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L’actu de Reporters d’Espoirs

Entreprise & Handicap : pourquoi ça coince ?

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Il y a des débats qui ne devraient plus être. Pourtant face à l’inertie de certaines situations, l’interrogation persiste afin d’extraire des solutions durables et efficaces. C’est le cas du handicap au travail. Au cœur du 34ème « Alter Mardis : Parlons Solutions », le défi du monde professionnel face au handicap a réuni Cédric Lorant, président de l’UNISDA, Gérard Lefranc, directeur de la mission Insertion chez Thales, François Goudenove, dirigeant de Websourd, Véronique Dubarry, adjointe au maire de Paris chargée des personnes en situation de handicap et Seybah Dagoma, adjointe au maire de Paris chargée de l’économie sociale et solidaire. Animée par Olivier Le Mab, réalisateur du documentaire « S’entendre avec les sourds » projeté pendant la conférence, la rencontre a mis l’accent sur l’acceptation de la différence au travail et a soulevé les freins et les solutions à mettre en œuvre pour faire du handicap un atout majeur de l’entreprise.

Le premier défi à soulever réside dans la perception du handicap. « L’handiphobie est extrêmement présente et violente », rappelle Véronique Dubarry. Approximative dans la vie quotidienne, son appréciation trouve des conséquences méconnues, mais pas moins douloureuses, dans le monde professionnel. Le portrait de la Laetitia Cohen, mis en scène dans le documentaire d’Olivier Le Mab, illustre à merveille toute l’incompréhension et la méconnaissance qui entourent la surdité. En effet, certains handicaps restent invisibles au premier abord. La podologue insiste : « une personne sourde ça ne se voit pas, contrairement à une personne aveugle. Elle est perçue comme quelqu’un qui ne capte pas l’information. On nous prend pour des idiots avant d’être sourds ». Après l’échec du rachat de la clientèle d’une podologue parisienne pour cause injuste de surdité, ses années d’orthophonie, sa motivation décuplée et la confiance de ses patients ont participé à sa réussite professionnelle.
L’ennemi à abattre n’est pas le handicap mais plutôt la stigmatisation, la méfiance et l’inquiétude qu’il engendre… Car les préjugés ont la peau dure dans les entreprises, notamment du côté des salariés valides. D’après un sondage Adia-Ifop réalisé en 2009, 55 % d’entre eux considèrent que les personnes handicapées connaissent des difficultés à accomplir leur tâche (cadences, absences…). Certaines entreprises préfèrent encore payer plutôt que d’accueillir le handicap ! Elles contournent ainsi la loi du 10 juillet 1987, imposant 6% de travailleurs handicapés au sein de l’effectif des entreprises, et s’arrangent avec celle du 11 février 2005, qui prévoit des sanctions financières pour les entreprises ne respectant pas les quotas. D’autres ont fait le choix de la responsabilité face à l’égalité des chances à l’instar de Gérard Lefranc : « c’est très enrichissant, nos approches et nos solutions varient, du coup nos processus d’innovation se diversifient ». François Goudenove insiste sur la bonne santé de l’entreprise grâce aux mentalités qui s’améliorent. Pour dédramatiser le sujet, ces entreprises multiplient les opérations de sensibilisation et d’information auprès de leurs salariés et recruteurs.

Le deuxième enjeu concerne la formation des personnes en situation de handicap. En effet, leur manque de compétences est souvent évoqué par les entreprises comme principal frein à leur embauche. Avec seulement 4% des personnes handicapés diplômés des grandes écoles, les entreprises doivent développer des systèmes d’apprentissages innovants pour recruter des candidats qualifiés. Thalès, qui accueille 1500 personnes en situation de handicap, montre l’exemple en favorisant l’emploi des personnes handicapées, mais aussi de le pérennisant. Comment ? En intervenant le plus en amont possible, au niveau de la formation des jeunes. Ainsi, l’entreprise n’a pas hésité à mettre en place des partenariats avec des CRP (Centres de reclassement professionnel), des IUT, des universités et des grandes écoles, pour atteindre des niveaux de formation satisfaisants. Objectif: réfléchir avec les enseignants sur l’organisation des formations, proposer un soutien individuel à des étudiants par le biais de parrainages et développer l’alternance. Enfin, la création de l’association Hanvol favorise considérablement l’insertion, la formation et l’emploi des personnes handicapées dans l’aéronautique.

