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Replay de notre webinaire : « Les 5 tendances de l’économie ‘responsable’ à suivre à la rentrée » par Thierry Sibieude, fondateur de la Chaire Innovation et Entrepreneuriat Social de l’ESSEC

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« Impact », « entreprise à mission », « politique d’engagement des entreprises », « raison d’être », « responsabilité sociale de l’entreprise », « finance à impact », « économie positive », « économie sociale et solidaire »… : comment s’y retrouver parmi les concepts dont s’empare ou s’inspire le monde de l’économie et de l’entreprise ? Au-delà des mots, quelles tendances de fond et réalités concrètes méritent particulièrement l’attention des journalistes dans les 3 prochains mois, au vu des évolutions réglementaires (européennes), gouvernementales (disparition du portefeuille ministériel dédié à l’ESS avec le départ de Marlène Schiappa), ou encore des évolutions au sein des entreprises (avec en toile de fond le changement de gouvernance au MEDEF)  ?

En 30 minutes top chrono, le professeur Thierry Sibieude, fondateur de la Chaire Innovation et Entrepreneuriat Social de l’ESSEC, fin observateur de ces sujets et expert pédagogique auprès de Reporters d’Espoirs, a décrypté pour vous journalistes 5 tendances à observer de près à la rentrée 2023, dans le webinaire dont nous vous proposons le replay ci-dessous :

  1. Refonte du label Investissement socialement responsable (ISR)
  2. Remise en cause féroce de l’ESG aux Etats-Unis
  3. Directive européenne sur la sauvegarde de la nature 
  4. Révision de la loi sur l’économie sociale et solidaire (ESS)
  5. Partage de la valeur 

Retour sur la soirée du Prix européen du jeune reporter 2022

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Mardi 28 juin, Reporters d’Espoirs avait le plaisir d’accueillir une centaine d’invités pour une soirée placée sous le signe d’une Europe porteuse de solutions. Comment écrire cette Europe, souvent négligée par les journalistes ? Une question posée à nos conférenciers professionnels des médias, écrivains-voyageurs, mais aussi et surtout aux 6 lauréates du Prix européen du jeune reporter 2022.


18h30. A Europa Expérience, place de la Madeleine, les invités commencent à affluer. Tous sont venus découvrir ce nouveau lieu interactif dédié à l’Union Européenne au cœur de Paris, mais aussi et surtout écouter la dizaine d’intervenants de la soirée. Des personnes, munies de tablettes équipées d’un dispositif de réalité virtuelle, déambulent sur une immense carte du continent au sol. Régulièrement, des fenêtres s’ouvrent pour mettre en lumière des initiatives portées par l’Union Européenne dans ces régions et pays. De l’autre côté, on tapote des écrans tactiles afin d’explorer les relations entre les institutions, en savoir plus sur l’activité parlementaire ou bien prendre un selfie pour le mur photo interactif…

19h, la soirée est lancée ! A l’animation, Eléonore Gay, présentatrice de l’émission « Nous, les Européens » sur France TV, ouvre la première conférence sur le thème de l’Europe et des jeunes. Comment leur donner envie de s’impliquer dans le projet européen ? Ségolène Allemandou, rédactrice en chef d’ENTR, explique comment ce nouveau média plurilingue, fruit de la collaboration entre une dizaine de médias à travers l’Europe (France Médias Monde, Deutsche Welle…), s’adresse aux jeunes de 18-34 ans en misant sur une stratégie 100% numérique, notamment via les formats vidéo et la présence sur les réseaux sociaux. Puis, Gaëlle Rolland, fondatrice de Graines d’Europe, relate l’approche culturelle et artistique de son association pour favoriser le vivre-ensemble et le lien entre Européens : spectacles, expositions, mais aussi des productions comme « L’Europe, c’est pas sorcier » (avec Fred et Jamy !) en sont quelques exemples phares.

