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« La science n’est ni plus ni moins complexe à aborder que l’économie »

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Carole Chatelain nous a partagé en quoi ses études en littérature et en logistique internationale l’ont amenée au journalisme scientifique, comment les médias doivent adapter leurs métiers face aux défis environnementaux et pourquoi être sur le terrain est l’une des choses les plus importantes pour être journaliste à l’ère de l’intelligence artificielle.

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On a décortiqué un article du Monde

Au-delà du clic, comment évaluer l’utilité démocratique d’un reportage ?

By Home, MéthodeNo Comments

Face à la fatigue informationnelle, la course au clic atteint ses limites. En effet, pour restaurer le lien démocratique, les rédactions doivent changer de modèle. Il ne faut plus seulement comptabiliser l’attention, mais mesurer l’impact du journalisme sur la société. De l’échelle individuelle au changement global, Reporters d’Espoirs propose une méthode pour passer d’une logique d’audience à une logique d’utilité.

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Les 6 lauréats du Prix européen Jeunes Reporters d’Espoirs 2025 dévoilés

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Pour sa 4ème édition, le Prix européen Jeunes Reporters d’Espoirs récompense six jeunes talents de moins de 30 ans. Leurs reportages, tournés vers l’Europe et la francophonie, mettent en lumière des réponses concrètes aux grands défis économiques, écologiques et sociaux.

Jeunesse, Médias & Démocratie : l’itinéraire des lauréats

Avant d’être mis en lumière, ces jeunes reporters ont dû relever un défi exigeant. Leur mission : réaliser un reportage en langue française sur un problème économique, social ou environnemental ; sur des initiatives qui y apportent des réponses concrètes, avec une dimension européenne.

Au terme de plusieurs mois de candidatures et d’un jury sélectif, elles et ils sont venus du Congo, du Canada, de l’île Maurice et des régions de France. Avant la remise des prix, ils ont participé à une immersion intense de 48h à Paris. Ce séjour, conçu comme un passage de témoin, leur a permis de rencontrer de grandes figures du métier, notamment la grande reporter Mémona Hintermann, ainsi que des journalistes de l’AFP et de France Médias Monde.

ls se sont également rendus à Europa Expérience pour raconter les reportages pour lesquels ils ont parcouru l’Europe. Mais ils ont fait plus que témoigner : le 15 septembre 2025, ils ont rejoint un collectif de 40 personnalités (journalistes, experts, acteurs économiques et culturels) pour débattre autour d’ateliers thématiques (jeunesse, numérique, biodiversité).

Ensemble, ils ont tenté de répondre à un défi majeur :

Comment l’information de solutions peut-elle restaurer la confiance des citoyens dans la démocratie européenne ?

C’est à l’issue de cette dynamique collective que les 6 lauréats du Prix européen Jeunes Reporters d’Espoirs 2025 ont été officiellement désignés.

Les 3 lauréats « France »

1er Prix : Amel Louzguiti – Seniors LGBT+ : des résidences pour passer l’hiver de sa vie en couleurs

Journaliste et vulgarisatrice scientifique, Amel Louzguiti s’intéresse dans cet article aux enjeux sociaux et culturels, reliant monde académique et grand public. Dans ce reportage, elle explore le quotidien des seniors LGBT+ en Europe, confrontés à la précarité, à la solitude et à la discrimination, et met en lumière les résidences inclusives qui leur offrent un cadre sûr et communautaire.

2e Prix : Emma D’Aversa – « Avec les Caravanes, on essaie d’abolir la prison pour mineurs »

Diplômée en histoire et en journalisme, Emma D’Aversa s’intéresse aux initiatives sociales et éducatives. Dans ce reportage, elle suit un séjour de marche collective pour mineurs en difficulté avec la justice, porté par l’association italienne Exodus, qui milite depuis 2020 pour l’abolition de la prison pour mineurs. À contre-courant du gouvernement de Giorgia Meloni et de son décret Caivano, le projet Pronti Via propose une alternative humaine et éducative face au phénomène croissant des baby-gangsters.

