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Le Lab Biodiversité

Personne peignant un message éco-responsable 'Allez Vert' sur du papier avec des gants et un pinceau.

Quand le greenwashing s’attaque à la biodiversité : comment le repérer et l’éviter ?

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Depuis des années, le développement durable et le climat occupent le devant de la scène dans le débat sur le greenwashing. Mais un nouveau terrain a fait son apparition : la biodiversité. Que ce soit de la part d’acteurs économiques ou dans le cadre des négociations internationales, les études montrent que le greenwashing s’attaque de plus en plus à la biodiversité. Et le processus est efficace : 2026 est la première année pendant laquelle la biodiversité est davantage victime de greenwashing que le climat. Comment en connaître les manifestations et éviter de le pratiquer dans votre propre travail ? Voyons cela de plus près.

Greenwashing, de quoi parle-t-on ?

On parle de greenwashing lorsqu’une entreprise ou une organisation utilise certaines stratégies de marketing ou de communication pour donner une image plus écologique ou plus durable, alors qu’en réalité, ses pratiques commerciales ne le sont pas forcément. Il peut également concerner des produits et services, des actions menées par l’entreprise et de la réduction d’impact. Au-delà des consommateurs, le greenwashing affecte également les acteurs financiers, les actionnaires et les équipes internes des entreprises. Il existe plusieurs types de greenwashing, qu’il s’agisse d’utiliser des termes vagues, d’exagérer les efforts environnementaux, de minimiser des impacts environnementaux et de changer les objectifs initialement fixés. Novethic propose un glossaire qui détaille ces différentes variantes, tandis que le réseau international à but non lucratif Creatives for Climate met à disposition une version visuelle imprimable et partageable.

La biodiversité peut par ailleurs être une cible facile pour le greenwashing : sa complexité, le fait que nous n’ayons aucune métrique mesurable, la diversité des sujets et des crises qu’elle recouvre compliquent les discussions sur les impacts des activités économiques sur la nature. Il est donc plus évident pour des entreprises de brouiller les messages, et plus ardu pour les journalistes de démêler le vrai du faux.

Des risques qui augmentent et des stratégies qui s’adaptent

Ces dernières années, la biodiversité a fait son entrée dans les termes à la mode liés aux enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). De plus en plus d’entreprises souhaitent démontrer leur engagement en faveur de la protection et de la conservation de la nature, mais cela a également entraîné une recrudescence du greenwashing, de manière générale et plus particulièrement en ce qui concerne la biodiversité.

Le cinquième rapport annuel sur le greenwashing de la société suisse de données sur les risques RepRisk, publié en octobre 2026, révèle que le nombre d’entreprises associées à des pratiques de greenwashing a augmenté de 28 % par rapport à 2025, avec une hausse globale des incidents liés au greenwashing de 112 % entre 2022 et 2026. Bien que ces incidents couvrent des sujets variés, 2026 a été la première année où les questions liées à la biodiversité ont été soulevées plus souvent que celles relatives au changement climatique ou aux émissions de gaz à effet de serre. Il s’agit désormais du sujet environnemental le plus exposé au risque de greenwashing.

Cependant, cette tendance varie selon les secteurs. Ceux qui sont traditionnellement polluants, ainsi que les institutions financières, les banques et le secteur informatique, continuent de générer une part plus importante de greenwashing axé sur le climat. En revanche, des secteurs tels que les énergies renouvelables et alternatives, l’exploitation minière, les services publics et les métaux industriels s’orientent davantage vers un greenwashing lié à la biodiversité. Ce qui est plus préoccupant, c’est que la liste de cette année compte de nombreux nouveaux venus par rapport à 2025 : 72 % des entreprises minières et 62 % des entreprises du secteur des énergies alternatives impliquées dans le greenwashing lié à la biodiversité figuraient pour la première fois sur la liste, contre moins de 50 % pour les secteurs du pétrole et du gaz, des compagnies aériennes ou des banques. Et, selon l’édition 2025 du rapport, l’Europe est l’une des zones les plus touchées. À elle seule, la France représente 4,1 % de l’ensemble des cas de greenwashing liés à la biodiversité recensés entre 2022 et 2025.

