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Replay . « Tourisme, planète, qui s’adapte ? » Notre ‘controverse’ aux Rencontres économiques d’Aix

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Le 8 juillet dernier, Reporters d’Espoirs participait aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, sur un thème tout trouvé cette année : « Recréer l’espoir » ! A cette occasion, Christophe Agnus, vice-président de Reporters d’Espoirs, animait cette « controverse » entre Jean-Pierre Nadir, fameux investisseur de l’émission « Qui veut être mon associé ? » sur M6 et par ailleurs fondateur de Fairmoove qui se veut  « le portail de distribution de voyage dédié au tourisme responsable », et Pascal Savary, président d’Altream dont le fond investit notamment dans l’immobilier de loisir à travers le monde (Accor, Mama Shelter, Center Parcs, Pierre & Vacances, Club Med…).

Le tourisme est un secteur économique en plein essor, qui représente une part importante du PIB de nombreux pays, et représentait 10% du PIB mondial en 2020. Entre hausse du niveau de vie mondial et relative accessibilité des moyens de transports, le tourisme comme d’autres secteurs a pris une dimension de masse. Ce changement d’échelle à cependant des impacts environnementaux désastreux (pollutions, émissions de gaz à effet de serre, dégradation des écosystèmes et mise en danger des communautés locales). Le tourisme est cependant synonyme d’évasion, de repos, de découverte, d’un confort nouveau à la portée du plus grand nombre. Le secteur touristique emploie également plus 250 millions de personnes à travers le monde. Dès lors entre tourisme et planète, qui s’adapte ? Le tourisme de masse est-il condamné à disparaitre ? Notre planète peut-elle survivre à notre confort ?

Visionner la conférence (24mn)

https://youtu.be/cWrTzsgtcfs

L’Espoir, par Alain Rey

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Le célèbre  linguiste, lexicographe et écrivain français Alain Rey (décédé en 2020), avait prononcé à l’occasion de l’événement de remise des Prix Reporters d’Espoirs auquel il été associé en 2014, le texte suivant dans lequel il propose une définition de l’espoir.

« L’espoir est un sentiment lié à la vitalité qui se dresse contre les obligations, contre les duretés, et d’une manière générale contre le destin.

L’espoir prend la forme d’une lutte contre la condition humaine, avec son achèvement inéluctable qu’est la mort, mais avec ce passage plein d’espérance qui est que chaque vie individuelle aboutit à l’espérance de vie après elle. « Après moi le déluge » : voilà une formule particulièrement déplaisante que nous devons je crois rayer du vocabulaire français. Car non ! Au contraire : après moi la récolte, le développement, la réaction contre tout ce qui va mal, contre tout ce qui tend à détruire l’humain en nous !

L’Humanité porte en elle ce paradoxe qu’elle tend à s’autodétruire constamment. Sans espoir, on risque la déshumanisation totale. Pour ré-humaniser, que faut-il faire ? Il faut combattre le destin. Or, que dit Malraux -l’un de mes inspirateurs : l’art en général, et je dirais plus largement la culture, est toujours un anti-destin. C’est une lutte perpétuelle, c’est une révolte, c’est une révolution positive. C’est dans cette lutte qu’il nous faut combattre la fatalité de l’autodestruction. Précisément en transmettant ce sentiment qu’est l’espoir et qui ne s’éteint jamais.

« L’espoir luit comme un brin de paille dans l’étable. » Ce très beau vers de Verlaine témoigne que l’espoir est quelque chose de parfois minuscule, presque invisible, mais toujours très puissant, et qui doit rester éternellement présent. Evidemment il s’agit d’une allusion à la naissance de Jésus. Sans partager la conversion religieuse du poète, on peut généraliser à d’autres références, qu’elles soient religieuses ou athées. C’est l’étable où l’Humanité risque de croupir si elle ne réagit pas. Réagir, c’est ça l’espoir. L’espoir est donc une lutte.

En tant que représentant de ceux qui cherchent à sauver, à préserver et à répandre le message de la langue, le message des mots, je suis désespéré quand je vois disparaître ou s’abîmer une langue. Malheureusement, il en disparaît beaucoup.

La langue française, langue universelle, n’y échappe pas : il faut lutter perpétuellement pour qu’elle ne soit pas trop abîmée. Face à cela surgit un espoir extraordinairement puissant, qui se manifeste dans des choses très simples, notamment celle-ci : la grande littérature française est très souvent représentée par des personnes pour qui le français n’est pas une obligation de naissance, mais un choix.

Voilà un message d’espoir que le français doit partager avec toutes les autres langues.

Toute situation négative a son pendant, l’envers de la médaille. Lorsque l’Homme renonce à rester dans le revers, et va chercher les avers, il rejoint cette idée fondamentale de survie qu’est l’espoir. »

Photo : Alain Rey et le calligraphe Lassaâd Metoui, le 13 octobre 2014 au Prix Reporters d’Espoirs, Palais d’Iéna, Paris.

6 octobre . RDV de l’histoire de Blois : « 10 ans après Stéphane Hessel, où sont nos nouveaux héros ? »

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Nous vous invitons à nous retrouver à Blois le vendredi 6 octobre de 16h30 à 18h au Palais de Justice, pour cette conférence organisée par Reporters d’Espoirs à l’occasion des 26e Rendez-vous de l’Histoire, grand événement qui se tient du 4 au 8 octobre dans toute la ville.

2023 marque la 10e année de la disparition de Stéphane Hessel (et le 105e anniversaire de sa naissance en ce mois d’octobre). Son manifeste « Indignez-vous !”, diffusé à 4,5 millions d’exemplaires, a suscité un intérêt incroyable, inattendu, quasi-inexpliqué. L’indignation est alors devenue un cri de ralliement en Europe et au-delà. Mais elle ne suffit pas, affirmait celui pour qui « Engagez-vous ! » devait être le mot d’ordre d’une jeunesse agissant pour la solidarité et l’écologie.

