Brigitte Adès est écrivaine et grand reporter. Cheffe du bureau britannique de la revue Politique Internationale, elle a interviewé de grands chefs d’Etat de Margaret Thatcher à Mikhaïl Gorbatchev. Habituée des plateaux de télévision où elle intervient sur les questions de politique étrangère, elle est aussi une grande amoureuse de la nature dont elle a fait son engagement.
Omniprésence d’informations, mauvais usage de TikTok, biais cognitifs… Le docteur en psychologie et spécialiste de nos rapports aux objets technologiques Serge Tisseron inaugure le podcast “Reporters d’Espoirs Pour l’Avenir”. Nous abordons avec lui notre rapport à l’actualité, au temps de l’instantanéité et de l’abondance d’informations non contextualisées, leurs effets néfastes sur les plus jeunes. Il évoque des pistes pour y remédier comme la classe inversée et le bénéfice que tire notre cerveau à être exposé à des débuts de solutions. Un entretien inspirant pour apprendre à mieux éduquer nos enfants (et nous-mêmes) aux écrans et à l’information.
En 2024, Reporters d’Espoirs déploie un programme d’éducation à l’information avec le Clemi
Cet entretien, axé notamment sur l’éducation aux médias, inaugure le programme de formation au journalisme de solutions que Reporters d’Espoirs va déployer en 2024 en coopération avec le Clemi. Ensemble, nous allons toucher 2 000 enseignants et 200 000 écoliers, collégiens et lycéens… Notre ambition : contribuer à ce que nos enfants s’informent mieux et se projettent positivement dans le monde.
« Pour l’Avenir » : Serge Tisseron premier invité du podcast Reporters d’Espoirs
Serge Tisseron livre sa conception du rapport des plus jeunes aux écrans : non à un usage répressif ; oui à une accoutumance dès le plus jeune âge avec des pratiques intelligentes et raisonnées. Cette analyse, qu’il partage depuis de nombreuses années, a été expérimentée à grande échelle avec les balises 3-6-9-12, programme pour un bon usage des écrans de 3 à 12 ans qu’il a créé pour tendre vers un développement numérique durable.
Serge Tisseron aborde l’aide qu’apporte un journalisme de solutions à notre cerveau alors que crises et conflits semblent pulluler comme jamais si l’on en croit le flot ininterrompu d’actualités anxiogènes auquel nous sommes exposés. La dimension “solutions” est propice à développer empathie et compréhension mutuelle confirme-t-il. Par ailleurs, il pense qu’il est essentiel que les journalistes retrouvent un rôle central dans la distribution de l’information, sachant qu’une information non contextualisée constitue une menace à ne pas sous-estimer.
Un entretien inspirant, particulièrement pour les parents qui y trouveront matière à éduquer leurs enfants aux écrans et à l’information.
Pour financer notre projet d’éducation à l’info et aux médias en 2024 avec le CLEMI, et pour que vos enfants s’informent de façon plus constructive, rejoignez Reporters d’Espoirs : contribuez à notre action par votre don !
Marie Boëton est journaliste et grand reporter à La Croix L’Hebdo. Elle a été distinguée la semaine dernière en recevant le Prix Reporters d’Espoirs de l’innovation sociale 2023 avec son reportage « Avec Éco Habitat, accélérer la rénovation thermique ». Passionnée de droits humains, elle a longuement travaillé sur le sujet et détaille pour nous sa pratique journalistique.
Anne-Françoise de Taillandier est journaliste à Famille Chrétienne. Issue d’une école de communication et d’abord passée par la publicité, elle s’est tournée vers le journalisme il y a deux ans et demi. Elle figure aujourd’hui parmi la pré-sélection du Prix Reporters d’Espoirs 2023 de l’innovation sociale avec son reportage sur « Pourquoi les Mureaux n’ont pas craqué », et nous raconte son parcours journalistique.