19h30. Pendant que le public rejoint les trois salles de pitch, en coulisses, le stress commence à se faire sentir. C’est le moment de présenter leurs sujets pour les lauréates ! Face à un public enthousiaste, elles racontent leur reportages sur des communautés religieuses qui prêtent leurs terres à des projets agricoles biologiques ; une médecin néerlandaise engagée pour le droit de l’avortement partout dans le monde ; un service d’écoute constitué en réseau à travers l’Europe pour répondre à la détresse mentale des jeunes ; une association qui rénove des logements insalubres au Portugal ; ou encore, un projet de coopération transfrontalier visant à revaloriser la laine locale.

Après chaque pitch, les questions fusent : pourquoi s’être intéressé à cette initiative, des nouvelles des projets suivis… ? Des échanges passionnants entre public et lauréates qui se poursuivront jusque lors du cocktail.

Mais avant ce moment convivial, place à la deuxième conférence de la soirée. Une fois tout le monde à nouveau réuni au forum, nos deux écrivains-voyageurs, Gaspard Koenig (Notre vagabonde liberté: À cheval sur les traces de Montaigne, L’Observatoire) et François Reynaert (Voyage en Europe: De Charlemagne à nos jours, Fayard) nous racontent leur périple européen. A dos de cheval pour le premier, à travers l’histoire pour le deuxième, ils en profitent pour revenir sur leur vision de l’Europe, mais aussi du journalisme. Avec un conseil répété en boucle : aller sur le terrain, à la rencontre des personnes et acteurs de son sujet.

Un principe déjà bien compris par nos 6 lauréates, pour lesquelles vient enfin le moment sûrement le plus attendu de la soirée : la remise des prix, avec le dévoilement du classement du Prix européen du jeune reporter 2022 !

Catégorie Pays francophones (France, Belgique)

Catégorie Pays non-francophones

De gauche à droite: Anne-Dominique Correa, Julie Bourdin, Valentina Mustafa, Camille Jourdan, Theresa Bolte et Hélène Coutard, les 6 lauréates du Prix européen 2022

Félicitations encore aux 6 lauréates, sélectionnées parmi les plus de 130 candidatures en provenance de 18 pays qui nous étaient parvenues cette année !

« Là ou un Allemand traitera une information d’une façon factuelle, un Français aura une écriture plus colorée. La ‘culture Arte’ essaie d’emprunter le meilleur à ces deux mondes » – Carolin Ollivier, rédactrice en chef d’Arte Journal

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Journaliste et rédactrice en chef d’Arte Journal depuis 2014, Carolin Ollivier a le regard résolument tourné vers l’Europe. Membre du jury du deuxième Prix européen du jeune reporter, elle nous raconte son expérience au sein d’une rédaction franco-allemande et européenne unique en son genre.


Comment définir l’Europe ?

A mes yeux, il n’y a pas une, mais des Europe qui sont liées entre elles. Il y a l’Europe de l’espace commun et du marché unique, avec des mesures politiques partagées ; il y a l’Europe des Etats membres, dans toute sa diversité et toutes ses différences. Toutes appartiennent aux Européens, il est donc important de parler des deux.

Êtes-vous optimiste quant à la construction européenne ?

Je suis toujours optimiste ! L’Europe est née de la guerre, a grandi avec, autour et souvent aussi grâce à des crises. Aujourd’hui, on le voit à nouveau avec la guerre en Ukraine : l’Europe s’est certainement réunifiée face à ce défi. Cela prend des dimensions très concrètes : on parle à nouveau d’une défense européenne commune [CED, projet abandonné en 1954 suite au rejet de la France, ndlr] ; le projet politique et humain a trouvé un nouveau souffle auprès des dirigeants politiques comme de la population civile européenne. La construction européenne semble donc redynamisée, seul point positif à cette tragédie humaine…

Comment voyez-vous l’Europe dans 10 ans ?