3e Prix : Thibaut Camboulives – La Sécurité Sociale de l’Alimentation : une idée qui fait son chemin

Journaliste spécialisé dans les questions sociales et environnementales, Thibaut Camboulives explore les expérimentations locales de la Sécurité sociale de l’Alimentation. Entre Cadenet, Montpellier, Bordeaux, Dieulefit, Toulouse, ainsi qu’en Belgique et en Suisse, il décrit des initiatives qui testent concrètement ce modèle innovant, prometteur de transformer en profondeur nos systèmes alimentaires et agricoles, malgré l’absence de vote national.

Les 3 lauréats « francophonie »

1er Prix : Esther Lubanza – Quand les petits villages ouvrent grand leurs portes : comment Camini transforme l’accueil des migrants en opportunité (République Démocratique du Congo)

Étudiante en sciences de l’information et de la communication, Esther Lubanza Ngangu s’intéresse aux dynamiques sociales et territoriales. Dans ce reportage, elle met en lumière Camini, village du Sud de l’Italie, qui accueille des migrants pour revitaliser sa vie économique et sociale, s’inspirant de l’expérience pionnière de Riace. À travers ce modèle d’hospitalité dispersée soutenu par les financements européens, elle montre comment un défi migratoire peut se transformer en opportunité au cœur des débats européens sur l’intégration.

2ème Prix : Alice Girard Bossé – Quand la salle d’urgence vient au patient (Canada)

Journaliste au quotidien québécois La Presse, Alice Girard-Bossé allie son expertise en neurosciences à son intérêt pour la santé publique. Dans ce reportage, elle suit les ambulances spécialisées pour les accidents vasculaires cérébraux (AVC), une initiative née à Hombourg, en Allemagne, et reproduite dans une vingtaine de villes dans le monde. Au cœur de ces équipes médicales, elle met en lumière leur détermination à sauver des vies grâce à des interventions rapides et innovantes.

3ème Prix : Kelly Gourdin – Semences libres : une licence pour résister aux multinationales (Maurice) Journaliste passée par Radio Pulsar et cofondatrice de l’association Aether Narratio, Kelly Gourdin signe un travail rigoureux qui prolonge un podcast réalisé en duo avec Hildegard Leloué. Elle y enquête sur la résistance face aux multinationales à travers les semences libres, dans la lignée de son projet « Éveille ta Ville », un tour d’Europe des solutions écologiques. Remis spécifiquement lors des Tribunes de la presse à Bordeaux, ce prix récompense une plume qui a fait ses débuts à l’île Maurice et qui défend une information cherchant des réponses plutôt que des divisions.

A propos du jury

Le jury 2025 était composé de personnalités engagées pour une information de qualité :

  • Marianne Barraux (AFP), Paolo Levi (La Stampa/ANSA), François Vey (Légende/Le 1), Ségolène Allemandou (ENTR), Dorian de Meeus (La Libre Belgique).

  • Pascal Canfin (Député européen), Nora Hamadi (France Inter), Serge Michel (Heidi.news), Alexia Kefalas (Le Figaro/France 24), Carolin Ollivier (ARTE).

  • Christophe Leclercq (Euractiv), Dorothée Merville (Fondation Hippocrène), Etienne Pflimlin (Fondation Crédit Mutuel) et Amélie Reichmuth (Lauréate 2024).

 

Espace Presse & Médias

Journalistes et créateurs de contenus : Les photos de la soirée et des lauréats sont à votre disposition. (Mention obligatoire : Copyright Augustin Perraud/Reporters d’Espoirs

Philippe Grandcolas à Bayard

« Il faut un changement culturel profond face à la crise de la biodiversité » – Philippe Grandcolas

By Biodiversité Contenus, Comité scientifique, Home, Interviews, Le Lab Biodiversité, SociétéNo Comments

Philippe Grandcolas nous livre sa vision sur la manière dont nous pourrions créer des ponts entre scientifiques et journalistes, le rôle des médias face à la perte de la biodiversité et pourquoi nous avons besoin d’un changement culturel pour réduire cette crise.

