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Le Lab Biodiversité

Quand les écrans façonnent nos rapports à la biodiversité

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Reconnaissons-nous la biodiversité comme faisant partie de notre réalité quotidienne et non comme un simple décor ou une question scientifique lorsque nous la voyons sur nos écrans ? Il s’agit moins de critiquer nos divertissements que de discuter de leur exactitude et de leur représentativité.

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sabrina gaba

« L’agriculture est une problématique sociétale majeure, mais elle peut aussi apporter des solutions »

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Sabrina Gaba est écologue, directrice de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (NRAE) et co-directrice d’une infrastructure de recherche, la Zone Atelier Plaine & Val de Sèvre. 

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« La science n’est ni plus ni moins complexe à aborder que l’économie »

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Carole Chatelain nous a partagé en quoi ses études en littérature et en logistique internationale l’ont amenée au journalisme scientifique, comment les médias doivent adapter leurs métiers face aux défis environnementaux et pourquoi être sur le terrain est l’une des choses les plus importantes pour être journaliste à l’ère de l’intelligence artificielle.

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Philippe Grandcolas à Bayard

« Il faut un changement culturel profond face à la crise de la biodiversité » – Philippe Grandcolas

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Philippe Grandcolas nous livre sa vision sur la manière dont nous pourrions créer des ponts entre scientifiques et journalistes, le rôle des médias face à la perte de la biodiversité et pourquoi nous avons besoin d’un changement culturel pour réduire cette crise.

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L’UNOC, ou comment la biodiversité peut devenir une priorité médiatique

By Biodiversité Contenus, Home, Le Lab Biodiversité, Les articles, Non classéNo Comments

par Emma Baraban, Giulia Bono et Phoebe Skok / Reporters d’Espoirs

Avec à peine 1 % du temps d’antenne à la télévision et à la radio1, la biodiversité s’est imposée à la Une des médias à l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC), organisée à Nice du 9 au 13 juin 2025. Porté par l’Objectif de développement durable n°14 (vie aquatique), l’événement a permis à plusieurs rédactions de traiter la biodiversité sous un angle concret et humain : santé, médecine, alimentation, climat, territoires.

Une augmentation significative et généralisée du temps d’antenne dédié à l’océan

L’UNOC a entraîné une augmentation significative de la couverture médiatique des enjeux liés à l’océan et à la biodiversité. Selon les données de l’Observatoire des Médias sur l’Ecologie (OME), la part des sujets environnementaux à la radio et à la télévision a grimpé à 6,8 % pendant la semaine du sommet, contre une moyenne annuelle de 3,7 % en 2024. Ce pic d’attention a déjà été observé lors d’autres grands événements internationaux à portée environnementale (COP 29 (5,1%) et COP 28 (5,8%)) sans atteindre un tel niveau.

L’augmentation ponctuelle de la couverture ne s’est pas limitée aux médias spécialisés sur les sujets environnementaux. Plusieurs rédactions généralistes ont mobilisé leurs ressources éditoriales pour produire des contenus sur les enjeux océaniques, souvent sous un angle local, technique ou humain. Cette intensification de la production éditoriale met en évidence une capacité des rédactions à traiter d’un écosystème et de ses enjeux de manière approfondie, même si cela se produit dans un contexte spécifique.

Une place donnée aux initiatives citoyennes

Certains médias ont ouvert leurs colonnes aux contributions citoyennes. Nice-Matin a lancé en amont du sommet un appel à propositions intitulé « Ma proposition pour l’océan », destiné à ses lecteurs. Le quotidien régional a reçu plus de 300 réponses et en a publié plusieurs dans ses pages, exposées lors du sommet. Cette initiative s’inscrit dans une logique participative, visant à relier les attentes du public aux processus décisionnels internationaux.

Dans la même dynamique, Nice-Matin a couvert une opération de nettoyage menée sur les berges du Paillon à Nice, quelques jours avant l’ouverture du sommet. Le reportage vidéo réalisé à cette occasion documente l’engagement d’associations locales, tout en relayant certaines propositions concrètes issues du terrain, comme la réintroduction de la consigne pour les bouteilles en plastique.

