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Le Lab

Les « bonnes nouvelles » de Reporters d’Espoirs sont désormais disponibles sur l’Assistant Google

By Agenda, L'actu de Reporters d'Espoirs, Le Lab, Les articles, Société, Tech for goodNo Comments

Reporters d’Espoirs s’associe à l’Assistant Google pour mettre à disposition dès aujourd’hui l’application « Donne-moi une bonne nouvelle »

Vous avez envie d’être inspiré, de connaitre les initiatives qui apportent des réponses à des problèmes écologiques, sociaux, économiques, créent du lien social, de l’emploi et du sens ? Dites simplement à votre Assistant Google “Ok Google, donne-moi une bonne nouvelle” et il partage aussitôt avec vous une initiative porteuse de solutions !

Cette nouvelle application est disponible depuis le 11 juin 2019, à l’initiative de Reporters d’Espoirs, l’ONG pionnière du journalisme de solutions, qui fête cette année son 15e anniversaire. Experte des contenus, elle mise également sur l’innovation numérique au service de la diffusion d’une information qui donne envie d’agir.

Pour cette application, Reporters d’Espoirs a mobilisé Sophie Jovillard, Hugo Travers et Frédérique Bedos, journalistes et influenceurs des médias, qui lui prêtent leur voix. En 30 secondes top chrono, ils vous résument chaque jour une initiative, l’enjeu auquel elle répond, et son impact. Ces initiatives sont issues d’articles de médias d’information – parmi lesquels Le Monde, Le Figaro, France Inter, franceinfo, Reporterre, Socialter, L’InfoDurable, PositivR, La Vie, RTL, La Croix, L’Obs, Challenges, The Conversation, L’Express, TF1 ou encore LCI – résumés par l’équipe de Reporters d’Espoirs qui déniche les meilleurs contenus et les résume.

Les utilisateurs de l’application sont systématiquement invités à se diriger vers le site du média-source pour découvrir l’article intégral.

L’application « Donne-moi une bonne nouvelle » est accessible à tous les utilisateurs de l’Assistant Google dès aujourd’hui.

 

Comment ça marche ?

Votre smartphone est sous Android : soit l’Assistant Google est déjà activé, soit vous devez l’activer

Votre smartphone est sous iOs/Iphone : téléchargez l’Assistant Google ici

Une fois que votre Assistant Google est installé et activé, demandez-lui simplement « OK Google, donne-moi une bonne nouvelle » et laissez-le vous  inspirer !

 

Google DNI : Reporters d’Espoirs lauréat !

By L'actu de Reporters d'Espoirs, Le Lab, Partenaires institutionnelsNo Comments

Le Fonds Google pour l’innovation digitale dans les médias (DNI) a dévoilé le 21 mars les lauréats de son 6e appel à projets. Reporters d’Espoirs est heureux de faire partie des 21 organisations françaises distinguées, parmi 103 projets dans 23 pays.

La Dépêche du Midi, Konbini, le Groupe Ebra, Courrier International, Paris Normandie, Challenges, La Croix… et Reporters d’Espoirs ! Le projet « SoJoHub » (« Hub du Journalisme de solutions ») porté par notre association a été sélectionné par Google DNI.

De quoi s’agit-il ? D’une plateforme numérique qui mettra à disposition des journalistes, analystes et professionnels des médias, des données, bases d’initiatives et de reportages, afin d’aider ceux qui souhaitent progresser dans la voie d’un journalisme plus constructif, à disposer d’outils nouveaux.

A suivre !

> L’info sur le site du Google DNI

22/03/2019. How Storytelling Can Help With Measuring Impact For Your Social Enterprise

By Le LabNo Comments

The impact for an organization could be social, environmental or economic and is linked back to the original mission statement of the social enterprise. It is therefore important to be clear on the value of the enterprise. Understanding, measuring and communicating impact is crucial to engage stakeholders, existing funders and customers, and to create new connections.

 

[…] Storytelling can be a very effective means of measuring impact qualitatively from the stakeholders. It fosters a sense of belonging and pride for the stakeholders in the value and purpose of the organization which will, in turn, result in higher SROI.

 

Lire l’article en entier

Publié sur Forbes par 

Creative Strategist, Social Entrepreneur, Mental Health Campaigner

14/2/2019 . A Hambourg pour la Conférence 2019 du journalisme constructif

By Agenda, Le Lab, Les articlesNo Comments

Sarah Michot, envoyée spéciale de Reporters d’Espoirs en Allemagne, participe jeudi 14 février 2019 à la conférence sur le journalisme constructif de Hambourg.  Après une première édition en 2018, la Hamburg Media School et NDR Info organisent cette nouvelle journée constituée de conférences et d’ateliers sur le journalisme constructif, à l’initiative de Claudia Spiewak (NDR Info, NDR Radio) et du Docteur Stephan Weichert (Hambourg Media School).