Le dernier challenge est celui de l’innovation. Le documentaire d’Olivier Le Mab prouve la nécessité d’apporter des moyens de communication adaptés aux personnes handicapées, notamment un système de téléphonie. François Goudenove a pensé l’autonomie des sourds et malentendants grâce à la technologie. Pionnière dans le développement de l’accessibilité et de la citoyenneté des sourds via les technologies de l’information et la langue des signes, sa plateforme Websourd facilite leur quotidien. Communiquer, téléphoner et s’informer devient possible grâce à un opérateur qui traduit les propos en langue des signes. Cependant la majorité des petites entreprises n’ont pas les moyens d’accéder à la technologie. Aussi le rôle des associations, des bassins d’emploi et des grandes entreprises reste primordial pour faciliter l’insertion des personnes en situation de handicap dans des structures de toutes tailles. Le handicap n’est pas l’affaire des seuls handicapés, il doit tous nous concerner et nous mobiliser.

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Pionnières du changement : l'espoir au féminin

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Dans le monde pugnace de l’entreprenariat social innovant, la journée de la femme prend tout son sens. Pendant que certaines ont guetté mollement le bouquet de fleurs de circonstance, d’autres ont continué à retrousser leurs manches pour une noble cause : changer le monde. Ce sont à ces pionnières porteuses de nouveaux modèles de croissances stables, durables et responsables que le 33ème « Alter-Mardis : Parlons Solutions » a voulu rendre hommage en ce mardi 8 mars. Projeté en préambule de la conférence, le documentaire « L’espoir au féminin » a révélé trois portraits poignants de femmes engagées d’un bout à l’autre du globe. Tandis que nos trois invités ont offert leur vision de la place et du rôle des femmes dans l’action sociale en France. Il en va de la santé, de la sécurité et de l’indépendance de toutes les citoyennes du monde. « La femme est l’avenir de l’homme », comme l’a souligné l’écrivain visionnaire Louis Aragon. Ici, plus que jamais !

La rue, le tourisme sexuel, les violences conjugales… Autant de maux qui enchaînent les femmes, dans de nombreuses régions du monde, à un destin qui leur échappe, pour ne pas dire à une vie sans avenir. L’épisode 19 de la série documentaire « Artisans du Changement II » dresse un bilan alarmant, presque insoutenable, de la situation de ces mères, filles, enfants, jeunes et moins jeunes femmes. Elles survivent au Brésil, en Turquie et au Cambodge. Pourtant, d’autres femmes ont entendu leur détresse. Elles connaissent comme leur poche le terrain, les vices et les injustices de leurs pays et la condition des femmes qui y vivent.
La psychologue Dilma Felizardo Ferreira travaille depuis 30 ans avec les enfants de la rue. Elle s’intéresse tout particulièrement à la situation des adolescentes et des jeunes femmes défavorisées et peu instruites, qui doivent souvent avoir recours à la prostitution pour subvenir à leurs besoins ou à ceux de leurs familles. Car dans la station balnéaire de Natal, de nombreux vacanciers ont pour principale motivation le tourisme sexuel. Une institution difficilement ébranlable… La militante Turque Halime Güner se confronte elle aussi à un environnement peu favorable, l’Anatolie du Nord, une des régions les plus traditionalistes de Turquie où les «crimes d’honneur» font loi. Tandis que la Cambodgienne Somaly Man, ancienne esclave sexuelle de l’enfer des bordels agit pour empêcher que 2 millions de femmes soient vendues chaque année, dans un pays rongé par la corruption et le trafic d’êtres humains.

