dans les médias. Qu’est-ce qui vous y destinait ?

Rien ne m’y destinait. Je faisais des études de biochimie et génétique à Jussieu et pour financer ma maitrise, j’ai trouvé un petit job à la documentation de L’Express. D’abord documentaliste scientifique puis journaliste, j’ai abandonné la recherche pour l’enquête. Je suis restée 30 ans dans ce groupe, où j’ai fait mes classes de reporter, dirigé la documentation, créé le site internet et dirigé le service multimédia avant de terminer comme directrice générale adjointe. J’ai ensuite rejoint Lagardère Active où j’ai dirigé la filiale numérique du Groupe, Lagardère digital France, et la filiale qui gère le publicité du groupe. La filiale média de Lagardère regroupait à la belle époque, entre autre, Paris Match, Elle, Télé 7 jours, Voici, Europe 1, Virgin, Gulli ou encore Doctissimo.fr.

Vous avez été pionnière dans la mutation numérique des médias… un peu par hasard !

Quand je dirigeais le service documentation de l’Express, je cherchais des débouchés pour les archives. Une société américaine, Compuserve, voulait s’implanter en France. C’était un réseau internet privé, et donc payant , comme AOL, qui a demandé à deux journaux, L’Express et Le Monde, s’ils étaient intéressés à travailler à la mise en ligne des archives sur leur réseau. Christine Ockrent, qui était directrice de la rédaction de L’Express à cette époque, m’a laissé le champs libre pour travailler avec eux. Nous avons donc été les premiers en France avec Le Monde à mettre nos archives en ligne. Parallèlement, Internet se développait. Et en 1997, j’ai proposé de créer un site web hébergé chez les américains. Une idée qui semblait incongrue à la direction du journal, qui trouvait que le Minitel, au moins, rapportait un peu d’argent !

A l’occasion d’un changement d’actionnaire nous avons donc, avec le directeur technique de la rédaction, crée le site web de L’Express… en un week-end ! Et depuis je n’ai plus quitté le domaine du développement numérique des médias. Une aventure de 25 ans avec l’arrivée du mobile et des applications, puis les tablettes, les réseaux sociaux et l’IA. Une révolution pour le secteur des médias et leurs modèles économiques mais aussi un travail collectif entre médias, grâce notamment au GESTE, le groupement des éditeurs numériques, que j’ai présidé pendant 4 ans.

Plus récemment, en 2023-2024, vous avez été participé aux États Généraux de l’Information, comme membre du groupe de travail « Espace informationnel et innovation technologique ». Qu’en retenez-vous ?

Nous avons auditionné de nombreux chercheurs et spécialistes du numérique et de l’intelligence artificielle (IA), avant de rendre nos conclusions -8 propositions- au CESE devant la Ministre de la Culture Rachida Dati.

Parmi les sujets sur lesquels nous avons planché, il y a celui du partage de la valeur entre médias d’information et plateformes. Aujourd’hui, les médias voient leurs contenus repris par des plateformes, qui s’enrichissent grâce à eux en captant la publicité, mais ne leur reversent toujours pas les droits d’auteurs qu’elles devraient. La majorité de la publicité numérique est captée par les plateformes au détriment des médias d’information. Les différentes négociations notamment celle concernant ce qu’on appelle les « droits voisins », visant à essayer de faire payer les plateformes, n’ont pas comblé les espoirs des éditeurs. L’IA vient compliquer l’exercice : les plateformes entrainent leurs algorithmes grâce au contenu créé par les médias d’information. Là aussi, comment les faire payer pour cet usage ?

Aujourd’hui, avec l’instabilité politique, nous ne sommes pas sûrs que nos conclusions vont aboutir. Beaucoup s’adressent surtout à la Commission Européenne. Pour forcer les plateformes à bouger, l’appui de l’Europe est indispensable.

Jeune retraitée dans le Sud-Est de la France, vous multipliez désormais les engagements associatifs. Vous faire « actrice de solutions », c’est important pour vous ?

Ne travaillant plus, j’ai du temps et j’ai envie de le mettre à disposition des causes qui me tiennent à cœur. Il y en a plusieurs : Reporters d’Espoirs bien sûr, 60 000 Rebonds, dont je fais partie du Conseil d’Administration en région Occitanie, la station locale Radio Fuze, et enfin Prima Vera, association qui organise aux côtés des enseignants des rencontres pour les élèves de collèges et lycées avec des artistes, des journalistes, des personnalités.

Lorsque j’ai quitté Paris au moment du Covid, l’important pour moi était de m’insérer dans le tissu social de ma commune. Alors nous avons décidé à quelques-uns, de créer un café associatif, Collor’Café, une façon de redonner vie à un village qui n’a pas de magasins et où les gens ne se croisent pas. Ce café existe depuis trois ans et il fonctionne bien.

Je m’implique aussi beaucoup dans l’association 60 000 rebonds qui aide les entrepreneurs qui ont fait faillite à rebondir. Dans mon parcours professionnel, j’avais créé un fonds média à L’Express pour financer des start-up. Je me suis intéressée au profil de jeunes dont la passion est d’entreprendre. Et plusieurs start up étaient incubées chez Lagardère digital France. A Paris et dans le numérique,

les échecs commençaient à être valorisés dans les CV de jeunes entrepreneurs comme une expérience enrichissante. En arrivant dans ma nouvelle région, j’ai compris que le tabou de l’échec était loin d’être tombé : notre vision en France pose un vrai problème. Quand des entrepreneurs déposent leur bilan, ils n’ont souvent plus de ressources, pas de chômage et finissent souvent au banc de la société et écartés de leurs anciens réseaux.

Pourquoi Reporters d’Espoirs ?

Reporters d’Espoirs est l’association qui me rapproche le plus de mon métier, le monde des médias dont je me suis éloignée en partant en province. Reporters d’Espoirs est une façon de rester en lien avec mon secteur de prédilection de toujours. Lutter contre la morosité ambiante face aux défis d’un avenir incertain, donner aux gens l’envie d’agir, face au doute et au complotisme, c’est un sujet primordial auquel je suis heureuse de contribuer.

Propos recueillis par Léa Varenne/Reporters d’Espoirs.