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L'édito de Frédérique Préel, Version Femina

By Le Lab

Version fémina est le premier magazine féminin de France : plus de 3 millions d’exemplaires sont diffusés chaque semaine avec 37 éditions de quotidiens régionaux et avec le JDD en Ile de France. Il fête en 2012 ses 10 ans et est partenaire de Reporters d’Espoirs depuis trois ans. Nous vous donnons rendez-vous régulièrement dans la rubrique « C’est ma planète ». Frédérique Préel, rédactrice en chef adjointe de Version fémina, revient sur les motivations de cette coopération.

« Chacun de nos lecteurs doit savoir qu’il peut apporter sa pierre à l’édifice. ». C’est, je me souviens, en ces termes que j’ai défini la rubrique que je rêvais de créer à mes interlocuteurs de « Reporters d’Espoirs ». L’idée était de donner chaque mois l’exemple d’une initiative positive et d’offrir à ceux qui nous lisent la possibilité de la reprendre à leur compte. Nous cherchions une façon différente de parler d’environnement, de développement durable, d’acceptation de la différence, de combats sociaux et sociétaux. Nous voulions autre chose qu’un discours « donneur de leçon », moralisateur, culpabilisant. Nous désirions surtout braquer les projecteurs sur ces héros du quotidien, prêts à soulever des montagnes pour rendre la vie un peu meilleure. Montrer qu’il est possible de faire avancer le schmilblick, que les petites gouttes d’eau finissent par faire de grandes rivières, que « Toi plus moi plus eux plus tous ceux qui le veulent » peuvent faire bouger les choses…  Idéaliste ? Oui, sûrement, mais idéaliste ne rime-t-il pas avec journaliste ? A quoi bon, en effet,  observer le monde et relater ce qui s’y passe, si ce n’est pas pour qu’il s’améliore ?

Cela fait trois ans que « C’est ma planète » est née de l’union entre « Reporters d’Espoirs » et « Version Femina ».  Chaque mois, nous proposons « la bonne idée » que nos lecteurs peuvent reprendre à leur compte grâce à « Pourquoi pas vous ?», un mode d’emploi pratique. De « Ciné-ma différence » qui organise des séances de cinéma pour les personnes autistes et handicapées mentales à « Mains libres » qui propose une bagagerie pour les SDF, nous sommes fiers de contribuer à les faire connaître et de donner à nos lecteurs l’envie de suivre leurs exemples… Longue vie à « C’est ma planète » !

Frédérique PRÉEL, Rédactrice en chef adjointe, Version Fémina

« Reprendre le pouvoir sur les événements » par Serge Tisseron

By Le Lab

Interview de Serge Tisseron*, psychiatre et psychanalyste.

Pourquoi avons-nous besoin d’informations « positives » ?

Lorsque nous voyons des personnes qui vivent ou éprouvent des émotions intenses, nous avons tendance à nous identifier à elles. C’est-à-dire à imaginer pouvoir ressentir les mêmes émotions. Une aptitude humaine désignée sous le nom d’empathie. Mais en fait, il n’y en pas une, mais plusieurs. On parle « des » empathies.

La première est à la fois émotionnelle (être capable de s’imaginer à la place de l’autre) et cognitive (essayer de se représenter ce qui se passe). La seconde consiste à reconnaître à autrui les mêmes droits qu’à soi-même. Et dans ce cas, on ne parle plus d’empathie identificatoire, mais de reconnaissance réciproque.

Et le propre des informations, le plus souvent dramatiques, c’est de trop solliciter la capacité empathique : une surexcitation, qui produit finalement l’effet contraire de celui recherché. A trop éprouver par procuration, cela conduit à l’épuisement de l’empathie.

L’omniprésence des informations « catastrophes n’est pourtant pas une nouveauté… ?

Ce qui est différent d’hier, ce sont les technologies numériques :

– Aujourd’hui, tout le monde a un appareil enregistreur sur soi, comme son téléphone mobile. Les images et les témoignages sont donc pris au cœur-même du drame.

– Leur transmission se fait également en temps réel, lorsque l’événement est toujours en cours, lorsque le blessé n’a pas encore été soigné.

– La miniaturisation des récepteurs permet aussi à tout un chacun d’accéder à ce qui se passe. De n’importe où. D’où une irruption de l’intimité du monde dans sa propre intimité.

Pour ces trois raisons « technologiques », les événements « pénibles » nous apparaissent encore plus pénibles. D’où un risque accru de saturation et donc d’endurcissement par rapport à soi-même. Qui peut conduire à un repli communautariste, où l’on ne s’occupe plus que des malheurs de sa communauté. C’est contre ça que nous avons besoin de vous, Reporters d’Espoirs et que les chaînes de télévision doivent travailler avec vous.

