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15.09.2025 Reporters d’Espoirs célèbre l’Europe avec les 6 lauréats de son prix jeunes et 40 personnalités

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Les « 48 heures pour l’Europe des solutions » reviennent pour une deuxième saison : les 15 et 16 septembre 2025, Reporters d’Espoirs rassemble les 6 lauréats de son Prix européen Jeunes Reporters d’Espoirs en provenance du monde entier, ainsi que 40 personnalités. Ensemble, ils vont travailler sur des idées de sujets, d’angles, des manières de traiter médiatiquement du continent, de ses institutions, des réalités de terrain et des coopérations des peuples et des nations européens. Objectif : répondre à la question « Comment les médias peuvent-ils donner envie d’Europe ? ».

Pendant 2 jours, les lauréats vont rencontrer des journalistes, grands reporters, visiter les rédactions de l’AFP, du Figaro ou encore d’ENTR. Et, à l’occasion d’ateliers animés notamment par Making Tomorrow, interagir avec 40 personnes provenant des mondes médiatique, économique et politique.

Rendez-vous sur ce site pour partager avec vous ces rencontres et leurs résultats !

01.07.2025 : Webinaire : « Combien les journalistes traitent de biodiversité, et comment aller plus loin ? » Présentation de notre étude, avec Audrey Cerdan et Simon Rozé

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Journalistes : Reporters d’Espoirs, l’Observatoire des Médias sur l’Ecologie (OME) et l’agence d’études iligo vous convient à un webinaire mardi 1er juillet de 11h à 11h45 pour vous présenter les résultats de leur étude menée avec le soutien de l’OFB – Office Français de la Biodiversité et de la Fondation Crédit Mutuel Alliance Fédérale.
Quelle part d’antenne est dédiée à la biodiversité ? Les médias abordent-ils plutôt les causes ou les solutions ? Sous quels angles ?

Nous nous sommes associés à l’OME, dont les données nous permettent de suivre l’évolution du traitement médiatique de la biodiversité au fil des années.
En 45 mn top chrono, nous vous proposons un regard en miroir via les principaux résultats de notre baromètre.

Venez échanger avec nos experts et acteurs des médias qui partageront des retours d’expérience et conseils à votre attention, et répondront à vos questions :

  • Céline Pasquier, Directrice adjointe, coordinatrice de l’étude, iligo
  • Audrey Cerdan, Rédactrice en chef pour le climat, France Télévisions
  • Simon Rozé, Chef du service environnement-climat, RFI
  • Cyrille Frank, Consultant, spécialiste des contenus et formateur en journalisme

Cette étude quantitative complète l’étude qualitative publiée en mai 2025.

Inscriptions ici pour recevoir le lien de connexion

19.06.2025 : le Challenge Reporters d’Espoirs Biodiversité rassemble 60 journalistes, scientifiques et dirigeants à la Fondation François Sommer

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Bernard de la Villardière (M6, Réel), Marie-Laure Augry (Assises du journalisme), Virginie Fichet (France Télévisions) en exercice de design fiction Making Tomorrow x Reporters d’Espoirs. 

 

A l’occasion du lancement de son Lab Biodiversité avec le soutien de l’Office Français de la Biodiversité et de la Fondation du Crédit Mutuel Alliance Fédérale, Reporters d’Espoirs rassemble ce jeudi 19 juin 2025, 60 personnalités de tous horizons à la Fondation François Sommer/Musée de la chasse et de la nature à Paris. 60 scientifiques, journalistes économiques et politiques, observateurs et acteurs des médias, éditorialistes et influenceurs, dirigeants.
L’objectif : réfléchir ensemble aux leviers qui permettront de faire de la biodiversité un sujet d’intérêt pour les acteurs des médias : quels angles éditoriaux nouveaux la biodiversité offre-t-elle ? Dans quelles conditions peut-elle être un levier de fidélisation et d’audience ? En quoi mérite-t-elle d’être plus largement couverte et diffusée… ?

Reporters d’Espoirs a associé les designers, anthropologues et experts du collectif Making Tomorrow pour faire ressortir des idées, des angles, des opportunités, des scénarios qui donnent envie, grâce à la méthode du design fiction.

Parmi les participants : des journalistes, dirigeantes et dirigeants de rédactions (France TV, Le Canard Enchainé, Le Point, The Conversation, Le Pèlerin…), animateurs (M6), nouveaux médias (Youtube, Réel), journalistes et rédactions en chef (Le Nouvel Obs, La Croix, Libération, Télérama, Arte, La Nouvelle République du Centre-Ouest, TF1, Reuters, Les Echos, Le 1, Le Monde), enseignants en écoles de journalisme (ESJ Lille), associations de journalistes (AJSPI, Assises du journalisme, Alliance de la Presse, Journalisme et citoyenneté), éditorialistes (France Inter) ; scientifiques (CNRS, Inrae, OFB), écrivains voyageurs ; ou encore acteurs de la banque et de la finance (Crédit Mutuel, Lombard Odier).