L’engagement, c’est précisément ce qui a guidé la vie de Stéphane Hessel sur près d’un siècle : Résistance et survie aux camps de concentration ; participation au moment-clé de l’élaboration de la Déclaration universelle des droits de l’Homme ; engagement dans la diplomatie ; défense des « sans » papiers, logis, sans grades, etc. ; transmission jusqu’au dernier souffle.

Ce qui le passionnait, c’était l’avenir, les jeunes qu’il incitait à agir, à cultiver le dialogue et l’ouverture, à croire en leur capacité à changer le cours des choses. Qu’est-ce qui explique le succès de cet homme, devenu à la fin de sa vie l’égérie de toute une jeunesse et l’auteur le plus vendu de ces vingt dernières années ? Où sont aujourd’hui les figures de référence en mesure d’inspirer et de mobiliser ? De quels héros avons-nous besoin ?

Avec

  • Anne Hessel, docteure en médecine, activiste, fille de Stéphane Hessel
  • Laure Adler, écrivain, journaliste, productrice de radio et télévision
  • Gilles Vanderpooten, coauteur du livre « Engagez-vous ! » avec Stéphane Hessel, directeur de l’ONG Reporters d’Espoirs

> Pour tout savoir sur le programme des RDV de l’histoire de Blois cliquez ici

QuotaClimat à l’Assemblée nationale : faut-il légiférer sur la place du climat dans les médias ?

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Le 19 juillet 2023, le député « socialistes et apparentés » Stéphane Delautrette annonçait, au milieu des fresques de l’Hôtel de Lassay, le lancement d’un groupe de travail transpartisan sur le traitement médiatique de l’urgence climatique. À l’origine de ce projet, l’association QuotaClimat qui, depuis 2022, plaide pour une représentation plus visible et plus pertinente du changement climatique dans les médias. « [D]e nombreux médias français favorisent la fabrique du doute en ne distinguant pas les faits des opinions », peut-on lire dans l’exposé des motifs de la proposition de loi qui figure sur leur site. Et plus bas : « Tout en saluant les récents engagements des journalistes en faveur d’un traitement médiatique plus sérieux de la crise écologique, la réponse à cet enjeu ne peut reposer que sur le seul volontariat. » Reporters d’Espoirs a assisté à l’après-midi de conférences et débats qui a contextualisé l’initiative parlementaire. Voici un bref résumé des réflexions qui ont pris place.

Un consensus général sur les lacunes des médias

Deux tables rondes sur le sujet de l’environnement et la liberté de la presse ont précédé les prises de parole des députés prenant part au groupe de travail. Parmi les intervenants, des journalistes (Le Monde, AFP, France Télévisions), des institutionnels (Arcom, Fondation Descartes) et des représentants de la société civile (collectif Pour un réveil écologique, QuotaClimat, Expertises Climat). Si les avis sur la nécessité législative de contraindre les médias varient, tous s’accordent à dire que leur traitement du climat laisse à désirer, à la fois en termes de volume et de qualité. C’est d’ailleurs sur ce constat, lors des présidentielles de 2022, que s’est constituée QuotaClimat afin de replacer l’écologie, considérée comme la grande invisible des campagnes, au cœur du débat public. La situation s’est un peu améliorée depuis, les initiatives sur lesquelles communiquent certains grands groupes laissant à penser que les lignes bougent, mais il reste du chemin à parcourir. Au sein de l’audience, on critique notamment le manque de cohérence des contenus, entre reportages sur l’augmentation des événements météorologiques extrêmes et articles dithyrambiques sur le salon du Bourget. La dissonance ne passe pas. Mais la question de la cohérence en amène une autre, particulièrement fâcheuse pour les médias en cette période de crise : la publicité. Peut-on parler sérieusement de climat tout en diffusant les annonces de grands pollueurs qui, par la force des choses, sont également de grands financeurs ? Ou, pour le dire plus crument, tous les médias ont-ils les moyens de bouder l’argent de TotalEnergie, à la manière du Guardian ? Face à cette question, les journalistes renvoient la balle à leur audience. Il est facile de jeter la pierre aux rédactions, mais les médias sont, pour la plupart, des entreprises avec un impératif de rentabilité. Donc si les citoyens désirent vraiment une information cohérente dépourvue d’annonces de SUV, ils doivent se résoudre à payer pour.

Journalisme de solutions : vouloir, c’est pouvoir ?

Un autre point sur lequel une grande partie des intervenants comme du public se retrouve, c’est aussi le besoin d’aborder le climat sous un angle constructif. Rapports du Reuters Institute sur la fatigue informationnelle, étude académique pointant l’incapacité du traitement médiatique actuel à promouvoir l’engagement citoyen vis-à-vis du climat… tout le monde s’accorde sur le fait que le ton général de l’info rebute les audiences. À plus forte raison sur un sujet aussi écrasant que le changement climatique. Il faut donc plus de solutions, déclarent les intervenants. C’est bien beau ces déclarations, répondent des membres de l’audience, mais que faire lorsqu’on est porteur d’une solution et que les médias, pourtant contactés, ne répondent pas ? Ou bien lorsqu’on est une grosse entreprise qui tente de mettre en œuvre des circuits vertueux et que les journalistes arrivent sur le terrain avec la certitude de trouver du greenwashing ? Des interrogations qui ne sont pas sans rappeler celles des festivaliers de Couthures-sur-Garonne, lors du Festival international du journalisme qui s’est tenu du 14 au 16 juillet. Car si de multiples rapports soulignent que les audiences à travers le monde ont soif de nouvelles constructives, si l’on discute beaucoup du journalisme de solutions lors des grands rassemblements de l’info, le volume des contenus effectivement « solutions » croît toujours avec la même lenteur. Il faut dire qu’un reportage constructif, qui interroge les limites et les potentialités de l’initiative dont il traite, réclame du temps et des moyens, deux ressources souvent rares au sein des rédactions. Dès lors, on est en droit de se demander si une couverture médiatique véritablement à la hauteur de l’urgence climatique peut encore s’accommoder du modèle économique des médias. En d’autres termes, le retard enregistré par la plupart des rédactions en la matière relève-t-il de la mauvaise volonté des journalistes ou bien de contraintes plus systémiques ?