A mon avis, il y aura eu d’ici là beaucoup de progrès. Je reprends l’exemple de la politique de la défense, qui sera alors peut-être réalité ; peut-être peut-on envisager un vote à la majorité dans ces domaines politiques régaliens, actuellement décidés à l’unanimité. Je pense aussi qu’il s’agira d’une Europe élargie, notamment à l’est. Ce qui créera cependant de nouveaux défis ou du moins, enracinera ceux qui existent déjà. Par exemple, les problèmes que posent des Etats membres comme la Hongrie ou la Pologne vont sûrement encore longtemps persister.

Vous êtes la rédactrice en chef d’Arte Journal, qui « propose une approche européenne et culturelle de l’actualité ».

La mission fondatrice d’Arte est de contribuer à une compréhension mutuelle des peuples européens. Parler d’Europe est presque devenu naturel pour nous – que ce soit en termes de politique ou de culture. Chaque journal est clôturé par un sujet où l’on parle art, musique, cinéma, etc. Car les messages culturels peuvent dépasser les frontières des pays et des langues. C’est aussi une façon d’approcher l’Europe par les Européens, et d’aborder des sujets sociétaux par un autre biais que les institutions – même si celles-ci restent bien sûr essentielles. Je demeure convaincue que la plupart des Européens sont curieux de savoir comment les Finlandais s’attaquent au défi de la pandémie, ou comment les Italiens accueillent les réfugiés ukrainiens. Ce sont des thématiques qui nous concernent tous, ce qui rend l’analyse de solutions que d’autres pays proposent à un problème similaire d’autant plus intéressante.

Est-ce facile de parler d’Europe ?

C’est à la fois simple et compliqué car, comme toute rédaction à travers le monde, nous débattons chaque matin de ce que nous allons traiter comme information. Nous avons toujours au moins deux publics en tête. C’est une réelle gymnastique intellectuelle de trouver des sujets qui concernent à la fois les Allemands et les Français, et on en a pris l’habitude. Presque automatiquement, on arrive ensuite à dépasser le cadre franco-allemand pour arriver à une perspective européenne. A tel point qu’il peut parfois nous paraitre plus compliqué d’expliquer un sujet national de façon à ce qu’il soit compréhensible pour l’autre, que d’aborder des informations transnationales et européennes.

Nous tachons aussi d’aborder des questions qui préoccupent un peuple ou une nation à un moment donné. Nous faisons régulièrement le choix de sujets un peu curieux, que l’on ne traiterait pas par ailleurs : les ours qui retournent en Roumanie, un film qui fait grand bruit en Italie, ou encore un scandale de cartes électroniques de santé en Estonie… Des sujets qui sont intéressants aussi parce qu’ils racontent un pays, son fonctionnement et sa nature.

A quoi ressemble une rédaction binationale et européenne ?

Notre équipe est quasiment « paritaire » en termes de nationalités, avec des journalistes français pour moitié et des allemands pour l’autre, et qui travaillent ensemble sur le même journal. Cela donne un mélange intéressant, puisque la culture de travail et les styles d’écriture varient beaucoup des deux côtés du Rhin : là ou un Allemand traitera souvent une information d’une façon sobre et factuelle, un Français aura une écriture beaucoup plus colorée, avec un certain « accent » reportage. C’est un environnement de travail très enrichissant où l’on apprend beaucoup l’un de l’autre. Au fil du temps, cela a donné une certaine « culture » Arte, un mélange qui, comme souvent en Europe, essaie d’emprunter le meilleur aux deux mondes.

Et, au-delà de notre identité franco-allemande, nous intégrons de plus en plus d’autres nationalités au sein de notre rédaction : journalistes belges, autrichiens, suisses, même britanniques… L’idée est d’intégrer des journalistes de tous les horizons pour réaliser notre propre petit rêve européen !

Existe-t-il un journalisme européen selon vous ?

