Sabrina Gaba est écologue, directrice de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (NRAE) et co-directrice d’une infrastructure de recherche, la Zone Atelier Plaine & Val de Sèvre.
Sabrina Gaba est écologue, directrice de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (NRAE) et co-directrice d’une infrastructure de recherche, la Zone Atelier Plaine & Val de Sèvre.
Pourquoi la biodiversité est-elle absente des discussions sur les élections municipales ? Les journalistes ont un rôle clé à jouer pour mettre en lumière cet enjeu écologique crucial pour les politiques locales.
À l’occasion du prix européen jeunes Reporters d’Espoirs, nous avons pu échanger avec deux journalistes de l’Agence France Presse (AFP), Marianne Barriaux, adjointe au rédacteur en chef Europe et Juliette Michel, adjointe à la cheffe du pôle Planète, pour comprendre comment l’agence internationale a réorganisé sa rédaction pour mieux couvrir les enjeux environnementaux.
par Emma Baraban, Giulia Bono et Phoebe Skok / Reporters d’Espoirs
Avec à peine 1 % du temps d’antenne à la télévision et à la radio1, la biodiversité s’est imposée à la Une des médias à l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC), organisée à Nice du 9 au 13 juin 2025. Porté par l’Objectif de développement durable n°14 (vie aquatique), l’événement a permis à plusieurs rédactions de traiter la biodiversité sous un angle concret et humain : santé, médecine, alimentation, climat, territoires.
L’UNOC a entraîné une augmentation significative de la couverture médiatique des enjeux liés à l’océan et à la biodiversité. Selon les données de l’Observatoire des Médias sur l’Ecologie (OME), la part des sujets environnementaux à la radio et à la télévision a grimpé à 6,8 % pendant la semaine du sommet, contre une moyenne annuelle de 3,7 % en 2024. Ce pic d’attention a déjà été observé lors d’autres grands événements internationaux à portée environnementale (COP 29 (5,1%) et COP 28 (5,8%)) sans atteindre un tel niveau.
L’augmentation ponctuelle de la couverture ne s’est pas limitée aux médias spécialisés sur les sujets environnementaux. Plusieurs rédactions généralistes ont mobilisé leurs ressources éditoriales pour produire des contenus sur les enjeux océaniques, souvent sous un angle local, technique ou humain. Cette intensification de la production éditoriale met en évidence une capacité des rédactions à traiter d’un écosystème et de ses enjeux de manière approfondie, même si cela se produit dans un contexte spécifique.
Certains médias ont ouvert leurs colonnes aux contributions citoyennes. Nice-Matin a lancé en amont du sommet un appel à propositions intitulé « Ma proposition pour l’océan », destiné à ses lecteurs. Le quotidien régional a reçu plus de 300 réponses et en a publié plusieurs dans ses pages, exposées lors du sommet. Cette initiative s’inscrit dans une logique participative, visant à relier les attentes du public aux processus décisionnels internationaux.
Dans la même dynamique, Nice-Matin a couvert une opération de nettoyage menée sur les berges du Paillon à Nice, quelques jours avant l’ouverture du sommet. Le reportage vidéo réalisé à cette occasion documente l’engagement d’associations locales, tout en relayant certaines propositions concrètes issues du terrain, comme la réintroduction de la consigne pour les bouteilles en plastique.
Autre exemple, RFI a diffusé plusieurs mini-films réalisés par de jeunes vidéastes dans le cadre de son réseau ePOP, consacré aux enjeux environnementaux vécus localement. Ces contenus, présentés dans l’émission C’est pas du vent, traitent notamment de pollution marine, de surpêche ou de dégradation des littoraux. Ils sont accompagnés d’analyses contextuelles, permettant de mieux comprendre les réalités écologiques de différents territoires.
Durant l’UNOC, certaines rédactions ont opté pour des formats de reportage ancrés dans les territoires. Le Monde a consacré un article à la réserve marine de Cerbère-Banyuls (Pyrénées-Orientales), en choisissant de contextualiser les négociations sur les aires marines protégées à partir d’un exemple localisé. Cette approche permet de rendre perceptibles les effets concrets de la régulation environnementale, en illustrant la manière dont des dispositifs de protection peuvent produire des résultats visibles sur les écosystèmes.
De son côté, France Info a produit une série de contenus thématiques à l’occasion d’une journée spéciale dédiée à l’océan. L’un des reportages s’intéresse à l’usage de satellites pour la surveillance de la pêche illégale, en s’appuyant sur les travaux de la société française Unseenlabs. Ce traitement combine données scientifiques, applications techniques et éléments réglementaires, offrant une lecture transversale du sujet.
