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Revue de presse

La Semaine régionale de la Sécurité Routière récompense les bons conducteurs

By Revue de presse

Qui n’a jamais rêvé d’être récompensé pour s’être arrêté au feu rouge ou avoir respecté les limitations de vitesse ! Vous pensez certainement que cela se produira le jour ou les poules auront des dents ? Et bien non, ce sera le 26 juin 2012.

En effet, l’opération« Motards… Tous acteurs » récompensera les bons conducteurs.

Au cours de cette action médiatique de sécurité routière, menée par le Bureau d’Éducation et d’Information Routières, les policiers en uniforme accompagnés de personnes connues (acteurs, comédiens,  présentateurs TV, …) à bord de véhicules banalisés sillonneront les rues de Paris à la recherche des bons conducteurs motards.

Des motos banalisées détecteront les bons conducteurs motards au terme de plusieurs  minutes de « filature » et procéderont à  l’interpellation de ceux-ci. Un véhicule 4 roues où se trouvera un (VIP, acteur, comédien, présentateur …) les rejoindra ensuite pour signifier le but de cette action et remettre un cadeau offert par l’un des partenaires (entreprises, magasins, fédérations, fabricants …), impliqués dans la lutte contre l’insécurité routière. Une photo sera également prise pour immortaliser le moment et sera remise au conducteur.

Dans le même temps: des élèves de CM1 d’écoles voisines seront invités toute la journée sur un YACHT amarré sur la Seine pour participer à des animations de prévention (simulateurs, jeux, vidéos).

En France, l’accueil paysan promeut l’agriculture solidaire

By Revue de presse

Huit heures. Une douzaine de chèvres s’alignent docilement devant les mangeoires de la petite bergerie de Nicolas Mezzasalma. Comme chaque matin, cet éleveur de 52 ans, installé à Montlaux (Alpes-de-Haute-Provence), trait ses 60 chèvres et 35 brebis. Fascinée, Gladys, 4 ans, l’observe glisser sur les mamelles des bêtes les griffes qui capteront le lait, moulé le jour même en fromage ou en yaourt bio dans la fromagerie attenante.

Dans le gîte aménagé, Aline, éducatrice spécialisée à Marseille (Bouches-du-Rhône) est venue, trois jours, « transmettre des notions simples » à sa fille Gladys et son frère Mathyas, 8 ans. « Nous, citadins, nous avons perdu le contact avec la nature et les animaux », affirme-t-elle. Mathyas a donc accompagné les bêtes au pré, sauté avec bonheur dans des bottes de foin et nourri des cochons, constatant « qu’ils n’avaient pas la queue en tire-bouchon » .

Mettre en avant « la rencontre »

Nicolas et Florence Mezzasalma ont adhéré en 2007 au réseau Accueil paysan : « Nous avons à cœur de défendre notre métier et notre attachement à la terre et à son respect. La rencontre est le meilleur moyen de faire partager ces convictions », explique l’agricultrice qui invite fréquemment ses « accueillis » à un apéro.

Fondé en 1987 par des agriculteurs haut-alpins, le réseau Accueil paysan compte en France 1 200 structures (gîtes, relais pour les randonneurs, chambres d’accueil…). Petits exploitants, agriculteurs retraités et amoureux de la vie à la ferme s’engagent, charte à l’appui, à promouvoir une agriculture sans intrants chimiques.

« Dans une société où l’humain passe au second plan, l’accueil paysan remet en avant la rencontre. Cela répond à une vraie demande car les gens sont de plus en plus désireux d’une alimentation de qualité », explique Yasmine Bardin, directrice du réseau, qui compte aussi 400 adhérents dans 30 pays comme le Brésil ou le Maroc. Le concept attire en majorité des citadins, français ou étrangers.

Lire la suite sur le site de la Croix.

"Music solidarity", l'initiative de Cédric Breuze

By Revue de presse

Les dimanches d’ambiance facile les auditeurs sont à l’honneur ! L’occasion de vous faire découvrir une initiative, privée ou associative, liée au continent africain et dont l’un de nos auditeurs est le principal acteur !

A l’affiche aujourd’hui, Cédric Breuze ! Un grenoblois de 34 ans, qui se définit lui-même comme un« éco-musicien-citoyen » !

Eco, car Cédric a bien conscience que notre manière de consommer a des répercussions à l’autre bout de la planète et il agit, au quotidien, en conséquence. Musicien, car si Cédric est aujourd’hui secouriste professionnel, il pratique la musique en amateur depuis 25 ans. Citoyen, notamment parce qu’en novembre dernier, avec deux amis d’enfance, Cédric a créé l’association Music Solidarity.

