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09/03/2022 · Reporters d’Espoirs vous donne rendez-vous au Cleantech Open France · Paris

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Depuis 2010, le Cleantech Open France accompagne les acteurs de la transition environnementale et énergétique qui développent des technologies propres et innovantes dans les domaines de l’énergie, la mobilité, l’agriculture et l’alimentation etc.

Ce mercredi 9 mars, l’association vous invite au lancement de son « Baromètre 2022 » qui vise à aider à comprendre les enjeux, les attentes et les perspectives d’évolution des startups dans ce domaine.

Au programme :

Reporters d’Espoirs sera heureux de vous y retrouver : Gilles Vanderpooten, journaliste et directeur de Reporters d’Espoirs, interviendra aux côtés d’Albane Godard, directrice de la Fondation GoodPlanet, et Myriam Schwartz, directrice des relations diplomatiques de Solar Impulse Foundation.

Rendez-vous de 17 à 19h au siège de Bpifrance à Paris (6/8 Boulevard Haussmann, 75009 Paris).

>Pour plus d’informations et vous inscrire

« Les voyageurs que l’on invite nous ressemblent. Leurs films aident chacun à prendre conscience de ses propres capacités » – Patricia Ondina, fondatrice du Festival du film Partances

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Amoureuse des périples hors des sentiers battus, Patricia Ondina a créé il y a vingt ans le festival de films de voyage et d’aventure « Partances » près de Toulouse. À l’approche de la 18e édition, elle partage sa conception du voyage et d’un certain cinéma documentaire « constructif ». Reporters d’Espoirs y sera, contribuera à l’animation du festival, et vous donne donc rendez-vous le week-end des 11, 12 et 13 mars à la salle Altigone de Saint-Orens (31). Pour découvrir le programme, rendez-vous sur www.partances.com.


Après une année d’absence, le festival Partances revient dans quelques jours pour mettre à l’honneur l’ouverture sur le monde, le voyage et l’aventure.

Évidemment, on est très heureux de reprendre de vraies rencontres. Avec comme thématique en clin d’œil à cette période mouvementée, « Contre vents et marées », qui reflète aussi les réalisations que l’on va donner à voir cette année.

Revenons-en aux origines : d’où est venue l’idée de votre festival de film de voyage et d’aventure ?

Le hasard des rencontres ! Mon conjoint et moi étions voyageurs, faisions et montions des films, des projets personnels que l’on n’osait pas vraiment présenter. Au fin fond de la Chine, nous avons rencontré les organisateurs d’un festival sur le voyage et l’aventure, auquel nous avons ensuite assisté à notre retour en France. Nous en sommes sortis éblouis et enthousiasmés de l’énergie qui s’en dégageait. Par la suite, nous avons eu la chance de voir nos films sélectionnés dans plusieurs festivals, ce qui nous a permis de mieux connaitre l’organisation des festivals et de nous émerveiller à chaque fois de la magie qui opérait.

Nous avons alors voulu reproduire dans notre région ces moments de découverte, d’évasion, d’ouverture au monde et de rencontres avec des gens qui font des choses incroyables.

Voyage et aventure sont aussi synonymes d’échange et de partage : c’est ce que vous faites en invitant acteurs, réalisateurs et producteurs de films documentaires.

L’objectif n’est évidemment pas de passer des films pour passer des films, mais bien de créer un véritable échange entre les réalisateurs ou les gens qui incarnent ces films et le public. Des temps permettent aux spectateurs de poser leurs questions, de rencontrer chacun des invités sur leur stand, d’échanger pendant les entre-actes… Et un voyage ça dure longtemps dans la tête !

Vous faites ainsi voyager vos spectateurs ‘par procuration’.

Parmi nos spectateurs, certains ne voyagent pas beaucoup alors que d’autres sont de vrais globe-trotteurs. Peu importe ! On peut voyager de mille façons, y compris à travers les livres et à proximité de chez soi. L’important c’est cette forme de communion à certains moments : des fenêtres que l’on ouvre, des univers que l’on essaie de faire découvrir.

Comment est établie votre programmation ?

Il est difficile de choisir, et c’est forcément injuste pour ceux qui ne figurent pas dans la sélection. Nous visionnons tous les films que nous recevons (il y en a beaucoup !) et faisons une sélection « aux tripes ». Nul besoin de films qui présentent un exploit, mais il faut qu’ils nous embarquent dans une aventure, ne nous lâchent pas, aient une connotation humaniste, incluent un échange avec les gens des pays visités – parce qu’effectivement, ce qui fait le voyage c’est aussi le partage. 

 « Contre vents et marées »  est le thème de cette 18e édition : vous mettez donc à l’honneur des personnes qui, confrontées à des obstacles, les ont surmontés.