La plupart des médias ont des approches plutôt nationales : même pour des sujets transnationaux comme le Brexit, la pandémie ou l’accueil de réfugiés, chacun se focalise sur les questions que cela soulève pour son propre pays. Lorsqu’il y a un sommet européen, toutes les chaines de télévision se focalisent sur ce que leur propre gouvernement a réussi à négocier ; à Arte, au contraire, nos correspondants à Bruxelles essaient de faire des interviews avec des représentants de plusieurs nationalités. Même s’il est rare, il existe bien un journalisme européen à mes yeux : un journalisme qui analyse comment font les autres et essaie d’inclure de multiples visions pour arriver à une synthèse européenne.

La barrière linguistique est souvent vue comme un obstacle majeur à l’émergence d’un journalisme européen. Or à Arte, vous proposez des contenus en 6 langues.

Les langues sont en effet au cœur de nos réflexions. Si l’on veut s’adresser à un public européen plus large, vaut-il mieux utiliser la lingua franca, l’anglais, en pensant que tout le monde comprendra ? Ou au contraire, décider d’avoir des approches plus territoriales en optant pour la langue nationale ?

Arte fait un peu des deux, ce qui constitue un défi logistique et un investissement phénoménal. Mais cette diversité linguistique est en même temps enrichissante, et nous restons convaincus que ce n’est que de cette façon que l’on pourra s’adresser à tous les Européens.

On dit souvent l’Europe trop abstraite, traitée principalement sous l’angle de ses institutions. Faut-il changer la façon dont les médias la couvrent ?

Absolument. Premièrement, je pense que tous les médias devraient en parler plus. Quant au côté qualitatif, il est bon de diversifier la couverture de l’Europe, d’aborder également l’Europe culturelle et des peuples, sans bien sûr délaisser l’Europe institutionnelle. L’Europe est complexe, mais elle fait partie des sujets qui sont importants car elle concerne la vie de tous les citoyens européens et parfois même au-delà.

Le journalisme de solutions est-il une démarche à laquelle vous êtes sensible ?

Tout à fait ! Traiter d’Europe, c’est parler de défis, mais aussi de solutions. Souvent, on trouve justement ailleurs des initiatives pour lutter contre des problèmes que l’on rencontre chez soi. Par exemple, quelles solutions l’Allemagne a-t-elle trouvé grâce à son modèle fédéral pour endiguer les cas de Covid-19 ? Comment l’Italie a-t-elle pu redynamiser un village en y accueillant des réfugiés ? Ou encore, comme la Finlande a-t-elle réussi à diminuer le nombre de sans-abris en leur facilitant l’accès au logement ?

L’Europe regorge d’idées, de projets et d’initiatives qui sont la source même du journalisme de solutions. C’est donc bien une dimension que nous essayons d’intégrer dans notre journal. De plus, lorsqu’il y a une grande actualité internationale et catastrophique, comme c’est le cas avec l’Ukraine, nous essayons d’équilibrer le ton en incluant au moins un sujet positif ou constructif au sens large.

Y a-t-il selon vous des pays plus preneurs que d’autres d’histoires constructives et de résilience ?

Ce n’est peut-être qu’une impression subjective, mais je pense que les pays nordiques sont plus sensibles à cette approche. Les médias là-bas réfléchissent beaucoup à leur mission publique et responsabilité, et tendent davantage à se remettre en question et à être attentifs au public. De plus, il y règne une grande tradition de journalisme investigatif, qui pointe des problèmes, mais mène aussi à des propositions.

Comment faites-vous pour inclure un angle européen à chaque sujet que vous traitez ?

Tout d’abord, il faut visualiser le public européen auquel on s’adresse et s’imaginer lui parler. Très naturellement, on est amené à inclure d’autres voix et opinions. Par exemple, même des élections nationales soulèvent de forts enjeux européens : on peut interroger un Allemand, Italien ou Espagnol sur ce qu’il pense de la campagne, des candidats etc.

