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8 au 11 octobre : Mémona Hintermann à La Réunion

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Mémona Hintermann-Afféjee est actuellement en voyage à La Réunion, son île natale, où elle inaugure mardi 8 octobre 2024 la première Maison des femmes, de la mère et de l’Enfant, aux côté notamment d’Huguette Bello, présidente du conseil de surveillance du CHU Nord de Saint-Denis. Cette initiative vise à prévenir les violences faites aux femmes et aux enfants. Elle y convie notamment des professeurs, convaincue que c’est à l’Ecole qu’il  est possible de changer les mentalités.

Elle profite de ce séjour pour arpenter les établissements scolaires, notamment le 10 octobre où elle rencontrera au cœur du lycée qui porte son nom l’équipe pédagogique et les élèves ; le 11 octobre au Collège de Cambuston, établissement situé en REP+ où depuis 2015 elle accompagne des actions en lien avec des associations de quartiers pour fortifier les liens sociaux. « Le journalisme de solutions, c’est ça aussi. C’est en tant que journaliste que j’agis ! » rappelle Mémona, grand reporter, ancienne membre du CSA (ARCOM), éditorialiste à La Dépêche du Midi et à Midi Libre, et dynamique administratrice de Reporters d’Espoirs.

2 octobre / 17 octobre / 13 novembre : les Webinaires d’information pour vous, candidats au Prix européen jeunes Reporters d’Espoirs

By Agenda, Home, Non classé, Prix, Prix EUNo Comments

Vous souhaitez candidater au Prix européen jeunes Reporters d’Espoirs et avez des questions sur ses modalités, des interrogations sur le choix de votre sujet, sur la dimension européenne à donner à votre reportage… ?
Nous sommes à votre disposition pour des conseils personnalisés, notamment à l’occasion de webinaires collectifs pour vous faire profiter de témoignages de lauréats des années précédentes.

Nous vous donnons rendez-vous en ligne :

  • mercredi 2 octobre 2024 de 18h à 18h45
  • jeudi 17 octobre de 18h à 18h45
  • mercredi 13 novembre de 18h à 18h45

>Toutes les infos sur le Prix sont également à retrouver sur la page dédiée

23.9.2024, Bruxelles : « Comment façonner l’avenir des médias ? »

By Actu réseaux internationaux, Agenda, Home, Non classéNo Comments

C’est la question soulevée par l’événement organisé par la Fondation Europe Média Lab ce lundi 23 septembre à Bruxelles, auquel participe Reporters d’Espoirs. En plus d’être représentée dans les débats par Mémona Hintermann, administratrice de l’association et grand-reporter, et de participer à la « Marketplace for Media Innovation Funding », l’association y organise un séminaire stratégique sur le déploiement du journalisme de solutions en Europe avec la contribution d’experts de la philanthropie, des institutions européennes et des médias.

Au programme de l’événement accessible sur inscription ici :

10:00 – 10:30 Walk-in & registrations

10:30 – 11:00 Opening keynote & introduction
Christophe Leclercq, Founder & Chairman Europe MédiaLab
Keynote: Věra Jourová, Commission Vice-President for Values and Transparency – Keynote: Sabine Verheyen, First Vice President of the European Parliament

11:00 – 11:45

An EU democracy Commissioner? Shape a media industrial policy
Moderator: Lyndsey Jones, Associate consultant, strategist & coach, WAN-IFRA & Stars4Media NEWS – Christophe Leclercq, Founder & Chairman Europe MédiaLab – Mémona Hintermann, Grand reporter, Reporters d’Espoirs, ex-member French CSA – Nikola Minchev, MEP Renew – Benjamin Sabbah, Reporters Without Borders – Paolo Cesarini, Director EDMO/EUI – Juri Laas, Spokesperson of the President of the European Parliament
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11:45 – 11:55
Briefing: Tease the learning from 5 Stars4Media projects
Moderator: Cătălina Dumbrăveanu, Stars4Media NEWS Project Manager, VUB . 5 out of the 9 project winners of the Stars4Media NEWS programme will present their best practices. Find the complete list of…
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12:25 – 13:10
Integrate Eastern Europe: bridge the democratic gap in Brussels
Moderator : David Mekkaoui, Europe MédiaLab Managing Director – Vsevolod Chentsov, Ambassador of Ukraine to the EU – Mariia Leonova, Managing Director, The Tellers Agency – Nicolae Mocanu, News Di…
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13:10 – 13:20
Keynote: pitch a democracy infrastructure: Maison du MédiaLab
David Mekkaoui, Europe MédiaLab Managing Director
Maison du MédiaLab is Brussels’ infrastructure aiming to host and welcome Eastern Europe correspondents. Europe MédiaLab is seeking financial support to accompany these future residents.