Mardi 13 mai 11h : webinaire « Comment les journalistes traitent de biodiversité, et comment aller plus loin ? ». Présentation de l’étude iligo-Reporters d’Espoirs & échange avec Philippe Grandcolas, …

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Confrères, consoeurs, journalistes : Reporters d’Espoirs et l’agence d’études iligo vous convient à un webinaire mardi 13 mai de 11h à 11h45 pour vous présenter les résultats de leur étude menée avec le soutien de l’OFB – Office Français de la Biodiversité.
Quelles sont les pratiques de vos confrères et consœurs ? Que connaissent-ils et pensent-ils du sujet biodiversité ? Quelles difficultés rencontrent-ils ? Quels conseils adressent-ils à la profession ?

Nous avons croisé les regards de journalistes et de scientifiques sur la couverture médiatique de la biodiversité.
En 45 mn top chrono, nous vous proposons un regard en miroir via les principaux résultats de notre étude.

Venez échanger avec nos 3 experts qui partageront des conseils à votre attention, et répondront à vos questions :
Céline Pasquier, Directrice déléguée, coordinatrice de l’étude, iligo
Cyrille Frank, Consultant, spécialiste des contenus et formateur en journalisme
Philippe Grandcolas, Directeur de recherche au CNRS, membre du Comité scientifique du Lab Biodiversité de Reporters d’Espoirs

 

RDV en ligne ce mardi 13 mai de 11h à 11h45 pour la présentation de la première action du Lab Biodiversité : l’ÉTUDE REPORTERS D’ESPOIRS-ILIGO “Comment les médias parlent de biodiversité et comment aller plus loin ?” dans un webinaire sur inscription ici  (inscrivez-vous pour recevoir le lien de connexion).

16 mai . RDV à Lyon pour l’événement « ici on agit » organisé par Le Progrès et le groupe EBRA

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Les 16 et 17 mai se tient à La Sucrière à Lyon un événement apporteur de solutions pour agir localement et positivement pour le climat et l’environnement : Ici On Agit, à l’initiative du titre phare de la région, Le Progrès. Reporters d’Espoirs s’y associe en organisant le vendredi 16 mai 2025 de 9h30 à 11h, durant la journée dédiée aux professionnels et aux étudiants, une discussion-débat sur la couverture médiatique de la biodiversité, « le sujet dont tout le monde parle… pour dire qu’on en parle pas suffisamment ! ».

Avec la participation de 40 étudiants de l’ISCPA – l’école de communication et de journalisme de Lyon, de Claire Labaune, responsable relation entreprise et Ingrid Genet, responsable des formations de l’ISCPA.

Ce rendez-vous constitue pour Reporters d’Espoirs la première étape de son « Tour des Reporters d’Espoirs 2025-2027 » dans les régions de France, qui inaugure un nouveau cycle et de nouveaux travaux sur la montée en puissance de la couverture de la science et de la biodiversité dans le journalisme et les médias.

Avec le soutien de l’Office Français de la Biodiversité.


Le thème de la conférence-débat Reporters d’Espoirs :
La biodiversité, un sujet médiatique ? 

Là où le climat s’est imposé en bien des secteurs comme sujet cardinal, un autre demeure tapi dans l’ombre : la biodiversité. Celle dont on parle trop peu, ou seulement pour déplorer qu’on n’en parle guère.

Selon l’Observatoire des Médias sur l’Écologie, elle représentait 1 % du contenu audiovisuel en 2024. Le traitement médiatique de ce sujet renvoie plus largement au bagage scientifique des journalistes : ils ne seraient que 2,4 % à être issus d’une formation scientifique (en 2013) contre 5 fois plus 15 ans plus tôt ! Alors que les crises climatique, sanitaire, de biodiversité, s’entremêlent, auxquelles on peut ajouter le pullulement des « fake news » qui inquiètent la profession journalistique, n’est-il pas temps de réhabiliter l‘état d’esprit -et la formation- scientifique dans la profession, pour la renforcer et la relégitimer ?  

Reporters d’Espoirs s’y intéresse et va mobiliser les journalistes sur 3 ans avec son Lab Biodiversité 2025-2027, avec le soutien financier de l’OFB – Office Français de la Biodiversité.

L’association a mené une étude pour interroger les journalistes qu’elle présentera lors de cette session : que connaissent-ils du sujet ? Comment le traitent-ils ? Quels sont les obstacles ? Sont-ils prêts à aller plus loin ?
L‘occasion d’une discussion-débat avec 2 journalistes, 1 scientifique et 1 communicant de la biodiversité, et le public de l’événement dont 40 étudiants en journalisme et communication de l‘ISCPA Lyon.
Pour partager témoignages, exemples de reportages et pratiques journalistiques, recul critique du scientifique, et s’interroger collectivement sur comment faire plus et mieux. 

INTERVENANTS 

Muriel Florin est journaliste au Progrès, à Lyon. Elle y a animé pendant dix ans une page « Sciences pour tous ». D’abord spécialisée dans les sujets « éducation », elle traite aujourd’hui essentiellement les questions d’environnement. Muriel Florin a aussi publié plusieurs ouvrages, Elle préside le Club de la presse de Lyon et sa région. 

Anne-Cécile Bras est journaliste à RFI où elle anime depuis 2009 l’émission environnement C’est pas du vent ! : 50 minutes le mercredi, le jeudi et le vendredi à 14h10 pour décrypter avec des invités et des reportages sur les 5 continents comment l’humanité relève son plus grand défi : apprendre à vivre harmonieusement sur une planète aux ressources limitées.