Son but : récupérer et recycler des instruments de musique ! Comment ? Soit en les envoyant dans des pays d’Afrique où Cédric a des relais et où il sait que ce matériel peut faire des heureux, soit en valorisant, puis en recyclant les métaux qu’ils contiennent : le cuivre des cordes de votre piano ou le bronze des cymbales de votre batterie par exemple !

 

Écouter l’émission.

Malik emmènera les handicapés aux JO de Londres

By Revue de presse

Il a grandi au Luth, fait ses classes au lycée Galilée et vit toujours à Gennevilliers. Malik Badsi, 27 ans, est aujourd’hui à la tête de sa société, dénommée Yoola, dont le siège se trouve à Paris. Mais ce n’est pas une PME comme les autres. Malik est un « entrepreneur social » dont l’activité consiste à proposer des séjours aux personnes handicapées.

Confronté aux soucis de santé de sa mère et d’un de ses voisins, il réalise, il y a quelques années, les contraintes quotidiennes posées par le handicap. « Les difficultés sont d’autant plus présentes lors de grands événements, comme des concerts ou des manifestations sportives, souligne le jeune patron. J’ai donc décidé de conjuguer ma passion pour le sport et ma volonté d’engagement social. »

En 2010, sa petite entreprise permet à 65 personnes handicapées d’assister à la Coupe du monde de football en Afrique du Sud. Cette année, elle propose un séjour à Londres en août pour les Jeux olympiques et paralympiques. Deux des 4 salariés de Yoola seront sur place pour assurer la bonne prise en charge des besoins particuliers des visiteurs.

Lire la suite sur leparisien.fr

Bâti-Cités : un outil financier citoyen au service d’un habitat écologique et humain

By Economie, Revue de presse

La crise du logement est devenue enjeu majeur pour les français… Bien que très marginal, l’habitat collectif semble séduire de plus en plus de villes en France qui n’hésitent plus à soutenir des projets audacieux pour repenser les quartiers difficiles.

Projet habitat collectif à Châtellerault – Crédit Atelier D / Terra Cités

Des jardins partagés, une salle des fêtes, des ruches sur les toits, une crèche collective, une buanderie en commun, la cité de demain est déjà entrain de se réinventer. Dans un avenir très proche l’habitat social sera plus spacieux, à dimension humaine, intergénérationnel, plus convivial. Un art de vivre ensemble qui inspire de plus en plus de collectifs et de sociétés en France comme Terra cités qui vient de lancer cette année deux projets de grande ampleur :

 

Projet habitat collectif à Dijon – Crédit Atelier Téqui / Terra Cités

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Le microcrédit comme outil d’insertion

By Revue de presse

Permettre aux familles en difficulté d’accéder malgré tout à un crédit correspondant à un besoin bien ciblé et l’assortir d’un accompagnement social, tel est le principe du microcrédit lancé depuis trois ans dans l’Oise. Le centre communal d’action sociale (CCAS) de Villers-Saint-Paul vient de signer une convention afin de pouvoir en bénéficier.
Jusqu’alors, Montataire avait franchi le pas en 2009, suivi par Rantigny l’année suivante, puis Éstrées-Saint- Denis, Crépy-en-Valois, Béthisy-Saint-Pierre et Nogent-sur-Oise l’an dernier. « Quatre dossiers ont été déposés à Nogent sur-Oise, c’est encourageant »,glisse Fabienne Dupré, chargée de mission à Parcours Confiance Picardie. Cette association a été choisie en 2006 par la Caisse d’épargne pour relayer ses fonds et guider les particuliers n’ayant plus accès aux financements bancaires classiques pour des raisons diverses.

Permis de conduire, accès au logement

« En six ans, Parcours Confiance a réalisé 302 microcrédits en Picardie, précise Nicolas Delnatte, président de l’association. Nous en avons recensé 73 en 2010 et 83 l’an dernier, dont un tiers dans l’Oise, pour un total de 180 000 €. La moyenne des prêts avoisine 2 200 € »
La procédure repose sur un partenariat instauré entre une association d’insertion ou un CCAS, et Parcours Confiance. Il s’agit de détecter les familles nécessitant un soutien financier pour régler leurs besoins liés pour 70% à la mobilité (permis de conduire, achat d’un véhicule), pour 20% au logement, puis à l’emploi, à l’équipement, à des frais d’obsèques,de santé ou de financement d’études.

 

Lisez la suite de l’article sur le site du Parisien.