Autrement, il y a la comparaison : regarder comment une situation similaire est gérée par nos voisins par exemple… Pour reprendre l’exemple des élections, on peut comparer les différents systèmes électoraux, les cultures politiques etc. Avec un peu de créativité, de temps et d’habitude, on trouve presque toujours une perspective européenne.

Propos recueillis par Morgane Anneix pour Reporters d’Espoirs

Stars4Media NEWS: Appel à candidatures jusqu’au 30 juin !

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Cofinancé par l’Union Européenne et encourageant la coopération transfrontalière des médias, Stars4Media NEWS est un programme de 4 à 10 mois pendant lequel au moins deux organisations médiatiques de deux pays différents de l’UE coopèrent sur un projet d’innovation médiatique.

Vous avez jusqu’au 30 juin pour remplir votre dossier de candidature (en anglais) et le soumettre en ligne.

A la clé, un programme de formation pour développer votre projet ainsi qu’un soutien financier de jusqu’à 100.000 euros !

Retrouvez toutes les informations sur le site Stars4Media.


« Les Français peuvent éprouver une certaine difficulté à assumer leur identité européenne » – Dorothée Merville, directrice de la Fondation Hippocrène

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Dorothée Merville est directrice de la Fondation Hippocrène, qui depuis 1992 œuvre à « donner le goût de l’Europe aux jeunes Européens ». Membre du jury du Prix européen du jeune reporter 2022, elle revient dans cette interview sur le travail de la Fondation et la relation entre journalistes et Europe.


Comment définir l’Europe ?

A la Fondation Hippocrène, nous comprenons par-là l’Union Européenne, cet ensemble politique qui donne accès à un panel de droits comme de devoirs, et les citoyens qui la composent. Pour reprendre ce que nous a dit un élève d’école maternelle de cinq ans, lauréat de l’un de nos prix : « l’Europe, c’est tous les amis de la France ».

Comment donner aux citoyens le goût d’une Europe qu’on dit éloignée de la vie quotidienne ?

Partir du quotidien pour montrer qu’il existe un lien indissociable entre notre vie de tous les jours et l’Europe ; donner à voir ce qui unit notre échelle locale avec celle, supranationale, de l’Europe ; établir un lien entre elle et ce qui nous touche les uns et les autres. Par exemple, montrer à un jeune qui se sent très concerné par le climat que l’Europe partage sa sensibilité et peut l’aider dans son engagement.

En France, le taux d’abstention des 18-35 ans lors des dernières élections européennes était de 60%. Comment les intéresser davantage ?

Lorsqu’on analyse d’un peu plus près les enquêtes d’opinion, on constate que les jeunes se sentent profondément européens. Ce qui est compliqué par rapport aux élections, comme pour tout scrutin, c’est la difficulté à engager les jeunes dans la politique. Car leur engagement a changé : il est dans l’action et sur le terrain plus que dans les discours et la politique.

Pour pousser les jeunes à réinvestir cette sphère politique européenne, je crois qu’il faut leur donner envie de prendre goût à l’Europe, en leur permettant de se saisir des bases de son fonctionnement – c’est ce à quoi nous travaillons avec la Fondation. Nous soutenons de nombreuses initiatives pour l’Europe et la jeunesse, environ 40 projets par an. Depuis 2010, nous organisons le « Prix Hippocrène de l’éducation à l’Europe » en collaboration avec l’Education Nationale, pour mettre en lumière des projets issus de partenariats entre des classes françaises et d’autres pays. Un moyen particulièrement efficace pour que ces jeunes vivent l’Europe de manière concrète.

Comment percevez-vous le rapport des Français à l’identité européenne ?

Les Français éprouvent une certaine difficulté à assumer cette identité : ils ont peut-être l’impression de renier leur attachement national, alors que les deux sont parfaitement compatibles !

Votre fondation soutient de nombreux projets de médias européens. Pourquoi ?

On reproche aux médias de parler peu d’Europe ; et lorsque c’est le cas, de le faire de manière peu adaptée. L’Europe est parfois réduite à « Bruxelles », avec sa sphère très technique et politique ; l’information ne fait pas le lien avec le quotidien des uns et des autres, et ne parvient donc pas à toucher le citoyen.