Pour autant, toutes les formes de greenwashing ne se valent pas. Une étude de 2026 publiée dans le Global Finance Journal a révélé que, parmi les entreprises du classement Fortune Global 500, le greenwashing peut être classé en deux catégories : les « discours creux » (engagements vagues ne fixant pas d’objectifs concrets) et les « discours positifs », qui mettent excessivement l’accent sur des résultats ou des actions positives et sont souvent utilisés pour gérer l’opinion publique à l’égard de l’entreprise.

Selon cette étude, le premier cas de figure se produit plus fréquemment lorsque les entreprises sont davantage exposées aux risques financiers liés à la biodiversité, tandis que le second se manifeste lorsque les politiques nationales de protection de la biodiversité se durcissent. Ces deux phénomènes ont connu une augmentation marquée en 2021-2022, parallèlement à l’adoption du Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité, ce qui suggère une corrélation avec les évolutions des politiques en matière de biodiversité. Grâce à un discours creux et/ou positif, « les entreprises peuvent s’assurer des avantages en termes de légitimité tout en évitant les coûts importants associés à une atténuation substantielle des risques ».

Mesures de l’Union européenne contre le greenwashing

L’UE a pris des mesures contre le greenwashing avec la directive « Empowering Consumers for the Green Transition », entrée en application le 27 septembre 2026. Celle-ci interdit les allégations environnementales génériques — telles que « respectueux de l’environnement » ou « naturel » — sauf si l’entreprise peut démontrer une performance environnementale excellente, pertinente et reconnue. Elle prohibe également les allégations de neutralité, de réduction ou d’impact climatique positif fondées sur des compensations de gaz à effet de serre réalisées hors de la chaîne de valeur du produit. En revanche, la directive ne constitue pas un régime exhaustif d’audit du cycle de vie pour toutes les allégations commerciales et ne prévoit pas de période de grâce générale : les labels de durabilité déjà utilisés doivent être conformes dès cette date, sous peine d’être retirés des communications commerciales.

Élaboration des politiques au niveau international

La biodiversité occupe une place de plus en plus importante sur la scène politique internationale. En témoignent les sommets biennaux de la COP sur la biodiversité, qui ont connu une forte augmentation du nombre de participants ces dernières années, avec l’arrivée d’entreprises et de grands groupes. Et certains de ces acteurs apportent avec eux des activités de lobbying, des risques de greenwashing et de nombreuses motivations d’ordre financier. 

Alors que la COP17 se déroule en Arménie en ce mois d’octobre 2026 et que les conclusions ne sont pas encore connues, la COP16 de 2024 qui s’est tenue à Cali, en Colombie, a enregistré la plus forte présence jamais observée de représentants du monde des affaires, selon le média d’investigation international DeSmog. Par rapport à la COP15, le nombre de participants issus du secteur privé a plus que doublé pour atteindre plus de 1 260 délégués. Les banques, les entreprises du secteur des énergies fossiles et les multinationales agroalimentaires (dont Nestlé, Pepsico et Cargill) étaient les plus représentées, y compris celles qui cherchent à « monétiser la biodiversité » et qui financent des projets nuisibles à l’environnement.

Les auteurs de DeSmog soulignent que, bien que les COP consacrées à la biodiversité soient « souvent perçues comme la petite sœur [des COP Climat], plus médiatisées, et considérées comme mieux protégées de l’influence des entreprises », cette perception et la réalité pourraient commencer à évoluer.

Certaines entreprises ont même envoyé plus de participants que certains pays : la multinationale chimique Bayer a dépêché plus du double de représentants que l’Éthiopie, un pays à forte biodiversité. Certains groupes agrochimiques et biotechnologiques comme BASF, CropLife et Syngenta ont été autorisés à entrer dans les salles de négociation, car ils font partie des délégations nationales de pays tels que le Brésil, le Canada, la Suisse et le Mexique. Le nombre d’organismes représentant les industries des pesticides, des biotechnologies et des produits pharmaceutiques a ainsi augmenté de 20 %.

Bien que leur participation ne soit pas en soi synonyme de greenwashing, le décalage entre leurs paroles et leurs actes peut relever d’une forme de greenwashing. De nombreuses sources ont indiqué à DeSmog que CropLife avait agi pour empêcher l’intégration d’un indicateur portant sur la toxicité cumulative des pesticides dans un cadre de suivi. Selon un porte-parole du Pesticides Action Network UK qui s’est entretenu avec DeSmog, cette initiative a empêché d’atteindre le quorum requis pour le cadre de suivi et a mis fin aux discussions.