Avec son Prix de l’innovation sociale, Reporters d’Espoirs met à l’honneur les reportages évoquant l’économie sociale et solidaire. Quel meilleur lieu pour révéler la lauréate 2023 que les Journées de l’Economie Autrement à Dijon ? Les 24 et 25 novembre, cet événement clé de l’ESS en France a vu des dizaines d’intervenants se succéder pour animer des conférences, tables-rondes et ateliers sur ce sujet foisonnant.
Marie Dougnac, 24 ans, est bordelaise. Diplômée en géographie à l’ENS de Lyon, elle poursuit ses études en tant que doctorante à l’université de La Rochelle. Passionnée de vulgarisation, elle réalise des vidéos de médiation scientifique sur la chaîne YouTube Archipel et s’intéresse depuis de nombreuses années au journalisme – elle a animé la webradio étudiante de son école, et fait un stage chez Radiofrance. C’est en entendant parler de Reporters d’Espoirs au Festival du journalisme de Couthures-sur-Garonne qu’elle a eu l’idée de candidater au Prixavec un reportage intitulé « La construction en terre crue, armée face au béton ? ».
Vous avez 1 minute ? Voici les grandes lignes du reportage en bref :
« Et si on recyclait la terre des chantiers pour construire des bâtiments plus sains à l’impact carbone modéré ? C’est l’idée de Cycle Terre, coopérative francilienne subventionnée par l’Union Européenne, dont le projet à la fois social et écologique autour de la construction en terre crue a vocation à s’exporter dans d’autres pays européens, déjà séduits par cette initiative d’économie circulaire. »
La plupart des bâtiments que l’on construit depuis des décennies sont en béton, matériau très émetteur en carbone lors de sa fabrication et tout au long de son cycle de vie.
Or il existe une méthode alternative de construction, délaissée chez nous, qui reste pourtant la plus employée au monde : la terre crue.
Marie Dougnac en a exploré les opportunités à travers l’action de la société Cycle Terre, qui veut porter un projet à la fois écologique et social.
Les initiatives se multiplient en la matière, notamment en Autriche, Espagne, Belgique. Le potentiel est conséquent : rien qu’en région Ile-de-France, ce sont 22 millions de tonnes qui sont excavés chaque année, et demeurent très peu valorisées.
Il ne s’agit pas d’une solution absolue : il existe des limites à son développement, à la fois en termes techniques, de coût et culturelles.
Avec le « Prix européen du jeune reporter », Reporters d’Espoirs encourage les jeunes francophones du monde entier à se faire acteurs de l’information, à pratiquer l’écriture en langue française, et à diffuser la connaissance d’initiatives constructives à l’échelle de l’Europe. Dédié aux 15-30 ans quels que soient leurs parcours et études, le Prix va soutenir 6 reportages écrits, couvrant des problèmes et des initiatives qui contribuent à une société européenne inspirante, solidaire et durable.
Le premier des 6 lauréats sera dévoilé ce samedi 18 novembre à 12h30 à l’occasion des « Tribunes de la presse de Bordeaux », événement majeur du paysage culturel bordelais dont Reporters d’Espoirs est partenaire, et ce en présence d’Alain Rousset, Président de la Région Nouvelle-Aquitaine. Et sera publié dans le journal Sud-Ouest.
Le jury est cette année est composé de :
8 journalistes et grands reporters : Christine Buhagiar de l’AFP, Eléonore Gay de France Télévisions, Jon Henley de The Guardian (UK), Alexia Kefalas correspondante du Figaro, du Point et de France 24 (Grèce), Paolo Levi correspondant de La Stampa et Ansa (Italie), Jean Quatremer de Libération, et deux indépendants, Solenn Cordroc’h et Olivier Weber ;
3 dirigeantes et dirigeants de fondations : Etienne Pflimlin de la Fondation du Crédit Mutuel pour la lecture, Dorothée Merville de la Fondation Hippocrène, Christophe Leclerc de la Fondation Europe’s Media Lab ;
et 2 experts et enseignants, Patrick d’Humières de CentraleSupelec et Nicole Gnesotto du CNAM et de l’Institut Jacques Delors.