13:20 – 13:30
Briefing: tease the learning from 4 Stars4Media projects
Moderator: Cătălina Dumbrăveanu, Stars4Media NEWS Project Manager, VUB. 4 out of the 9 project winners of the Stars4Media NEWS programme will present their best practices. Find the complete list of…
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13:30 – 14:30
Marketplace for Media Innovation Funding: networking lunch
This rotating table lunch is the perfect moment to network with key players in the European media landscape, from policymakers to publishers and tech innovators, including with Reporters d’Espoirs / Reporters of Hope, the european organisation on solutions and constructive journalism since 2004.

Comment faire des journalistes des médiateurs du débat, des artisans du dialogue, pour ne pas sombrer dans une culture de la polémique nourrissant division et ressentiment ?

By Biais de négativité, Home, Le LabNo Comments

Reporters d’Espoirs a réuni en octobre 2023 une sémiologue, Mariette Darrigrand, la productrice d’une émission de de télévision offrant des débats approfondis, Nathalie Darrigrand (C ce soir, 90 minutes quotidiennes de débats sur France 5), l’enseignant et ex-rédacteur en chef d’un journal réputé pour la qualité de ses débats, François Ernenwein (La Croix), le rédacteur en chef d’une revue qui prend le temps de raconter les passions françaises, François Vey (Zadig), et un étudiant ayant réalisé son mémoire sur le journalisme de solutions, Antoine de Seigneurens. Pour les faire plancher sur la question suivante : Comment faire des journalistes des médiateurs du débat, des artisans du dialogue, plutôt que de la polémique nourrissant les divisions et ressentiments ? Comment faire que les médias progressent ainsi dans leur fonction de rassemblement, de pacification, de compréhension mutuelle, pour être pleinement utiles à la société, à la coexistence, alors que la division et le communautarisme sévissent, et que les opinions continuent de prédominer sur le réel ?

 

Le constat : la violence à la Une

Rédacteur en chef de Zadig, François Vey part de l’expérience de cette revue trimestrielle qui propose un contenu « constructif » et creuse dans la vie des territoires à travers des reportages inédits. Face à une concurrence davantage axée sur la confrontation, qui génère davantage de recettes, la revue Zadig se retrouve, dans les piles des marchands de journaux, distancée par des titres polémiques comme la revue trimestrielle Front Populaire de Michel Onfray.

Mettre en scène, raconter ou amener le dialogue peut-il dans ce contexte être économiquement attractif pour les médias et entreprises de presse ? A qui et comment s’adresser pour opérer un changement de paradigme sur ce sujet – étudiants et journalistes, dirigeants de médias, citoyens ? Si le journaliste doit devenir médiateur, sur quelles méthodes et bonnes pratiques peut-il s’appuyer ?

 

Le rôle du journaliste : narrateur, médiateur ou cartographe ?

Ancien rédacteur en chef à La Croix, François Ernenwein a enseigné durant de nombreuses années les techniques d’écriture à des étudiants d’écoles de journalisme. L’intégration du récit dans le travail du journaliste lui a permis de sortir de la position de surplomb -parfois reprochée aux journalistes-, et de s’intéresser plus en profondeur aux discours des citoyens et aux débats qui les animent. L’empathie au centre du récit est, pour lui, un élément primordial pour une meilleure prise en compte de « l’épaisseur des choses ».