Dans un registre différent, Libération a publié un numéro spécial intitulé Le Libé des océans, comprenant un article sur les effets des éoliennes offshore de Saint-Nazaire sur la biodiversité marine. L’article met en lumière le phénomène connu sous le nom d’« effet récif », observé autour des structures métalliques installées en mer. Ce traitement montre comment une infrastructure liée à la transition énergétique peut également produire des effets sur les écosystèmes, tout en soulevant la question des impacts environnementaux indirects.
Ces exemples illustrent le fait que l’UNOC n’a pas seulement servi de vitrine diplomatique. Pour plusieurs rédactions, il a été l’occasion de traiter la biodiversité autrement, en sortant des images convenues ou des chiffres répétés. De tels grands rendez-vous peuvent inviter les journalistes à élargir leur regard et à explorer des manières plus variées de raconter la biodiversité. Ce type d’approche permet de l’ancrer davantage dans l’actualité, de la rendre plus tangible pour le lecteur, et de montrer qu’elle n’est pas un sujet isolé mais qu’elle recoupe de nombreux enjeux de société.
En temps ordinaire, la biodiversité apparaît souvent dans les médias sous des formes dispersées : faits divers liés à la faune, images attendrissantes d’animaux charismatiques ou récits isolés sans véritable mise en perspective. Ces traitements, centrés sur des observations ponctuelles, peinent à montrer en quoi la biodiversité s’entrelace avec des enjeux humains, économiques ou sociaux.
L’UNOC 2025 a marqué un contraste.
Profitant de la force d’un agenda international, plusieurs rédactions ont proposé des formats plus riches et structurés. Reportages de terrain, enquêtes technologiques, portraits ou encore dispositifs participatifs, ces approches révèlent les liens entre la biodiversité et des réalités concrètes comme la pêche illégale, la transition énergétique ou les initiatives locales. En ancrant les reportages dans les territoires, il est possible de renouveler la manière de parler de biodiversité et d’en renforcer la place dans l’actualité.
La couverture de l’UNOC 2025 est la preuve qu’il existe une vraie marge de manœuvre pour parler de biodiversité autrement. Pendant quelques jours, les rédactions ont su varier les formats, relier les enjeux à la vie quotidienne et donner de la profondeur à un sujet souvent perçu comme lointain. L’enjeu sera de conserver cette dynamique au-delà des grands rendez-vous internationaux, pour que la biodiversité trouve sa place dans l’actualité au même titre que la santé, l’économie et le climat.
1. Source : Observatoire des Médias sur l’Ecologie – mai 2025 : https://observatoiremediaecologie.fr/
Photo : Ouverture de l’UNOC à Nice, juin 2025 | Crédits : UN Photo/Evan Schneider
Plongez dans le 4e numéro de notre revue, dédié à la biodiversité et l’océan !

par Théo Criscuolo et Emma Baraban, volontaires en service civique chez Reporters d’Espoirs
Jeudi 19 juin 2025, dans le cadre du lancement de son Lab Biodiversité, Reporters d’Espoirs réunissait, lors d’un Challenge inédit, soixante personnalités aux profils variés : scientifiques, journalistes politiques et économiques, éditorialistes, influenceurs et dirigeants de rédactions. Objectif : réfléchir ensemble aux leviers qui permettront de faire davantage de la biodiversité un sujet d’intérêt pour les acteurs des médias : quels angles éditoriaux nouveaux la biodiversité offre-t-elle ? Dans quelles conditions peut-elle être un levier de fidélisation et d’audience ? En quoi mérite-t-elle d’être plus largement couverte et diffusée… ?
Pour nourrir cette réflexion, Reporters d’Espoirs s’est associé au collectif Making Tomorrow et à sa méthode innovante de design fiction. Répartis en ateliers thématiques – autour de deux questions : “Comment faire de la biodiversité un sujet d’actu politique ?” et “Comment faire de la biodiversité un sujet d’actu économique ?” – les participants ont été invités à imaginer des scénarios éditoriaux originaux et porteurs d’angles pertinents.
Point de départ de chaque atelier : le visionnage d’extraits de films, séries ou publicités. Dans les deux groupes observés, les séquences abordaient deux sujets actuels : le climato scepticisme, et l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le cadre de la préservation de la biodiversité. Ces images ont servi de déclencheurs pour libérer la parole et recueillir les réactions spontanées des participants – positives comme dubitatives. À partir de ces échanges, les animateurs ont construit, avec le groupe, des scénarios prospectifs et créatifs.