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26 au 29 novembre 2025 : RDV aux Tribunes de la Presse de Bordeaux, « L’affaire Trump »

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Reporters d’Espoirs est à nouveau partenaire des Tribunes de la presse de Bordeaux en 2025. L’association remettra un Prix à un journaliste en clôture samedi 29 novembre, et sera présente à Bordeaux tout au long de l’événement. Elle interviendra par ailleurs à l’Institut du Journalisme de Bordeaux-Aquitaine (IJBA) et au journal Sud-Ouest dans le cadre de son étape bordelaise du « Tour des Reporters d’Espoirs » axé sur la formation des journalistes et étudiants à la biodiversité.

Des Tribunes de la presse 2025 sous le signe de « L’affaire Trump »

Politique, écologie, diplomatie, sciences : pas un jour ne se passe sans que Donald Trump ne fasse parler de lui.

Qu’il s’agisse de sa politique migratoire musclée, de ses jugements à l’emporte-pièce sur les uns et les autres, de ses revendications impériales sur le Groenland, le Canada ou le canal de Panama, de son déni du dérèglement climatique et des scientifiques lanceurs d’alerte, Trump est omniprésent et insaisissable. Il se présente en homme de paix mais ne fait pas grand-chose pour éteindre les conflits en cours quand il ne les alimente pas. Il se veut démocrate mais tresse des couronnes à ces homologues qui ne le sont pas. Et il n’a de cesse de réduire les contre-pouvoirs qui entravent son action : la justice, la presse…

Bref, il y a bien une « Affaire Trump » et c’est elle qui sera au centre de cette édition des Tribunes de la presse qui fêtera cette année son 15e anniversaire ! Au-delà de la personnalité du 47e président des Etats-Unis, nous verrons les forces qui ont permis son retour à la Maison blanche (le courant libertarien et la droite religieuse conservatrice en sont les piliers idéologiques) avant de dresser un bilan provisoire d’un an de présidence Trump.

Parmi les intervenants : Clément Beaune, Delphine Batho, Thomas Snegaroff, Daniel Baal, Elie Barnavi, Alexis Bellas, Barbara Cassin, David Colon, Dominique Steiler, Karima Delli, François Gemenne, Bernard Guetta, Eddy L. Harris, Pierre Lévy, Didier Pourquery, …

Remise du « Prix européen Jeunes Reporters d’Espoirs » en clôture de l’événement

Reporters d’Espoirs dévoilera le 6e lauréat du Prix européen Jeunes Reporters d’Espoirs 2025 en clôture des Tribunes de la Presse, avec Gilles Vanderpooten, directeur de l’association, et Pierre Girard, journaliste à Arte et Youtubeur. Samedi 29 novembre à 12h au Théâtre national Bordeaux Aquitaine (TnBA).

 

30.10.2025 – Conférence à Bordeaux : « L’économie sociale et solidaire sera médiatisée ou ne sera pas ! » au GSEF

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Que pensent les journalistes de l’ESS, comment la traitent-ils dans leurs médias, et que peuvent-ils faire de plus ? Et vous, acteurs de l’ESS, que pouvez-vous faire de mieux pour capter leur attention et obtenir davantage de visibilité ? Reporters d’Espoirs anime une conférence jeudi 30 octobre à 15h15 dans le cadre du GSEF – Forum mondial de l’économie sociale et solidaire qui se tient à Bordeaux du 29 au 31 octobre 2025.