Au bon coeur des peuples

By Revue de presse, Société

S’il y a là une leçon, elle ne peut être que bonne. D’ici quelques jours, au rythme où vont les choses, des blogueurs kényans pratiquement anonymes et totalement désintéressés auront réuni près de 10 millions d’euros pour nourrir leurs concitoyens affamés par une disette dérivant vers la famine. Dans le brouhaha international qui entoure la question de la faim dans la Corne de l’Afrique, la voix des responsables de Kenyans4Kenyans (« Kényans pour les Kényans ») n’est pas, loin s’en faut, facile à entendre. Et ils s’en moquent bien. Contrairement aux ONG internationales qui ont parié sur la nécessité de faire le plus de bruit possible pour attirer l’attention de la planète riche à la fois sur la Corne de l’Afrique et sur leurs propres activités, les inventeurs de cette campagne de solidarité n’ont pas de frais administratifs, pas de budget de communication, pas de flottes de 4 × 4 pour sillonner le pays.

Kenyans4Kenyans n’a pas non plus la prétention de vouloir tout faire. Mais il faut avoir vu un pays comme celui-ci, où les organismes humanitaires semblent parfois planter leurs drapeaux comme autant de conquêtes, pour comprendre la joie des Kényans à assurer eux-mêmes leur propre solidarité. A Nairobi, l’initiative est partie des cercles de blogueurs. Le pays traverse une nouvelle phase de sécheresse ? La faim rôde ? L’idée est venue de lancer un appel à la solidarité nationale en offrant de faire des donations par l’intermédiaire de systèmes de transferts de fonds par téléphone portable. Les sommes collectées devraient être versées sur un compte ouvert pour la Croix-Rouge kényane, faisant l’objet de vérifications scrupuleuses (certains animateurs de la campagne travaillent pour des compagnies d’audit). Les achats se feraient sur place. Pas de surplus des céréaliers occidentaux déversés sur le pauvre monde en profitant d’une année de mauvaises pluies…

D’autant que les aliments ne font pas défaut dans le pays. Certaines régions enregistrent même des récoltes record. Que ceux qui ont suffisamment donnent à ceux qui ont besoin, voilà l’une des bases de la générosité. Ce n’est pas la seule dans ce cas précis. Pour que le mouvement prospère, il fallait aussi l’un des éléments du génie national, le harambee. A l’occasion de tous les grands événements de la vie, des naissances aux décès, une assemblée se réunit pour une collecte dont le nom signifie « tirer ensemble » (et par conséquent dans la même direction). On organise un harambee pour qu’une fête de mariage puisse avoir lieu, pour qu’un enfant puisse aller à l’hôpital ou à l’université. Certains harambee sont tout petits, d’autres réunissent des centaines de personnes. Cette fois, l’appel à la solidarité s’est autotransmis au niveau national.

Sur Facebook et Twitter, d’abord, le message s’est répandu comme un feu de brousse, relayé ensuite par journaux, télévisions, radios. Et l’argent a commencé à affluer. Le Kenya a montré depuis plus de dix ans son avance en matière de transferts de fonds et de services divers par téléphone mobile. L’objectif était de réunir un peu plus de 200 millions de shillings (environ 2 millions d’euros). Il y a une semaine, on frôlait les 500 millions. Objectif à présent : le milliard ! Un élément de réflexion au moment où convergent vers la Corne de l’Afrique les célébrités qui courent les catastrophes de la planète. Au Kenya, nul besoin de people venus ôter un instant leurs lunettes fumées à côté d’enfants squelettiques pour vaporiser leur renommée d’un vague parfum d’altruisme.

La générosité kényane n’a pas eu besoin non plus qu’on mette la famine en chansons pour se propager. Mais d’autres risques menacent. Le harambee sert traditionnellement au personnel politique kényan pour faire sa promotion. Les ministres et députés, qui comptent parmi les mieux payés au monde, ont aussitôt tenté de s’emparer du mouvement en multipliant les donations en grande pompe, avec exhibition des classiques photocopies géantes de leurs chèques afin que les spectateurs puissent en vérifier le montant, même sans lunettes. Mais le mouvement des blogueurs a fait barrage à la manœuvre, exprimant au passage son exaspération face à une classe politique dont la corruption et le cynisme sont de moins en moins bien supportés.

Cette colère face à l’inaction des responsables politiques kényans va-t-elle s’étendre aussi à travers l’Afrique ? L’Union africaine devait se réunir pour décider d’un plan d’action continental face à la faim dans la Corne. Cette réunion a été repoussée jusqu’au 25 août, pour des raisons qui restent à expliquer. La plupart de ses membres, même dans les pays producteurs de pétrole qui affichent des taux de croissance à deux chiffres, ne semblent pas envisager d’organiser un harambee de chefs d’Etat.

Le journaliste sud-africain Justice Malala ne pardonne pas l’inaction de son propre président, Jacob Zuma, à la tête de la première puissance économique d’Afrique subsaharienne. Dans le Times de Johannesburg, il écrit : « Le président Zuma a engagé une campagne très énergique contre les bombardements par l’OTAN de la Libye de Mouammar Kadhafi. Il a parcouru la planète, rassemblant des soutiens pour ce dictateur, un homme qui est au pouvoir depuis quarante-deux ans, aussi incroyable que cela puisse paraître (…). Il n’a pas levé le petit doigt pour mettre en avant la souffrance de milliers de frères africains affamés, mourants, dans la Corne de l’Afrique. »

Lauréat du Prix Reporters d’Espoirs 2012, catégorie Presse-Humanitaire.