Les 12 candidats en présélection pour leurs reportages sont :
Emilie Andrieux (France) A l’université de Bordeaux, on sensibilise les étudiants sur la santé mentale
Laura Bannier (France) De nos toits à nos assiettes
Juliette Boffy (France), Aux armes démocratiques, citoyens !
Thibaut Camboulives (France), L’art du faire-ensemble pour lutter contre le déclin démographique
Cristina Coellen (Autriche), Extraire la chaleur des eaux usées, une technique de chauffage durable à la conquête des villes européennes
Marie Dougnac (France), La construction en terre crue, armée face au béton ?
Amélie Reichmuth (France), Danemark : grâce à Elderlearn, l’intégration devient un vecteur de lien social
Marie Senécal et Zachariel Cossette-LeBlanc (Canada), La résilience à la grecque
Edward Sfeir (Liban), Les biocités : solution aux problèmes d’aujourd’hui et de demain
Pierre Terraz (France), Morts sous X
Fatou Toure (Sénégal), L’ONG Village Pilote, une lueur d’espoir pour les enfants des rues
Sami Zaïbi (Suisse), Samsø et l’énergie renouvelable, l’utopie devenue réalité
Ces 12 candidats ont été présélectionnés parmi 140 candidats. 6 d’entre eux vont se partager la dotation de 10 000 euros, en début d’année 2024 à l’occasion d’un événement célébrant les 20 ans de Reporters d’Espoirs.
Qui sera le lauréat ou la lauréate dévoilé aux Tribunes de la presse samedi 18 novembre ?
L’un des six lauréats du Prix sera dévoilé en clôture des Tribunes de la presse, samedi 18 novembre à 12h30 au TNBA – Théâtre National de Bordeaux en Aquitaine, en présence d’Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine et Gilles Vanderpooten, directeur général de Reporters d’Espoirs. Le reportage lauréat sera publié dans le journal Sud-Ouest.
Découvrez la passion sous toutes ses facettes lors de la 13e édition des Tribunes de la Presse ! De la politique aux relations amoureuses, de l’Histoire à la presse, des guerres aux passions qui gouvernent notre monde, plongez dans un tour d’horizon passionné. Historiens, journalistes, écrivains, philosophes, responsables politiques et chercheurs seront présents pour partager leur vision de la passion et susciter le débat.
Entrez dans le débat avec Cédric Villani, Laure Adler, Hubert Védrine, Eric Fottorino, Gilles Clément, Florence Burgat, Emma Becker, Alain Rousset, Catherine Millet, Gaspard Koening, Mazarine Pingeot, Alain Juppé, Rose-Marie Lagrave, ou encore Barbara Stiegler.
Six lieux sont dédiés pour accueillir les plénières, débats, ateliers, cartes blanche et autres rencontres durant tout l’évènement. Toutes les infos à retrouver sur www.tribunesdelapresse.org
La déclinaison européenne du Prix Reporters d’Espoirs créé en 2004
Le Prix Reporters d’Espoirs met à l’honneur depuis 2004 les journalistes, innovateurs des médias, et étudiants-futurs professionnels des médias, pour leurs sujets traités sous l’angle « problème + solution ». Il a distingué plus de 120 lauréats depuis sa création, et célèbre en 2023 sa 13e édition.
Le Prix a permis à des journalistes de défendre leur travail au sein de leur rédaction, de gagner en notoriété auprès du public, de maintenir ou développer leurs rubriques, de convaincre leur média de la pertinence du journalisme de solutions, etc.
Le Prix s’inscrit dans la mission de Reporters d’Espoirs « pour une info et des médias qui donnent envie d’agir ».
Le Prix européen du jeune reporter est organisé avec le soutien de la Fondation du Crédit Mutuel pour la lecture (grand mécène), de la Fondation Hippocrène, du CFC Droit de copie, et du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.