Ce qui frappe, dès les premières minutes, c’est la force de la fiction pour rendre tangibles les enjeux et illustrer les paradoxes du traitement médiatique de la biodiversité. Les débats ont rapidement mis en lumière un constat partagé : les jeunes générations, plus sensibilisées et souvent plus radicales dans leurs engagements pour l’environnement en général et la biodiversité notamment, semblent délaisser les médias qui n’accordent pas assez de place à ces sujets.
Autre objet qui a animé les discussions : la montée en puissance des influenceurs et des journalistes qui se sont imposés sur les réseaux sociaux comme nouveaux médias à part entière. À l’image d‘Hugo Clément ou d’Hugo Décrypte qui reviennent dans nombre de discussions, ces figures incarnent la lutte climatique -de manière évidente pour le premier en tout cas- et captent un large public jeune grâce à des formats courts, engageants et percutants. Cette dynamique crée une forme d’opposition avec les médias traditionnels, qui peinent parfois à rivaliser en termes d’impact et de proximité. Bien que les journalistes soient désormais formés à ces nouveaux codes et formats numériques, plusieurs défis subsistent, notamment celui de la surinformation. Les jeunes, eux, réclament plus de contenus sur la biodiversité, mais attendent surtout qu’on leur donne la parole et qu’on crée un dialogue authentique.
Dès lors, plusieurs pistes émergent : créer des formats plus interactifs et immersifs, encourager un dialogue plus direct entre journalistes et jeunes publics, et inventer de nouveaux angles éditoriaux où la biodiversité devient un levier de fidélisation et d’audience. En résumé, replacer la biodiversité au cœur du récit médiatique, non pas comme une contrainte, mais comme une opportunité de réinventer la relation entre médias et citoyens.
Ce Challenge, en conjuguant expertise scientifique, créativité éditoriale et design fiction, aura permis d’esquisser des pistes concrètes pour que la biodiversité cesse d’être cantonnée aux rubriques spécialisées et devienne enfin un sujet central et fédérateur.
Témoignages des participants
Olivier Pirot, journaliste à la Nouvelle République du Centre Ouest
Pierre Viard, Consultant & éditeur, participant au Challenge 2025
J’ai trouvé très pertinent et intéressant de pouvoir confronter notre travail à d’autres considérations, d’autres acteurs de l’environnement et entendre, aussi, leurs arguments et leurs positions. Cela a permis, aussi, à tous de faire tomber quelques clichés sur le métier des uns et des autres.
Merci d’avoir rassemblé ces professions différentes pour comprendre les interprétations de chacun sur ce sujet commun … dans une période où le rôle des médias et de l’influence est de plus en plus primordial !
Serge Tisseron, Psychiatre
De telles rencontres contribuent à définir un langage commun qui puisse être porté dans nos diverses sphères d’influence, avec l’espoir de démultiplier l’impact de formulations fortes.
Céline Bellard, chercheuse au CNRS
J’ai trouvé l’approche vraiment très intéressante et originale. Reporters d’Espoirs a organisé une belle matinée vraiment enrichissante. Les discussions ont aussi montré qu’il y a un réel besoin de rapprocher chercheurs et journalistes pour parler de la crise de la biodiversité, et aider ces derniers à mieux maîtriser les angles sur le sujet.
Journalistes : Reporters d’Espoirs, l’Observatoire des Médias sur l’Ecologie (OME) et l’agence d’études iligo vous convient à un webinaire mardi 1er juillet de 11h à 11h45 pour vous présenter les résultats de leur étude menée avec le soutien de l’OFB – Office Français de la Biodiversité et de la Fondation Crédit Mutuel Alliance Fédérale.
Quelle part d’antenne est dédiée à la biodiversité ? Les médias abordent-ils plutôt les causes ou les solutions ? Sous quels angles ?
Nous nous sommes associés à l’OME, dont les données nous permettent de suivre l’évolution du traitement médiatique de la biodiversité au fil des années.
En 45 mn top chrono, nous vous proposons un regard en miroir via les principaux résultats de notre baromètre.
Venez échanger avec nos experts et acteurs des médias qui partageront des retours d’expérience et conseils à votre attention, et répondront à vos questions :
Cette étude quantitative complète l’étude qualitative publiée en mai 2025.
Inscriptions ici pour recevoir le lien de connexion
Bernard de la Villardière (M6, Réel), Marie-Laure Augry (Assises du journalisme), Virginie Fichet (France Télévisions) en exercice de design fiction Making Tomorrow x Reporters d’Espoirs.