Paru dans Le Monde, le 12/08/2011, journaliste Jean-Philippe Remy

Un salon de beauté pour les femmes précaires

By Revue de presse, Société

Elles vivent du RSA et n’ont plus les moyens de s’occuper d’elles. C’est pour ces femmes que la coiffeuse Lucia Iraci a créé le salon social Joséphine : un lieu quasi gratuit pour les rendre belles et leur redonner confiance en elles.

Assise tout au bord du canapé, Barbara tire nerveusement les manches de son pull sur ses mains. Des cernes sombres entourent son regard. On sent qu’elle peut partir, s’enfuir à tout moment. Hier, elle a téléphoné pour avoir un rendez-vous et elle a certainement dû faire des efforts pour apporter aujourd’hui, comme on le lui a demandé, ses derniers relevés de RSA (Revenu de solidarité active). On s’affaire autour d’elle avec gentillesse et sourire. Peu à peu, Barbara se détend. Elle ne veut qu’un brushing. Non, pas de couleur. Ses cheveux bruns, elle tient à les teindre elle-même et, même s’ils sont abîmés, pas question de les couper. Barbara n’est pas son vrai prénom, mais c’est elle qui l’a choisi pour raconter son histoire, elle ne veut pas qu’on la reconnaisse. Barbara a honte. C’est le sentiment de beaucoup de femmes qui poussent la porte du salon social de l’association Joséphine pour la beauté des femmes, une idée géniale de la coiffeuse Lucia Iraci. Un lieu unique en France, récemment ouvert dans le quartier de la Goutte d’Or à Paris, pour les femmes en situation précaire qui n’ont plus les moyens de prendre soin d’elles.

Au départ, ces « clientes » devaient être envoyées par des associations, mais elles sont de plus en plus nombreuses à se présenter spontanément. Contre une participation de 3 €, elles peuvent, une fois par mois et en plusieurs fois, se faire coiffer, maquiller, bénéficier de soins esthétiques, de cours de gym et même de relooking et de prêt de vêtements si elles doivent passer un entretien d’embauche ou participer à un événement important. Toutes ont connu le chômage et vivent du RSA. Si elles sont mères de famille, elles sont monoparentales. Et si elles suivent une formation, elles la vivent comme un sursis car rien n’est moins sûr qu’obtenir un travail. Barbara se lève pour qu’on lui lave les cheveux. Cette belle femme de 46 ans, grande et très mince, est une ancienne danseuse. Maurice Béjart, Roland Petit, Philippe Decouflé… elle a dansé dans plusieurs troupes de ballets avant de devenir professeure indépendante. Et puis, il y a quatre ans, « un très gros pépin : viol plus agression » l’a immobilisée quatre mois à l’hôpital. Ensuite ? La chute. Barbara, qui vit au jourd’hui du RSA (460 € environ), est une habituée des Restos du coeur. Bientôt, elle doit commencer une formation d’auxiliaire de vie, et ce projet lui donne la force de continuer. Les cheveux brillants et bien lissés, elle accepte une manucure. Puis son visage s’anime : « Et d’accord pour le maquillage aussi. » Deux heures plus tard, après être passée entre les mains de Sarah Azan, la coiffeuse, et d’Anne Pellegrino, la maquilleuse, Barbara se regarde dans la glace : « Comme je suis belle ! » Et quand elle poursuit, les larmes aux yeux : « J’avais oublié cette image de moi », on est bouleversée devant ce miracle qui ne tient pas qu’à l’effet des artifices.

(Photo) Légende : Bac + 5 en marketing, Eglantine (en haut à gauche), 31 ans, est arrivée au salon complètement découragée. Dans trois jours, elle doit passer son huitième entretien d’embauche pour la même entreprise. Des postes différents à chaque fois, mais toujours le même refus. « Je me demande ce qui ne va pas ! Je ne dors plus et je n’ai plus du tout confiance en moi. » Plutôt que sa minijupe, Charlotte Rosier, styliste et conseillère en image, lui propose un tailleur-pantalon fluide. Eglantine s’épanouit. Son image lui plaît. Lundi, elle passera se faire coiffer et maquiller avant son rendez-vous.