Une loi peut-elle faire plus de bien que de mal ?

Il est toujours difficile de contraindre les médias par voie législative. La liberté de la presse constitue en effet un principe fondamental de notre système politique, inscrit dès 1789 dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen, puis réaffirmé dans de multiples lois, dont celle de 1881. Le spectre de la censure provoque des levées de bouclier sitôt que l’État s’intéresse d’un peu trop près aux publications des médias. Pour autant, l’imposition d’un contrôle au sein des rédactions sur la question du climat ne serait pas une première. L’Arcom, chargée par un amendement de 2011 de garantir le « respect des droits des femmes dans le domaine de la communication audiovisuelle », surveille déjà la représentation des femmes dans les médias audiovisuels. Le précédent existe. Mais pour certains intervenants, l’initiative parlementaire constitue tout de même un pari risqué, le changement climatique représentant déjà un sujet politique clivant, en passe de devenir un marqueur identitaire. Pour Laurent Cordonnier, directeur de la recherche à la Fondation Descartes, l’urgence est surtout d’éviter que ne se cristallise en France une polarisation binaire telle que l’on peut en voir aux Etats-Unis. Au-delà de vulgarisateurs compétents, les médias doivent aussi, peut-être surtout, revêtir le rôle de médiateurs. Tout cela sans tomber dans le piège du débat contradictoire qui a longtemps poussé les journalistes à opposer discours scientifiques et climatosceptiques. Autant dire que la tâche semble ardue. Mais il y a de l’espoir. De plus en plus de médias s’emparent des sujets environnementaux, la société civile s’organise afin d’accompagner et de renseigner au mieux les journalistes, les scientifiques se mobilisent pour lutter contre la désinformation. Peut-être s’agit-il du message le plus encourageant transmis lors du lancement de ce groupe parlementaire. Par-delà les divergences politiques, les désaccords de fond et les parcours divergents, les gens sont encore capables de se rassembler et de réfléchir ensemble aux moyens de résoudre des problèmes.

Quelles réactions de la part des médias ?

Parmi les rares médias ayant évoqué l’initiative à fin juillet 2023 :

  • « Est-ce bien aux élus d’imposer une ligne éditoriale aux journalistes ? » s’interroge Marianne (Un quota de sujets climat dans les médias ? « Peut-être qu’il y aurait des sanctions, rien n’est décidé », Margot Brunet, 27/7/2023) dans une interview du député Stéphane Delautrette (PS). Celui-ci affirme : « il me paraît important de fixer un seuil minimum de médiatisation au moment de l’élection présidentielle afin de s’assurer que ces sujets soient traités dans tous les médias avant l’élection. Nous allons démarrer le travail à la rentrée, la première réunion se tiendra le 27 septembre. Nous ne pouvons même pas encore assurer qu’elle aboutira à une proposition de loi. Notre objectif est d’avoir un texte fin décembre, au plus tard en janvier. D’ici là, nous allons mener un cycle d’auditions. » Et de rassurer : « Évidemment que nous n’irons pas à l’encontre de la liberté de la presse ! »

A Couthures-sur-Garonne, les journalistes prennent leur temps

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Audiovisuel public, soulèvements en Iran, intelligence artificielle… autant de thématiques mises à l’honneur lors de cette septième édition du Festival international du journalisme (FIJ) en juillet 2023, parrainé par le Groupe Le Monde à Couthures-sur-Garonne. On y pose notamment une question fondamentale, autour de laquelle s’organisent de nombreuses conférences : « informer sans déprimer, est-ce possible ? » De nouveau partenaire du festival, Reporters d’Espoirs a contribué à cette réflexion en parlant dialogue, audience et bien sûr, journalisme de solutions.

Des bottes de paille et les reflets du soleil sur la Garonne, qui coule le long d’un petit village de 370 habitants. C’est dans ce décor que se déroule presque chaque année depuis huit ans l’une des plus grandes réunions françaises de professionnels et passionnés de l’info. Loin du formalisme que l’on pourrait attendre d’un tel rassemblement, le Festival international de journalisme de Couthures-sur-Garonne s’apparente à… un festival ! Ecocup, tables de pique-nique, baignade, concerts… Suivre un atelier, c’est s’exposer à en recroiser quelques heures plus tard les animateurs en maillot de bain. Mais cette ambiance légère n’empêche pas d’aborder des sujets sérieux, bien au contraire. Sous le parrainage de l’écrivain napolitain Roberto Saviano, menacé en raison de ses enquêtes à charge sur la mafia italienne, on parle conflits et liberté de la presse. De l’avenir de la démocratie aux révolutions initiées par l’intelligence artificielle, en passant par la santé mentale, le festival fait ainsi la part belle aux thématiques anxiogènes, autour desquelles invités et public échangent avec une grande liberté. Reporters d’Espoirs était convié à animer deux ateliers et à participer à une table ronde dans le cadre d’une des grandes questions du festival : peut-on encore informer sans déprimer ?

Ateliers : des citoyens sévères vis-à-vis des médias

Reporters d’Espoirs animait deux ateliers, l’un sur l’importance du dialogue dans les médias, l’autre sur le journalisme de solutions. Dans le premier, après avoir échangé sur des exemples de titres de presse écrite plus ou moins polémiques, les participants discutaient de la manière qu’ont les médias de confronter les points de vue. Une opposition binaire et frontale permet-elle véritablement à l’audience de se faire un avis plus éclairé ? Ou vaut-il mieux chercher la complexité, les convergences en favorisant, de fait, des contenus de fond ? Dans le second atelier, les échanges concernaient la méthode du journalisme de solutions ainsi que son potentiel pour résoudre – en partie – certains des problèmes auxquels les médias font face. Si les personnes qui se détournent de l’info prétendent le faire à cause de son ton dramatique, peut-être faut-il allumer une lueur d’espoir dans l’obscurité de l’actualité ?