Les contenus médiatiques ne sont que l’image de faits sociaux et anthropologiques intrinsèques aux sociétés humaines, comme la polarisation ou la catharsis. Mais le journaliste peut « trouver des ruses » pour encourager le débat constructif et amener du dialogue dans des espaces conflictuels. Selon François Ernenwein, il existe une demande sociale en ce sens. Il semblerait néanmoins que, dans les écoles de journalisme, on ne s’intéresse que peu à cette vision du journaliste comme « pacificateur », ou « médiateur ». Pourtant le journaliste pourrait avoir un rapport au terrain différent et un nouveau rôle « d’ambassadeur de la paix sociale », soutient Mariette Darrigrand.

Consultant stratégie chez Prophil et étudiant journaliste au Celsa, Antoine de Seigneurens cite l’exemple de #MeToo pour démontrer que le journaliste sait faire circuler l’information et propulser des débats sociétaux sur le devant de la scène. Selon lui, la possible transformation de la fonction de community manager, assurée par de nombreux journalistes et étudiants, en community-médiateur pourrait offrir des opportunités intéressantes en termes de rapport aux citoyens-utilisateurs et de médiation numérique.

Plutôt que de représenter une figure de médiateur, François Vey pense qu’il est nécessaire de se pencher sur le constat, le réel : le journaliste doit travailler sur les données et partager des diagnostics pour obtenir une vue d’ensemble d’un sujet complexe. La polarisation va en effet de pair avec la méconnaissance des enjeux, l’affrontement se base sur des savoirs et des connaissances plus ou moins établis. Pour que le journaliste œuvre à « mettre d’accord » les gens sur des sujets complexes, il faut selon François Vey avant tout qu’il leur offre un recul nécessaire, et qu’il les aide à confronter le réel aux opinions. Or actuellement, en matière de journalisme politique par exemple, la fonction de déconstruction du discours se perd, et le storytelling semble l’emporter. Sur les plateaux TV, après les discours du Président, les intervenants et journalistes paraphrasent ses propos et, par manque de temps, ne proposent que très peu d’analyse critique.

Des « bonnes pratiques » dans le paysage audiovisuel Français

Nathalie Darrigrand évoque l’émission « Voyage en territoires opposés »que produit sa société Together média etqui est lancée à l’automne 2023 sur France 5 animée par le journaliste Karim Rissouli. Sur quelques jours, on envoie sur le terrain intellectuels ou représentants d’une élite scientifique ou médiatique, pour rencontrer des personnes qui ont des vues totalement opposées à la leur. Le premier épisode, sur le thème de l’écologie, voit François Gemenne (membre du GIEC) aller à la rencontre du collectif écologiste et contestataire « Les Soulèvements de la Terre » ; Camille Etienne (militante écologiste) se rendre sur le circuit Paul Ricard à la rencontre de fans de course automobile ; et Antoine Buéno qui défend une « croissance durable » échanger avec un collectif « pro-décroissance » en Bretagne. Résultats : les discours sont engagés et plutôt construits ; et même si personne ne change d’avis, une réelle prise de conscience de la complexité des sujets et des difficultés des « gens normaux » se produit. On peine toutefois à trouver un dénominateur commun : par exemple l’activiste écologiste se trouve en difficulté d’argumentation face à des personnes qui affirment que la voiture est leur passion vitale.

D’autres initiatives s’en approchant sont mentionnées :

  • Les initiatives de quotidiens locaux comme Nice Matin qui laisse parfois les lecteurs choisir les sujets à traiter par les journalistes, et travaille sur des sujets polarisants comme par exemple la relation conflictuelle de l’homme et du loup dans les alpages français et italiens.  Ou La Nouvelle République, qui propose des pages « Dialogue ».
  • La série documentaire australienne « Go Back to Where You Came From » (2011-2018, SBS) proposait à 6 participants ayant des positions anti-immigration de refaire la route des migrants.
  • Les initiatives visant à remettre au goût du jour les joutes oratoires et disputes médiévales, par exemple dans les écoles.
  • L’émission Crossing Divides a été conçue par Emily Kasriel suivant l’idée que la BBC, par l’ampleur de son réseau de correspondants, était en mesure d’aller chercher des solutions aux conflits à travers le monde. Elle donne à voir, à San Francisco, des journalistes partageant un repas avec des Chinois qui soutiennent Trump et d’autres qui s’opposent radicalement à lui ; ou en Indonésie, un chrétien et un musulman, ex-enfants soldats de communautés religieuses combattantes il y a vingt ans, qui se retrouvent désormais à promouvoir la paix par la culture.
  • Les « German Talks » à l’initiative du média ZEIT Online, ont essaimé dans une trentaine de pays sous l’intitulé « My Country Talks ». Ils proposent de confronter des points de vue opposés sur des sujets de société qui nourrissent les clivages : religions, extrême droite, mariage pour tous, migrations, etc. Avec une idée très simple : faire que les personnes se rencontrent en tête à tête durant une heure, dans un café, hors des écrans et de tout public.