 

Quel pouvoir structurant, voire thérapeutique ont les images, les actes, les faits, les initiatives constructives ?

En offrant des pistes d’action, pour soi et les autres, on donne à ceux qui le désirent la possibilité de reprendre le pouvoir sur des événements qui leur sont pénibles ou sur les images qu’ils reçoivent, de reprendre confiance en eux-mêmes et en les autres. Reporters d’Espoirs remplit une mission essentielle aujourd’hui. Vous permettez de ne pas subir le monde de façon passive.

On devrait donner la possibilité de « cliquer » sur « Reporters d’Espoirs », en même temps que l’actualité défile, pour pouvoir intervenir sur les grands problèmes. Sinon, les chaînes vont nous rendre malades. Les informations montrent souvent des événements, sans donner les moyens de les comprendre, ni les moyens d’agir. Or, c’est la condition pour continuer à rester curieux. C’est pour ça que je soutiens Reporters d’Espoirs.

* Auteur d’une trentaine d’essais depuis 1985, dont L’Empathie au cœur du jeu social (Albin Michel ; 2010) et Y-a-t-il un pilote dans l’image ? (Aubier ; 1998).

Propos recueillis par Olympia Nemet.

De nouvelles formes d’alliances pour redonner son sens à l’acte d’entreprendre

By Le LabOne Comment

Patrick Viveret, philosophe, auteur de Reconsidérer la richesse (Éditions de l’Aube)

Puisque le thème du Parlement des Entrepreneurs d’avenir est « Réinventer l’entreprise pour un avenir souhaitable » reprenons les deux messages forts de cette perspective. Commençons par l’avenir. Pour qu’il soit souhaitable il faut encore qu’il advienne et donc que nous changions de cap par rapport à l’orientation dominante d’un mode de croissance devenu insoutenable. Le dérèglement climatique, la catastrophe de Fukushima, les risques renouvelés d’une nouvelle crise financière majeure nous transmettent du côté des inquiétudes le même message que le printemps des peuples arabes du côté de l’espoir : il n’est plus pos sible de prolonger durablement des formes économiques et politiques dès lors qu’elles s’avèrent humainement et écologiquement destructrices.

Même pour l’entreprise, et nous en venons au second message de ce Parlement, cette forme de croissance finit par s’avérer insoutenable dès lors qu’elle ne profite pas, à la différence des grandes multinationales, des bénéfices d’une rente financière de plus en plus déconnectée de l’économie réelle. La conjonction d’une exigence de rentabilité de court terme totalement excessive (les fameux 15 % minimum), d’un endettement par effet levier et d’un gonflement démesuré des produits dérivés (dernier chiffre cité par Michel Barnier, commissaire européen, six cent mille milliards de dollars !) condamnent à terme nombre d’entreprises de taille moyenne à être rachetées puis démembrées aussi bien pour cause d’échec à atteindre ce fameux seuil de rentabilité que de réussite, car l’ayant atteint, elles deviennent des proies désirables.

De nouvelles formes d’alliance peuvent dès lors se nouer entre des acteurs de l’économie sociale et solidaire et la fraction croissante des entreprises pour lesquelles les enjeux de responsabilité écologique et sociale ne relèvent pas de la simple « com ». Le projet « Cap 40 » ou « bourse des vraies valeurs » qui organise une plateforme collaborative entre les réseaux des entrepreneurs d’avenir, de l’économie sociale et solidaire, le mouvement des entrepreneurs sociaux et des associations comme le Forum pour d’autres indicateurs de richesse (FAIR) en constitue un bon exemple. Il doit commencer à être discuté lors du Parlement des Entrepreneurs d’avenir, prolongé en juin par les Etats généraux de l’Economie sociale et solidaire, début juillet par les rencontres internationales « Dialogues en Humanité », et à l’automne lors des journées européennes des entrepreneurs sociaux.

Ce projet vise à répondre à la crise générale du crédit, au sens fort de confiance, qui mine aussi bien le rapport au pouvoir que le rapport à la richesse dans nos sociétés. Il s’agit de se fonder sur un sens non confisqué et non réducteur des mots eux-mêmes : la valeur comme force de vie, le crédit comme qualité de confiance, et d’établir une évaluation, voire une notation globale, des différents acteurs économiques mais aussi politiques et sociaux au regard de la création de valeur ajoutée écologique et sociale et du degré de confiance que l’on peut accorder à leurs proclamations « éthiques », « citoyennes » ou en faveur du « développement durable ». Il s’agit ainsi de redonner tout son sens à l’acte d’entreprendre au service d’une création de richesse cohérente avec la perspective d’un développement humain soutenable.