Thierry Lengagne est un scientifique spécialiste de la biodiversité. Il est chercheur au Laboratoire d’Ecologie des Hydrosystèmes Naturels et Anthropisés (LEHNA) du CNRS à l’Université Lyon 1. Il est également Président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) pour le territoire de l’Ain.

Arnaud Piel est directeur adjoint de l’Office Français de la Biodiversité (OFB) de la région Auvergne-Rhône-Alpes et référent sur les questions de communication.

Floriane Vidal est la coordinatrice du Lab Reporters d’Espoirs Biodiversité, programme de mobilisation des journalistes et médias sur la science et la biodiversité. Elle a précédemment été responsable de la communication de CNRS Ecologie & Environnement.

Le programme et toutes les infos sur Ici On Agit, Lyon, 16 et 17 mai 2025

« Ce que nous voulons faire, c’est bâtir un futur qui réintègre le vivant au plus près et au mieux. »

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A l’occasion de la 8e édition de l’Université de la Terre qui se tiendra les 14 & 15 mars prochains à l’UNESCO, nous avons interviewé Jacques Huybrechts, son fondateur. Présentant les enjeux abordés lors des conférences et tables rondes des deux jours, il revient sur la genèse de ce projet et sur l’importance qu’il accorde à fonder un modèle de société qui respecte le vivant.

Léa Varenne Jacques Huybrechts, qui êtes-vous ?

Jacques Huybrechts – Je me décris comme un entrepreneur engagé. J’ai toujours mis le projet économique que j’ai porté au service de mes valeurs. C’est notamment pour cette raison que j’ai fondé l’Université de la Terre, qui célèbrera ses 20 ans lors de l’édition des 14 et 15 mars 2025 à Paris. Le Parlement des Jeunes est un autre de mes projets, que j’ai lancé en 2021. Il se tient tous les 2 ans et ressemble à une convention citoyenne de la jeunesse, composée d’un panel représentatif avec lequel nous travaillons sur les principales préoccupations des jeunes.

Qu’est-ce qui vous anime ?

Améliorer la vie de cette planète, à la fois personnellement et collectivement, avec mon équipe et tous ceux que nous embarquons dans nos aventures. C’est peut-être très ambitieux mais j’ai toujours pensé qu’on pouvait associer activité professionnelle et contribution à une meilleure société. Je suis animé par le fait de concilier le projet de mon entreprise et les valeurs auxquelles je crois, qui sont alignées sur les enjeux économiques et humains.

Il y a 20 ans, vous avez décidé de fonder l’Université de la Terre. Quel était votre objectif ?

C’est un projet que j’ai écrit bien avant, en 1992, quand je finissais mes études. A cette date, il y a eu un grand sommet de la terre, le Sommet de Rio, et ça a été pour moi une révélation. A cette époque, je n’étais pas particulièrement engagé sur les sujets écologiques. C’est grâce à ce sommet que j’ai compris combien nous allions dans le mur – et même que nous étions déjà dans le mur sur un certain nombre de critères écologiques. Le GIEC n’avait pas encore déployé son travail sur les questions climatiques, mais il y avait toutes les pollutions que l’on connaît aujourd’hui et je me suis dit : « il faut qu’il y ait une prise de conscience sur ces enjeux-là ». C’est de là qu’est venue l’idée de créer une Université de la Terre, pour en apprendre plus sur ces enjeux, apprendre à vivre différemment et ainsi lutter contre les dégâts causés par les humains depuis des siècles. En 1992, c’était trop tôt, parce que ça intéressait peu de monde à l’époque. J’ai donc laissé le projet dans les cartons et il a fallu deux rencontres pour qu’il voit le jour : une avec l’UNESCO en 2004 – qui cherchait un projet pour 2005 sur les 60 ans des Nations Unies – et une avec le fondateur de Nature & Découverte, François Lemarchand, qui était notre premier partenaire à l’époque. Aujourd’hui, nous en sommes à la 8e édition en 20 ans, mais ça n’a vraiment grandi qu’à partir de 2015, avec la COP 21 pendant laquelle nous avons été intégrés à l’évènement public. Dès lors, les enjeux sont devenus de plus en plus prenants et urgents.

Quel est votre rôle dans tout ça ?

Je suis un peu le chef d’orchestre, en animant le projet dans toutes ses dimensions : financement, programme, mobilisation du public. Il faut aller chercher de nouveaux publics, des néophytes, sur le sujet. Je passe aussi beaucoup de temps sur la partie de communication, puisque nous sommes dans un monde d’information et de communication. Au-delà de l’Université de la Terre, l’idée est de faire monter les sujets dans les différentes sphères sociales. 

L’Université de la Terre 2025, Nature = Futur. Pourquoi ce thème ?