  • Entre autres contenus moins « constructifs », la chaîne Youtube américaine Jubilee a mis en scène des débats et entretiens entre individus totalement opposés sur des sujets de société. Par exemple : Black Conservatives vs White Liberals ; Conservative vs Liberal Gays. Ce format ne permet pas d’aller dans la profondeur des arguments et encourage le pathos, mais il a le mérite de présenter les préjugés de citoyens « ordinaires » et de mettre en lumière la polarisation excessive, parfois injustifiée, ou les possibles voies de réconciliation.

Reporters d’Espoirs

INTERVIEW # Jeunesses du monde dans l’objectif de Théo Saffroy

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« Je m’intéresse avant tout aux gens qui font bouger les lignes »

Amoureux de la culture mexicaine, Théo Saffroy photographie aussi la jeunesse du monde dans ses combats et ses paradoxes. À 31 ans, son travail, subtil mélange de documentaire et de fiction, veut raconter la réalité au-delà des clichés et des masques. Révéler des univers cachés, découvrir les montagnes derrière les écrans et les carcans… Son remède pour inspirer, à son échelle.

Votre intérêt pour la photographie, d’où vient-il ?

Théo Saffroy. Le déclic est arrivé avec le projet « El Grito » : une aventure de huit mois et 25 000 km à moto en Amérique du Sud avec mon meilleur ami. J’étais très intéressé par l’histoire coloniale du continent et les peuples précolombiens… nous avions 22 ans et rêvions d’aventure ! Avec ma caméra, j’ai pu documenter notre aventure, rencontrer des centaines de personnes, et réaliser des reportages notamment avec les Mapuches au Chili, les Quechuas au Pérou ou encore les Yanesha d’Amazonie. Un projet documentaire sur l’identité du continent qui fut ensuite publié et exposé en France. La photographie est arrivée à ce moment-là comme une manière de transmettre un récit et une réalité cachée.

Des inspirations dans le milieu de la photographie ?
T. S. Mon premier choc a été la découverte de la photographie humaniste de Sebastião Salgado. Ensuite j’ai beaucoup regardé la street photo new-yorkaise de Joel Meyerowitz par exemple, et le travail d’Harry Gruyaert sur les couleurs primaires qui donne beaucoup d’intensité et d’équilibre à ses compositions. C’est cette photographie du réel que je trouve la plus émouvante et que j’essaie de reproduire : jeu de composition, lumières contrastées et couleurs vives. Je m’inspire aussi beaucoup de la photographie de mode, particulièrement sur le travail de mise en scène comme Alex Prager et Sarah van Rij.

Qu’est-ce qui caractérise la « photographie documentaire » ?
T. S.
En ce qui me concerne, mes séries sont issues de réflexions personnelles qui tournent en général autour d’une jeunesse en mouvement et d’une idée de métamorphose, de « l’autre soi » en quête de liberté. Ce qui la caractérise spécifiquement, à mon avis, c’est surtout la notion de temps. Elle est primordiale pour développer une série. Je prépare mes shootings en amont (documentation, prise de contact) puis, une fois sur place, je prends le temps de créer une connexion avec mes sujets. Je les rencontre souvent avant le shooting sans appareil photo pour expliquer ma démarche, apprendre à les connaître et comprendre leur mode de vie, leurs habitudes. Cela me permet d’identifier les éléments à photographier tout en laissant une place à l’imprévu et à la collaboration. C’est un travail au temps long, parfois précaire, mais qui permet de témoigner d’une réalité entière avec des rencontres humaines plus fortes et des photographies plus intimes.