Seuls des festivaliers non journalistes ont assisté à chacun des ateliers, et exprimé par leurs remarques un réel engagement dans leur rapport à l’information. Une chose ressort : les médias ont une vaste marge de progression. Questions et avis s’empilent à ce propos : on reproche les titres aguicheurs, la redondance des informations, l’opacité de leurs pratiques, la tonalité négative des fils d’actualité. Et, parfois à demi-mots, parfois franchement, on l’entend : « On a l’impression que les médias nous prennent pour des cons. » Le commentaire est en particulier ressorti lors de l’atelier sur le journalisme de solutions, quand une participante a critiqué l’habitude des JT de clore leur exposition de désastres par un reportage léger sur un sujet sans importance. Une pirouette qui, apparemment, peine à convaincre le public.

On pourrait regretter le côté peu contradictoire du débat : si certains festivaliers divergent sur les causes du problème, tous s’accordent à dire qu’ils ne font plus confiance aux médias. Et pas un journaliste à l’horizon pour nuancer les critiques en parlant des contraintes, structurelles et économiques, de la profession. Pour autant, mêmes unanimes, ces condamnations constituent une manifestation encourageante, puisque les citoyens qui les formulent ont après tout pris le temps de les formuler. Ils se sont déplacés, ils ont réfléchi, ils ont participé, ils ont critiqué parce qu’ils tiennent à l’information. Ils tiennent aux médias, et cet attachement justifie l’intransigeance avec laquelle ils commentent leur travail. Comme le dit le proverbe – tout à fait discutable dans le cadre de relations interpersonnelles : qui aime bien châtie bien.

Le journalisme de solutions, panacée universelle ?

L’info est déprimante, de nombreuses personnes s’en détournent. Autour de ces constats, confortés par de multiples études, cinq tables rondes durant lesquelles journalistes et citoyens ont discuté des leviers dont disposent les médias pour relever ces défis – ou corriger leur propre trajectoire. Augustin Perraud, coordinateur des programmes à Reporters d’Espoirs, a participé à la conférence sur le journalisme de solutions aux côtés de trois représentants du Monde, Françoise Tovo, responsable des abonnements, Syrielle Mejias, journaliste vidéo et Simon Roger, chef du service Planète. Étaient également présents Jon Henley, correspondant Europe du Guardian, Lucas Scaltritti, auteur du podcast Super Green Me et Luce Julien, directrice générale de l’information de Radio-Canada. Tous ont échangé sur leur pratique du journalisme de solutions, qu’ils n’avaient d’ailleurs pas forcément conscience de pratiquer, et sur l’accueil favorable de leurs audiences respectives.

Le public de la conférence s’est montré réactif. Hommage aux émissions qui parlent solutions de longue date, remarques sceptiques – le journalisme de solutions, n’est-ce pas au final du bon journalisme ? – questions pratiques. Comment contacter les journalistes, quand on est porteur de solutions ? Comment faire en sorte que son initiative soit médiatisée ? Les médias ne devraient-ils pas soutenir les solutions dans leur démarche, au lieu de se contenter de les rendre visibles quand la démarche a porté ses fruits ? Une réflexion qui fait écho aux remarques des participants de notre atelier sur le dialogue : au-delà de mettre en regard des opinions nuancées, les médias n’auraient-ils pas vocation à devenir eux-mêmes médiateurs ? Rassembler des gens d’opinions diverses non plus pour rendre compte de la dissension mais pour chercher avec eux le compromis ? On touche là au rôle des médias dans la démocratie. Certains les voudraient entrepreneurs et proactifs, d’autres au contraire en retrait et réflexifs. Peut-être existe-t-il une variété de médias telle que chacun puisse, en réalité, déjà y trouver son compte ?

Qu’on soit ou non pour des médias « entrepreneurs », la question demeure : comment contacter les journalistes ? Participer aux festivals de journalisme semble être un bon moyen, puisque le citoyen qui a fait cette remarque est reparti avec plusieurs contacts de grandes rédactions. Mais la méthode ne fonctionne pas pour tous. Ainsi, M. Moreau, maire de Couthures-sur-Garonne, bataille depuis deux ans pour que son appel aux dons soit relayé dans des médias nationaux. L’église St-Léger, qui accueillait jusqu’en 2021 nombre d’activités, nécessite en effet des réparations dont le montant s’élève à plus d’un million d’euros sur trois ans. Or en dehors d’un article de Sud-Ouest et d’une publication sur le site du FIJ, le besoin de préserver l’édifice n’a pas été beaucoup médiatisé. Le maire s’en afflige et s’en amuse à la fois. Curieux, pour un village qui accueille un festival de journalisme, de ne pas parvenir à faire les gros titres ! Mais rien ne sert d’en vouloir aux médias, dit-il. Il y a toujours tellement de choses à couvrir, tellement de projets à financer. Au-delà de l’intérêt, c’est peut-être tout simplement le temps qui manque aux journalistes.

Louise Jouveshomme, chargée d’études au Lab Reporters d’Espoirs.