Les outils les plus efficaces pour rompre le cercle vicieux et destructeur de la pauvreté, qui se « transmet » de mères en filles ? C’est en retrouvant leur autonomie, par le biais de l’instruction et du travail, que les femmes parviennent à augmenter leur qualité de vie et à contribuer au développement économique de leurs pays. Dilma fonde la Casa Renascer, un refuge pour les prostituées et leurs enfants, puis met sur pied un centre de formation quelques années plus tard. Celui-ci encourage les femmes à travailler de leurs mains, en plus de leur fournir une éducation de base et un soutien psychologique. Halime a créé quant à elle un réseau local de journalistes femmes. Sa mission : venir à bout de l’analphabétisme et de l’image négative de ses concitoyennes véhiculée dans les médias. Enfin, Somaly a mis sur pied l’AFESIP, association qui permet le sauvetage et la réinsertion sociale des jeunes filles prostituées.

En France, si les discriminations prennent un autre visage, elles ne demeurent pas moins présentes et analogues. Nos invités ont pointé du doigt un manque d’autonomie, et de reconnaissance et des inégalités en termes d’accès à l’emploi et de carrière.
Mariam Khattab déplore la féminisation de certaines tâches dans l’entreprise, comme les métiers de la communication et des ressources humaines. Et inversement. Elles se battent constamment et travaillent plus dur pour prétendre au même salaire que leurs confrères masculins ! Certaines vont même jusqu’à pratiquer l’autocensure pour espérer décrocher un poste, quitte à sous-évaluer leurs compétences et leurs prétentions salariales. Avec le programme Passer’Elles, Mariam détecte une trentaine de jeunes filles diplômées, travaille sur le relationnel en les mettant en réseau, les coache et les accompagne dans leurs recherches. Pour Mariam, l’enjeu est de taille : « Ces jeunes filles sont des modèles pour leurs petites sœurs, en réussissant, elles redonnent de l’espoir aux autres femmes ».
Dans le quartier de la Goutte d’Or, la créatrice Sakina M’Sa se bat pour l’alphabétisation, l’estime de soi et l’autonomie. Sa maison de couture ne se contente pas de fabriquer des vêtements. C’est un lieu où il fait bon tisser le lien social, où des femmes de tous âges et sans emploi apprennent un métier, se découvrent des talents cachés, se cultivent et s’instruisent après leur travail accompli à l’atelier. Sakina se réjouit de constater que « toutes ces femmes cultivent l’envie d’être dans l’action ».
Lindsey Nefesh-Clarke mise tout sur la femme. Sa plateforme Women’s Worldwide Web utilise l’ingénieux microcrédit pour casser le cycle de la pauvreté et permettre aux femmes du monde de suivre une formation ou de créer leur propre entreprise. « Investir dans l’éducation des femmes a des bénéfices à tous les niveaux de la société, du foyer familial jusqu’au PIB ».
A la question « en quoi le fait d’être une femme est un avantage pour votre action ? », les réponses de nos 3 invités se font d’abord timides avant de fuser . Selon Lindsey, « La communication reste plus facile face à des femmes et des filles qui souffrent ». Sakima met en avant « la persévérance arrachée » des femmes entrepreneurs. Quand Mariam parle d’une énergie redoublée face à des questions qui concernent toutes les femmes.

En France et dans certains pays occidentaux, la politique de l’autruche fait rage. Pourtant la violence, qui touche une femme sur 5, transcende la géographie, les cultures et les sociétés. La condition féminine reste une problématique universelle qui trouve bien souvent une porte de sortie grâce à l’éducation, et ce quel que soit le pays. L’éducation et la formation sont l’avenir de la femme, qui est l’avenir du monde.