Cependant, interrogé sur le même sujet, un porte-parole de CropLife a déclaré que « le secteur privé joue un rôle et assume une responsabilité cruciaux » dans la mise en œuvre de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique (CDB) en « œuvrant à la création et au déploiement de solutions agricoles évolutives et durables qui préservent la biodiversité ». Cela soulève toutefois une question : compte tenu des nombreuses menaces que représentent les pesticides pour la biodiversité, une réglementation plus stricte — comme celle à laquelle CropLife s’est opposée — ne permettrait-elle pas de remplir plus adéquatement cette responsabilité ?

Comment éviter le greenwashing dans votre traitement de la biodiversité ?

Il est peu probable que le greenwashing resterait aussi répandu s’il n’était pas efficace. Il est difficile d’analyser les impacts réels — positifs, négatifs ou neutres — d’une action, d’une intervention ou d’une solution. Pourtant, c’est une dimension essentielle de notre travail de journaliste. Il est fondamental, dans notre métier, de lutter activement contre la désinformation et d’éviter de la diffuser nous-mêmes par inadvertance. Pour cela, il faut bien comprendre les tactiques et le langage du greenwashing afin de pouvoir le reconnaître lorsqu’il se produit.

Que pouvons-nous faire pour rester précis et critiques dans notre propre couverture médiatique ? Voici quelques conseils et ressources pour lutter contre le greenwashing.

  1. Comprenez la terminologie. Assurez-vous de bien comprendre ce qu’implique le greenwashing et comment distinguer ses différentes formes. Cela vous permettra d’identifier la meilleure approche pour lutter contre le greenwashing, tout en facilitant son repérage. 
  2. Remettez en question la source de l’information. Les données qu’une entreprise ou son attaché de presse partage au sujet de son travail sur des thèmes liés à la biodiversité peuvent être biaisées ou présentées de manière trompeuse. Il peut être utile d’approfondir vos recherches pour trouver d’autres sources ou obtenir une vérification indépendante. De plus, examinez qui finance le projet ou qui participe aux négociations (si vous couvrez une COP ou une autre conférence internationale) — la cartographie de l’influence dans le domaine de la biodiversité réalisée par LobbyMap constitue un bon point de départ.
  • Un peu d’inspiration : CleanCreatives publie chaque année sa « F-List », qui dévoile les agences de publicité et de relations publiques travaillant pour le compte d’entreprises du secteur des énergies fossiles (une industrie où le greenwashing est monnaie courante). TotalEnergies, par exemple, compte 14 agences différentes rien qu’en France — et plus de 50 agences dans le monde entier la représentent. Bien qu’il n’existe pas encore de ressource équivalente concernant la biodiversité, la méthodologie utilisée par CleanCreatives et la richesse des données disponibles en font néanmoins un outil précieux. Si vous recevez un communiqué de presse provenant d’une agence de communication, cela vaut la peine de consulter leur base de données pour vérifier si elle figure sur la F-List — si c’est le cas, il pourrait être judicieux de se montrer plus sceptique quant à ses affirmations.
  1. Soyez précis. Les communiqués de presse et les annonces regorgent de termes vagues. Lorsque vous couvrez ces actualités, soyez précis et ne reprenez pas systématiquement leur terminologie. Par exemple, le terme « vert » n’a pas de définition précise : dans votre traitement, précisez en détail ce qui est fait et ce qui ne l’est pas. Cela permet de faire clairement la distinction entre les affirmations d’une entreprise et les faits avérés.
  2. Examinez ce qui est mesuré… et ce qui ne l’est pas. Le « greenhushing » (sous-déclaration des données de développement durable) et le « greenlighting » (mise en avant d’actions durables pour détourner l’attention de celles qui ne le sont pas) sont deux formes courantes de greenwashing. Lorsque des chiffres liés au développement durable vous sont présentés, creusez davantage pour découvrir ce qui a été omis du récit, ce qui a été passé sous silence, et si ce qui fait la une est réellement l’histoire la plus intéressante. Une étude de 2026 sur la biodiversité et les entreprises, publiée dans le Journal of Cleaner Production, recommande de considérer les indicateurs composites — qui fournissent un score unique basé sur la moyenne de plusieurs mesures — comme un outil de présélection. Cependant, les auteurs conseillent d’examiner les indicateurs individuels afin de déterminer si un engagement est réellement aussi bénéfique pour la biodiversité qu’il n’y paraît, ou s’il ne sert qu’à masquer des compromis.
  3. Analysez l’impact, la cohérence et la communication. Le greenwashing peut se manifester dans de nombreux aspects du discours et de l’image de marque d’une entreprise : les effets qu’elle a eus sur l’environnement, sa capacité à tenir ses engagements, ou encore les images qu’elle utilise. Examinez-les tous en détail. Le Cadre d’évaluation du greenwashing, élaboré en 2022 par une équipe de scientifiques spécialisés dans les sciences naturelles et sociales ainsi que de consultants en communication, fournit un guide à suivre — la version originale est disponible sous forme de page interactive, tandis que la mise à jour de 2025 est accessible au format PDF. Bien que cette ressource soit disponible en anglais, l’ADEME a élaboré un guide similaire en français. A noter que ce dernier s’adresse davantage aux personnes chargées d’élaborer les communications de leur entreprise qu’à celles qui analysent ces communications de l’extérieur.
  4. Les engagements futurs ne valent pas les actions présentes. Les objectifs et les échéances n’ont de sens que s’ils sont respectés. Observez ce que fait réellement une entreprise lorsqu’elle affirme progresser : ses actes sont-ils à la hauteur de ses paroles ? De plus, les objectifs sont-ils atteints avant que de nouveaux ne soient fixés ? Ou bien les repères sont-ils repoussés d’année en année sans jamais être atteints ?