La jeunesse semble traverser l’ensemble de votre œuvre, est-ce un hasard ?
T. S. Je ne pense pas que ce soit un hasard, bien que ce soit rarement mon point de départ. Je m’intéresse avant tout aux gens qui font bouger les lignes, qui suivent une direction par passion et offrent un regard différent sur la société… Et il se trouve que la jeunesse a ce talent, cette soif de liberté, qu’ils s’émancipent à travers le parkour [une méthode d’entraînement pour franchir toutes sortes d’obstacles dans des environnements urbains ou naturels, Ndlr.], ou luttent sur un ring pour s’affranchir des règles de genre.

Les jeunes vous inspirent ?
T. S. Bien sûr ! Je suis extrêmement surpris par les jeunes d’aujourd’hui. Ils me donnent parfois l’impression d’avoir déjà vécu une vie tant leur discours est mature. Les lutteuses mexicaines, par exemple, ont cette aura, cette force, elles incarnent un passé violent avec une grande résilience. Depuis quelques années j’aborde les mutations de la société à travers la fenêtre du sport. Pour moi, les sportifs de haut niveau ont une force d’incarnation. Pour se consacrer à leur discipline, ils connaissent le sacrifice dès le plus jeune âge, un dépassement physique et mental constant, et développent un système de valeurs nobles autour du respect. De quoi inspirer la jeunesse.

Un message pour la jeunesse ?
T. S. Une phrase de Brel: « se tromper, être imprudent et aller voir ». Être curieux donc, s’accomplir en allant vers l’autre et vers le monde. Il faut conserver son authenticité, la cultiver et aller au bout de ses passions, de ses folies même, tout en respectant son entourage.

Vos photos contrastent parfois avec le sérieux des sujets qu’elles illustrent…
T. S. J’aime jouer avec l’absurde ou le contraste pour créer de nouvelles portes d’entrée vers des sujets plus sérieux. C’est la partie fictionnelle du documentaire. Cela renvoie aussi au paradoxe et à l’harmonie qu’il y a souvent dans mes sujets : imaginaire et réalité, intimité et énergie, équilibre et absurdité. Entrer dans un sujet grave avec des images graves serait sans doute plus compliqué. Je mise par exemple sur les leggings et les paillettes des lutteuses pour mieux aborder les 11 féminicides quotidiens au Mexique, je mets l’accent sur la prothèse stylisée de l’athlète paralympiques Arnaud Assoumani pour mieux parler du handicap…

Vous avez photographié le collectif musical Bon Entendeur. Quelle influence la musique a-t-elle sur vous ?
T. S. Je suis un grand amateur de rock et de musique en général, sujet sur lequel j’ai même réalisé un mémoire de sociologie. Je me suis intéressé à la création des courants musicaux contemporains : quels mouvements économiques, technologiques, sociétaux ont créé le rock’n’roll au sortir de la Seconde Guerre mondiale, pourquoi le disco et la techno sont apparus à ces moments précis… La musique dit beaucoup d’une époque, des idéologies et de ses influences. Par ailleurs, les collaborations avec des artistes me permettent de développer une dimension plus créative. Je m’amuse à créer dans un univers fictif, surréaliste, parfois cosmique : on peut partir plus loin dans la création et moins se soucier du réel. Cela me rapproche de la BD futuriste des dessinateurs du magazine « Métal hurlant » ou du dessinateur Ugo Bienvenu, qui inspirent beaucoup mon travail.

Comment composez-vous les lumières et les zones d’ombre ?
T. S. Les ombres renforcent l’idée du contraste et surtout du mystère, qui donne envie d’aller voir. Elles permettent de modeler l’image, de créer des formes et des compositions plus saisissantes. J’aime cette phrase d’Antoine de Saint-Exupéry dans «Le Petit Prince » : « Quand le mystère est trop impressionnant, on n’ose pas désobéir ». Elle traduit l’attirance et la curiosité qui redoublent d’intensité pour une zone mystérieuse et sans repères.