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Les monnaies alternatives en débats

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Associations, chercheurs, citoyens, élus, institutions du monde entier, mettent les monnaies en débat
pendant la Semaine internationale des Monnaies Sociales et Complémentaires (MSC), à Lyon du 16 au 18 février 2011.

Plus qu’un simple outil technique, la monnaie sculpte et oriente le projet de société et les mécanismes auxquels nous adhérons de manière plus ou moins consciente, consentante et équitable. Suivant notre position dans la chaîne eco-socio-politico-culturelle, nous reproduisons, malgré nous, le désir et le délire de concentration de certaines richesses sur-valorisées au regard d’autres non comptabilisées ou méprisées (solidarité redistributive, liens sociaux et culturels, ressources naturelles, etc.).
Diffusées en parallèle des monnaies officielles dans plus de 50 pays, les monnaies sociales et complémentaires répondent aujourd’hui à l’urgence d’une redéfinition du contrat social, local et global, en intégrant la reconquête d’une culture responsable de l’abondance pour tous. Mises en oeuvre sur la base de démarches concertées et articulées sur des échelles de contrôle et d’action pertinentes, les MSC ont fait la preuve qu’elles sont un levier innovant pour des politiques démocratiques, efficientes et durables.
1 semaine, 3 temps, 5 continents, plus de 250 personnes du monde entier : les acteurs pluriels des Monnaies Sociales et Complémentaires, se donnent rendez-vous à Lyon, du 16 au 18 février 2011.
Une semaine pour débattre dans la diversité des acteurs investis et concernés par l’outil monétaire, de son questionnement, sa définition, ses architectures, ses usages et sa réappropriation pour réaffirmer la souveraineté de l’Homme-citoyen sur l’économie et la finance.

Pour en savoir plus : http://monnaiesendebat.wordpress.com/

Le Forum Social Mondial de Dakar

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Le Forum Social Mondial est le rassemblement de tous ceux qui luttent pour un monde plus solidaire, qu’ils soient ONG ou organisations politiques. Cette année, il aura lieu du 6 au 11 février à Dakar, Sénégal, sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop.

Chaque jour, environ 300 activités différentes seront organisées à travers des panels, des conférences et des ateliers où les participants échangeront leurs expériences, les réseaux et les bonnes pratiques.

Entre 20.000 et 60.000 participants sont attendus à la 11e édition du FSM et nombreuses personnalités comme Ignacio Lula Da Silva (ancien président du Brésil), Martine Aubry (première secrétaire du Parti socialiste français) Evo Morales (Président de Bolivia), ou Ségolène Royal (ancien candidat à la présidence française).

Lire le dossier de présentation du forum

La culture banlieue dans les médias : une fabrique de clichés ?

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Elle stigmatise les peurs, focalise les clichés, ne laisse personne indifférent et pourtant elle demeure une grande inconnue, incomprise et malmenée par les médias et l’inconscient collectif. La banlieue n’a pas dit son dernier mot et s’est invitée mardi 1er mars au 32ème « Alter Mardis : Parlons solutions ». François Durpaire, historien spécialiste de la diversité et fondateur du Mouvement Pluricitoyen, Christophe Nick, journaliste et réalisateur de la série documentaire remarquée « Chroniques de la violence ordinaire », Bams, artiste, chanteuse Hip-hop, Erwan Ruty, fondateur de Ressources Urbaines et Mabrouck Rachedi, écrivain, co-auteur en 2010 de « La petite Malika ». Tous se sont interrogés sans tabou sur le concept même de « culture-banlieue », son exploitation par le prisme médiatique et sur la réalité sociale, raciale et culturelle des quartiers populaires. Animé par Marc Cheb, le rédacteur en chef de Respect Mag, le débat a offert à chacun l’opportunité d’apporter sa contribution dans un souci de mieux appréhender la richesse et les dysfonctionnements qu’elle présente. La banlieue n’est pas toujours là où on l’attend et n’est jamais celle que l’on croit !