Cet édito est paru dans la newsletter de mai des Entrepreneurs d’avenir, rédigée par Reporters d’Espoirs

Et si on passait à l'acte ?

By Le LabNo Comments

Qui aurait dit qu’une rubrique de ce type rencontrerait un tel succès ? Le blog « Passage à l’acte » sur notre site Rue89, ne raconte pourtant rien de dramatique ni de spectaculaire : Il tente simplement de faire vivre les idées concrètes qui peuvent améliorer notre quotidien.

Cela va faire quatre ans, cet été, que Rue89 et Reporters d’Espoirs coopèrent pour faire vivre cette rubrique. Nos deux médias partagent des valeurs : Rue89 comme Reporters d’Espoirs assument une vision citoyenne du journalisme, et tentent, en animant des débats ou en détectant des idées, projets et autres initiatives constructives, d’apporter leur brique à la construction d’une société meilleure.

Une banque « différente », le Crédit Coopératif, a rejoint l’aventure de « Passage à l’Acte » en 2009. Sponsor de la rubrique, elle n’intervient évidemment pas dans le contenu, respectant l’indépendance des journalistes. La banque a créé son propre site de recherche de solutions, MyCoop.coop

Avec « Passage à l’acte », nous identifions des problèmes à résoudre (dans divers domaines : santé, social, environnement…) puis les idées proposées pour ce faire, et enfin les possibilités concrètes de mise en pratique. Et si les surendettés pouvaient garder un compte bancaire ? Et si les entreprises prêtaient leurs salariés aux associations ? Et si les eaux usées devenaient une source d’énergie ?

Faisant le pont entre ceux qui proposent des solutions (chercheurs, associations ou simples citoyens…) et ceux qui ont les leviers en main (le chef d’entreprise, le politique…), notre blog est de plus en plus suivi. Les articles sont lus à chaque fois par 20 000 lecteurs en moyenne, et ont une durée de vie très longue, grâce aux moteurs de recherche.

Passage à l’acte a reçu en janvier 2010 le prix du meilleur blog de la catégorie « développement durable », décerné lors de la « Coupe de l’info ».

Les trois partenaires qui le portent, différents dans leur approche, mais proches dans leurs valeurs, entendent bien pousser l’expérience plus loin encore… Des idées pour développer la rubrique, la rendre plus participative encore, existent : ne reste plus qu’à passer à l’acte !

Cet édito a été publié dans la newsletter de Reporters d’Espoirs de mai 2011

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Un nouveau modèle d'entreprises

By Le LabOne Comment

Les Entrepreneurs d’avenir ont un horizon commun : faire progresser leur entreprise dans le cadre d’une performance réinventée.

Depuis 2009, année de lancement du réseau et du Parlement des Entrepreneurs d’avenir à l’Assemblée nationale, 500 dirigeants et beaucoup plus demain, soutenus par des partenaires nationaux et régionaux, se mobilisent pour promouvoir une autre manière d’entreprendre.

Etre Entrepreneur d’avenir, c’est d’abord une prise de conscience que l’acte d’entreprendre et de diriger ne peut plus se faire sans une démarche globale conciliant l’humain, l’environnement, la société et le marché.

Cette ambition se construit au quotidien par des engagements et des actes stratégiques, au cœur des métiers, de la gouvernance, des liens tissés avec ses collaborateurs, ses fournisseurs, d’une place faite aux plus fragiles, et ce à l’unisson des défis écologiques et sociaux à relever.

C’est un nouveau modèle d’entreprises qui naît sous nos yeux. Pour elles, l’économie et le profit sont des moyens, pas une fin, au service de tous ceux qui y contribuent. La richesse et la valeur créée prend alors un autre sens. Mais comment évaluer et mesurer cette richesse non financière ? Comment inventer une finance au service de l’homme et de la planète ? Comment faire grandir nos entreprises sans renier nos valeurs et en insérant les plus fragiles ?

Ces questions et beaucoup d’autres encore seront au cœur du Parlement des Entrepreneurs d’avenir les 12 et 13 mai à Nantes sur le campus d’Audencia. Nous chercherons à mettre en lumière l’évolution et la portée des pratiques vertueuses des Entrepreneurs d’avenir, et à faire prospérer les idées auxquelles nous croyons pour un avenir souhaitable.

Cet édito a été publié dans la newsletter de Reporters d’Espoirs d’avril 2011

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