Parmi les médias partenaires : Le Figaro, Sud-Ouest, Euradio, VoxEurop, Le Taurillon, la Revue demos ou Jeune Afrique.
50 organisations sont partenaires-relais de l’opération, en Europe et dans l’espace francophone parmi lesquelles de nombreuses Alliances Françaises et Instituts Français (Autriche, Togo, Malte, Manchester, La Haye, Madagascar, Lituanie, Cameroun, Hambourg…) ; ou encore les Clubs de la Presse de France, de Bretagne, de Bruxelles ou du Québec..
« “C ce soir” est-elle déjà la meilleure émission de la télévision française ? » Un mois à peine après le lancement du nouveau programme de France 5, les chroniqueurs de « Capture d’écrans » sur France Inter interrogeaient son succès. Enfin une émission de débat qui fait la part belle aux idées, tourne le dos au clash et présente des intervenants qui s’écoutent mutuellement, comme on n’en avait plus vu depuis la fin de « Ce soir (ou jamais !) » en 2016. La faute à une culture journalistique de l’affrontement ? À un intérêt inavoué des citoyens pour la polémique ? À l’incapacité chronique qu’ont les gens d’écouter l’avis des autres, une fois donné le leur ?« C ce soir », qui a entamé sa quatrième saison, semble être parvenue à s’imposer comme l’une des rares émissions télévisées où il fait bon débattre. Attaché aux contenus médiatiques qui refusent la confrontation, Reporters d’Espoirs creuse la fabrique de cette émission avec Nathalie Darrigrand, Directrice Générale de Together Media.
Lancée en janvier 2021, l’émission « C ce soir », produite par Together Media – dirigé par l’ancienne directrice de France 5 Nathalie Darrigrand – emprunte à Etienne Klein son credo : Débattre, c’est argumenter pour ne pas se battre. Dans la lignée des programmes axés sur l’échange davantage que sur la confrontation, tels « Ce soir (ou jamais) ! » anciennement diffusé sur France 2 et France 3, ou « 28 minutes » toujours à l’antenne d’Arte, l’émission de France 5 incarne l’ambition de France Télévisions de « renforcer la place du débat d’idée sur ses antennes ». A la production éditoriale de l’émission diffusée du lundi au jeudi à 22h30, on y retrouve le producteur Benjamin Oulahcene, le rédacteur en chef Maxime Darquier et le présentateur Karim Rissouli – journaliste habitué à cet exercice complexe, animateur d’« En société » le dimanche à 18h30 et qui a précédé Thomas Snégaroff aux commandes de « C politique » à 20h.
À bord de ce navire composé d’une dizaine d’individus, deux chroniqueuses passées par la radio : la journaliste culturelle Camille Diao – qui anime l’émission le jeudi – et Laure Adler, ex-directrice de France Culture et « plus vieille influenceuse de France » selon ses propres mots. Les invités sont accueillis sur le plateau d’un studio parisien et échangent, pendant une heure et dix minutes en moyenne, sur des sujets qui fâchent : justice environnementale, cannabis, dissolution des Soulèvements de la Terre, pornographie… Il semble que « C ce soir » n’ait pas bâti sa réputation sur le consensus. D’autant plus intéressant, donc, d’analyser la manière dont toute l’équipe parvient (et parfois ne parvient pas) à garantir l’existence d’un véritable débat.