Allumez votre poste de télévision, ouvrez les pages fait-divers et société d’un grand quotidien. Un constat éclair s’impose :la banlieue prend toute la place et répond injustement aux « doux » noms de violence, misère, discrimination, insécurité et émeutes. Comment ne pas se sentir conditionné par un discours préfabriqué et simplifié qui, par déformation professionnelle et manque de professionnalisme, tend à matérialiser et « ghettoïser » les problèmes de notre société ? La question n’est définitivement pas de savoir s’il faut ou non parler de banlieue dans les médias, mais de savoir comment le faire.
Le terme « culture banlieue » est lâché pour la première fois par Arlette Chabot au cours de l’émission politique « A vous de juger » qu’elle anime. Employer cette formule hasardeuse revient à définir un espace de vie par comparaison, par exclusion par rapport à la ville. L’exemple de la banlieue parisienne démontre que tout est banlieue hors Paris ! Plus de 90% de Franciliens s’y côtoient avec une diversité colossale et une richesse en termes d’habitat, d’activités, de population, de moyens de communication et de sociologie. La localisation géographique des personnes ne devrait en aucun cas caractériser les individus, mais plutôt ce qu’ils font.
L’enquête de Pierre Péan et Christophe Nick sur le plus puissant médium d’Europe a révélé un certain acharnement à l’encontre des quartiers populaires dans le traitement de l’information, qui ne sont recouverts qu’en termes de menaces. Erwan Ruty rappelle que les JT ont fabriqué la banlieue « ANPE » puis la « banlieue Police/justice ». Une certaine paranoïa semblerait toucher le milieu journalistique qui éprouve des difficultés à aller chercher l’information, à prendre un certain recul. Si le fondateur de Ressources Urbaines évoque aussi une certaine « lepénisation des médias », par la déferlante médiatique s’abattant sur les banlieues dès qu’il s’agit d’aborder des problèmes de violence et d’insécurité, il se félicite en revanche de constater que les thèmes des violences faites aux femmes et des discriminations squattent les débats. Les fictions, les émissions, les journaux télévisés et la sphère politique font la part belle aux origines diverses, mais pour François Durpaire, « ça n’est pas tant la représentation qui compte mais plutôt le discours. Ca n’est pas la personne de couleur lisant un prompteur qui importe, mais celle qui l’écrit.».

Les dénommées banlieues se révèlent être un vivier culturel extrêmement riche. Musiciens écrivains, artistes, tous se sentent malheureusement étiquetés. Leur art demeure réduit à leur zone géographique, comme cloisonné et le terme banlieusard ou l’expression « black, blanc, beur » les attend au tournant. Mabrouck Rachedi déplore que les médias tombent dans le cliché catastrophiste ou dans la représentation hyper positive, quant ils ne se trompent pas d’angle : « on parle souvent de l’action sociale réalisée dans les quartiers difficiles et trop peu des œuvres culturelles réalisées ». L’artiste et chanteuse Bams a souffert de l’étiquette banlieue. Les médias qui la présentent comme « l’intelligente », par la richesse des textes de ses chansons, l’ont coupée d’une partie de son public. Pas assez « ghetto » pour les gens du quartier et trop rap pour les autres, sa musique multi inspirations, pluri courants, aux influences très métissées, ne rentre pas dans un catalogue prédéfini et imposé. « En France, les gens veulent bien de notre culture, si on reste à notre place ! », conclue Bams.

Pour contrer les non-sens, les clichés et les non dits et/ou mal dits, les médias alternatifs s’imposent en montrant sans peur ni faux semblant la réalité et le quotidien des quartiers populaires, à l’image de Ressources Urbaines, agence de presse des quartiers fondée par Erwan Ruty. Le changement des mentalités passera par l’ouverture du traitement de l’information des banlieues aux banlieues.

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Diversité ethnique, sociale et culturelle : le sport vrai bon élève ?