C’est pour cela que nous avons choisi de soutenir des médias indépendants, opérant souvent sous statut associatif, qui rendent l’Europe concrète. C’est le cas d’Euradio, qui a été créée à Nantes, et qui combine une ligne éditoriale locale et européenne.  

Quel peut être, selon vous, le rôle d’un journaliste couvrant l’Europe ?

Pas tant de parler d’Europe, que d’avoir une lecture européenne des évènements nationaux. On ne demande pas à un journaliste qui traite l’actualité française de raconter celle de la Suède ou de la Lettonie, mais d’établir un lien avec ce qui peut se passer dans d’autres pays européens. On l’a constaté dans le traitement de la crise sanitaire : connaître la façon dont d’autres pays gèrent la situation permet d’avoir une grille de lecture plus complète et des clés d’analyse pour se faire une opinion éclairée.

Propos recueillis par Augustin Perraud et Morgane Anneix pour Reporters d’Espoirs.

«En quête d’une génération de journalistes européens de proximité», Laurence Aubron, fondatrice d’Euradio et membre du jury du Prix européen du jeune reporter

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Euradio se définit comme une radio associative, citoyenne et indépendante. Avec une programmation qui alterne reportages sur des initiatives locales, actualités européennes contextualisées et musique, la station émet en FM à Nantes et dans plusieurs villes françaises sur le réseau de radio numérique terrestre, ainsi que partout via le web. Laurence Aubron, sa directrice et fondatrice, revient pour nous sur la genèse du projet et ses ambitions pour l’avenir.


Vous êtes la fondatrice et directrice d’Euradio. Quelle en est l’ambition initiale?

L’histoire d’Euradio est intimement liée au référendum européen de 2005. La couverture médiatique des affaires européennes était très limitée. Il fallait réagir, alors nous avons choisi de créer la première radio européenne des territoires. L’initiative est d’abord locale, puisqu’elle part de Nantes, territoire qui a toujours été un terreau fertile en matière d’innovation et de création. Il fallait parler d’Europe au quotidien, en partant de notre ancrage sur ce territoire, et avec une ligne éditoriale européenne.

Comment Euradio a-t-elle évolué et comment voyez-vous l’avenir ?

La radio se développe de plus en plus. Au départ de Nantes, elle s’est implantée grâce au déploiement de la technologie DAB + (Radio Numérique Terrestre) à Lille, Lyon, Strasbourg ou encore Marseille et Bordeaux. Euradio devient ainsi la première radio européenne en France.

Pour l’avenir, l’important est de trouver une nouvelle génération de journalistes qui incarnera Euradio, curieuse, ouverte, qui a voyagé et est ouverte sur le monde, tout en connaissant bien son territoire. En clair, je cherche une génération de journalistes européens de proximité. Sur une même thématique européenne, chacun pourra apporter une perspective spécifique, fonction du territoire qu’il connait et depuis lequel il parle.

Vous avez été membre du jury du premier Prix Européen du Jeune Reporter, en quoi vous retrouvez-vous dans cette initiative ?

Cette initiative partage toutes mes valeurs. En tant que journaliste professionnelle et aux côtés d’autres comme Mémona Hintermann, j’ai trouvé cela très enrichissant de porter un regard sur le travail de jeunes journalistes européens. Je suis persuadée que cela manque aujourd’hui dans la société. Ce sont les histoires venues d’ailleurs qui permettent de nourrir une culture commune. J’ai particulièrement apprécié la plume et le sujet de Jeevan Ravindran intitulé « On espère qu’un jour, on n’aura plus besoin de nous », qui analyse les initiatives de trois entreprises européennes, travaillant dans des pays différents pour éviter que les sans-abris ne meurent de froid.

Existe-t-il un journalisme européen ?