Sciences climatiques dans les médias : annonces, efforts, contradictions

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Photo by IISD/ENB | Anastasia Rodopoulou

Dans sa contribution au sixième rapport du GIEC, le troisième groupe de travail observe que la couverture médiatique dédiée aux sciences climatiques est non seulement de plus en plus rigoureuse, mais a pratiquement doublé de volume en quatre ans dans 59 pays du monde. Aurait-on franchi le cap d’une information consciente de l’urgence climatique, et résolue à faire passer le message à son audience ? Sophie Szopa, auteure principale, coordinatrice d’un chapitre pour le premier groupe de travail du GIEC et vice-présidente développement soutenable à l’Université Paris-Saclay, s’attache à transmettre ce que sont ces rapports, leurs résultats clés et, comment se construisent les connaissances sur le climat aux politiques et journalistes. Conférencière notamment à Radio France et France Télévisions, invitée de l’édition 2023 de l’événement Sciences et Médias, experte lors de l’initiative « Mandat ClimatBiodiversité » à l’Assemblée Nationale (formation suivie par 27% des députés), elle partage avec Reporters d’Espoirs ses observations sur les habitudes et les impensés journalistiques qui tendent, en dépit des bonnes intentions, à freiner une réelle transition de l’information.

Conscience environnementale, entre engagement et posture

En France, les grands médias généralistes se sont passé le mot : l’heure est à l’écologie. Ils signent des chartes, sélectionnent attentivement leurs illustrations – plus de glaces et d’enfants qui barbotent dans les fontaines pour accompagner les reportages sur la canicule –, ils forment leurs équipes à la Fresque du climat (comme Le Monde ou BFM) et communiquent à grand bruit sur leur nouvel engagement. Le ton de « bon élève satisfait » surprend, voire agace, les journalistes pionniers sur le sujet ou certains scientifiques. « J’ai du mal à comprendre cet effet d’annonce », explique Sophie Szopa à propos du « grand Tournant » de Radio France. « Voilà plusieurs décennies que le premier rapport du GIEC est paru. Il n’y a pas de quoi être fier de ne prendre la mesure de la situation que maintenant. » Pareille autocongratulation lui rappelle d’ailleurs le comportement de certains députés venus participer, peu avant leur entrée en fonction, au programme Mandat ClimatBiodiversité, trois journées de vulgarisation durant laquelle une quarantaine d’experts initiaient les élus aux enjeux environnementaux. « L’événement était couvert par la presse, certains élus venaient surtout pour être pris en photo. » Le nombre de députés présents lors de la seconde session organisée en automne – et surtout hors caméra –, a drastiquement baissé. Réjouissance toutefois : le programme a inspiré une initiative similaire au Royaume-Uni, et des formations à l’attention de haut-fonctionnaires français, puis de l’ensemble des fonctionnaires, ont été annoncées à l’automne 2022.

Des freins intrinsèques au sujet du climat ?

Scientifiques, activistes, journalistes s’évertuent depuis des années à rendre visibles les effets de nos modes de vie sur le climat. Comment expliquer que la plupart des médias ne se soient pas emparés plus tôt du sujet ? Sophie Szopa observe d’abord que l’idée selon laquelle l’environnement constituerait un « sujet plombant », qui de surcroît n’intéresserait pas le public, rebute souvent les rédactions. Ensuite, le changement climatique est un bouleversement inscrit sur le long terme, or les journalistes sont davantage habitués à traiter l’actualité chaude et les évolutions à court terme. De fait, les événements ponctuels, comme la sortie des rapports du GIEC, ou dramatiques, comme les récentes inondations au Pakistan, propulsent l’environnement au premier plan. Mais cet intérêt par vague est à double tranchant, car le flot de l’actualité ne tarit jamais, et il y a toujours un événement pour venir en chasser un autre. « Récemment, raconte Sophie Szopa, j’ai été contactée pour parler de la dégradation de la qualité de l’air aux Etats-Unis, en lien avec les incendies au Canada. Je me suis préparée et, au dernier moment, la rédaction m’a appelée pour annuler, parce qu’une attaque avait eu lieu à Annecy, et que ça les intéressait davantage. ». Enfin, nombre de médias généralistes appartiennent à de riches industriels, lesquels n’auraient pas forcément intérêt à promouvoir un discours de transition. Les journalistes de Monde ou de BFM avec qui elle a abordé la question ont toutefois garanti leur totale indépendance sur ce point.

Déléguer aux experts : un réflexe un peu facile ?

« Depuis la sortie du sixième rapport, les auteurs du GIEC, en particulier ceux qui s’investissent dans la vulgarisation, sont énormément sollicités. On nous demande d’intervenir dans des entreprises, des universités, des rédactions. ». Elle s’interroge par contre sur l’intérêt de la présence d’un scientifique chaque fois que le climat est mentionné sur un plateau télé ou dans un article. Dans les émissions télévisées, par exemple, est-ce que la nécessité d’avoir des images, donc des visages, ne justifie pas l’intervention d’un expert davantage que le besoin d’information qu’il serait seul à pouvoir fournir ? Après tout, les rapports d’organisations internationales relatifs à l’environnement sont pour la plupart en libre accès. Le GIEC lui-même a publié de nombreux produits dérivés pour vulgariser ses observations, comme des fiches sectorielles, ou un atlas qui permet de naviguer dans les données parues, quand le collectif étudiant Pour un réveil écologique résume en dix points clés les contributions de chaque groupe de travail. « Les ressources sont là », observe Sophie Szopa, mais les journalistes peinent à s’en saisir. « C’est tout de même saisissant que, durant la campagne présidentielle de 2022, la question de l’environnement ait été complètement occultée. Quand un candidat faisait une annonce sur le sujet, les journalistes politiques ne cherchaient jamais à creuser plus loin. Il existe pourtant un Haut conseil pour le climat, composé de scientifiques indépendants qui évaluent les mesures prises pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre de la France. Le travail critique est déjà prémâché. » Les lignes commencent cependant à bouger. On peut penser par exemple aux dernières initiatives du journal Le Monde, dont la première, « Comprendre le réchauffement », résume l’état des connaissances scientifiques sur le réchauffement planétaire dû à l’activité humaine grâce entre autres à des graphiques interactifs, et la seconde, la série « Adaptation », présente en onze reportages extensifs le potentiel d’adaptation de la France aux futures conditions climatiques. La scientifique salue également le travail de fact-checking (vérification) environnemental mené par de nombreuses rédactions. Reste à voir si ces connaissances serviront aux journalistes eux-mêmes pour traiter du climat avec pertinence, et ce quelle que soit leur spécialité. En pratique, les compétences existent souvent au sein des rédactions, ce sont des choix éditoriaux qui limitent le bon traitement de ces sujets.