Le secteur de l’économie sociale et solidaire (ESS) exprime souvent ses difficultés à se rendre visible : « nous ne savons pas communiquer », « nous n’avons pas les moyens des multinationales », ou encore « les médias parlent toujours des mêmes ». De leur côté, les journalistes sont parfois accusés de méconnaître la richesse et la diversité de ce secteur qui ne correspondrait pas à la culture économique dominante qui leur serait constitutive. Comment alors rapprocher les deux mondes ?

Cette conférence propose d’aborder :

  • Le regard que des journalistes portent sur l’ESS, ses forces et ses faiblesses ; la manière dont ils la couvrent médiatiquement ; les conditions auxquelles ils seraient prêts à lui donner davantage d’écho.
  • La mesure dans laquelle l’ESS bénéficie aujourd’hui d’un contexte favorable, à l’heure où les notions d’« impact », de « mission » et d’« engagement » se diffusent dans les discours entrepreneuriaux et dans la société.
  • Des conseils aux acteurs de l’ESS pour être plus pertinents et performants dans leur approche des médias : quels sujets mettre en avant, quels leviers utiliser, pour susciter l’intérêt et capter davantage l’attention ?

Elle s’appuiera sur les résultats d’une étude menée par le Lab Reporters d’Espoirs, qui croise les regards et les pratiques de journalistes et d’acteurs de l’économie sociale et solidaire.

Intervenants :

  • Gaelle Richard, journaliste, rédactrice en chef, Placéco – Groupe Sud Ouest
  • Catherine André, journaliste, rédactrice en chef adjointe Alternatives Economiques et cofondatrice Voxeurop
  • Gilles Vanderpooten, journaliste et directeur de Reporters d’Espoirs

 

>Infos et inscription à l’événement sur : https://bordeauxgsef2025.org/ 

« La fiction peut être anxiogène, mais les scénarios font intervenir des héros, ce qui crée une distance salutaire » Jean-Victor Blanc, médecin psychiatre, fondateur du Festival Pop&Psy

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Jean-Victor Blanc, photo Copyright Florent Vanoni

Nous l’avons entendu vendredi soir sur le plateau de Quotidien sur TMC. Jean-Victor Blanc est médecin psychiatre à l’hôpital Saint Antoine (AP-HP), enseignant à Sorbonne Université, chroniqueur au Mag de la Santé sur France 5, et écrivain. Il vient de faire paraitre l’ouvrage Pop&Psy : addicts aux éditions Points. Nous avons souhaité l’interroger, lui qui analyse les relations entre fiction et santé mentale, alors que s’ouvre ce vendredi à Saint-Ouen (93) le Festival Pop&Psy, « le festival pop de la santé mentale » qu’il a créé.

Gilles Vanderpooten : Vos travaux portent sur la représentation des troubles mentaux dans les films et séries. Avez-vous aussi examiné comment le journalisme s’en empare ?

Jean-Victor Blanc : Mon travail porte d’abord sur l’analyse, ce pourquoi j’aime bien la fiction. Elle me permet d’assortir les représentations qu’elle véhicule à mes connaissances scientifiques et cliniques, et cela au service d’une cause. Je fais un peu le même travail avec les prises de parole de célébrités pour illustrer des propos scientifiques. Mais pour ce qui est du reportage journalistique, je ne me prononce pas sur la qualité ou l’exactitude de l’information. C’est un autre domaine. Je recommande de ce point de vue le travail de l’association Papageno, qui fournit des conseils aux journalistes notamment sur la question de la prévention du suicide.

GV : Les mots utilisés dans les médias ont un impact. Avez-vous remarqué un mésusage de certains termes sur lesquels il faut attirer l’attention des journalistes ?

En santé mentale, beaucoup de problèmes sont liés au traitement des fait divers, souvent inexact lorsqu’il établit des raccourcis entre troubles psychiques et violences, un mésusage des termes comme « schizophrénie » ou « autisme », ou une confusion sur le rôle des psychotropes.

GV : En matière de films et séries, avez-vous un exemple de production réussie ?