Oui, je pense qu’il est en train de se développer, et je ne vois pas le monde de demain sans évolutions journalistiques sur le plan européen. L’enjeu est de pouvoir poursuivre l’ouverture des jeunes et personnes qui voyagent dans cette sphère culturelle et linguistique. Euradio veut offrir cette fenêtre européenne. Nous avons débuté par la programmation musicale avec des labels indépendants et multi-linguistiques. L’objectif demeure de permettre à ceux qui reviennent en France notamment après un Erasmus, de poursuivre leur ouverture sur l’Europe par l’information et la culture. Tout en donnant envie à ceux qui ne sont pas encore partis de se connecter avec une culture hors de nos frontières.

Propos recueillis par Léa Sombret


12/01/2022 . Télés, visions publiques, Rencontres sur l’avenir des télévisions publiques en Europe

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France Télévisions a organisé le 12 janvier à l’occasion de la présidence française du Conseil de l’Union européenne, un colloque professionnel sur l’avenir de la télévision publique en Europe, animé par les journalistes Leïla Kaddour et Marjorie Paillon.

Gilles Vanderpooten, directeur de Reporters d’Espoirs, a participé à la table-ronde « Singularités, pluralisme et exigences de la télévision publique »  aux côtés de :

• Katja Wildermuth, présidente de l’ARD (Allemagne)
• Clara Dupont-Monod, écrivaine
• Caroline Fourest, essayiste et réalisatrice
• Gilles Vanderpooten, directeur général de Reporters d’espoirs
• Bruno Patino, président d’Arte
• Mehdi Kerkouche, chorégraphe et metteur en scène

Cet événement à l’initiative de Delphine Ernotte Cunci, a accueilli également les présidents des sociétés de l’audiovisuel public européen, Marie-Christine Saragosse Présidente de France Médias Monde, Hervé Brusini, président du prix Albert-Londres, Abd Al Malik, Renaud Le Van Kim, producteur, fondateur de Brut, Tim Davie, directeur général de la BBC ou encore Teddy Riner.

 

  • Le programme de la journée :

-10h : accueil par Delphine Ernotte Cunci et les présidents des sociétés de l’audiovisuel public européen

-10h30 – 11h45 : le besoin d’un bien télévisuel commun

-11h45 – 12h30 : cartes blanches « 5 minutes pour convaincre »

Interlude : Alex Vizorek

-12h30 – 13h : Intervention de Roch-Olivier Maistre, président de l’Arcom

-13h – 14h15 : déjeuner libre

-14h30 – 15h30 : singularités, pluralisme et exigences de la télévision publique

-15h30 – 15h45 : intervention de Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Culture

-15h45 – 16h45 : et demain, la télévision publique ?

-16h45 : clôture et conclusion de Delphine Ernotte Cunci

 

Pour voir ou revoir les temps forts de ces rencontres :

Introduction de Delphine Ernotte Cunci

Face au dérèglement médiatique qui menace aujourd’hui les démocraties européennes, les médias publics sont la meilleure réponse d’avenir !

 

Première table ronde : le besoin d’un bien télévisuel commun

 

Seconde table ronde: singularités, pluralisme et exigences de la télévision publique

 

Troisième table ronde : et demain, la télévision publique ?

« J’ai le sentiment qu’un monde plus empathique est en train de se construire, mais dont peu de médias parlent » Etienne Pflimlin, président de la Fondation du Crédit Mutuel

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Étienne Pflimlin est le président de la Fondation du Crédit Mutuel, qui œuvre à la promotion de la lecture et de la langue française, avec une forte dimension de lutte contre l’exclusion économique et sociale. La fondation a soutenu plus de 1500 actions de terrain depuis sa création, et a permis de donner une dimension européenne au Prix Reporters d’Espoirs en direction des jeunes de 18 à 30 ans. Ancien président du Crédit Mutuel, européen convaincu, Etienne Pflimlin partage son sentiment quant au traitement médiatique des questions européennes.

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