Autre exemple, RFI a diffusé plusieurs mini-films réalisés par de jeunes vidéastes dans le cadre de son réseau ePOP, consacré aux enjeux environnementaux vécus localement. Ces contenus, présentés dans l’émission C’est pas du vent, traitent notamment de pollution marine, de surpêche ou de dégradation des littoraux. Ils sont accompagnés d’analyses contextuelles, permettant de mieux comprendre les réalités écologiques de différents territoires.

Un écosystème, une multiplicité d’angles

Durant l’UNOC, certaines rédactions ont opté pour des formats de reportage ancrés dans les territoires. Le Monde a consacré un article à la réserve marine de Cerbère-Banyuls (Pyrénées-Orientales), en choisissant de contextualiser les négociations sur les aires marines protégées à partir d’un exemple localisé. Cette approche permet de rendre perceptibles les effets concrets de la régulation environnementale, en illustrant la manière dont des dispositifs de protection peuvent produire des résultats visibles sur les écosystèmes.

De son côté, France Info a produit une série de contenus thématiques à l’occasion d’une journée spéciale dédiée à l’océan. L’un des reportages s’intéresse à l’usage de satellites pour la surveillance de la pêche illégale, en s’appuyant sur les travaux de la société française Unseenlabs. Ce traitement combine données scientifiques, applications techniques et éléments réglementaires, offrant une lecture transversale du sujet.

Dans un registre différent, Libération a publié un numéro spécial intitulé Le Libé des océans, comprenant un article sur les effets des éoliennes offshore de Saint-Nazaire sur la biodiversité marine. L’article met en lumière le phénomène connu sous le nom d’« effet récif », observé autour des structures métalliques installées en mer. Ce traitement montre comment une infrastructure liée à la transition énergétique peut également produire des effets sur les écosystèmes, tout en soulevant la question des impacts environnementaux indirects.

Ces exemples illustrent le fait que l’UNOC n’a pas seulement servi de vitrine diplomatique. Pour plusieurs rédactions, il a été l’occasion de traiter la biodiversité autrement, en sortant des images convenues ou des chiffres répétés. De tels grands rendez-vous peuvent inviter les journalistes à élargir leur regard et à explorer des manières plus variées de raconter la biodiversité. Ce type d’approche permet de l’ancrer davantage dans l’actualité, de la rendre plus tangible pour le lecteur, et de montrer qu’elle n’est pas un sujet isolé mais qu’elle recoupe de nombreux enjeux de société.

Des contenus plus poussés et plus concernants sur la biodiversité

En temps ordinaire, la biodiversité apparaît souvent dans les médias sous des formes dispersées : faits divers liés à la faune, images attendrissantes d’animaux charismatiques ou récits isolés sans véritable mise en perspective. Ces traitements, centrés sur des observations ponctuelles, peinent à montrer en quoi la biodiversité s’entrelace avec des enjeux humains, économiques ou sociaux. 

L’UNOC 2025 a marqué un contraste. 

Profitant de la force d’un agenda international, plusieurs rédactions ont proposé des formats plus riches et structurés. Reportages de terrain, enquêtes technologiques, portraits ou encore dispositifs participatifs, ces approches révèlent les liens entre la biodiversité et des réalités concrètes comme la pêche illégale, la transition énergétique ou les initiatives locales. En ancrant les reportages dans les territoires, il est possible de renouveler la manière de parler de biodiversité et d’en renforcer la place dans l’actualité.

La couverture de l’UNOC 2025 est la preuve qu’il existe une vraie marge de manœuvre pour parler de biodiversité autrement. Pendant quelques jours, les rédactions ont su varier les formats, relier les enjeux à la vie quotidienne et donner de la profondeur à un sujet souvent perçu comme lointain. L’enjeu sera de conserver cette dynamique au-delà des grands rendez-vous internationaux, pour que la biodiversité trouve sa place dans l’actualité au même titre que la santé, l’économie et le climat.