*Pour une représentation visuelle de l’influence des entreprises lors de la COP16, consultez la cartographie interactive de DeSmog.

Photo : Thirdman, Pexels

« COP16 -PLENARY 1NOV 76 » par UN Biodiversity, CC BY 2.0

Comment aborder la COP17 dans les médias ?

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Du 19 au 30 octobre, la 17e Conférence des Parties (COP) sur la Convention de la diversité biologique (CDB) se déroulera à Yerevan, en Arménie. Les 196 pays qui font partie du traité évalueront les progrès accomplis sur la mise en application de cette convention, incluant ses objectifs de protéger la biodiversité et de gérer l’utilisation des ressources naturelles. Voici ce que vous devez savoir avant le début de la conférence. 

Tous les mots suivis d’un * sont dans notre glossaire de la biodiversité.

Une COP, c’est quoi ? 

Une Conférence des Parties* (COP) est un sommet international dédié à une convention où plusieurs Parties — les membres de la convention — se retrouvent pour négocier et adopter des termes, conditions et objectifs liés à la convention. La COP la plus connue est celle qui rassemble des États membres de l’ONU sur le changement climatique et qui a lieu chaque automne (aussi surnommée “COP Climat”). 

Ces rassemblements sont l’émanation de la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement qui s’est tenue à Rio de Janeiro en 1992. Plusieurs conventions y ont été établies, incluant la Convention sur la diversité biologique (CDB). Les premières COP se sont déroulées au cours des cinq années suivantes. 

Au-delà du climat et de la biodiversité, il existe des COP pour d’autres accords environnementaux comme la Convention sur la lutte contre la désertification et la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction. La première COP Océans se tiendra du 11 au 22 janvier 2027 à New York. Elles sont toutes liées en structure mais distinctes en sujet.

Les COP, quel intérêt ?

Les COP fonctionnent comme des forums où presque tous les pays du monde se réunissent autour d’un même sujet : chaque État membre a une voix, qu’importe sa taille, sa visibilité ou son envergure sur la scène géopolitique mondiale. Ces événements sont des tribunes permettant aux pays vulnérables ou aux petits États d’accroître leur influence, ainsi que des espaces où les communautés autochtones, le monde scientifique et la société civile peuvent se manifester et faire pression sur les décisionnaires. 

Les principales missions des COP consistent à élaborer et adopter des traités, allouer des financements à certaines questions prioritaires, évaluer les progrès accomplis par rapport aux objectifs fixés lors des COP précédentes, et s’appuyer sur ces conclusions pour définir les objectifs futurs. Cependant, l’une des critiques récurrentes à leur encontre est que la COP manque de pouvoir : elle ne peut pas imposer le respect des décisions, car celles-ci sont prises par consensus et ne sont pas juridiquement contraignantes. De plus, cette exigence d’un consensus absolu signifie, dans de nombreux cas, qu’un seul pays dissident peut bloquer le processus et freiner les avancées. 