On voit bien que c’est une équation qui va être complexe à réaliser. Quand on parle de futur aujourd’hui, on valorise plutôt l’IA, le spatial, la transition numérique, et la nature est relayée à un 2e voire 3e plan. Il faut que le progrès intègre la question de la biodiversité et du vivant au cœur de son modèle dans les années à venir. Ces sujets ont été laissés de côté depuis la révolution industrielle, et nous arrivons au bout d’un modèle qui est prédateur et destructeur pour le vivant. Il devient urgent de réinventer un modèle dans lequel la nature a sa place. Ça ne signifie pas qu’il faut nier le progrès scientifique et technologique, qu’il faudrait opposer l’IA et le vivant. L’IA s’arrêtera peut-être avec la fin des ressources, qui fera que l’ère numérique va ralentir, mais il faut intégrer la nature au plus près de tous ces progrès, en prenant systématiquement le vivant en compte. C’est peut-être impossible de concilier les deux, je suis conscient de la complexité de cette question. Aujourd’hui nous ne pouvons pas dire aux 8 milliards d’êtres humains que nous allons arrêter le progrès scientifique et technologique et tout miser sur l’écologie. Mais ce que nous voulons faire, c’est bâtir un futur qui réintègre le vivant au plus près et au mieux.

Comment choisissez-vous les intervenants à l’Université de la Terre ?

C’est un processus qui prend plusieurs mois. Bien évidemment, les enjeux nous guident, et nous travaillons aussi avec tous nos partenaires et alliés, en interrogeant plusieurs parties prenantes. Je passe beaucoup de temps sur la programmation : je m’informe, je lis, je me nourris de tout ce que j’entends, de tout ce que je vois. J’essaye de voir un maximum de gens pour comprendre ce qu’ils font concrètement et ce qu’ils pourraient apporter. L’objectif est d’équilibrer entre les mondes scientifique, économique et politique. Par exemple, pour cette édition 2025, quelques élus locaux seront là pour illustrer le fait que la soutenabilité peut s’opérer sur le territoire à l’échelle locale. 

Parmi les nombreux thèmes abordés, il y a l’économie, la biodiversité et les médias. Ce sont des axes qui méritent d’être regardés de manière transdisciplinaire tant ils sont imbriqués. Comment faire pour qu’ils cohabitent mieux ?

Il faut recréer du lien entre les enjeux. Kate Raworth, grande figure qui sera présente, a inventé la théorie du donut, schéma qui montre les limites planétaires qu’il ne faut pas dépasser, et différents planchers humain et social en dessous desquels il ne faut pas aller. L’idée est de réencastrer l’économie dans la société, la société dans ses limites planétaires, et replacer chaque discipline par rapport à ces enjeux majeurs. C’est la première fois que l’humanité est en capacité de s’auto-détruire. Il ne faut pas oublier que nous sommes une espèce parmi d’autres qui va souffrir considérablement dans les années à venir. On peut choisir de n’en avoir rien à faire, en se disant que toutes les espèces vont disparaître et nous avec. Mais si on prend conscience que le vivant est important, et qu’on a envie de le protéger, je pense qu’il faut essayer de recréer du lien entre tous ces sujets. L’économie doit réintégrer la question du vivant et la question climatique, et les mettre en priorité. Et quand je dis « vivant », je parle aussi de la réconciliation de l’humain avec lui-même, car la dislocation sociale rend incompatible le lien avec toutes les autres formes de vie. 

Déjà en 2022, vous disiez que « notre défi collectif est d’ouvrir d’autres voies et un autre chapitre de la civilisation… ». Mais que faire face à la folie du monde qui nous détourne de notre but commun « redevenir terriens » comme vous le dites ?

Faire ce qu’on peut à son échelle, ce qui passe notamment par des changements de consommation. Choisir ce qu’on achète, ça nécessite une éducation, un effort, mais c’est un levier puissant pour changer la société. Le budget est parfois un frein, mais tout le monde peut avoir un impact. Aller dans la nature, comprendre le vivant, mieux le respecter, choisir ses déplacements… sont autant d’actions pour changer les choses. On peut agir par son vote aussi, bien évidement. Nous sommes dans une démocratie, préservons-la. On peut aussi rejoindre des ONG ou encore engager son entreprise dans des démarches de progrès. Il y a aujourd’hui un réseau de collectifs dans les entreprises, de salariés, de collaborateurs, qui essayent de faire bouger les lignes dans leur boîte. Et certains créent même leur propre structure avec une démarche d’impact très clairement annoncée.

Qu’est-ce que vous espérez des tables rondes et intervenant.e.s qui débattent ?

La vocation de l’Université de la Terre peut aussi se résumer ainsi : comprendre pour agir. Ce principe repose sur de l’information, de la précision, et donc un accompagnement de la connaissance pour aller un peu plus loin. Chacune et chacun de nos intervenants ont soit une expérience active sur ces sujets-là, soit des pistes d’actions. On leur demande donc d’être pragmatiques sur les solutions qui sont à disposition des citoyens ou des entreprises.

Qu’est-ce qu’il ressort de concret de l’Université de la Terre ?