La nature des obstacles peut être géographique ou liée à un parcours de vie. Dans tous les cas, « nos » aventuriers font preuve d’un sacré entêtement et d’obstination. Parce qu’il est difficile de se rendre aux Zanskar [région himalayenne très isolée] quand le seul moyen de traverse, le fleuve gelé, se met à dégeler en cours de route ; parce qu’il est dangereux de traverser la banquise au vu du réchauffement climatique ; ou encore parce qu’il est périlleux de vouloir participer à une course autour du monde quand on a seize ans, un rêve mais ni moyen ni expérience. Les films en sélection cette année mettent en lumière l’idée d’être endurant et tenace.

Dans la sélection figurent notamment deux documentaires dans le contexte de (l’après)guerre en Syrie et au Liberia, mais qui témoignent de la résistance de la société civile. Pourquoi avoir sélectionné « Daraya, une bibliothèque sous les bombes » et « Water gets no enemy » ?

Ces films peuvent a priori représenter des choix audacieux au regard de l’objectif du festival qui n’est pas de montrer la guerre ou l’horreur de la guerre, mais des gens qui dans des contextes particuliers parviennent à accomplir des choses exceptionnelles.

Dans Daraya, on suit de jeunes gens qui construisent une bibliothèque sous les bombes pour essayer de préserver un minimum d’enseignement, de culture et de normalité alors qu’ils subissent la guerre dans une partie de la Syrie.

Avec Water Gets No Enemy, on est au Libéria, pays qui n’est plus en guerre mais l’a été. Là, le sport et le surf en particulier sont prétextes à construire autre chose pour ceux qui ont vécu des choses difficiles, particulièrement les jeunes [qui ont parfois été enfants-soldats]. C’est une très belle histoire d’autant qu’au-delà de la promotion d’un sport et de ce que montre le film, les réalisateurs ont distribué et installé 70 filtres à eau dans des écoles, villages et dispensaires.

Seriez-vous une avocate du « cinéma de solutions », le pendant du journalisme constructif version 7e Art ?

Les films que Partances ne cesse de promouvoir depuis vingt ans témoignent de l’existence d’énergies formidables qui méritent d’être partagées. A côté des catastrophes dont témoignent les médias d’information, nous voulons révéler ce qui fonctionne, montrer qu’une rencontre avec l’autre n’est pas forcément une violence, mettre à l’honneur y compris dans les situations les plus terribles la capacité de gens qui se démènent, vont au bout de leur rêve, réalisent des choses… C’est pour ces raisons que ces films et documentaires nous font tant de bien. Les personnes et les voyageurs que l’on invite au festival pourraient, pour certains, être nos voisins, nous ressembler. Ce sont parfois des gens ordinaires qui accomplissent des choses extraordinaires. En cela leurs films aident chacun d’entre nous à prendre conscience de ses propres capacités.

Une interview réalisée par Morgane Anneix pour Reporters d’Espoirs

« Permettre aux réfugiés d’être reconnus pour leur savoir-faire professionnel est un formidable levier d’intégration » – Inès Mesmar, fondatrice de La Fabrique nomade

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Inès Mesmar, fondatrice de la Fabrique Nomade à la France des solutions 2021

Convaincue qu’une nouvelle voie d’intégration centrée autour de la créativité est possible, Inès Mesmar, fondatrice de La Fabrique nomade, accompagne les réfugiés dans leur insertion en leur permettant d’exercer leur métier en France. Elle revient sur son parcours, la genèse de son association et sa conception de la richesse de l’immigration.


Quel a été le point de départ de votre association ?

L’histoire de ma mère a été un déclic. En 2015, j’ai trouvé des broderies dans son armoire. C’est comme ça, que j’ai découvert que ma mère avait un métier. Elle m’a alors appris qu’avant de s’installer en France, où je l’ai toujours connue comme mère au foyer, elle était brodeuse en Tunisie. Elle possédait, comme d’autres réfugiés et migrants, un savoir-faire qu’elle avait oublié… et qu’elle a mis 35 ans à dévoiler à ses enfants ! J’ai alors enquêté dans les centres d’hébergement et identifié les freins auxquels ils sont confrontés : barrière de la langue, absence de réseau, méconnaissance du marché… l’absence d’un accompagnement adapté et l’urgence de leur situation les conduit à exercer des emplois dans les secteurs en tension comme le bâtiment, le ménage ou la sécurité, les obligeant à délaisser leur véritable métier qui est souvent aussi leur passion.

J’avais l’intime conviction que si on permettait à ces personnes de développer leurs compétences et d’être reconnues pour leur savoir-faire, cela pouvait être un formidable levier d’intégration.