La COP17 : quels enjeux ?  

La prochaine COP dédiée à la Convention sur la Diversité Biologique* (CDB) sera la 17e du genre et se tiendra en Arménie du 19 au 30 octobre 2026. La CDB est un accord qui a pour objectifs la conservation de la biodiversité, l’utilisation durable des ressources naturelles et le partage juste et équitable des avantages venant des ressources génétiques. Ces concertations biennales réunissent les signataires de la CDB pour examiner les progrès internationaux dans la mise en œuvre du traité et déterminer les objectifs des années à venir. 

La COP17 se concentrera sur la mise en œuvre du Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité, une politique adoptée lors de la COP15 qui vise à enrayer et à inverser la perte de la diversité biologique avant la fin de la décennie. Cette année sera la première fois que les Parties procèdent à un bilan global des progrès collectifs accomplis dans la mise en œuvre de l’accord de Kunming-Montréal. Mais il y a déjà des frictions, plusieurs pays étant en retard pour soumettre leurs plans d’action. Il risque d’y avoir un grand écart entre les engagements pris et l’objectif de faire que 30 % des terres et 30 % des écosystèmes marins deviennent des aires protégées d’ici à 2030, enjeu majeur des dernières COP. 

« Implémentation » sera le maître mot, avec plusieurs discussions visant à traduire les cibles globales en action nationale et concrète. Mais historiquement, la question de savoir qui doit payer figure parmi celles qui génèrent le plus de tensions. L’accord de Kunming-Montréal prévoit qu’au moins 200 milliards de dollars américains soient mobilisés chaque année avant 2030. Il demande également aux pays développés d’augmenter d’au moins 30 milliards de dollars américains leurs dons annuels aux pays ayant besoin d’un soutien financier d’ici à la fin de la décennie. 

Autre sujet central : qui bénéficie des connaissances sur la génétique, telles que le fonctionnement des génomes et de l’ADN, par exemple ?  

La COP16 a établi le Fonds Cali*, une enveloppe financière gérée par l’ONU et alimentée par les grandes entreprises et acteurs qui dépendent fortement des données et des ressources génétiques (industries pharmaceutiques, cosmétiques, etc.). Ce fonds a été créé à la suite des revendications des pays en développement, qui abritent une grande partie de la biodiversité mondiale. Ils ont estimé que, puisque la majorité des ressources génétiques se trouve dans les pays du Sud et est détenue par des communautés autochtones, les revenus générés par leur exploitation doivent revenir à ces peuples. De leur côté, des pays développés considèrent que cette réorientation des fonds va suffoquer l’innovation scientifique et que les données génétiques doivent rester gratuites et en accès libre. 

Seul l’avenir dira comment toutes ces questions seront résolues dans les couloirs de la conférence. 

Journalistes : comment couvrir la COP17 sans greenwashing ?

Les COP offrent de nombreuses pistes à explorer pour leur traitement médiatique. Mais cela suppose de dépasser les annonces pour aller plus loin.

 Quelques conseils : 

  • Les annonces ne correspondent pas nécessairement aux décisions qui ont été prises. Parfois les délégations annoncent qu’il y a du « mouvement » ou du « progrès » sur un traité : ça ne signifie pas toujours qu’une nouvelle politique est créée. → Creuser pour voir ce qu’il en est concrètement.
  • Sur un sujet similaire : les engagements annoncés par les gouvernements peuvent différer — et c’est souvent le cas — de ce qui a été effectivement convenu. → Identifier les points de divergence et d’alignement, puis approfondir la question.
  • Les chiffres des financements dans les politiques mises en œuvre diffèrent-ils de ceux annoncés dans les engagements pris ? → Se pencher sur les dépenses annoncées et celles effectuées.
  • Regarder qui est représenté dans les négociations : quelles voix sont les plus audibles, quels intérêts sont reflétés, quelles langues sont utilisés et qui bloque ou inspire le progrès. → Explorer les intérêts (économiques, sociaux, environnementaux) qui ressortent des négociations.
  • Analyser les progrès qui viennent de la conférence, ainsi que les possibilités qu’ils ouvrent et les écueils potentiels. → Mobiliser le journalisme de solutions pour évaluer l’impact réel des COP.