D’abord des transformations personnelles. De nombreux participants, dont des patrons de grands groupes, nous ont dit que l’Université de la Terre avait changé leur manière de voir le monde. En 2025, nous lançons également un mouvement pour que les citoyens se reconnectent au vivant et à la nature. Il repose sur trois piliers que sont l’équilibre personnel, physiologique et psychique. On y retrouvera les questions de l’alimentation, du mouvement et aussi la reconnexion à la nature qui est un facteur d’équilibre physique et psychique. Cette opération, baptisée « 1, 2, 3, dehors »,  a pour vocation de porter un message fort : prendre conscience du vivant, de la nature, de ce qui nous entoure, c’est essentiel à notre bien-être. Ça va prendre du temps de changer les comportements, d’engager les citoyens pour qu’ils aillent vers la nature, mais c’est une opération concrète qui doit aussi amener les citoyens à la protéger grâce à une meilleure connaissance de celle-ci.

Dans son article Sortir de la sidération : 20 actions à mettre en place, Bon Pote suggérait d’« inonder la zone de (non) merde » pour reprendre les termes. Il fait référence à la tactique d’extrême droite qui consiste en « flood the zone with shit », ce que l’on observe sur les réseaux sociaux. Comment cela peut aboutir ?

Je crois qu’il va falloir une forte mobilisation. Pour le moment, nous sommes atones, les forces de progrès social et écologique sont sidérées face à ce qui est en train de se passer. Il n’y a pas de mobilisation alors que de l’autre côté ça se mobilise très fortement. Il faut donc que l’activisme se mette en place. On peut tous être activistes à sa manière. La mobilisation, il y a quelques années, a été très forte sur le climat et là il ne se passe plus rien. Un des thèmes de l’Université de la Terre est la radicalité positive : par exemple, face à la loi agricole, il y a un peu de mobilisation mais elle est trop faible. On est sidérés mais je pense que ça va monter, il va falloir que ça monte. Il y a des échéances importantes électorales en France, au niveau local et national, donc il va falloir monter au front, il faut agir.

Propos recueillis pas Léa Varenne pour Reporters d’Espoirs

« Lutter contre la morosité ambiante face aux défis d’un avenir incertain est un sujet primordial auquel je suis heureuse de contribuer. » Corinne Denis, présidente de Reporters d’Espoirs

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Corinne Denis est la Présidente de Reporters d’Espoirs. Jeune retraitée, elle a mené toute sa carrière dans le monde des médias. D’abord documentaliste, puis journaliste, puis enquêtrice, elle a été pionnière dans la numérisation des médias, ce pourquoi les États Généraux de l’Information ont fait appel à elle alors qu’ils s’intéressent aux défis des plateformes et de l’IA. Engagée dans le milieu associatif en région Occitanie, elle nous raconte son parcours.

Documentaliste, journaliste, puis dirigeante : vous avez fait carrière dans les médias. Qu’est-ce qui vous y destinait ?

Rien ne m’y destinait. Je faisais des études de biochimie et génétique à Jussieu et pour financer ma maitrise, j’ai trouvé un petit job à la documentation de L’Express. D’abord documentaliste scientifique puis journaliste, j’ai abandonné la recherche pour l’enquête. Je suis restée 30 ans dans ce groupe, où j’ai fait mes classes de reporter, dirigé la documentation, créé le site internet et dirigé le service multimédia avant de terminer comme directrice générale adjointe. J’ai ensuite rejoint Lagardère Active où j’ai dirigé la filiale numérique du Groupe, Lagardère digital France, et la filiale qui gère le publicité du groupe. La filiale média de Lagardère regroupait à la belle époque, entre autre, Paris Match, Elle, Télé 7 jours, Voici, Europe 1, Virgin, Gulli ou encore Doctissimo.fr.

Vous avez été pionnière dans la mutation numérique des médias… un peu par hasard !

Quand je dirigeais le service documentation de l’Express, je cherchais des débouchés pour les archives. Une société américaine, Compuserve, voulait s’implanter en France. C’était un réseau internet privé, et donc payant , comme AOL, qui a demandé à deux journaux, L’Express et Le Monde, s’ils étaient intéressés à travailler à la mise en ligne des archives sur leur réseau. Christine Ockrent, qui était directrice de la rédaction de L’Express à cette époque, m’a laissé le champs libre pour travailler avec eux. Nous avons donc été les premiers en France avec Le Monde à mettre nos archives en ligne. Parallèlement, Internet se développait. Et en 1997, j’ai proposé de créer un site web hébergé chez les américains. Une idée qui semblait incongrue à la direction du journal, qui trouvait que le Minitel, au moins, rapportait un peu d’argent !

A l’occasion d’un changement d’actionnaire nous avons donc, avec le directeur technique de la rédaction, crée le site web de L’Express… en un week-end ! Et depuis je n’ai plus quitté le domaine du développement numérique des médias. Une aventure de 25 ans avec l’arrivée du mobile et des applications, puis les tablettes, les réseaux sociaux et l’IA. Une révolution pour le secteur des médias et leurs modèles économiques mais aussi un travail collectif entre médias, grâce notamment au GESTE, le groupement des éditeurs numériques, que j’ai présidé pendant 4 ans.

Plus récemment, en 2023-2024, vous avez été participé aux États Généraux de l’Information, comme membre du groupe de travail « Espace informationnel et innovation technologique ». Qu’en retenez-vous ?

Nous avons auditionné de nombreux chercheurs et spécialistes du numérique et de l’intelligence artificielle (IA), avant de rendre nos conclusions -8 propositions- au CESE devant la Ministre de la Culture Rachida Dati.