1. Source : Observatoire des Médias sur l’Ecologie – mai 2025 : https://observatoiremediaecologie.fr/

Photo : Ouverture de l’UNOC à Nice, juin 2025 | Crédits : UN Photo/Evan Schneider

Envie d’en savoir plus sur le traitement médiatique de l’océan ?

Plongez dans le 4e numéro de notre revue, dédié à la biodiversité et l’océan !

25.09.2025 : Syntec décerne deux Prix à Reporters d’Espoirs & iligo pour le Lab Biodiversité !

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Ce jeudi soir, en clôture du « Printemps des études », Reporters d’Espoirs et iligo, agence d’études avec laquelle l’association a réalisé ses études qualitative et quantitatives sur le traitement de la biodiversité par les médias, a été doublement primée. Elle remporte le « Prix or » dans la catégorie « mobilisation des publics » et le « Grand Prix » toutes catégories confondues. Ces Prix sont décernés par Syntec Conseil, le syndicat professionnel représentatif des sociétés de conseil en France qui rassemble près de 250 entreprises. Un Prix que Reporters d’Espoirs partage aussi avec l’Office Français de la Biodiversité et la Fondation Crédit Mutuel Alliance Fédérale, pour leur soutien financier et mécénat sans lesquels le Lab Biodiversité n’aurait pas pu accomplir ces travaux.

 Une partie des équipes Reporters d’Espoirs et iligo entourées des membres du jury du Prix.

Faire de la biodiversité un sujet médiatique incontournable : immersion au cœur du Challenge de Reporters d’Espoirs

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par Théo Criscuolo et Emma Baraban, volontaires en service civique chez Reporters d’Espoirs

Jeudi 19 juin 2025, dans le cadre du lancement de son Lab Biodiversité, Reporters d’Espoirs réunissait, lors d’un Challenge inédit, soixante personnalités aux profils variés : scientifiques, journalistes politiques et économiques, éditorialistes, influenceurs et dirigeants de rédactions. Objectif : réfléchir ensemble aux leviers qui permettront de faire davantage de la biodiversité un sujet d’intérêt pour les acteurs des médias : quels angles éditoriaux nouveaux la biodiversité offre-t-elle ? Dans quelles conditions peut-elle être un levier de fidélisation et d’audience ? En quoi mérite-t-elle d’être plus largement couverte et diffusée… ?

Pour nourrir cette réflexion, Reporters d’Espoirs s’est associé au collectif Making Tomorrow et à sa méthode innovante de design fiction. Répartis en ateliers thématiques – autour de deux questions : “Comment faire de la biodiversité un sujet d’actu politique ?” et “Comment faire de la biodiversité un sujet d’actu économique ?” – les participants ont été invités à imaginer des scénarios éditoriaux originaux et porteurs d’angles pertinents.

Point de départ de chaque atelier : le visionnage d’extraits de films, séries ou publicités. Dans les deux groupes observés, les séquences abordaient deux sujets actuels : le climato scepticisme, et l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le cadre de la préservation de la biodiversité. Ces images ont servi de déclencheurs pour libérer la parole et recueillir les réactions spontanées des participants – positives comme dubitatives. À partir de ces échanges, les animateurs ont construit, avec le groupe, des scénarios prospectifs et créatifs.

Ce qui frappe, dès les premières minutes, c’est la force de la fiction pour rendre tangibles les enjeux et illustrer les paradoxes du traitement médiatique de la biodiversité. Les débats ont rapidement mis en lumière un constat partagé : les jeunes générations, plus sensibilisées et souvent plus radicales dans leurs engagements pour l’environnement en général et la biodiversité notamment, semblent délaisser les médias qui n’accordent pas assez de place à ces sujets.