L’ouvrage du Dr Jean-Victor Blanc paru le 3 octobre en version poche.

JVB : La série canadienne Empathie [NDLR : diffusée depuis septembre, et dans laquelle joue notamment l’acteur et humoriste français Thomas Ngijol], raconte le quotidien d’une psychiatre. Elle est très documentée et regarde les personnages avec beaucoup d’humanité sans les réduire uniquement à leur trouble. Elle se déroule dans le contexte assez spécifique d’une unité médico-légale avec des patients qui sont en général amenés par la Justice. C’est une petite partie du sujet, néanmoins je l’ai trouvée très juste et elle a été bien reçue dans la profession.

GV : On reproche à l’information son caractère anxiogène : catastrophes, angoisse, peurs, monde qui tombe. Peut-on faire le même reproche à la fiction ?

JVB : La fiction peut être anxiogène, mais les scénarios font intervenir des héros, ce qui crée une distance salutaire. Un sondage Odoxa-Doctolib réalisé avec nous en 2023 témoigne que 25% des Français considèrent films et séries comme une source d’information fiable sur la santé mentale, devant les reportages de presse et télévision qui ne sont cités ainsi qu’à 24%. C’est étonnant… En tout cas cela témoigne que la fiction peut être perçue comme informative.

GV : Quel est votre rapport aux médias ? Avez-vous une discipline particulière dans votre consommation d’information ?

JVB : Cela pourra paraitre préhistorique mais je m’informe essentiellement avec Le Monde, dans sa version papier, et que j’ai décidé de lire le matin. Parce que le soir je rentre chez moi trop tard, et parce que je me suis rendu compte durant le confinement à quel point la lecture des nouvelles retardait mon endormissement et donc la qualité de mon sommeil. Je m’informe très peu via la télévision, et j’ai désactivé mes notifications autant sur les applications des journaux d’information que sur les réseaux sociaux. L’information en continu et les alertes sont trop anxiogènes.

GV : La question de l’information revient-elle fréquemment chez vos patients ?

JVB : Elle revient parfois dans mes consultations, sans être centrale. Certains patients font le choix de prendre de la distance d’avec l’information, surtout lorsqu’ils sont sujets à une dépression et que cette dépression se teinte de l’environnement médiatique dans lequel on est. Il faut dire qu’en ce moment il est plutôt sombre. C’est un choix complexe, car il est important de s’informer.

GV : Le festival Pop&Psy que vous avez créé se déroule ce week-end du 10 au 12 octobre à Saint-Ouen-sur-Seine près de Paris. Avec du beau monde, des concerts, des conférences, et aussi un « Village des solutions ». Penser solutions, c’est important dans votre démarche ?

JVB : Oui, car en psychiatrie il faut apporter de l’espoir. Pop et Psy montre des exemples de rétablissement et des solutions, même si le secteur psychiatrique ne se porte pas bien. L’idée est d’être positif sans être naïf.

GV : Voyez-vous le traitement médiatique de la santé mentale progresser ?

Depuis 2018, la couverture médiatique de la santé mentale s’est améliorée, en partie grâce aux réseaux sociaux et à la pop culture, qui ont donné de la visibilité au sujet.

Pour aller plus loin

  • L’ouvrage de Jean-Victor Blanc, Pop & psy : addicts. Prendre soin de soi et identifier les comportements toxiques avec la pop culture, vient de paraitre en poche aux éditions Points au prix de 9,30 €.
  • Le festival Pop&Psy se tient ce week-end du 10 au 12 octobre à Saint-Ouen (93). Programme et informations sur www.popetpsy.fr

L’UNOC, ou comment la biodiversité peut devenir une priorité médiatique

By Biodiversité Contenus, Home, Le Lab Biodiversité, Les articles, Non classéNo Comments

par Emma Baraban, Giulia Bono et Phoebe Skok / Reporters d’Espoirs

Avec à peine 1 % du temps d’antenne à la télévision et à la radio1, la biodiversité s’est imposée à la Une des médias à l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC), organisée à Nice du 9 au 13 juin 2025. Porté par l’Objectif de développement durable n°14 (vie aquatique), l’événement a permis à plusieurs rédactions de traiter la biodiversité sous un angle concret et humain : santé, médecine, alimentation, climat, territoires.