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Le sport, moteur d’intégration et de mieux vivre ensemble ? La question était sur toutes les lèvres pour ce 31ème AMPS, qui réunissait au Comptoir Général Vikash Dhorasoo, ancien joueur de football professionnel, Olivier Ferrand, Président de la fondation Terra Nova, Pascale Colisson, Présidente de l’Association des Femmes Journalistes et Christophe Duchiron, Journaliste à France 2. Ce phénomène de masse, au langage universel et aux frontières inexistantes, va mal. Très mal. Tous ont décerné un carton jaune au « sportbusiness », qui tend à dénaturer l’activité sportive en situant sur le banc de touche ses principales vertus, comme l’intégration et l’éducation. Carton rouge enfin pour les décideurs, dans un contexte où le sport demeure le bois mort de la réflexion politique.

Forcément, comment ne pas parler des Bleus, cette équipe « black-blanc-beur » qui rapporta en fanfare la tant désirée coupe du monde ? Le symbole, aussi fort que la liesse engendrée, semble confortablement installé dans notre imaginaire collectif. Mais que reste-t-il de ce double triomphe, de cette victoire sportive porteuse de diversité ? Une image d’Epinal ? Pour nos trois experts, le constat actuel est calamiteux, tant au niveau du sport professionnel et amateur que de la gouvernance. Manque de représentativité des femmes dans les compétitions (seulement 36 %), instances dirigeantes élitistes et fermées aux populations immigrées, communautarisme et sélection par l’âge dans les petits clubs, coût de la licence en hausse… Le soufflet retombe. À cette perte de vitesse s’ajoute le puissant « sportbuisness » qui écrase toutes les vertus de l’activité physique sur son passage. Olivier Ferrand dénonce « l’argent roi, l’argent à tout prix, la jouissance et l’individualisme », avant de rappeler : « on oublie que le sport est un service public qui véhicule des valeurs d’intérêt général : éducatives, sanitaires et sociales ».

Alors que la vision du sport, appréhendé comme un divertissement et un plaisir physique ou de l’esprit, semble obsolète, nos invités pointent du doigt l’immobilisme et « l’absence de courage » de la classe politique. Si les hommes du pouvoir connaissent un véritable engouement pour le sport, c’est plus dans un soucis de parfaire leur image, à grands coups de représentations publiques, que par amour, désintéressé, du sport. Le sport comme outil de promotion et de communication ? Vikash Dhorasoo insiste : « Les politiques ne s’affichent qu’avec les vainqueurs. Il y a là un refus de la défaite, de la contre–performance et de la fatalité ». Pourtant Olivier Ferrand note une démission politique, alors que toute la France est concernée (pour le football : cinq millions de pratiquants et quinze millions de supporters) : « Les hommes politiques ne s’investissent pas pour définir une politique publique sportive ». Et que dire de la responsabilité des médias face à un sport dénaturé ? Christophe Duchiron s’explique : « Les JT s’intéressent aux faits divers sportifs, tels la vie privée de Laure Manaudou, les scandales liés au dopages ou les affaires de mœurs… Ils ne mettent en lumière que les vainqueurs et les sports médiatiques. Car oui, il existe une hiérarchie des sports. ».

Triste réalité « médiatico-politico-sportive », dans laquelle le président de la fondation Terra Nova a décidé de ne pas tomber. Ses plans d’action : « une régulation économique, avec l’interdiction du système de plus-values financières sur le prix des joueurs, DNCG européenne, extension au football de l’interdiction européenne de concurrence fiscale déloyale. Également, une gestion du service public : soutien accru aux clubs amateurs, éducation et formation civique des joueurs professionnels, obligations contractuelles symboliques pour tout joueur de l’équipe de France (par exemple le don systématique des primes à des causes caritatives), politique de désescalade collective face au hooliganisme. Enfin la gouvernance : élection de la direction de la FFF au suffrage universel des parties prenantes du football, licenciés et supporters ».
Le mot de la fin sera celui de Pascale Colisson : « Est-il possible de pratiquer un sport juste pour le plaisir ? ». Car il s’agit bien là de redonner au sport ses lettres de noblesses ! Il ne devrait être qu’éducation, plaisir et divertissement. Et c’est déjà pas mal.