Retrouver l’estime de soi, c’est le credo de Lucia Iraci qui ne s’étonne pas de voir les femmes arriver en ayant un air « normal ». Souvent souriantes et habillées à la mode parce que, aujourd’hui, « avec un jean et un T-shirt, on passe partout ». Petite femme rousse, faussement fragile, Lucia, qui semble sortir d’un tableau de Klimt, raconte : « Un jour, j’ai croisé dans la rue une femme “normale” avec, dans le regard, quelque chose qui ne l’était pas : l’envie de disparaître. Plus tard, il m’est souvent arrivé de parler avec des femmes assises par terre : autrefois, elles avaient été “normales”. J’ai eu des copines qui se faisaient battre par leur mari et qui, pourtant, continuaient à être “normales”. » Et elle éclate de rire en lançant : « Les femmes sont très fortes pour donner le change. » Lucia sait de quoi elle parle. Née en Sicile à la fin des années 50 dans une famille modeste, elle perd son père à l’âge de 3 ans. Elevée avec les cinq autres enfants par une tante et son grand-père, elle est placée, à la mort de ce dernier, dans un orphelinat avec sa soeur Joséphine. Sa mère, elle, part avec les autres enfants en France. Plus tard, elle reviendra chercher Joséphine mais pas Lucia, petite fille de 9 ans. Dans son orphelinat, elle attendra d’avoir 16 ans pour partir à Paris. Et c’est Joséphine, devenue coiffeuse, qui l’introduira dans le métier. « A l’époque, je ne me confiais jamais, raconte Lucia. Comme ces femmes ici, je ne parlais pas de moi, ou alors, jusqu’à la naissance de mes filles, je m’inventais une vie. » Pendant vingt ans, elle fait ses armes sur les plateaux des studios avec les plus grands mannequins et photographes. En 2000, elle ouvre son propre salon au coeur de Saint-Germain-des-Prés où dé – filent people et anonymes. « Mais il me manquait quelque chose, explique-t-elle. Je voulais aider les femmes mais je ne savais pas comment. » C’est son expérience auprès des mannequins qui l’a mise sur la piste. « Ces très jeunes filles, souvent paumées et seules car loin de leur famille, arrivaient parfois tellement éteintes que je me demandais comment on allait s’en sortir. Et puis, une fois maquillées et coiffées, elles devenaient sublimes sous les projecteurs. »

L’association Joséphine, du nom de la soeur tant aimée morte d’un cancer, est née de cette envie : rendre belles et remettre dans la lumière celles que la vie n’a pas épargnées. L’expérience commence en 2006 dans son propre salon, un lundi par mois. Puis elle se poursuit en banlieue parisienne auprès des mamans de la crèche Baby-Loup à Chanteloup-les-Vignes et dans des associations telles que Mission possible, Force femmes, Asmae, etc. Enfin, depuis le mois de mars, le salon Joséphine est ouvert dans le 18e arrondissement, grâce à des sponsors et à des mécènes (Mairie de Paris, Meetic, Macif, L’Oréal, Gemey…). Cet endroit qui, il y a encore trois mois, était « la maison des rats » comme le dit Olivia Montrobert qui s’est occupée des travaux et de la décoration, est un espace coloré et joyeux. Maya Wendling, qui cherche non-stop des partenaires, confie que, si le salon n’a que quelques mois de visibilité financière devant lui, elle est confiante dans l’avenir. En effet, le fonctionnement repose sur un dispositif légal qui permet de profiter du savoir-faire de professionnels libéraux en activité. Ainsi, à l’exception de trois salariés – Koura Keita, la coordinatrice, Sarah, la coiffeuse, et Anne, la maquilleuse –, tous les autres (avocat, expert-comptable, attaché de presse, décoratrice, esthéticienne, prof de gym…) donnent bénévolement de leur temps dans le cadre du mécénat social qui permet des déductions fiscales.

Aujourd’hui, Lucia a fugué de son salon du 6e arrondissement et elle coupe la chevelure brune de Myriam. « Réservée mais souriante, la jeune femme accepte de parler jusqu’à ce que, brusquement, ses larmes coulent. Elle est arrivée d’Algérie après son bac, avec une bourse pour un master 2 en biologie, mais, deux ans plus tard, son titre de séjour ne lui a pas été renouvelé. Sa bourse est interrompue et des arrêtés de reconduite à la frontière tombent en pleine période d’examens. « Sans le soutien de mes professeurs, l’aide des Restos du coeur et de RESF (Réseau éducation sans frontières) qui m’a aidée à obtenir le renouvellement de ma carte de séjour, je ne sais pas ce qui me serait arrivé. » Aujourd’hui, son master en poche, elle cherche un emploi et son titre de séjour est renouvelé tous les trois mois. Pour vivre au jour le jour et payer son loyer, elle a l’APL (Aide personnalisée au logement) plus les économies qui lui restent d’un job d’été dans un parc où elle nettoyait les allées et les toilettes.  à encore, après qu’on s’est occupé d’elle, Myriam s’anime et sort de sa réserve pour discuter avec les femmes qui l’entourent. C’est Khedija (53 ans) qui décrit sa formation en restauration collective et qui raconte qu’elle ne va jamais chez le coiffeur, trop cher pour elle. C’est Sabrina, mère célibataire de 33 ans, licenciée en droit et ancienne directrice d’un centre aéré, qui explique l’engrenage dans lequel elle est tombée après une grave maladie et la perte de tous ses droits. Elle cache à sa famille sa situation parce qu’elle espère s’en sortir. Après avoir passé un CAP petite enfance, Sabrina espère monter une micro-crèche grâce à l’aide de l’association Emergence.