Une augmentation significative et généralisée du temps d’antenne dédié à l’océan

L’UNOC a entraîné une augmentation significative de la couverture médiatique des enjeux liés à l’océan et à la biodiversité. Selon les données de l’Observatoire des Médias sur l’Ecologie (OME), la part des sujets environnementaux à la radio et à la télévision a grimpé à 6,8 % pendant la semaine du sommet, contre une moyenne annuelle de 3,7 % en 2024. Ce pic d’attention a déjà été observé lors d’autres grands événements internationaux à portée environnementale (COP 29 (5,1%) et COP 28 (5,8%)) sans atteindre un tel niveau.

L’augmentation ponctuelle de la couverture ne s’est pas limitée aux médias spécialisés sur les sujets environnementaux. Plusieurs rédactions généralistes ont mobilisé leurs ressources éditoriales pour produire des contenus sur les enjeux océaniques, souvent sous un angle local, technique ou humain. Cette intensification de la production éditoriale met en évidence une capacité des rédactions à traiter d’un écosystème et de ses enjeux de manière approfondie, même si cela se produit dans un contexte spécifique.

Une place donnée aux initiatives citoyennes

Certains médias ont ouvert leurs colonnes aux contributions citoyennes. Nice-Matin a lancé en amont du sommet un appel à propositions intitulé « Ma proposition pour l’océan », destiné à ses lecteurs. Le quotidien régional a reçu plus de 300 réponses et en a publié plusieurs dans ses pages, exposées lors du sommet. Cette initiative s’inscrit dans une logique participative, visant à relier les attentes du public aux processus décisionnels internationaux.

Dans la même dynamique, Nice-Matin a couvert une opération de nettoyage menée sur les berges du Paillon à Nice, quelques jours avant l’ouverture du sommet. Le reportage vidéo réalisé à cette occasion documente l’engagement d’associations locales, tout en relayant certaines propositions concrètes issues du terrain, comme la réintroduction de la consigne pour les bouteilles en plastique.

Autre exemple, RFI a diffusé plusieurs mini-films réalisés par de jeunes vidéastes dans le cadre de son réseau ePOP, consacré aux enjeux environnementaux vécus localement. Ces contenus, présentés dans l’émission C’est pas du vent, traitent notamment de pollution marine, de surpêche ou de dégradation des littoraux. Ils sont accompagnés d’analyses contextuelles, permettant de mieux comprendre les réalités écologiques de différents territoires.

Un écosystème, une multiplicité d’angles

Durant l’UNOC, certaines rédactions ont opté pour des formats de reportage ancrés dans les territoires. Le Monde a consacré un article à la réserve marine de Cerbère-Banyuls (Pyrénées-Orientales), en choisissant de contextualiser les négociations sur les aires marines protégées à partir d’un exemple localisé. Cette approche permet de rendre perceptibles les effets concrets de la régulation environnementale, en illustrant la manière dont des dispositifs de protection peuvent produire des résultats visibles sur les écosystèmes.

De son côté, France Info a produit une série de contenus thématiques à l’occasion d’une journée spéciale dédiée à l’océan. L’un des reportages s’intéresse à l’usage de satellites pour la surveillance de la pêche illégale, en s’appuyant sur les travaux de la société française Unseenlabs. Ce traitement combine données scientifiques, applications techniques et éléments réglementaires, offrant une lecture transversale du sujet.