 

Au programme
10.00 – 10.15 Uhr
Welcome!
Claudia Spiewak (Programmchefin NDR Info und Chefredakteurin NDR Hörfunk, Hamburg) & Prof. Dr. Stephan Weichert (Akademischer Studiengangsleiter Digital Journalism und inhaltlicher Programmleiter Digital Journalism Fellowship, Hamburg Media School, Hamburg)

Key Notes
10.15 – 11.00 Uhr

Never Let a Crisis Go To Waste: The Surprising Spread of Solutions Journalism
Tina Rosenberg (New York Times, Solutions Journalism Network, New York/ USA)

11.15 – 12.00 Uhr
De bonnes nouvelles sont aussi des nouvelles intéressantes – le journalisme constructif dans la pratique
Oliver Reinhard (Stellv. Leiter Feuilleton, Sächsische Zeitung, Dresden)

12.00 – 12.45 Uhr
Confucius, ombre et lumière: qui veut envoyer, doit pouvoir écouter !
Ellen Schuster (Head of Digital Programming, Deutsche Welle, Bonn)

13.45 – 17.30
Ateliers

  • Le journalisme de solutions pas à pas, par Tina Rosenberg (Auteur, New York Times, cofondatrice du SJN, New York / États-Unis)
  • Dis-moi où sont les miettes: recherche de sujets et identification pour constructivistes, Oliver Reinhard (directeur adjoint de Feuilleton, Dresde)
  • Développer et ancrer des sujets constructifs, dynamiser le travail éditorial, par le Dr. Christian Sauer (coaching et formation pour professionnels des médias, Hambourg) & Ulf Grüner (formation en ligne pour la radio et la télévision suisses)
  • Comment les approches constructives de l’interview conduisent à des réponses plus originales et à des interviews plus intéressantes par Marina Riester (Formatrice en médiation, chargée de cours à l’Université des Arts de Berlin) & Elke Sandtner (Rédactrice en chef à DW News)
  • Les meilleures pratiques en matière de journaux télévisés par Marcus Bornheim (Rédacteur en chef adjoint, ARD-aktuell)
  • Les meilleures pratiques de NDR: le podcast « Perspectives », par Birgit Langhammer (Journaliste, NDR) et Jenny Roth (Rédactrice,  NDR)
  • Les discours de haine sur le net – Promouvoir et contrôler un dialogue constructif
    Dr. Stephan Weichert (Akademischer Studiengangleiter Digital Journalism und inhaltlicher Programmleiter Digital Journalism Fellowship, Hamburg Media School, Hamburg) & Dr. Leif Kramp (Forschungskoordinator des Zentrums für Medien-, Kommunikations- und Informationsforschung (ZeMKI) der Universität Bremen, Bremen)
  • Voir le monde avec les deux yeux. Exemples et expériences de la télévision, de la radio et des médias sociaux
    Ellen Schuster (Head Digital Programming Deutsche Welle, Bonn)

17.40 – 18.00 Uhr
Débriefing –
Speed dating avec 10 participants à l’atelier

Conférence animée par Adrian Feuerbacher (Responsable de l’information à NDR Info).

> Informations (en allemand) sur le site de Hambourg Media School

> Inscription

1/02/2019 . Reporters d’Espoirs en dialogue à Lourdes avec la Fédération des médias catholiques

By Agenda, Le Lab, Les articlesNo Comments

Gilles Vanderpooten, directeur de Reporters d’Espoirs, est invité des 23èmes Journées Internationales Saint François de Sales, qui se tiennent à Lourdes les 30 et 31 janvier et 1er février 2019. Il parlera de journalisme constructif aux côtés du journaliste italien Michele Zanzucchi.

Ces journées coordonnées par François Ernenwein, rédacteur en chef et grand reporter à La Croix, est à l’initiative notamment de la Fédération des médias catholiques. Elle est placée cette année sous le signe de « Journalisme et convictions ».

> Découvrir le programme de l’événement

 

4/12/2018 : « Changer l’info, impacter le monde : quels outils pour les journalistes et les médias ? » Dernières places pour l’atelier Reporters d’Espoirs à Nextdoor Issy-les-Moulineaux

By Agenda, L'actu de Reporters d'Espoirs, Le Lab, Les articlesNo Comments

Reporters d’Espoirs vous invite le mardi 4 décembre à 18h à Nextdoor Issy-les-Moulineaux à l’événement « Changer l’info, impacter le monde » :

Renforcer le lien avec les audiences, répondre aux demandes nouvelles du public : quels outils pour les journalistes et médias ?

Les citoyens demandent aux médias, et plus particulièrement aux journalistes, de ne plus se contenter de traiter des malheurs du monde. Et de témoigner, aussi, de réponses concrètes, de prise d’initiative, de perspectives. A l’heure du 3.0, ils exigent aussi une information moins descendante.
Comment répondre à cette double aspiration des audiences à avoir des médias plus participatifs et orientés ‘solutions’ ?
Quels outils permettent d’appréhender les demandes nouvelles des audiences, et de proposer des interactions nouvelles ?