A l’occasion du lancement de son Lab Biodiversité avec le soutien de l’Office Français de la Biodiversité et de la Fondation du Crédit Mutuel Alliance Fédérale, Reporters d’Espoirs rassemble ce jeudi 19 juin 2025, 60 personnalités de tous horizons à la Fondation François Sommer/Musée de la chasse et de la nature à Paris. 60 scientifiques, journalistes économiques et politiques, observateurs et acteurs des médias, éditorialistes et influenceurs, dirigeants.
L’objectif : réfléchir ensemble aux leviers qui permettront de faire de la biodiversité un sujet d’intérêt pour les acteurs des médias : quels angles éditoriaux nouveaux la biodiversité offre-t-elle ? Dans quelles conditions peut-elle être un levier de fidélisation et d’audience ? En quoi mérite-t-elle d’être plus largement couverte et diffusée… ?
Reporters d’Espoirs a associé les designers, anthropologues et experts du collectif Making Tomorrow pour faire ressortir des idées, des angles, des opportunités, des scénarios qui donnent envie, grâce à la méthode du design fiction.
Parmi les participants : des journalistes, dirigeantes et dirigeants de rédactions (France TV, Le Canard Enchainé, Le Point, The Conversation, Le Pèlerin…), animateurs (M6), nouveaux médias (Youtube, Réel), journalistes et rédactions en chef (Le Nouvel Obs, La Croix, Libération, Télérama, Arte, La Nouvelle République du Centre-Ouest, TF1, Reuters, Les Echos, Le 1, Le Monde), enseignants en écoles de journalisme (ESJ Lille), associations de journalistes (AJSPI, Assises du journalisme, Alliance de la Presse, Journalisme et citoyenneté), éditorialistes (France Inter) ; scientifiques (CNRS, Inrae, OFB), écrivains voyageurs ; ou encore acteurs de la banque et de la finance (Crédit Mutuel, Lombard Odier).
La biodiversité est-elle un sujet médiatique ? C’est la question que Reporters d’Espoirs a posé lors d’une une étape du Tour de son Lab Biodiversité. Cette table ronde a été organisée à Lyon le 16 mai 2025 en partenariat avec le groupe EBRA et l’ISCPA de Lyon. 40 étudiants de cette école ont ainsi pu participer, de même que des professionnels de l’information et de la communication, pour poser leurs questions aux 4 intervenants :
Qu’est-ce que la biodiversité ? Quels sont les ordres de grandeur à avoir en tête ? Quels enjeux recouvre-t-elle ? Comment comprendre une étude scientifique ? Comment travaillent les journalistes sur ces sujets ? Comment traiter de biodiversité avec un angle « solution » ? Autant de questions abordées lors de cette session pour initier le public à ce sujet majeur. L’opportunité également pour Reporters d’Espoirs de présenter les principaux résultats de son étude qualitative sur le traitement médiatique de la biodiversité.
Pour aller plus loin :
Retrouvez l’interview de Gilles Vanderpooten, directeur de Reporters d’Espoirs et Floriane Vidal, Coordinatrice du Lab Biodiversité, réalisée par l’ISCPA dans le cadre de cette rencontre
Photo : table ronde « La biodiversité, un sujet médiatique ? » animée par Reporters d’Espoirs dans le cadre de son Tour, lors de l’événement Ici On Agit à Lyon, le 16 mai 2025. Crédits : Joël Philippon
| Confrères, consoeurs, journalistes : Reporters d’Espoirs et l’agence d’études iligo vous convient à un webinaire mardi 13 mai de 11h à 11h45 pour vous présenter les résultats de leur étude menée avec le soutien de l’OFB – Office Français de la Biodiversité. Quelles sont les pratiques de vos confrères et consœurs ? Que connaissent-ils et pensent-ils du sujet biodiversité ? Quelles difficultés rencontrent-ils ? Quels conseils adressent-ils à la profession ? Nous avons croisé les regards de journalistes et de scientifiques sur la couverture médiatique de la biodiversité. En 45 mn top chrono, nous vous proposons un regard en miroir via les principaux résultats de notre étude. Venez échanger avec nos 3 experts qui partageront des conseils à votre attention, et répondront à vos questions : – Céline Pasquier, Directrice déléguée, coordinatrice de l’étude, iligo – Cyrille Frank, Consultant, spécialiste des contenus et formateur en journalisme – Philippe Grandcolas, Directeur de recherche au CNRS, membre du Comité scientifique du Lab Biodiversité de Reporters d’Espoirs |
RDV en ligne ce mardi 13 mai de 11h à 11h45 pour la présentation de la première action du Lab Biodiversité : l’ÉTUDE REPORTERS D’ESPOIRS-ILIGO “Comment les médias parlent de biodiversité et comment aller plus loin ?” dans un webinaire sur inscription ici (inscrivez-vous pour recevoir le lien de connexion).