Autre objet qui a animé les discussions : la montée en puissance des influenceurs et des journalistes qui se sont imposés sur les réseaux sociaux comme nouveaux médias à part entière. À l’image d‘Hugo Clément ou d’Hugo Décrypte qui reviennent dans nombre de discussions, ces figures incarnent la lutte climatique -de manière évidente pour le premier en tout cas- et captent un large public jeune grâce à des formats courts, engageants et percutants. Cette dynamique crée une forme d’opposition avec les médias traditionnels, qui peinent parfois à rivaliser en termes d’impact et de proximité. Bien que les journalistes soient désormais formés à ces nouveaux codes et formats numériques, plusieurs défis subsistent, notamment celui de la surinformation. Les jeunes, eux, réclament plus de contenus sur la biodiversité, mais attendent surtout qu’on leur donne la parole et qu’on crée un dialogue authentique.

Dès lors, plusieurs pistes émergent : créer des formats plus interactifs et immersifs, encourager un dialogue plus direct entre journalistes et jeunes publics, et inventer de nouveaux angles éditoriaux où la biodiversité devient un levier de fidélisation et d’audience. En résumé, replacer la biodiversité au cœur du récit médiatique, non pas comme une contrainte, mais comme une opportunité de réinventer la relation entre médias et citoyens.

Ce Challenge, en conjuguant expertise scientifique, créativité éditoriale et design fiction, aura permis d’esquisser des pistes concrètes pour que la biodiversité cesse d’être cantonnée aux rubriques spécialisées et devienne enfin un sujet central et fédérateur.

Témoignages des participants

Olivier Pirot, journaliste à la Nouvelle République du Centre Ouest
J’ai trouvé très pertinent et intéressant de pouvoir confronter notre travail à d’autres considérations, d’autres acteurs de l’environnement et entendre, aussi, leurs arguments et leurs positions. Cela a permis, aussi, à tous de faire tomber quelques clichés sur le métier des uns et des autres.

Pierre Viard, Consultant & éditeur, participant au Challenge 2025
Merci d’avoir rassemblé ces professions différentes pour comprendre les interprétations de chacun sur ce sujet commun … dans une période où le rôle des médias et de l’influence est de plus en plus primordial !


Serge Tisseron, Psychiatre
De telles rencontres contribuent à définir un langage commun qui puisse être porté dans nos diverses sphères d’influence, avec l’espoir de démultiplier l’impact de formulations fortes.


Céline Bellard, chercheuse au CNRS
J’ai trouvé l’approche vraiment très intéressante et originale. Reporters d’Espoirs a organisé une belle matinée vraiment enrichissante. Les discussions ont aussi montré qu’il y a un réel besoin de rapprocher chercheurs et journalistes pour parler de la crise de la biodiversité, et aider ces derniers à mieux maîtriser les angles sur le sujet.

01.07.2025 : Webinaire : « Combien les journalistes traitent de biodiversité, et comment aller plus loin ? » Présentation de notre étude, avec Audrey Cerdan et Simon Rozé

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Journalistes : Reporters d’Espoirs, l’Observatoire des Médias sur l’Ecologie (OME) et l’agence d’études iligo vous convient à un webinaire mardi 1er juillet de 11h à 11h45 pour vous présenter les résultats de leur étude menée avec le soutien de l’OFB – Office Français de la Biodiversité et de la Fondation Crédit Mutuel Alliance Fédérale.
Quelle part d’antenne est dédiée à la biodiversité ? Les médias abordent-ils plutôt les causes ou les solutions ? Sous quels angles ?

Nous nous sommes associés à l’OME, dont les données nous permettent de suivre l’évolution du traitement médiatique de la biodiversité au fil des années.
En 45 mn top chrono, nous vous proposons un regard en miroir via les principaux résultats de notre baromètre.

Venez échanger avec nos experts et acteurs des médias qui partageront des retours d’expérience et conseils à votre attention, et répondront à vos questions :

  • Céline Pasquier, Directrice adjointe, coordinatrice de l’étude, iligo
  • Audrey Cerdan, Rédactrice en chef pour le climat, France Télévisions
  • Simon Rozé, Chef du service environnement-climat, RFI
  • Cyrille Frank, Consultant, spécialiste des contenus et formateur en journalisme

Cette étude quantitative complète l’étude qualitative publiée en mai 2025.

Inscriptions ici pour recevoir le lien de connexion