  Source de l’image : « COP16 -PLENARY 1NOV 76 » par UN Biodiversity, CC BY 2.0

03.11.2026 – Reporters d’Espoirs au Forum Biodiversité et Economie 2026

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Reporters d’Espoirs anime un atelier dans le cadre du Forum Biodiversité et Economie, porté par l’Office français de la biodiversité, le 3 novembre 2026 (16h15-17h15), à Paris.

Sujet de la conférence : Entreprises : vos actions méritent-elles d‘être médiatisées ? Regards croisés de journalistes, scientifiques, et dirigeants

Avec la participation de :

  • Mathieu Viviani, journaliste économie et transition écologique
  • Diana Mangalagiu (SciencesPo, Neoma Business School)

 Informations et inscriptions

Cet atelier s’inscrit également dans le cadre du Lab Reporters d’Espoirs Biodiversité.

Photo de James Baltz sur Unsplash

Pesticides : un traitement médiatique qui influence la compréhension des enjeux

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Les pratiques agricoles ont évolué au fil des siècles : de la domestication à la mécanisation, puis à la fertilisation chimique associée à l’utilisation de pesticides. La couverture médiatique de ces derniers a elle aussi évolué en France entre les années 2000 et 2020, passant d’une perspective centrée sur l’environnement à une approche mettant les préoccupations sanitaires au premier plan.

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Crée par Phoebe Skok pour Reporters d’Espoirs d’après une infographie de NOAA

El Niño : dépasser les événements extrêmes pour raconter les enjeux de fond

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Un « super » El Niño se prépare dans l’océan Pacifique et s’annonce non seulement comme le phénomène le plus puissant jamais enregistré, mais aussi comme le plus grave, avec une « marge véritablement stupéfiante », selon une analyse récente de Zeke Hausfather, climatologue au sein de l’organisation à but non lucratif Berkeley Earth. Pourtant, la plupart des discussions autour d’El Niño se concentrent uniquement sur le réchauffement des eaux — mais qu’en est-il de ses impacts sur la biodiversité, les régimes climatiques mondiaux et le système alimentaire ? 

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Biodiversité et Économie : In&Out

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Peut-on traiter la biodiversité comme un enjeu économique à part entière ? C’est la question que Reporters d’Espoirs a posée à des spécialistes du sujet. Valeur de la nature, rentabilité écologique, manière de raconter le vivant : autant de thématiques sur lesquelles les experts livrent leur position, en vidéo.

Harold Levrel – MNHN


Lauriane Mouysset – CNRS


Clément Feger – AgroParisTech


Diana Mangalagiu – NEOMA Business School et Université d’Oxford


Alexandre Rambaud – AgroParisTech


Lorraine Goumot – R³ Media Group, Les Financiers, créatrice YouTube

Photo de The Climate Reality Project sur Unsplash

Les cinq réflexes à adopter pour mieux traiter les sujets environnementaux

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Un guide récemment publié en anglais par l’UNESCO et le Représentant pour la liberté des médias de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), intitulé « Reporting the Environment : A Practical Manual for Journalists » (Couvrir l’environnement : un manuel pratique pour les journalistes), explique comment les journalistes peuvent aborder les problèmes courants rencontrés dans le journalisme environnemental.

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Photo de Amélie Aronson sur Unsplash

Raconter la biodiversité pour mieux la comprendre

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La science est un langage qui doit être traduit pour être compris. Aussi, les journalistes traduisent chaque jour des connaissances scientifiques complexes pour les rendre accessibles au grand public. Les mots qu’ils choisissent, les récits qu’ils façonnent et les sources qu’ils mobilisent influencent la manière dont la biodiversité est perçue.

Comment trouver le bon équilibre pour rendre la science accessible tout en respectant sa rigueur ? Voici quelques pistes pour explorer différentes manières de parler de la biodiversité.

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La couverture médiatique des canicules a besoin de plus de (bio)diversité

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Fin juin, la France a enregistré la température moyenne nationale la plus élevée depuis le début des relevés en 1947 ; à peine un mois auparavant, une semaine de chaleur de niveau exceptionnel a déclenché la première alerte canicule de l’année et la première à avoir jamais été annoncée en mai.
Et c’est toute la biodiversité – flore, faune et donc…humains – qui en pâtit. Mais des solutions fondées sur la nature existent pour nous protéger des impacts des canicules, notamment en ville.

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