Sortir le climat de la « case environnement »

Confiner le sujet à une seule rubrique, souvent secondaire, voilà en effet ce que Sophie Szopa reproche surtout aux médias français. Car on ne fait pas plus transverse que les crises environnementales. Économie, alimentation, politique, santé, énergie, sports – avec les récentes réflexions sur l’organisation d’événements à la fois internationaux et écoresponsables – tout touche de près ou de loin à l’impact des humains sur l’environnement ou à l’effet de la dégradation environnementale sur nos sociétés. Compte-tenu de l’urgence écologique, les professionnels de l’info ne devraient plus pouvoir évacuer ces questions sous prétexte qu’ils ne travaillent pas à Reporterre ou dans la rubrique « environnement » de Libération. Invitée en mars 2023 à une session de la formation aux enjeux climatiques de France Télévisions Université, organisée pour ses équipes de journalistes en régions, Sophie Szopa a ainsi pu constater que certains journalistes s’entendaient souvent répondre par leurs homologues que l’environnement constituait « un problème de bobos », voire un sujet circonscrit, dont le traitement ne remettait pas en question la façon de couvrir d’autres thématiques au sein d’une même rédaction. « La contribution du premier groupe de travail au sixième rapport du GIEC est sortie le 9 août 2021. Dans le JT, ce jour-là, les infos relatives à cette publication ont été immédiatement suivies d’un reportage sur la passion des Français pour les litchis. Rien sur l’impact environnemental de consommer ce genre de produits en France et un décalage flagrant entre un sujet grave et une information de divertissement. Ce n’est pas cohérent. » Pour autant, des rencontres régulières entre scientifiques et responsables de rédaction et journalistes de France Télévisions organisées depuis le printemps 2022 semblent avoir porté leurs fruits : une cellule « planète » a été constituée avec la volonté d’améliorer et de systématiser le traitement des informations relatives aux crises environnementales et à la transition. Information qui est d’ailleurs bien plus fouillée sur leur site internet, consulté par une population plus jeune et plus intéressée par ces sujets. Le point météo qui suit le journal de 20h a également évolué en un journal météo et climat, ce qui permet de mieux contextualiser les phénomènes météorologiques, mais aussi de raccourcir le chemin entre explications scientifiques et questions du public, puisque des scientifiques interviennent parfois directement afin d’apporter des réponses. Une équipe de référents scientifiques a de surcroît vu le jour peu après. Son rôle consiste à porter environ une fois par an un regard rétrospectif sur la manière dont le groupe a traité du climat, afin d’identifier des points d’amélioration.

En parler plus, en parler mieux… est-ce suffisant ?

Il existe un monde entre la connaissance et l’action : c’est presque une banalité de le dire. Le premier rapport du GIEC date de 1990. Trente-trois ans plus tard, le sixième rapport estime que le réchauffement de la planète est, en l’état actuel des mesures politiques, susceptible d’atteindre 3°C d’ici la fin du siècle. En outre, si l’on parle beaucoup des risques liés au changement climatique, leur perception demeure diffuse. Sophie Szopa rappelle qu’en juillet 2021, l’Allemagne a subi des inondations de grande ampleur, aux conséquences dramatiques, dont l’origine fut attribuée dès août au réchauffement climatique par le World Weather Attribution. « Les élections fédérales ont eu lieu peu de temps après, en septembre 2021. Malgré le choc des inondations, on n’a pas vu les Verts remporter les élections. » En dépit d’une augmentation de voix pour les écologistes de 5,8% par rapport à 2017, la Direction générale du Trésor constate que le SPD, victorieux, demeure en Allemagne l’un des partis de gauche les moins ambitieux vis-à-vis de la transition écologique. L’information ne se suffit donc pas à elle-même, c’est un fait. Surtout quand la culture médiatique de la controverse pousse parfois à opposer à outrance des points de vue sur le sujet sans chercher à rappeler les faits scientifiques qui eux ne sont pas discutables. Pour autant, affirme Sophie Szopa, le traitement du changement climatique par les médias demeure essentiel, en ce qu’il fournit des éléments de référence au débat public. « Les bouleversements de l’environnement et les choix de transition nous concernent tous, c’est normal que les médias témoignent de ces changements et les explicitent. C’est ce qui nous permet de débattre de la route à suivre. » Et c’est l’existence d’un débat public qui donne à une décision collective son caractère démocratique.

Louise Jouveshomme, chargée d’études au Lab Reporters d’Espoirs, juillet 2023.

Replay de notre webinaire : « Les 5 tendances de l’économie ‘responsable’ à suivre à la rentrée » par Thierry Sibieude, fondateur de la Chaire Innovation et Entrepreneuriat Social de l’ESSEC

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« Impact », « entreprise à mission », « politique d’engagement des entreprises », « raison d’être », « responsabilité sociale de l’entreprise », « finance à impact », « économie positive », « économie sociale et solidaire »… : comment s’y retrouver parmi les concepts dont s’empare ou s’inspire le monde de l’économie et de l’entreprise ? Au-delà des mots, quelles tendances de fond et réalités concrètes méritent particulièrement l’attention des journalistes dans les 3 prochains mois, au vu des évolutions réglementaires (européennes), gouvernementales (disparition du portefeuille ministériel dédié à l’ESS avec le départ de Marlène Schiappa), ou encore des évolutions au sein des entreprises (avec en toile de fond le changement de gouvernance au MEDEF)  ?