Dans un registre différent, Libération a publié un numéro spécial intitulé Le Libé des océans, comprenant un article sur les effets des éoliennes offshore de Saint-Nazaire sur la biodiversité marine. L’article met en lumière le phénomène connu sous le nom d’« effet récif », observé autour des structures métalliques installées en mer. Ce traitement montre comment une infrastructure liée à la transition énergétique peut également produire des effets sur les écosystèmes, tout en soulevant la question des impacts environnementaux indirects.

Ces exemples illustrent le fait que l’UNOC n’a pas seulement servi de vitrine diplomatique. Pour plusieurs rédactions, il a été l’occasion de traiter la biodiversité autrement, en sortant des images convenues ou des chiffres répétés. De tels grands rendez-vous peuvent inviter les journalistes à élargir leur regard et à explorer des manières plus variées de raconter la biodiversité. Ce type d’approche permet de l’ancrer davantage dans l’actualité, de la rendre plus tangible pour le lecteur, et de montrer qu’elle n’est pas un sujet isolé mais qu’elle recoupe de nombreux enjeux de société.

Des contenus plus poussés et plus concernants sur la biodiversité

En temps ordinaire, la biodiversité apparaît souvent dans les médias sous des formes dispersées : faits divers liés à la faune, images attendrissantes d’animaux charismatiques ou récits isolés sans véritable mise en perspective. Ces traitements, centrés sur des observations ponctuelles, peinent à montrer en quoi la biodiversité s’entrelace avec des enjeux humains, économiques ou sociaux. 

L’UNOC 2025 a marqué un contraste. 

Profitant de la force d’un agenda international, plusieurs rédactions ont proposé des formats plus riches et structurés. Reportages de terrain, enquêtes technologiques, portraits ou encore dispositifs participatifs, ces approches révèlent les liens entre la biodiversité et des réalités concrètes comme la pêche illégale, la transition énergétique ou les initiatives locales. En ancrant les reportages dans les territoires, il est possible de renouveler la manière de parler de biodiversité et d’en renforcer la place dans l’actualité.

La couverture de l’UNOC 2025 est la preuve qu’il existe une vraie marge de manœuvre pour parler de biodiversité autrement. Pendant quelques jours, les rédactions ont su varier les formats, relier les enjeux à la vie quotidienne et donner de la profondeur à un sujet souvent perçu comme lointain. L’enjeu sera de conserver cette dynamique au-delà des grands rendez-vous internationaux, pour que la biodiversité trouve sa place dans l’actualité au même titre que la santé, l’économie et le climat.

1. Source : Observatoire des Médias sur l’Ecologie – mai 2025 : https://observatoiremediaecologie.fr/

Photo : Ouverture de l’UNOC à Nice, juin 2025 | Crédits : UN Photo/Evan Schneider

Envie d’en savoir plus sur le traitement médiatique de l’océan ?

Plongez dans le 4e numéro de notre revue, dédié à la biodiversité et l’océan !

25.09.2025 : Syntec décerne deux Prix à Reporters d’Espoirs & iligo pour le Lab Biodiversité !

By Agenda, Biodiversité Actu, Biodiversité étude, HomeNo Comments

Ce jeudi soir, en clôture du « Printemps des études », Reporters d’Espoirs et iligo, agence d’études avec laquelle l’association a réalisé ses études qualitative et quantitatives sur le traitement de la biodiversité par les médias, a été doublement primée. Elle remporte le « Prix or » dans la catégorie « mobilisation des publics » et le « Grand Prix » toutes catégories confondues. Ces Prix sont décernés par Syntec Conseil, le syndicat professionnel représentatif des sociétés de conseil en France qui rassemble près de 250 entreprises. Un Prix que Reporters d’Espoirs partage aussi avec l’Office Français de la Biodiversité et la Fondation Crédit Mutuel Alliance Fédérale, pour leur soutien financier et mécénat sans lesquels le Lab Biodiversité n’aurait pas pu accomplir ces travaux.

 Une partie des équipes Reporters d’Espoirs et iligo entourées des membres du jury du Prix.