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Soirée Tunisienne de l'espoir démocratique

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Le site d’information Mediapart organise une soirée exceptionnelle intitulée « De Tunis à Paris : S’indigner, Résister, Créer »

Autour de Stéphane Hessel et de ses amis Edgar Morin et Claude Alphandéry, qui vient de publier Une si vive résistance aux éditions Rue de l’échiquier, nous fêterons ceux qui s’indignent, résistent à l’oppression et créent l’espoir.

Le peuple tunisien sera l’invité d’honneur de cette soirée, représenté par deux porte-voix de la révolution en cours, Moncef Marzouki et Radhia Nasraoui.
Elias Sanbar et Darina Al-Joundi témoigneront de son impact dans le monde arabe.

Pour tous ceux qui ne pourront participer, cette soirée sera retransmise en direct sur : www.mediapart.fr

Entrée libre, dans la limite des places disponibles.

Réservations : debats@mediapart.fr (pas plus de 2 personnes par réservation)

Théâtre de la Colline, 15 rue Malte Brun, 75020 Paris, Métro Gambetta

Rencontre avec le fondateur du Relais

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Vous connaissez le Relais ? Ce sont des conteneurs dans lesquels on met les vêtements, oui, mais c’est aussi un réseau remarquable d’entreprises d’insertion basé sur la récupération des vêtements inutilisés qui collecte, trie et recycle les vêtements et permet à des personnes en difficulté de retrouver une place dans la société.  » Nos emplois sortent des placards »… Ou quand le recyclage de vêtements usagés devient un outil de réinsertion sociale et professionnelle !

La maison d’édition Rue de l’Echiquier, spécialiste des sujets solidaires, a publié un livre d’entretiens avec Pierre Duponchel, l’homme qui a créé le Relais.

Ils vous proposent de le rencontrer : jeudi 17 février de 18h30 à 20h,

à l’Atelier : 8-10 impasse Boutron, 75010 Paris
Métro Gare de l’Est ou Château Landon
Stations Vélib’ 10023 ou 10026.

Inscription obligatoire sur le site de l’Atelier

La précarité énergétique : vers quelles solutions se tourner ?

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Mardi 13 janvier le 2ème Alter Mardis : Parlons Solutions consacré au cycle sur « La ville durable » célébrait l’union de la précarité énergétique avec des solutions efficaces et durables. Un pari sur l’avenir débattu par Gwénaël Guyonvarch, Directeur Régional Ile de France de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME), François Marty, Président du Chênelet, groupe solidaire pionnier dans le développement du logement social écologique et Ashoka Fellow et Julie Dumont, manager d’Auxilia, structure de conseil imaginatif en développement durable. Les invités ont participé à l’officialisation d’un mal d’un genre nouveau, qui se propage sournoisement dans de nombreux foyers français à une vitesse grand V et qui, comme une machine infernale, fabrique une armée de précaires énergétiques. Les témoins de cette « cérémonie » ont constaté l’urgence d’une alliance entre pauvreté énergétique et solutions durables et efficaces, dans une volonté commune de laisser éclater un triomphant « Vive les mariés ! ».