J’ai alors lancé La Fabrique nomade dans le but de les accompagner  dans leur insertion professionnelle en France. Luthier, couturière, bijoutier, céramiste… notre association défend un nouveau modèle d’intégration, qui montre que l’immigration est une richesse et la diversité une force pour la France.

De quelle manière accompagnez-vous les réfugiés pour les aider à renouer avec leur métier artisanal ?

Nous travaillons en collaboration avec des structures d’hébergements et l’Office français de l’immigration et intégration (Ofii). Les stagiaires retenus suivent une formation certifiante de neuf mois. Neuf mois, c’est le temps d’une renaissance pour nos artisans. Ils suivent des cours de français, découvrent l’environnement économique et culturel de leur secteur d’activité, animent des ateliers de pratique artisanale et font un stage en entreprise. A travers ce programme, ils développent également une collaboration professionnelle : chaque artisan forme un binôme avec un designer et ensemble ils vont co-créer un objet d’art et de design. La collection ainsi créée fait l’objet d’un vernissage où toutes les créations sont mises en vente.

Quels résultats obtenez-vous, et comment se développe votre association ?

Aujourd’hui nous comptons 8 salariés dans notre équipe. En 5 ans, nous avons soutenu plus de 50 artisans, qui représentent 20 savoir-faire différents, venus de 28 pays du monde. C’est dire la richesse de l’immigration quand on veut bien la regarder. 76% d’entre eux se sont insérés sur le marché du travail et ces savoir-faire enrichissent notre patrimoine commun. Le groupe LVMH a compris l’apport que représentent ces personnes pour notre pays. C’est pourquoi ils ont décidé de soutenir notre action : aujourd’hui, nos artisans collaborent avec des créateurs, des artisans des maisons comme Chaumet, Céline et Repossi.

« La reconnaissance par la création » c’est votre crédo.

Notre action ne vise pas seulement à trouver un emploi, mais bien de construire un véritable projet de vie, en permettant à ces artisans exilés de trouver leur juste place dans la société. La reconnaissance de ce qu’ils sont et ce qu’ils apportent à la société est une étape essentielle pour leur intégration et devenir des citoyens et acteurs à part entière de notre pays. Cela permet d’ailleurs de développer un sentiment d’appartenance qu’ils transmettront à leurs enfants.

La force de La Fabrique nomade réside dans notre capacité à rendre compte, valoriser, et insérer ces profils spécialisés sur le marché du travail en même temps que dans la société. Notre action apporte une solution concrète pour éviter le processus de déqualification et de déclassement professionnel systématique, tout en apportant une nouvelle approche du processus d’intégration.

Vous mettez en valeur la spécificité de chaque individu ; cette perception de la valeur de chacun est-elle assez reconnue dans notre société ?

J’ai eu la chance de grandir dans un quartier monde, la Cité des 4000 à la Courneuve, où se mêlent différentes nationalités et cultures. Pourtant, je me suis construite dans l’effacement de ma différence qui n’était pas perçue comme une richesse. C’est encore le cas aujourd’hui en France. C’est aussi contre cette uniformisation des individus que j’ai voulu lutter en créant La Fabrique nomade. J’ai pris conscience de la force de la reconnaissance, de son pouvoir d’ intégration dans la société. Créer ces chemins de la reconnaissance c’est essentiel pour vivre ensemble grâce au « faire ensemble ».

Quelles difficultés avez-vous rencontrées dans la construction de votre association ?

Trouver un modèle économique viable est un challenge que nous avons à relever tous les jours. Aujourd’hui nous dépendons des subventions publiques qui sont des fonds variables d’année en année et restent liées au contexte politique. Ces contraintes financières limitent le développement des solutions que nous déployons. Nous devons donc faire preuve de créativité pour diversifier nos sources de financement. Créer des collaborations inédites entre associations et entreprises me semble être l’une des clefs.

Comment concevez-vous le rôle des médias face aux difficultés d’intégration des réfugiés ?

Les médias ont un rôle primordial dans la perception des réfugiés, d’autant plus que la migration est un sujet sensible. Certains organismes participent à mettre en exergue des solutions, comme le fait Reporters d’Espoirs avec La France des solutions. La Fabrique nomade a bénéficié d’une belle visibilité médiatique, de nombreux médias ont mis en avant nos actions, ce qui a permis de développer la notoriété de l’association. Mettre en avant les acteurs qui agissent et trouvent des solutions permet d’inciter d’autres personnes à agir. C’est un cercle vertueux où tout le monde a son rôle à jouer, et celui des médias compte beaucoup.

Louise Darrieu, avec Caline Jacono et Gilles Vanderpooten pour Reporters d’Espoirs