Pendant ce temps, Kini, 58 ans, a retrouvé le sourire depuis que Charlotte Rosier, styliste et conseillère en image, lui a prêté une robe rouge et un long gilet noir qu’elle portera pour le mariage de sa fille. Quand elle est arrivée pour se faire coiffer, Kini ne voulait même pas enlever son manteau tellement elle se trouvait « moche et grosse ». Et, en même temps, elle craignait les critiques de sa famille (qui la juge dépressive) si elle restait en noir pour la cérémonie. Après un dernier petit café, Myriam affirme avoir retrouvé l’énergie nécessaire pour s’attaquer de nouveau au marché du travail. Et elle annonce qu’elle reviendra le lendemain avec son CV pour que Koura, qui reçoit en entretien personnel chaque femme qui arrive, lui donne son avis. Lucia Iraci voudrait aussi faire entrer dans la ruche une psychologue, une gynéco et une nutritionniste : « Pour papoter d’abord, profiter de conseils et, s’il le faut, être dirigée ailleurs. » Plusieurs salons sociaux sont aujourd’hui en projet : à Avignon, à Levallois-Perret, ailleurs dans Paris et dans le 93. Et parce que la gaieté est la politesse de Lucia, elle éclate de rire en disant : « Et comme ça, j’entendrai toujours prononcer le prénom “Joséphine”. »

Lauréat du Prix Reporters d’Espoirs 2012, catégorie Presse-Société.

Paru dans ELLE, le 08/04/2011, journaliste Marie-Françoise Colombani

Vitamine T dope la réinsertion

By Revue de presse

Quatorze sociétés, trois mille salariés, un bilan équilibré… le groupe lillois d’André Dupon remet sur les rails les laissés-pour-compte de l’économie de marché.

Drôle de chef d’entreprise, qui cite Jaurès et Malraux à tout bout de champ, tonne contre l’inefficacité des politiques antichômage et a décoré son bureau avec un patchwork africain. André Dupon, 54 ans, patron méconnu d’un étonnant groupe de trois mille salariés dans le Nord, incarne peut-être un nouveau type de dirigeants, de ces « idéalistes-réalistes » qui, en ces temps de remise en cause du capitalisme, tentent, vaille que vaille, de réconcilier le profit et le social.

A première vue, Vitamine T n’est qu’un banal holding chapeautant quatorze sociétés aux activités hétéroclites : intérim, maraîchage, recyclage des équipements électroniques, médiation dans les transports, nettoyage, boulangerie (voir encadré), restauration, entretien de vélos municipaux…L’extraordinaire, dans ce groupe ce sont ses salariés. « Beaucoup portent des bracelets électroniques», sourit André Dupon.  Anciens détenus, abonnés longue durée de Pôle Emploi, jeunes à la dérive, seniors  désœuvrés: les trois quarts reviennent de toutes sortes de galères.  Les autres sont des cadres techniques ou des travailleurs sociaux.

On vient bosser chez Vitamine T pour se remettre sur les rails. Avec un CDDI (CDD d’insertion)  de vingt-quatre mois.  Le temps de remettre sa vie à l’endroit, de retrouver un souffle professionnel.  Rongée par son illettrisme,  Hélène (pseudo) s’isolait du monde. Elle a remonté la pente, entre rhubarbe et tomates, aux Serres des Prés, filiale du groupe qui cultive et vend sur les marches fruits et légumes produits sur 3 hectares de maraîchage à Villeneuve-d’Ascq.  Aujourd’hui, elle cueille des haricots avec trois « collègues ». Bientôt, c’est elle qui proposera aux clients radis et carottes dans le chalet de vente directe à l’entrée du terrain. Un pas immense.  Elodie,  20 ans, serveuse au restaurant le Bec à Plumes, enfin sortie d’une timidité pathologique, se sent capable de travailler « malgré de gros soucis».  Elle va tenter une  première sortie d’une semaine dans un restaurant classique.

Bien sûr, il y a des échecs : des toxicos qui replongent, des jeunes qui laissent tomber.  Mais le groupe s’enorgueillit d’un taux de « sortie » vers un emploi ou un CDD oscillant entre 40 et 100 % suivant les sociétés. En trente-trois ans, ils sont ainsi 27 000 à avoir repris pied après un passage chez Vitamine T.