Parmi les sujets sur lesquels nous avons planché, il y a celui du partage de la valeur entre médias d’information et plateformes. Aujourd’hui, les médias voient leurs contenus repris par des plateformes, qui s’enrichissent grâce à eux en captant la publicité, mais ne leur reversent toujours pas les droits d’auteurs qu’elles devraient. La majorité de la publicité numérique est captée par les plateformes au détriment des médias d’information. Les différentes négociations notamment celle concernant ce qu’on appelle les « droits voisins », visant à essayer de faire payer les plateformes, n’ont pas comblé les espoirs des éditeurs. L’IA vient compliquer l’exercice : les plateformes entrainent leurs algorithmes grâce au contenu créé par les médias d’information. Là aussi, comment les faire payer pour cet usage ?

Aujourd’hui, avec l’instabilité politique, nous ne sommes pas sûrs que nos conclusions vont aboutir. Beaucoup s’adressent surtout à la Commission Européenne. Pour forcer les plateformes à bouger, l’appui de l’Europe est indispensable.

Jeune retraitée dans le Sud-Est de la France, vous multipliez désormais les engagements associatifs. Vous faire « actrice de solutions », c’est important pour vous ?

Ne travaillant plus, j’ai du temps et j’ai envie de le mettre à disposition des causes qui me tiennent à cœur. Il y en a plusieurs : Reporters d’Espoirs bien sûr, 60 000 Rebonds, dont je fais partie du Conseil d’Administration en région Occitanie, la station locale Radio Fuze, et enfin Prima Vera, association qui organise aux côtés des enseignants des rencontres pour les élèves de collèges et lycées avec des artistes, des journalistes, des personnalités.

Lorsque j’ai quitté Paris au moment du Covid, l’important pour moi était de m’insérer dans le tissu social de ma commune. Alors nous avons décidé à quelques-uns, de créer un café associatif, Collor’Café, une façon de redonner vie à un village qui n’a pas de magasins et où les gens ne se croisent pas. Ce café existe depuis trois ans et il fonctionne bien.

Je m’implique aussi beaucoup dans l’association 60 000 rebonds qui aide les entrepreneurs qui ont fait faillite à rebondir. Dans mon parcours professionnel, j’avais créé un fonds média à L’Express pour financer des start-up. Je me suis intéressée au profil de jeunes dont la passion est d’entreprendre. Et plusieurs start up étaient incubées chez Lagardère digital France. A Paris et dans le numérique,

les échecs commençaient à être valorisés dans les CV de jeunes entrepreneurs comme une expérience enrichissante. En arrivant dans ma nouvelle région, j’ai compris que le tabou de l’échec était loin d’être tombé : notre vision en France pose un vrai problème. Quand des entrepreneurs déposent leur bilan, ils n’ont souvent plus de ressources, pas de chômage et finissent souvent au banc de la société et écartés de leurs anciens réseaux.

Pourquoi Reporters d’Espoirs ?

Reporters d’Espoirs est l’association qui me rapproche le plus de mon métier, le monde des médias dont je me suis éloignée en partant en province. Reporters d’Espoirs est une façon de rester en lien avec mon secteur de prédilection de toujours. Lutter contre la morosité ambiante face aux défis d’un avenir incertain, donner aux gens l’envie d’agir, face au doute et au complotisme, c’est un sujet primordial auquel je suis heureuse de contribuer.

Propos recueillis par Léa Varenne/Reporters d’Espoirs.

L’avenir s’entreprend au Parlement des jeunes

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Alizée Bossy et Victoria Levasseur restituent le travail de leur commission Ecologie devant l’assemblée réunie au Cese. Photo copyright Mary-Lou Mauricio/Parlement des jeunes.

Voix assurée, discours soigné, conviction chevillée au corps : sur scène, on sent bien qu’ils ne sont pas là par hasard. La scène, c’est l’hémicycle du Conseil économique social et environnemental (CESE), qui accueille à Paris la 2e édition du Parlement des jeunes. Eux, ce sont 170 jeunes de 16 à 24 ans, réunis pour se faire les porte-voix des propositions de la jeunesse.

Paul Chambellant/Reporters d’Espoirs

Devenue le temps d’un après-midi le théâtre d’une jeunesse qui se conjugue au pluriel, l’estrade agitée de l’hémicycle a vu défiler autant de formes d’engagement que de jeunes. Au terme de trois réunions de travail en distanciel, voilà qu’ils se retrouvent enfin, « en vrai », pour restituer leur expérience d’intelligence collective. L’audience se montre captivée par les dix thématiques explorées, du travail à l’autonomie financière en passant par le numérique, l’inclusion, l’écologie et la citoyenneté. Pour chacune, les jeunes ont émis des propositions : un dispositif d’accompagnement professionnel de chaque élève dès l’entrée en seconde ; un observatoire national des initiatives locales en santé pour mieux les reproduire à d’autres échelle ; ou encore une cellule d’engagement dans les lycées.

