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« J’ai beaucoup d’espoir en cette jeunesse qui s’engage » – Sylvia Amicone, membre du jury du Prix Reporters d’Espoirs de l’innovation sociale et journaliste présentatrice à LCI

By 15 septembre 2023novembre 27th, 2023No Comments

Sylvia Amicone est journaliste à LCI depuis 2002, et fut parmi les premières à populariser la notion d’économie sociale et solidaire dans les médias au début des années 2010. Lauréate du Prix Reporters d’Espoirs en 2014, elle s’est depuis spécialisée dans la couverture d’initiatives inspirantes à travers reportages, matinales et chroniques. Cette année membre du jury du Prix Reporters d’Espoirs de l’innovation sociale, elle raconte l’évolution de ce sujet dans les médias.



Vous avez cette année rejoint le jury du Prix Reporters d’Espoirs de l’innovation sociale. Comment vous êtes-vous intéressée à ce domaine ?

C’est arrivé presque par hasard ! Je réalisais un reportage pour LCI et j’ai fait la découverte de Babyloan, une plateforme de microcrédit dont le fonctionnement solidaire m’a inspiré. J’ai ensuite mené des recherches et découvert un vivier d’entrepreneurs sociaux qui voulaient changer le monde. Cela contrastait tellement avec l’ambiance souvent pessimiste que j’ai souhaité approfondir la couverture de cette branche de l’économie.

Quelle évolution avez-vous observé dans son traitement médiatique ?

Je suis à LCI depuis 2002 et à l’époque le langage de l’économie sociale et solidaire était encore très peu connu dans le milieu médiatique. Mis à part quelques reportages en presse écrite, j’ai figuré parmi les « pionnières », si j’ose dire, de la popularisation de la notion d’innovation sociale avec quelques confrères et consœurs journalistes comme Isabelle Hennebelle à L’Express. Le changement se ressent vraiment depuis dix ans, avec de plus en plus de chroniques, reportages et magazines.

Quand avez-vous commencé à vous y intéresser ?

J’ai créé la chronique « Tous acteurs du changement » en 2013, qui s’attachait à dénicher des initiatives de terrain pour les mettre en valeur chaque semaine. Ça a été une belle expérience, qui a fait partie pendant cinq ans de la matinale WE de LCI. Puis en 2018, j’ai créé un podcast au concept similaire, « Impact Positif ». Il a depuis été décliné dans la grille de la chaine LCI, et se focalise davantage sur les enjeux de la transition écologique et sociale qu’il se propose de décrypter.

Des exemples de rencontres qui vont ont marquée ?

Je rencontre des personnes inspirantes toutes les semaines : Jean Jouzel, Camille Étienne, Jean-Louis Étienne… Et beaucoup me marquent. La semaine dernière, j’ai interviewé Feris Barkat, 21 ans. Avec son association Banlieues Climat, il veut mettre l’écologie à portée de tous, en particulier des jeunes des quartiers en qui il voit un potentiel d’accélération de la transition écologique. Rencontrer des jeunes comme lui, de « nouveaux leaders », me donne de l’espoir et me motive à continuer !

La rédaction de LCI est-elle réceptive ?

Oui, elle m’a fait confiance dès 2013 quand j’ai proposé mon sujet de chronique, et le Prix TV de Reporters d’Espoirs que j’ai gagné l’année suivante m’a conforté dans mon choix de trajectoire journalistique. La rédaction était fière et s’est aussi rendue compte que ce domaine était porteur, ce qui la rend aujourd’hui d’autant plus réceptive à ce genre de reportages.

Quel était votre domaine de prédilection à votre arrivée à LCI ?

En tant que journaliste on est très polyvalent. J’ai touché à une grande diversité de sujets, et j’étais surtout portée vers le journalisme international. Puis je me suis progressivement spécialisée dans l’économie sociale et solidaire et dans l’innovation sociale. Aujourd’hui, le défi écologique transcende tous les sujets et c’est ce que j’essaie d’expliquer dans l’émission Impact Positif et dans le podcast.

Qu’est-ce qui vous inspire aujourd’hui ?

Mon inspiration, c’est de donner un sens à ce que je fais, d’être utile au débat. Au tout début, j’ai commencé ma carrière dans le divertissement mais je n’avais pas l’impression d’être utile et de contribuer positivement au monde, ce pourquoi je suis revenu à mes premières amours dans l’information pure et dure. Présenter des journaux, décrypter l’actualité, raconter des histoires, ce que je fais au quotidien sur LCI en plus d’Impact Positif, me donne l’impression de contribuer positivement à la société, de faire ma part.

Comment vous informez-vous en tant que journaliste ? Le constant flux d’informations souvent négatives ne porte-t-il pas atteinte au moral ?

Les journalistes sont des boulimiques de l’information, on s’informe en lisant des sources très variées, de la télévision à la radio et la presse écrite en passant par les réseaux sociaux… Notre mission d’information est essentielle et c’est ce qui nous guide, mais il est vrai qu’on ne traite pas toujours de sujets agréables. J’ai la chance d’animer l’émission « Impact positif » qui vient équilibrer le tableau en faisant circuler les solutions, c’est essentiel à mes yeux ! J’ai en tout cas beaucoup d’espoir en la jeunesse qui s’engage, qui agit et qui ne se décourage pas : des jeunes qui sont au fait des problèmes, en maîtrisent les données tout en restant positifs, ne peuvent qu’être une source d’inspiration.

Propos recueillis par Paul Chambellant pour Reporters d’Espoirs

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