Vous qui êtes photographe documentaire, aimeriez-vous passer de l’autre côté de la caméra ?
T. S. Non, je ne crois pas. Dernièrement j’ai eu des passages à la télé et à la radio qui m’ont fait plaisir, mais autrement je ne me vois en aucun cas passer devant la caméra. Je n’ai pas envie d’être autre chose qu’un « directeur des histoires » !


↪︎ Retrouvez son portfolio sur theosaffroy.com

Propos recueillis par Paul Chambellant/Reporters d’Espoirs

Photo : Copyright Luccicanza/RM Conseil

13.09.2024 : Forum de Giverny, le rendez-vous des entreprises durables

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Photo : Copyright Luccicanza/RM Conseil

Pour sa 6e édition, le Forum de Giverny se tiendra le vendredi 13 septembre 2024 au Musée des impressionnismes de Giverny (Eure).

Rassemblant dirigeants d’entreprises, acteurs économiques et pouvoirs publics, cette réunion annuelle a pour dessein d’apporter des solutions concrètes et d’amplifier l’impact des démarches RSE.

Sont attendus de nombreux invités parmi lesquels Robert Vautard, climatologue et membre du GIEC, Muriel Signouret, directrice RSE de la SNCF, Jean-Dominique Sénard, président de Renault, ou encore des représentants de WWF France, EDF, Groupe Caisse des dépôts, et AXA Climate.

Portrait de trois femmes au parcours inspirant

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Dans « Ces jeunes qui font la Génération solutions », le dernier numéro de la revue Reporters d’Espoirs, nous mettons à l’honneur 24 jeunes qui vous font aimer 2024. Parmi eux, trois femmes d’exception…que l’on vous propose de découvrir dans cet article.


Léa Moukanas

Par Léonard de Carlo

«L’engagement n’a pas d’âge» – sous-titre de son dernier ouvrage «Je veux être utile» (éd. Robert Laffont, 2022) – résume son état d’esprit. L’entrepreneuse et auteure franco-libanaise Léa Moukanas, 24 ans, en a seulement 15 lorsqu’elle fonde l’association Aïda. À l’hôpital où est hospitalisée sa grand-mère, elle croise un jeune malade souffrant d’un cancer. Rencontre fondatrice qui préside à la création de son association. Neuf ans plus tard, 2 000 bénévoles âgés en moyenne de 19 ans ont été formés : ils accompagnent 2 200 jeunes dans plus de 60 hôpitaux en France dans leur combat quotidien contre la maladie, les souffrances physiques et les doutes existentiels. Un souffle d’espoir pour des milliers de 12-25 ans.

 

Claïna Clavaron

par Malika Souyah

C’est en avril 2023 que votre serviteur découvre Claïna Clavaron dans « Théorème/Je me sens un cœur à aimer toute la terre », d’Amine Adjina. Une pièce dans laquelle la jeune pensionnaire de la Comédie-Française incarne une Nour très lumineuse, et manie avec beaucoup d’aisance texte contemporain et tirades de Molière. « Comme j’étais une enfant assez timide, mes parents m’ont inscrite à un cours de théâtre quand j’avais 5 ans », partage l’artiste née en 2000 à Port-au-Prince, à Haïti. En 2019, un an après son bac et en parallèle de la Classe libre aux cours Florent, Claïna intègre la Comédie-Française en tant qu’artiste auxiliaire, avant d’en devenir pensionnaire en 2021. Sur les planches de la prestigieuse maison, elle incarne des personnages emblématiques de la comédie classique tels Gretel dans « Hansel et Gretel », des Frères Grimm, en 2021. Et des rôles plus contemporains aussi, comme celui de Claïna dans « D’où rayonne la nuit », de Yoann Gosiorowski, en 2022. Celle qui considère que « la force du théâtre, c’est de rassembler les gens » rêve d’incarner le personnage d’Esther dans la pièce éponyme de Racine. « C’est une pièce fabuleuse qui parle d’une jeune femme qui veut sauver le peuple juif d’un tyran. Elle a 16 ans, et elle a tellement foi en son Dieu qu’elle arrive à faire bouger les éléments pour sauver les siens. Elle a une force incroyable et les vers sont poignants. » En attendant, on peut la découvrir au Français en Hyacinthe dans « Les Fourberies de Scapin », de Molière, mise en scène par Denis Podalydès, jusqu’au 19 juin. Ou encore en Dacha dans « Les Démons », de Dostoïevski, dans une mise en scène de Guy Cassiers, jusqu’au 22 juillet.