De jeunes « parlementaires »

Lycéens, étudiants, entrepreneurs, jeunes actifs… Ces « parlementaires », venus de tous horizons et régions de France, s’engagent chacun à leur manière. Et certains multiplient les casquettes : Medhi Faradji, conducteur de métro à la RATP, est aussi membre de la Convention nationale des jeunes d’Apprentis d’Auteuil et animateur radio depuis son enfance. « Ce qui me fait vibrer, c’est surtout la protection de l’enfance et particulièrement la vie privée des enfants placés », confie-t-il. 

« Changer les choses », un objectif que partagent volontiers Jade Soriano, étudiante et vice-présidente Environnement au Conseil des Jeunes Métropolitains d’Aix-Marseille-Provence, et Isaac Lefrançois, lycéen en classe de terminale à Paris. Tous deux sont porte-paroles de la commission Place des jeunes. Conscients de la difficulté de s’engager lorsqu’on est jeune, ils ont tenu à « faire autrement » en s’essayant au jeu de rôle sous les yeux attentifs de Prisca Thévenot, alors secrétaire d’État chargée de la jeunesse et du Service national universel.

Servir, c’est aussi donner de son temps et de sa personne. Ce principe anime à la fois Gaspard Florin, étudiant en droit à Nantes et arbitre de football, et Hugo Biolley, plus jeune maire de France élu en Ardèche. Si Gaspard souhaite « améliorer la vie du collectif » et a pu esquisser des réponses au problème du harcèlement scolaire au sein de la commission Education, Hugo voit l’engagement comme un don de soi : « l’engagement c’est faire pour les autres […] en politique, dans l’associatif, dans le monde économique… Ça va d’Emmaüs au club de foot du village ».

Soif d’entreprendre

Le monde économique a également répondu à l’appel du Parlement des jeunes, qui comprend plusieurs entrepreneurs. Pour Thomas Coudrey (Aix-en-Provence), co-porte-parole de la commission Santé et fondateur d’ITI Medics, l’entrepreneuriat se marie sans peine avec une « philosophie humaniste ». Plaçant la collecte et l’exploitation de « données de vie réelle » sommeil, activité physique, tension, température… – au cœur de la prise en charge des patients, sa start-up « conçoit des solutions innovantes » dans un esprit de médecine participative. Passionné par l’informatique depuis l’âge de 10 ans, Thomas affirme avoir « combiné cet amour pour la création, pour l’informatique, avec mon amour pour l’humanité, pour aider les gens, pour apporter de la valeur ». Convaincu qu’il n’y a pas « 36 000 solutions » pour faire naître un tel projet, il a décidé de créer son entreprise.

C’est ce même élan qu’a connu Justine Durochat (Lyon), co-animatrice du Parlement des jeunes. Ne se retrouvant pas dans les postes salariés, elle s’est « lancée dans l’entrepreneuriat […] dans l’intention de pouvoir aligner [s]es valeurs avec le développement d’un business ». Après avoir créé une éphémère entreprise sociale, Symbiotik, « qui consistait en un accompagnement [des équipes de plusieurs entreprises] sur les relations interpersonnelles, la prise de décision en collectif, […] avec des masterclass », elle est désormais « exploratrice engagée » avec Moving Ways et sillonne les routes d’Europe et d’Asie « à la rencontre d’organisations qui se transforment pour prendre soin du vivant ». La suite ? « Créer une boîte, mais à plusieurs ».

C’est que gérer seul sa propre activité si jeune constitue un chemin particulièrement sinueux. Mais très émancipateur : tous deux « partis de rien », Justine et Thomas ont su naviguer à travers les difficultés financières d’entreprises « pas du tout rentables » et apprennent en temps réel « l’écologie personnelle » pour ne pas s’oublier. Selon Thomas, « [l’entrepreneuriat] est une voie magnifique, […] une façon d’impacter le monde à travers un modèle économique ». Et Justine de conclure sur les bienfaits d’entreprendre : « un espace très enrichissant d’expérimentation et d’exploration qui s’ouvre aux jeunes ».

Une génération d’entrepreneurs d’avenir

Si l’on en doutait, cet échantillon vient confirmer l’idée suggérée par plusieurs études que les jeunes sont engagés – 50 % donneraient de leur temps au sein d’un organisme – et optimistes – 72 % seraient confiants quant à l’avenir. Un combo idéal pour Jacques Huybrechts, fondateur de la communauté Entrepreneurs d’avenir à l’origine de ce Parlement des jeunes. Pensé en réaction à la souffrance éprouvée par les plus jeunes durant la crise du Covid, il vise à « mobiliser la jeunesse sur ses enjeux », et a aujourd’hui pour ambition de « s’installer durablement dans la vie publique ». Derrière ces 170 jeunes sélectionnés via un appel à candidatures puis tirés au sort à l’été 2023, Jacques Huybrechts voit « l’incarnation même de l’espoir ». En trois mots ? Un « feu d’artifice » de nature à faire bouger les lignes et à s’associer aux décisions politiques.Ce ne sont pas les parlementaires qui le contrediront, définissant tour à tour leur génération comme « forte, combattante, ambitieuse, rêveuse, réaliste, belle, motivante, éclectique, optimiste », ou encore « porteuse d’espoirs ». Si tous ont une vision différente de l’engagement, leurs parcours témoignent souvent d’un manque de considération de la jeunesse qu’ils essaient, à leur échelle, de combattre. Cyril Batolo, de la commission Consommation, résume leur état d’esprit en reprenant à son compte les propos de l’anthropologue Margaret Mead : « Ne doutez jamais qu’un petit groupe de jeunes conscients et engagés puisse changer le monde ».