En 30 minutes top chrono, le professeur Thierry Sibieude, fondateur de la Chaire Innovation et Entrepreneuriat Social de l’ESSEC, fin observateur de ces sujets et expert pédagogique auprès de Reporters d’Espoirs, a décrypté pour vous journalistes 5 tendances à observer de près à la rentrée 2023, dans le webinaire dont nous vous proposons le replay ci-dessous :

  1. Refonte du label Investissement socialement responsable (ISR)
  2. Remise en cause féroce de l’ESG aux Etats-Unis
  3. Directive européenne sur la sauvegarde de la nature 
  4. Révision de la loi sur l’économie sociale et solidaire (ESS)
  5. Partage de la valeur 

14-16 juillet 2023 . RDV au Festival International du journalisme de Couthures-sur-Garonne

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Reporters d’Espoirs à le plaisir de vous retrouver pour la deuxième année consécutive au Festival international du journalisme de Couthures-sur-Garonne, le week-end du 14 juillet. Trois jours dédiés aux passionnés d’info, parrainés par le Groupe Le Monde, avec 250 conférences, ateliers, rencontres… dont 2 temps-forts sur lesquels nous retrouver :

LE JOURNALISME DE SOLUTIONS, ANTIDOTE À LA SINISTROSE ?

Dimanche 16 juillet | 16h00 – 17h30 | Le Manège

Pour éviter de décourager celles et ceux qui s’informent, de nouvelles approches journalistiques s’efforcent de mettre en avant des initiatives positives. Peuvent-elle constituer un moyen de lutte contre la sinistrose et contribuer à faire bouger les lignes ?

Syrielle MEJIAS, Journaliste au « Monde » pour les éditions Snapchat et TikTok

Luce JULIEN, Directrice de l’information de Radio Canada

Lucas SCALTRITTI, Auteur et réalisateur de podcast

Françoise TOVO, Directrice déléguée du « Monde »

Augustin PERRAUD, Responsable des programmes et communication de Reporters d’Espoirs

Simon ROGER, Journaliste au « Monde »

Jon HENLEY, Journaliste au « Guardian »

Camille HURCY, Étudiante à l’IJBA

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ECOLE BUISSONNIÈRE DE JOURNALISME | CONFIANCE, AUDIENCE : LE JOURNALISME DE SOLUTIONS AU SECOURS DES MÉDIAS ?

Dimanche 16 juillet | 14h00 – 15h00 | Les Bosquets

Le « journalisme de solutions » peut-il contribuer à capter et retenir l’attention des lecteurs ? Réponse avec des cas concrets et des initiatives qui donnent des résultats.

Louise JOUVESHOMME, Chargée d’études à Reporters d’Espoirs

Augustin PERRAUD, Responsable des programmes et communication de Reporters d’Espoirs

Pascal Ruffenach (Bayard), Anne Pican (Le Figaro), Guillaume Malaurie (L’Histoire) et Marie-Christine Levet (Educapital) : 4 personnalités des médias rejoignent Reporters d’Espoirs

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Communiqué de presse 29 juin 2023

L’association Reporters d’Espoirs fêtera en 2024 ses 20 ans. En préparation de cet anniversaire, et en vue de consolider sa stratégie, elle renforce sa gouvernance en intégrant quatre personnalités du monde du journalisme et des médias à son conseil d’administration. Et nomme une nouvelle présidente à la tête de l’organisation.

Marie-Christine Levet, pionnière de l’internet français, a dirigé Lycos et Club Internet et a été administratrice du groupe Iliad. Femme de médias, elle a été directrice générale du groupe Tests et administratrice de l’AFP. Entrepreneure et investisseuse, elle a fondé Educapital, devenu le plus grand fonds d’investissement européen dans l’éducation et le numérique avec 200 millions d’euros sous gestion.

Guillaume Malaurie œuvre à la direction éditoriale du Magazine L’Histoire et est éditorialiste à l’hebdomadaire Challenges. Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, il été producteur à Radio France, journaliste à l’Express, à l’Évènement du jeudi, à Libération, à l’Européen, avant de diriger la rédaction du Nouvel Obs puis de prendre en charge les questions environnementales en tant que Grand reporter.

Anne Pican est éditrice du quotidien Le Figaro, du Figaro.fr et de Madame Figaro. Elle est en charge du développement des marques et de la mutation de leurs modèles économiques. Précédemment, elle a dirigé le pôle internet Musique de Lagardère Active, et le département marketing de la filiale web de RTL

Pascal Ruffenach est le président du directoire du groupe Bayard (La Croix, Le Pèlerin, Notre Temps, Bayard jeunesse, Milan…), entreprise de presse créée en 1870 qui se donne pour mission d’informer et éduquer, d’aider ses abonnés et lecteurs à mieux comprendre le monde et à le transformer, et de creuser les questions qu’ils portent en eux. Il est l’auteur de plusieurs romans dont le dernier, Never Say paru aux éditions L’Iconoclaste, est une fable sur la survie de notre intimité à l’ère de la big-data.

Les quatre nouveaux administrateurs bénévoles apportent leurs expertises complémentaires, en vue de permettre à l’organisation d’affiner sa stratégie, de développer sa croissance, et de se projeter dans les années qui viennent, toujours « au service d’une information et de médias qui diffusent l’envie d’agir dans la société », analysent et diffusent la connaissance d’initiatives porteuses de réponses aux défis environnementaux, sociaux et économiques. 