A ces entreprises dites  «d’insertion», l’Etat paie annuellement  9 681 euros pour un équivalent temps plein par salarié. André Dupon se défend de gérer des sociétés «assistées» :  «Nous recevons 13 % de notre chiffre d’affaires en aides.  Pas énorme, si l’on compte que, pour 1 euro de subvention, 2,30 sont reversés a la collectivité sous forme de fiscalité et contributions employeur. Sans compter les économies faites sur le chômage et les minima sociaux… » Dupon insiste : « Les comptes sont consolidés et donc équilibrés. Les sociétés déficitaires sont renflouées par celles qui gagnent de l’argent comme Envie 2E Nord, 10 millions de chiffre d’affaires, 600 000 euros de bénéfices. »

Envie 2E Nord, installée sur un ancien site de Thomson, est un peu le fleuron de Vitamine

T : sous un hangar de plusieurs milliers de mètres carrés, tels des monstres défaisant leur Lego, des machines géantes désossent des milliers d’ordinateurs,  téléviseurs ou appareils électriques pour récupérer leurs composants, jusqu’aux parcelles de métaux rares ou aux gaz contenus dans les mousses.

André Dupon est fier d’aller vendre en Chine ces métaux rares. Au départ, ce patron était… travailleur social. Pas très étonnant pour quelqu’un qui a grandi dans les orphelinats cathos.  Bébé, il a été soustrait à des parents maltraitants. Un éducateur, dit-il, l’a sauvé.  Beau cas de résilience. Logiquement, il a choisi le même métier.  Mais le job le laissait insatisfait. «La seule chose que réclament  les personnes en difficulté, c’est du boulot.  En les maintenant sous la protection de l’associatif, on ne les aide pas. » Dupon redoute l’excès de « compassionnel », à la longue contre-productif. Il veut fonctionner dans le système.  Pour lui, les structures spécialisées dans l’insertion ne doivent pas  «rester dans l’entre-soi ».  Ni redouter la confrontation avec le monde de l’entreprise.

«Sinon l’insertion devient un statut ».  Pour éviter cet écueil, « l’économie sociale et solidaire doit se décomplexer vis-à-vis du marché. On ne peut pas se développer uniquement avec des aides publiques.  Il faut une démarche économique pour atteindre un objectif social ».

Il n’a donc pas hésite lorsque Pierre de Saintignon, le bras droit de Martine Aubry à la mairie de Lille, ancien directeur de Darty, fondateur et président de Vitamine T, lui a demandé,  il y a dix ans,  d’intégrer le groupe.  Depuis, celui-ci a doublé son périmètre.  Il en est devenu le directeur,  puis il y a trois ans le président opérationnel.  Dupon a poursuivi dans la voie tracée par Saintignon : en continuant d’impliquer les entreprises  « classiques »  dans le développement du groupe.

Au conseil d’administration de Vitamine T,  on retrouve,  aux côtes de personnes issues du social, la fine fleur du patronat local : Maxime Holder  (boulangeries Paul),  Vianney Mulliez (Auchan), Yves Claude (Decathlon),  Bruno Bonduelle…Mais comment s’assurer de n’être pas un simple alibi à l’heure où toute entreprise -vertueuse ou pas- fait sa « com » en mettant en avant ses bonnes œuvres?  « Nous avons des exigences.  Les entreprises doivent signer des pactes d’actionnaires acceptant la non-rémunération du capital investi et le réinvestissement des bénéfices dans le développement du groupe. »

Les boulangeries Paul avaient du mal à recruter?  Elles sont devenues actionnaires de La Part du Pain, boulangerie du sud de Lille, filiale de Vitamine T. Mais à une condition : s’engager à prendre en CDI tous les jeunes présentés par cette structure d’insertion.  De même,  le groupe Adecco est entré dans l’actionnariat de Janus, filiale d’intérim du groupe.  Les marchés ne manquent pas. Ainsi, les salariés de Janus travaillent pour Veolia, quand ce groupe doit respecter un cahier des charges prévoyant des actions d’insertion.  Un effet domino qui insère un peu plus Vitamine T dans le tissu économique.

D’autres projets sont en cours.  Au rez-de-chaussée du siège, on croise un représentant d’Air France : considérant le succès de la récupération du matériel électronique, le patron de Vitamine T s’intéresse au démantèlement des avions.  Autre ambition : relocaliser du textile à Roubaix. En créant une société dans la banlieue lilloise, avec Suez Environnement, qui fabriquera des vêtements de travail actuellement produits au Bangladesh mais avec une qualité jugée insuffisante.