[La chronique d’Eva Roque] Jeunesses de tous écrans, montrez vos visages !

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Comment est représentée la jeunesse française de ces trente dernières années sur nos écrans ?  Les récits fictionnés ou documentés reflètent-ils la diversité de cette classe d’âge ?

Eva Roque est journaliste culture et média. Vous la retrouvez sur les ondes de France Inter, dans la presse (Libération, La Tribune), comme à la télévision (C L’Hebdo sur France5). Elle chronique pour la Revue Reporters d’Espoirs dont est extrait cet article qui vous est offert gratuitement.

Xavier a débarqué à Barcelone avec un petit polo décontracté. A Bruxelles, Samy a opté pour le costume cravate, pendant que Vinz ou Maimouna ont bien du mal à quitter leur survêt dans leur banlieue parisienne. Un défilé de tenues aussi diverses que la jeunesse française s’étalant sur nos écrans.

En 2002, les héros et héroïnes de « l’Auberge espagnole » de Cédric Klapisch brillaient par leur insouciance et une forme de folie douce. Plus de vingt ans plus tard, le réalisateur imaginait une série – « Salade grecque » – mettant en scène les enfants de ses premiers personnages. Ils font toujours la fête, mais sont animés d’un certain sens politique, d’un désir de justice, incarnant au passage une grande partie des problématiques de la société française des années 2020, de la situation des réfugiés aux enjeux post #metoo. Klapisch ne revendique pas un regard sociologique mais en s’emparant du sujet de la jeunesse, il parvient à capter une époque. A nos confrères du magazine Première, il expliquait : « j’ai choisi de travailler avec de jeunes scénaristes qui ont nourri ma réflexion. Ensemble, on a écrit et fait le casting, en interrogeant la vision actuelle des jeunes européens. C’était un travail presque journalistique ».

La série ne connaîtra malheureusement pas le succès du film. A se demander si le cinéaste n’a pas réalisé une œuvre sur la jeunesse destinée aux adultes, plus qu’une fiction parlant de la jeunesse et pour la jeunesse.

Un écueil récurrent dans les fictions qui tentent pourtant de représenter avec justesse cette catégorie d’âge. Comme s’il fallait tout faire pour ne pas trahir ces jeunes et leurs idéaux. Une jeunesse plurielle : technocratique dans la série « Parlement » (épisodes disponibles en Replay ici), banlieusarde et révoltée dans « La Haine » ou « Divines », rurale et en recherche d’ascension sociale dans « La voie royale », amoureuse et passionnée dans « La vie d’Adèle » d’Abdellatif Kechiche. La jeunesse devient alors un relais des thèmes sociétaux, offrant au passage une photographie de la France. La fiction s’accroche à la réalité, flirtant parfois avec le documentaire.

En matière de documentaire, il faut voir l’œuvre remarquable de Sébastien Lifshitz « Adolescentes » et ce travail au long cours qu’il effectue en filmant Emma et Anaïs, de leurs 13 ans à leur majorité. Ou encore « Samedi soir » de Benjamin Montel et Antonin Boutinard Rouelle qui nous immergent dans l’intimité de quatre groupes de jeunes adultes aux parcours si différents.

Et que dire du documentaire immensément poétique de Matthieu Bareyre « L’époque », une traversée nocturne dans le Paris d’après Charlie où il est question de bonheur, d’avenir, mais aussi de peurs et d’incertitudes.

Chaque fiction, chaque documentaire capture ainsi un instant. Un moment daté, ancré dans une géographique, dans une classe sociale aussi.

Contrairement à un autre genre cinématographique qui lui s’illustre par une forme d’intemporalité : les « teen-movies ». Comprenez les films d’adolescents évoquant avant tout les premières fois : premier baiser, premier coup de foudre, première expérience sexuelle… « La Boum », « Lol » ou encore « Les beaux gosses » usent de la comédie pour traiter ces sujets. Des films à voir et revoir, à transmettre à d’autres générations. Comme si ces œuvres ne vieillissaient pas et exposaient un visage éternel de notre jeunesse.

Dans toutes ces représentations plurielles, on pourrait regretter cependant le peu de films reflétant des personnes jeunes en situation de handicap. Alors on se réjouit de la série « Mental » se déroulant dans l’univers d’un service pédopsychiatrie, de « Lycée Toulouse-Lautrec » (TF1) narrant le quotidien d’un établissement accueillant des élèves en situation de handicap, de « Hors normes » d’Eric Toledano et Olivier Nakache qui n’hésitent pas à mettre en scène de jeunes autistes, ou encore du formidable « Patients » de Grand Corps Malade et Medhi Idir, plongée drôle et émouvante dans un centre de rééducation.

« Désespoir, amour, gaieté. Qui a ces trois roses enfoncées dans le cœur a la jeunesse pour lui, en lui, avec lui » écrivait Christian Bobin. Et si c’était cela que l’on attendait d’une œuvre sur nos écrans ?