Coline Debayle

Par Paul Chambellant

Lancer des projets entrepreneuriaux innovants, c’est tout un art que Coline Debayle, cofondatrice d’Artips et de Team for the Planet, 34 ans, semble maîtriser à la perfection. D’un côté, Artips, site web qui vise, depuis 2012, à vulgariser la culture générale au travers de trois newsletters hebdomadaires retraçant une œuvre d’art célèbre ou inconnue. De l’autre, Team for the Planet, entreprise fondée en 2019 qui veut lever un milliard d’euros pour créer 100 entreprises aptes à lutter efficacement contre le changement climatique. Si ces deux «licornes» l’ont propulsée sur le devant de la scène entrepreneuriale, elle accumule depuis les casquettes : accompagnatrice de projets à impact, coach pour des «intrapreneurs publics» et start-ups d’État, ou encore conférencière en entreprise par TedX.

Encore lui ! Louis de Funès allié du soleil, pionnier des low-tech

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1978 marque la création du Commissariat à l’énergie solaire… et une semaine plus tard la sortie du film « La Zizanie » avec Annie Girardot et Louis de Funès ! « Non ! Si ! Ohhhh ».

9e au box office, ce film, qui offre un récit écologique populaire avant l’heure (inégalé depuis ?) aborde malicieusement… l’innovation que constitue le four solaire.

Si vous êtes arrivé à saturation de la série des « Gendarmes » abondamment diffusée sur la TNT comme le veut la tradition aoutienne, voilà un chef d’œuvre qui saura vous enthousiasmer. Extrait ci-dessous.

Et si vous souhaitez en savoir plus sur « Louis de Funès, l’écolo », rendez-vous dans la revue Reporters d’Espoirs n°2 « Nature : vous n’avez encore rien vu ! » : nous y consacrons un article à l’œuvre cinématographique et jardinistique du comédien, qui appliquait déjà il y a cinquante ans les principes de l’agriculture biologique et de la communion avec la biodiversité.

« Peu de personnes s’engagent du jour au lendemain quatre heures par semaine dans une association. Il faut tester pour y prendre goût. 18 000 missions sont disponibles sur JeVeuxAider.gouv.fr pour toutes et tous ! » – Benjamin Richard

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Benjamin Richard est le responsable de la plateforme numérique jeveuxaider.gouv.fr, créée au sein de la Direction de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative, et du Ministère de l’Education Nationale et de la Jeunesse. La plateforme publique du bénévolat met en lien 18 000 missions d’intérêt général avec les 550 000 citoyens inscrits qui souhaitent s’engager.

Dans quel contexte cette plateforme a-t-elle été créée ?

La plateforme a émergé dans un contexte de crise. Sa création s’est faite au moment du Covid, comme beaucoup de services de solidarité. Mais son idée remonte aux attentats de 2015, lorsque la Réserve Civique a été mise en place.  On a remarqué qu’il fallait faire face à de fortes envies et besoins de mobilisations au moment des crises, à l’image de l’accueil des réfugiés ukrainiens par exemple. L’Etat a voulu faciliter l’engagement des citoyens sur ces grandes causes.

Quelles ont été les évolutions de la plateforme depuis sa création ?

On a remarqué qu’outre les élans de solidarité dans les moments difficiles, l’engagement sur le long terme, au quotidien, était plus difficile. Or les associations ont aussi besoin d’un engagement régulier. De nombreuses structures cherchent des compétences particulières : un secrétaire, un trésorier, ou quelqu’un du monde juridique ou informatique par exemple.

Comment donner aux gens l’envie de s’engager ?