Les 16 et 17 mai se tient à La Sucrière à Lyon un événement apporteur de solutions pour agir localement et positivement pour le climat et l’environnement : Ici On Agit, à l’initiative du titre phare de la région, Le Progrès. Reporters d’Espoirs s’y associe en organisant le vendredi 16 mai 2025 de 9h30 à 11h, durant la journée dédiée aux professionnels et aux étudiants, une discussion-débat sur la couverture médiatique de la biodiversité, « le sujet dont tout le monde parle… pour dire qu’on en parle pas suffisamment ! ».
Avec la participation de 40 étudiants de l’ISCPA – l’école de communication et de journalisme de Lyon, de Claire Labaune, responsable relation entreprise et Ingrid Genet, responsable des formations de l’ISCPA.

Ce rendez-vous constitue pour Reporters d’Espoirs la première étape de son « Tour des Reporters d’Espoirs 2025-2027 » dans les régions de France, qui inaugure un nouveau cycle et de nouveaux travaux sur la montée en puissance de la couverture de la science et de la biodiversité dans le journalisme et les médias.
Avec le soutien de l’Office Français de la Biodiversité.
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Le thème de la conférence-débat Reporters d’Espoirs :
La biodiversité, un sujet médiatique ?
Là où le climat s’est imposé en bien des secteurs comme sujet cardinal, un autre demeure tapi dans l’ombre : la biodiversité. Celle dont on parle trop peu, ou seulement pour déplorer qu’on n’en parle guère.
Selon l’Observatoire des Médias sur l’Écologie, elle représentait 1 % du contenu audiovisuel en 2024. Le traitement médiatique de ce sujet renvoie plus largement au bagage scientifique des journalistes : ils ne seraient que 2,4 % à être issus d’une formation scientifique (en 2013) contre 5 fois plus 15 ans plus tôt ! Alors que les crises climatique, sanitaire, de biodiversité, s’entremêlent, auxquelles on peut ajouter le pullulement des « fake news » qui inquiètent la profession journalistique, n’est-il pas temps de réhabiliter l‘état d’esprit -et la formation- scientifique dans la profession, pour la renforcer et la relégitimer ?
Reporters d’Espoirs s’y intéresse et va mobiliser les journalistes sur 3 ans avec son Lab Biodiversité 2025-2027, avec le soutien financier de l’OFB – Office Français de la Biodiversité.
L’association a mené une étude pour interroger les journalistes qu’elle présentera lors de cette session : que connaissent-ils du sujet ? Comment le traitent-ils ? Quels sont les obstacles ? Sont-ils prêts à aller plus loin ?
L‘occasion d’une discussion-débat avec 2 journalistes, 1 scientifique et 1 communicant de la biodiversité, et le public de l’événement dont 40 étudiants en journalisme et communication de l‘ISCPA Lyon.
Pour partager témoignages, exemples de reportages et pratiques journalistiques, recul critique du scientifique, et s’interroger collectivement sur comment faire plus et mieux.
INTERVENANTS
Muriel Florin est journaliste au Progrès, à Lyon. Elle y a animé pendant dix ans une page « Sciences pour tous ». D’abord spécialisée dans les sujets « éducation », elle traite aujourd’hui essentiellement les questions d’environnement. Muriel Florin a aussi publié plusieurs ouvrages, Elle préside le Club de la presse de Lyon et sa région.
Anne-Cécile Bras est journaliste à RFI où elle anime depuis 2009 l’émission environnement C’est pas du vent ! : 50 minutes le mercredi, le jeudi et le vendredi à 14h10 pour décrypter avec des invités et des reportages sur les 5 continents comment l’humanité relève son plus grand défi : apprendre à vivre harmonieusement sur une planète aux ressources limitées.
Thierry Lengagne est un scientifique spécialiste de la biodiversité. Il est chercheur au Laboratoire d’Ecologie des Hydrosystèmes Naturels et Anthropisés (LEHNA) du CNRS à l’Université Lyon 1. Il est également Président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) pour le territoire de l’Ain.
Arnaud Piel est directeur adjoint de l’Office Français de la Biodiversité (OFB) de la région Auvergne-Rhône-Alpes et référent sur les questions de communication.
Floriane Vidal est la coordinatrice du Lab Reporters d’Espoirs Biodiversité, programme de mobilisation des journalistes et médias sur la science et la biodiversité. Elle a précédemment été responsable de la communication de CNRS Ecologie & Environnement.
Le programme et toutes les infos sur Ici On Agit, Lyon, 16 et 17 mai 2025