Un programme en évolution, des émissions toujours ciselées
Un sondage Ifop, conduit en juin 2021, indiquait que plus de 90% des répondants trouvaient le débat public trop conflictuel dans les médias. On parle de certaines émissions emblématiques du clash, on dit que les opinions se polarisent et que les Français ne savent plus s’écouter. « Les gens ne se parlent plus », affirmait Nicolas Daniel, directeur des magazines de FranceTV, à Télé-Loisirs en présentant le futur projet de France 5 produit par Together Media et porté par Karim Rissouli, « Voyage en territoire opposé » – une émission destinée à faire se rencontrer sur le terrain des personnalités aux convictions radicalement opposées, afin de créer de nouvelles possibilités de dialogue. Puisque plus personne ne s’entend, comment animer une émission d’idées, sur des sujets complexes, sans tomber dans le pugilat ? Selon Nathalie Darrigrand, tout tient dans la programmation minutieuse de chaque épisode. Le sujet du débat, souvent choisi la veille dans l’après-midi, est discuté tous les matins en conseil de rédaction, en fonction de l’actualité. Une fois fixé, c’est au tour du casting d’être mis sur la table. Qui inviter ? Qui mettre face à face ? Comment organiser le débat de telle manière qu’il y ait contradiction, sans que celle-ci ne se transforme en « foire d’empoigne » ? L’idée étant de doser la confrontation pour éviter à la fois la paraphrase et la défensive. Pas de recette miracle, cependant : il arrive que les mélanges ne fonctionnent pas, et que le clash s’invite sur le plateau.
« C ce soir » tournait à l’origine autour d’un grand invité, avec lequel le présentateur s’entretenait dans une première partie. Un temps de rencontre était ensuite organisé avec une personnalité liée à l’actualité, avant que d’autres invités ne rejoignent le plateau pour exposer leur point de vue, souvent divergent. La deuxième et la troisième saisons abandonnent cette structure en trois actes, pour se consacrer exclusivement à l’échange entre cinq ou six intervenants, la plupart étant des intellectuels et des personnalités engagées qui ont consacré un certain temps à réfléchir aux thématiques dont ils discutent. « L’idée n’est pas de faire une exposition professorale des points de vue, mais de créer une discussion animée et de faire émerger les nuances » affirme Nathalie Darrigrand. Dès le début de l’émission, Karim Rissouli, en alternance avec Camille Diao, donne les règles du jeu, résume les activités, l’expertise, et surtout les positions de chacun pour poser les bases de l’échange. Tout se fait dans les conditions du direct. Et le résultat est là : « France TV pourrait produire ce genre d’émission rappelle la Directrice Générale, [mais] elle continue de compter sur le savoir-faire [des] équipes de Together Media, fortes de leurs expériences sur d’autres émissions politiques [comme C Politique] ».
Un succès surveillé
Diffusée en deuxième partie de soirée, c’est-à-dire après les JT des autres chaînes, l’émission prend le risque d’une redondance avec les événements de la journée, qui constituent en même temps pour elle un ancrage. Si le public demeure captif de l’émission, si celle-ci est parvenue à s’imposer assez vite dans le paysage audiovisuel (environ 330 000 téléspectateurs chaque soir, selon Médiamétrie), si les commentaires sur les réseaux sociaux lui sont majoritairement favorables, c’est en partie parce qu’on y trouve un recul qui manque parfois ailleurs. « Il y a toujours la tentation de l’actu, reconnaît Nathalie Darrigrand. Or quand on y cède, ça ne donne pas forcément les meilleures émissions. Début juin, par exemple, le jour de l’attaque au couteau qui avait eu lieu à Annecy, nous nous étions posé la question de la pertinence d’un débat autour de ce drame. Mais c’était tellement omniprésent que nous n’avons simplement pas pu l’ignorer. Nous avons organisé un épisode à ce sujet, et nous avons reçu des retours selon lesquels ça n’était pas forcément une bonne idée. Ça n’était pas notre marque. Nous ne sommes pas une chaîne d’information en continu. » Il s’agit donc de bien doser, encore une fois. Suivre l’actualité, tenir compte des préoccupations du moment tout en conservant le recul de l’analyse à J+1 ou J+2. Cette programmation à flux tendu se répercute-t-elle sur la disponibilité des invités pressentis ? Selon Nathalie Darrigrand, les inquiétudes quant à une possible macrocéphalie parisienne dans ce choix ne sont pas fondées, la position géographique de l’invité ou le montant du billet de train pour qu’il puisse rejoindre le studio n’étant pas des critères.