Je suis partisan de donner l’envie par l’exemple et par l’action. Peu de personnes s’engagent du jour au lendemain quatre heures par semaine dans une association. Il faut tester pour y prendre goût. Le premier pas, c’est de lever les freins ou les craintes : montrer que ce n’est pas nécessairement chronophage, qu’il y a des missions qui correspondent aux attentes de chacun. On doit goûter à la sensation d’être utile, à la proximité avec les gens.
La plateforme est conçue pour que les recherches soient facilitées. Il y a une grande variété de missions proposées, que ce soit près de chez soi ou à distance, sur des temps d’engagement longs ou courts. 28% des bénévoles réalisent leur première mission grâce à notre plateforme, et plus des deux tiers continuent leur engagement par la suite.

Qu’est-ce que les gens retirent de leur expérience ?

Il y a mille et une raisons de s’engager. La première est un attachement à la cause, et le sentiment d’être utile à la société. Mais il y a d’autres motivations : acquérir des compétences, faire des rencontres, se créer un réseau, sortir de chez soi… Chaque raison est légitime. On a l’idée reçue que l’engagement serait quelque chose de sacrificiel, qui coûte beaucoup. En réalité, on en tire beaucoup de bénéfices personnels et il faut l’assumer. L’engagement, on le fait pour les autres ainsi que pour soi.

Votre plateforme met en lien la population non seulement avec les associations, mais aussi avec d’autres acteurs ?

11 000 associations sont inscrites sur la plateforme, et nous regroupons 13800 structures en tout. Il y a des collectivités territoriales, comme des communes ou des départements, des organisations publiques, des CCAS, des EPHAD… Tout acteur à but non lucratif et portant un projet d’intérêt général est le bienvenu sur la plateforme. L’engagement n’est pas propre aux associations, beaucoup d’acteurs y concourent.

Quelle tranche d’âge est la plus représentée parmi les bénévoles ?

Ce sont les jeunes. Sur 550 000 personnes inscrites, la moitié a moins de 30 ans. Nous ne les ciblons pas particulièrement, mais cette nouvelle génération vient à nous plus naturellement. Ce qui n’empêche pas que toutes les générations soient représentées. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le service numérique n’est pas un frein à son utilisation par les plus de 60 ou 70 ans. La plateforme a l’avantage d’être très simple : en quelques clics, on est en relation avec une association et on peut aller rapidement sur le terrain. Il y a un côté concret et pragmatique qui plaît à tout le monde, bénévoles comme organisations d’ailleurs.

Comment développer l’envie de s’engager ?

Notre fil rouge, c’est la conviction qu’il existe une manière de s’engager qui correspond à chacun. On va chercher les personnes qui se sentent éloignées du bénévolat dans les endroits où les associations ne vont pas forcément. A ces personnes, on pourra proposer du bénévolat à distance, même si notre objectif est bien sûr de soutenir la dynamique associative partout. Pour faire connaitre notre service public numérique, nous sommes présents sur de nombreuses plateformes en ligne, comme des sites d’orientation ou des forums d’emploi. On intervient en milieu scolaire, dans des forums associatifs, au sein de divers événements. Une grande campagne d’affichage a également été mise en place dans les réseaux de transports des métropoles. Nous avons enfin des relais dans des médias.

Comment les médias peuvent-ils aider?

Nous développons des partenariats avec des médias, avec des rubriques « engagement » à côté des articles. J’ai la conviction que leur lecture donne aux gens l’envie d’agir. L’actualité nous laisse parfois désemparés donc on essaye de montrer qu’il existe des moyens d’agir à notre petite échelle. Par exemple, après un article qui parle des évolutions de la pauvreté, nous pouvons mettre en valeur des missions de distribution alimentaire ou de maraude à proximité. Notre utilité, c’est d’être à rebours du pessimisme ambiant, de montrer qu’on a des moyens de dépasser certains obstacles. Le bénévolat, c’est la joie en action. On entend toujours que la jeunesse ne fait rien, mais on constate exactement l’inverse à travers son engagement.

Propos recueillis par Maëlle Widmann pour Reporters d’Espoirs