Barrons la route à cette célèbre pensée oisive, le « Ca n’arrive qu’aux autres ». La précarité énergétique s’incruste aujourd’hui dans les maisons de près de 3,6 millions de Français, selon l’Insee. Autant vous le dire tout net, elle frappera peut-être un jour à votre porte. Pire : il est possible qu’elle se soit déjà installée chez vous sans crier gare. Comment ça ? Une petite piqûre de rappel s’impose. Selon Philippe Pelletier, Président du comité stratégique du Plan Bâtiment Grenelle, vous entrez dans la catégorie des pauvres en énergie lorsque vous consacrez plus de 10% de votre revenu à la facture d’énergie, contre une moyenne nationale de 5,5%. Il s’agit d’une spirale complexe et multiforme résultant de la combinaison de trois facteurs : la faiblesse des revenus, la mauvaise qualité thermique des logements occupés et la difficulté de s’acquitter des factures d’énergie. Autre signe distinctif : cette précarité méconnue s’attaque aux idées reçues, en se localisant à 87% dans le parc privé. Les propriétaires aux faibles ressources sont les premières victimes de cet engrenage. Aussi surprenant qu’inquiétant.

Nos experts tirent la sonnette d’alarme en brandissant l’étendard de la précarité énergétique, pour mieux s’attaquer « à des problèmes plus globaux ». Julie Dumont l’affirme : « la précarité énergétique constitue l’un des leviers pour arriver à bien travailler sur le développement durable ». François Marty le confirme : « La précarité énergétique englobe les piliers économiques, sociaux et environnementaux du développement durable ». Ici le réchauffement climatique n’est pas l’unique problème. En effet, les dommages collatéraux de cette précarité nouvelle génération touchent sévèrement les familles, avec pour conséquences environnementales, des risques d’intoxications, d’humidité et de moisissures. Le compteur des dégâts sociaux affiche stress, repli sur soi et parfois difficultés scolaires. Quant aux impacts sanitaires, ils prennent la forme de pathologies respiratoires (comme l’asthme) et de surmortalité hivernale.

Il convient de pallier à ces conséquences extrêmement graves en préparant une partie de la population à anticiper ce basculement. Mais quelles sont les pistes d’action ? Gwénaël Guyonvarch rappelle le rôle essentiel du fond local de lutte contre la précarité, qui n’en est qu’à ses débuts puisque seuls deux contrats locaux d’engagement ont été signés, dans le Bas-Rhin et à Saint-Flour. Pour lui le changement passera par « une approche locale, une analyse très fine du territoire et une proximité avec les gens ». Pour instaurer ce rapprochement et atteindre les personnes en difficulté, les différents organismes doivent travailler main dans la main en mettant leurs compétences en commun. Pour ces acteurs de terrain, se former, être à l’aise avec la finance, l’économie, la santé, et posséder la fibre sociale, devient une priorité. Des petites avancées commencent à faire leurs preuves, comme les ingénieux stickers à coller sur les appareils ménagers, créés par les travailleurs sociaux. Ou encore les appartements pédagogiques mis en place par les bailleurs sociaux. Autre piste d’action instaurée : le rôle des gardiens d’immeuble au coeur de la lutte contre la précarité. Et pourquoi ne pas envisager l’action du médecin dans l’éducation pour un logement sain ? François Marty, lui, s’est senti tout de suite concerné et prouve que le logement vert n’est pas l’apanage des « bobos ». L’éco-construction de logements sociaux reste sa principale ambition : « On fait de l’écologie à contre-coeur. On continue à construire pas cher. Or, je pense qu’il faut construire cher ! A 2000 ou 3000 euros le m2, le logement ne perdra pas de valeur, au contraire, il en prendra et ses occupants feront de substantielles économies sur le long terme ». Sur soixante ans, la construction de ces maisons vertes ne représente que 17 % du coût réel d’une habitation. Les 83 % restant concernent les charges. Construire mieux, baisser ces charges et consommer moins d’énergie voilà la formule magique de ce fellow Ashoka. Le Grenelle ne suffira pas, la précarité énergétique est l’affaire de chacun. Aussi, inventer de nouvelles solidarités et réveiller les consciences citoyennes semblent indispensable pour que tout le monde s’assoie à la table du développement durable.

Aude Serra pour les Alter mardis- Parlons Solutions

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