Ils rejoignent une équipe désormais présidée par Corinne Denis, qui succède au journaliste et éditeur Christophe Agnus.
Scientifique, diplômée en biochimie génétique, Corinne Denis a réalisé sa carrière dans les médias. Documentaliste, puis journaliste, elle a été Rédactrice en chef multimédia à L’Express, avant de devenir directrice des nouveaux médias puis directrice générale adjointe du groupe L’Express Roularta. Puis elle a rejoint le groupe Lagardère Active, où elle a été directrice du numérique et des revenus et présidente de Lagardère Digital France avant de prendre sa retraite l’année dernière. Elle a également présidé le Geste (association des éditeurs de contenus et services en ligne). Passionnée d’innovation, d’observation des usages, d’animation d’équipe, de stratégie digitale et de projets de diversification, elle met son expertise au service de Reporters d’Espoirs.

A propos de Reporters d’Espoirs

L’information est un bien précieux de la démocratie.
Elle est un levier puissant pour analyser, diffuser la connaissance d’initiatives concrètes, inspirer et aider la société à se projeter pour traiter ses problèmes économiques, sociaux, écologiques.
Aussi l’association Reporters d’espoirs encourage-t-elle depuis 19 ans les acteurs de l’info et des médias à refléter la complexité du monde : problèmes et solutions, difficultés et résilience. Elle est à l’origine du « journalisme de solutions » et mène 3 actions :

  • Les Prix Reporters d’Espoirs mettent à l’honneur journalistes, jeunes et innovateurs des médias.
  • Le Lab Reporters d’Espoirs nourrit les médias en études, recherches et formations (Médias et Climat, Médias et Innovation sociale…).
  • La Revue Reporters d’Espoirs partage chaque semestre en 148 pages « le meilleur des reportages qui donnent envie d’agir » et ouvre les coulisses de la fabrication de l’info. En Une du numéro printemps-été 2023 : « Nature : vous n’avez encore rien vu ! ».

Contactons-nous !

Pour toute information et interview des nouveaux membres du conseil d’administration de Reporters d’Espoirs, nous sommes à votre disposition ici.

Pierre Doncieux : « Chaque crise apporte de nouvelles façons de vivre : il est important de montrer qu‘il n’y a pas de fatalité. »

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Couverture du second numéro d’Écologie 360, disponible sur https://www.ecologie360.fr/

Pierre Doncieux, directeur de la rédaction du magazine Écologie 360, nous ouvre les coulisses de la création de cette nouvelle publication lancée en mars, du choix des thématiques à leur traitement journalistique. Une application du journalisme de solutions qui aborde le réchauffement climatique sous l’angle de l’innovation.

Pourquoi le titre de ce numéro 1, « Soyons positifs » ?

L’initiateur du projet, Benoît Habert, a proposé de traiter la question écologique de façon positive et constructive pour rompre avec les approches catastrophistes. Une fois le diagnostic posé, on choisit de mettre en avant des solutions pour la dépollution, la préservation de la biodiversité, la transformation des transports, de l’énergie, ou encore de l’habitat. Certaines sont compliquées à mettre en œuvre, mais il existe toujours des chemins grâce aux innovations que notre monde produit en permanence. La transition écologique est un défi, mais qui n’est pas antinomique de la croissance économique. C’est ce que nous nous employons à démontrer à chaque numéro, tous les trimestres.

Quelle est la ligne éditoriale de ce nouveau magazine ?

L’écologie est au cœur du projet évidemment. Nous la traitons sous tous les angles : personnel, entrepreneurial, public, selon les différents corps de métiers, les acteurs de la vie privée et de la vie publique. Nous voulons montrer et même prouver qu’il y a des solutions en toutes choses en traitant de sujets concrets comme comment voyager de manière plus durable, dans quels fonds verts investir, ou encore par quoi remplacer les bouteilles d’eau.

Des exemples de contenus qui ponctuent ces premiers numéros ?

Le magazine est dans l’action. Il traite des personnes qui font concrètement des choses.

Nous avons par exemple réalisé un portrait du Prince Charles, « écologiste depuis 1970 » dans le premier numéro, nous nous intéressons à Boyan Slat dans le second, qui met en oeuvre des solutions pour nettoyer les océans des déchets plastiques, notre dossier de couverture du 2e numéro est consacré aux nouveaux métiers de l’écologie, nous en en avons recensé plus de 60 !

Nous allons chercher des histoires de personnes et d’entreprises ayant un impact réel. Nous donnons accès à de nombreuses statistiques et infographies. Les données sont au centre du projet et rien de tel qu’un diagnostic chiffré pour comprendre la situation et les solutions possibles.

Comment appréhendez-vous la transition écologique ? 

De manière constructive ! Certes, la Terre doit faire face au défi climatique mais il y a des solutions pour nous adapter. Nous voulons faire de la pédagogie pour faire comprendre l’ampleur du problème et passer en revue les réponses qui sont nombreuses.

De quelle manière vous appropriez-vous le journalisme de solutions ? 

Le journalisme de solutions se base sur deux piliers forts : le constat d’une action et les résultats qu’elle engendre, c’est-à-dire les solutions. Nous nous intéressons aux actions entreprises pour résoudre un problème grâce à des innovations multiples. Cela nous permet de traiter l’actualité sous un angle différent et inspirant, et de fournir à nos lecteurs des clés pour appréhender le monde en étant mieux informés. À l’image de notre crédo : « il y a des solutions, agissons ! »

Propos recueillis par Sixtine Guellec.

Pierre Doncieux : son parcours en 6 dates

Années 1980 : débute sa carrière chez Condé Nast, en tant que rédacteur pour Vogue Hommes, Condé Nast Traveler, puis Rédacteur en chef de Vogue Hommes.

1995-1997 : Rédacteur en chef du magazine VSD (section culture/art de vivre).

1998 : lance avec son frère Jérôme l’agence Relaxnews qu’il développe pendant 20 ans, et qui fournit aux journaux nationaux et à l’AFP des contenus sur-mesure dans les domaines de l’art de vivre et de la culture.

2015 : vente de Relaxnews à Publicis.

2018 : Directeur de la diversification éditoriale du Figaro

2023 : lancement d’Écologie 360.