André Dupon se voit comme le patron normal d’une entreprise où les salaires vont de 1 à 8 fois le smic (sa rémunération).  Il ne doute pas du pouvoir d’attraction de son groupe pour des jeunes cadres bien formés. Son chargé de mission, Antoine Huchet,  33 ans,  est un brillant Sciences-Po, venu de Paris après avoir travaillé dans des agences pour le luxe et une grande marque de soda. « Je vais continuer d’embaucher des diplômés de grandes écoles, dit Dupon.  On ne nous regarde plus comme des ovnis.»  Son rêve?  Que l’économie sociale et solidaire finisse par être banalisée.  Sans pour autant perdre son âme.

 

Marie-Christine, au four et au social

Odeur de pain chaud, appétissantes viennoiseries : La Part du Pain, boulangerie près de la rue de

La Poste à Lille, est réputée pour la qualité de ses sandwiches. Mais la souriante patronne, Marie-Christine Tremblay, ne met pas les mains dans la farine. Bien trop occupée à soutenir ses employés, dégoter un toit à l’un, tenter de retarder le passage d’un huissier pour un autre, trouver une consultation médicale pour un troisième. Mais aussi former aux contraintes de la vie au travail, rappeler les consignes du maître boulanger.

Entreprise d’insertion, La Part du Pain compte plusieurs salariés envoyés par Pôle Emploi ou par les missions locales.  Marie-Christine, ancienne préparatrice en pharmacie, est aujourd’hui tout à la fois travailleuse sociale, patronne de boulangerie et aussi de restaurant. Car, à l’heure du déjeuner, on la retrouve derrière le comptoir du Bec à Plumes, autre entreprise d’insertion, un restaurant aux murs couleur citron et orange près de la fac de droit.

Ici aussi, Marie encourage, coache, forme. Deux commerces comme les autres, sinon qu’ils se sont engagés à embaucher en CDD d’insertion de deux ans des personnes en difficulté. « Nous avons réussi quand, au bout du parcours, ils entrent en CDI dans une entreprise classique », dit

Marie-Christine. Deux jeunes de la boulangerie démarrent bientôt dans une des fameuses boulangeries Paul, qui est partenaire. Pour La Part du Pam, c’est mission accomplie.

 

 

Vitamine T

2 918 salariés en 201 0

 

  • Maraîchage, entretien                     Médiation dans les                           Propreté, multiservices,

             d’espaces verts                               transports en commun                      rénovation de bâtiments….

 

-Les Serres des Prés                        -Médiapole                                        -Solutis

(60 salariés)                                  (193 salariés)                                      (855 salariés)

-La Ferme des Jésuites                                                                               -Vitavert

(61 salariés)                                                                                             (30 salariés)

-Solubat                                                                                                                                                                         (12 salariés)

 

  • Restauration,                                 Recyclage                                           Travail temporaire,

             Boulangerie                                  (électroménager, véhicules…)            placement, accompagnement

 

-Le Bec à Plumes                         -Envie Nord                                         -Janus

(7 salariés)                                  (110 salariés)                                              (1045 salariés)

-La Part du Pain                          -Envie 2e Nord                                    -L’Ucie Intérim

(10 salariés)                                (10 salariés)                                         (248 salariés)

 

  • Gestion municipale de vélos et parking

 

-Mobil’Lille

(40 salariés)

(En création)

 

Lauréat du Prix Reporters d’Espoirs 2012, catégorie Presse-Economie.

Paru dans le nouvel Observateur, le 16/06/2011, journaliste Jacqueline de Linares. 


Devenez accordeur de bon cœur

By Economie, Revue de presse

Une « banque de temps », où les talents sont l’unique monnaie d’échange : c’est sur ce principe, venu du Québec, que repose « l’accorderie ».

 La bonne idée Petits travaux de bricolage, dépannage informatique, aide aux devoirs : autant de menus services très précieux et qui peuvent coûter cher. La solution ? Devenir accordeur, c’est-à-dire membre d’une accorderie. « C’est un système d’échange non monétaire de services entre particuliers », explique Pascale Caron, une Française qui a vécu neuf ans au Québec. […]

 Pourquoi pas vous ?

Qui peut le faire ? Tout le monde, à condition d’avoir du temps et des talents à partager !

Chaque accordeur accède, via Internet, aux offres et aux demandes de services et gère son compte temps librement. Pour que le système marche,  il faut juste donner autant que l’on reçoit…

Quel budget ? Au Québec, 1 dollar canadien symbolique est demandé à l’inscription. En France, non seulement c’est gratuit, mais 15 heures sont offertes aux nouveaux adhérents.

Si vous voulez créer un réseau d’échanges, il existe les SEL (système d’échange local), qui fonctionnent sur un principe assez similaire. Les collectivités locales peuvent très souvent vous aider à les mettre en place.

> En savoir plus : accorderie.fr – selidaire.org

 

Reporters d’espoirs, pour Version Femina, extrait.