Malgré le soin apporté au casting de l’émission, celle-ci ne peut se soustraire à une critique assez récurrente lorsqu’il s’agit du service public : un manque de pluralisme politique dans le choix des invités. Dans les entretiens qu’ils accordent, les membres de l’équipe s’en défendent toujours. Du fait de son statut particulier, le groupe France Télévisions a l’obligation légale de fournir un même temps de parole à toutes les mouvances, politiques notamment, élues – l’Arcom veille au grain. Mais au-delà de la contrainte juridique, la question se pose de donner la parole à toutes les mouvances, tout court. En somme, faut-il permettre à chacun de participer au débat public, au risque de promouvoir des discours minoritaires et extrêmes ? La productrice de « C ce soir » répond sans hésitation. « Notre cadre, c’est le cadre républicain. Nous n’invitons pas les gens qui ne le respectent pas, qui sont condamnés ou portent des propos haineux. » Suffit-il cependant d’écrémer à l’entrée pour éviter la violence et les attaques ad hominem ? Oui et non, sans doute : depuis plus de deux ans que « C ce soir » existe, l’émission a reçu les louanges des confrères et consœurs, malgré les quelques épisodes qui se sont soldés par un esclandre, esclandre dont d’autres médias se sont emparés comme de la fausse note tant attendue. « À être trop gâté,on en devient sans doute plus exigeant, au point même de relever quelques dérapages » écrivait Étienne Labrunie dans Télérama. Pas de quoi enterrer « C ce Soir », ni le débat public sur nos écrans.
Caroline de Malet est journaliste au Figaro. Chef de service du Figaro Demain, elle figure parmi les pionnières de l’économie sociale et solidaire dans les médias et a très tôt pris conscience de l’importance du journalisme de solutions. Elle aborde pour nous son parcours et son reportage sur « L’escrime thérapeutique pour exorciser les violences », qui se trouve en pré-sélection du Prix Reporters d’Espoirs 2023 de l’innovation sociale.
Reporters d’Espoirs est ravi de vous retrouver à Dijon pour la 8ème édition des Journées de l’Economie Autrementle 25 novembre 2023 ! Les JEA, ce sont deux jours de conférences-débats, ateliers et tables rondes autour de la notion de l’ESS, qui réunissent chercheurs, universitaires et acteurs de terrain.
Nous sommes au programme de cette 8ème édition pour la remise du Prix de l’innovation sociale en présence du jury et de la lauréate à 14h30 : l’occasion de mettre en avant les dynamiques d’ESS au sein des médias. Avec Sylvia Amicone, journaliste et membre du jury du Prix, Gilles Vanderpooten, directeur général de Reporters d’Espoirs, et Denis Philippe, administrateur d’AESIO mutuelle et président de la Président de la Chambre Régionale des Entreprises de l’Economie Sociale et Solidaire de Provence Alpes Côte d’Azur.
– Sylvia Amicone, journaliste à LCI et animatrice de l’émission « Impact positif » – Timothée Duverger, directeur de la chaire Territoires de l’ESS (Terr’ESS) à Sciences-Po Bordeaux et président de l’Association des lecteurs d’Alternatives Économiques – Patrick Lonchampt, journaliste de solutions, animateur de « Ll’éco des solutions » sur RCF, formateur – Fabrice Veysseyre-Redon, journaliste, secrétaire général du bureau national du Bien Public – Groupe Ebra – La lauréate du Prix Reporters d’Espoirs de l’innovation sociale 2023, à découvrir le jour J 🙂
Sont également au programme Sophie Binet, Aurore Lalucq, Bruno Le Maire ou encore Serge Paugam.
EN BREF > Où ? Au Palais des Ducs, 1 Place de la Libération, 21 000 Dijon > Quand ? Samedi 25 novembre de 14h30 à 16h (l’événement se déroule sur deux jours les 24 et 25 novembre) > Infos et réservation (gratuite) ici : https://www.journeeseconomieautrement.fr/