La soirée se déroulera en 2 temps :

Introduction et animation par Gilles Vanderpooten, directeur de Reporters d’Espoirs

  1. Présentation de deux études réalisées par Reporters d’Espoirs,
    par Anais Dedieu, chargée d’études au Lab Reporters d’Espoirs
  2. Table ronde : « Renforcer le lien avec les audiences, répondre aux demandes nouvelles du public : quels outils pour les médias ? » (30 mn)
  • Cyrille Frank, directeur de l’ESJ Pro Medias Paris. Fondateur de Mediaculture.fr et des Eclaireursdelacom.fr
  • Sanjay d’Humières, fondateur de RTCX
  • Amina-Mathilde N’Diaye, de Make.org
  • Eric Scherer, directeur de la Prospective à France Télévision
  • Mariette Darrigrand, sémiologue, spécialiste du discours médiatique, chroniqueuse à France Culture, Le secret des sources

Un temps de questions-réponses aura lieu avec le public.

30/11/2018 : « Médias et vérité », Reporters d’Espoirs à la rencontre de 188 lycéens de Villefranche-sur-Saône

By Agenda, L'actu de Reporters d'Espoirs, Le LabNo Comments

Reporters d’Espoirs est invité dans le cadre d’un atelier sur le thème de « Médias et vérité » auprès des élèves de terminale du Lycée Notre Dame de Mongré (Villefranche-sur-Saône), le vendredi 30 novembre.

Amener les jeunes à réfléchir sur leur rapport à l’information et à exercer leur esprit critique face à toute l’information qu’ils peuvent lire, entendre et voir, voici le but de cette expérience auquel participe Reporters d’Espoirs aux cotés de journalistes et experts.

À l’ère des « fake news », dépêches en continu et sources multiples d’information, comment s’y retrouver ? Comment se faire son avis ?
Pour le journaliste, quelles évolutions du métier ?

Quelles méthodes de travail pour assurer la fiabilité de l’information ?

Anaïs Dedieu interviendra auprès de 188 élèves pour les sensibiliser au journalisme de solutions. Elle leur expliquera pourquoi le relai d’initiatives innovantes et constructives par les médias, dans les domaines économiques, sociaux et environnementaux, peut susciter l’envie d’agir auprès du plus grand nombre.

À travers cette expérience, les étudiants seront invités à tester leur esprit critique et à réfléchir aux attentes qu’ils ont envers des médias.

La presse face au numérique : quelle place pour l’engagement ? Mercredi 30 mai 2018

By Agenda, Le Lab, Les articles, Partenaires institutionnelsNo Comments

Pour la sortie du 50ème numéro d’Essentiel Santé Magazine réalisé en coopération avec Reporters d’Espoirs, Joseph Deniaud, président de l’Union Harmonie Mutuelles et François Rosso, président du comité éditorial organisent au Conseil  économique, social et environnemental  (9, place dIéna – Paris 16) une table ronde : La presse face au numérique : quelle place pour l’engagement ?

François Siegel, (We Demain), Aurélien Preud’homme (Viavoice), Christophe Leroux (Ligue contre le cancer), Florian Meyer (CFDT), Denis Vannier (Ouest Médialab) … participeront, entre autres, à ce débat prospectif.

Stéphane Junique, président d’Harmonie Mutuelle et vice-président de la Fédération nationale de la Mutualité Française, interviendra en clôture de cette rencontre.

Inscription : essentielsantemagazine@harmonie-mutuelles.fr

 

Le Parisien veut positiver avec « Le Parisien Week-end » et embarque Reporters d’Espoirs dans son n°1 #FRSOL

By FRSOL2017, L'actu de Reporters d'Espoirs, L'actu des médias, Le LabNo Comments

Paris – Le quotidien Le Parisien/Aujourd’hui en France lance ce vendredi une nouvelle formule du « Parisien Magazine », son supplément de fin de semaine, rebaptisé « Le Parisien Week-end » et qui se veut délibérément optimiste et axé sur la détente.

« Ce nouveau +Parisien Week-end+, disponible aussi avec Aujourd’hui en France, nous l’avons voulu optimiste et positif« , a expliqué Laurent Guez, le directeur de la rédaction du magazine, dans les colonnes du journal, qui veut ainsi proposer à ses lecteurs une « parenthèse enchantée« .

« Ceux qui vivent des semaines stressantes et chargées pourront décompresser avec ce +supplément de plaisir+ qui mise sur l’élégance, la modernité« , avance-t-il.

[…] Le premier numéro de cette nouvelle formule contient notamment des sujets sur l’ONG Reporters d’espoirs qui fait connaître des initiatives positives,

Source : Le Parisien veut positiver avec « Le Parisien Week-end » – L’Express L’Expansion

Petite Philosophie de la Solution – Première Partie

By FRSOL, Le LabNo Comments

Voici une question qu’on se pose souvent : « Quelle est la solution ? ». On nous la pose aussi souvent, et il n’est pas rare d’entendre comme réponse à notre idée que ce n’est pas la « bonne solution ». Parfois, plus drastiques encore, nous disons que quelque chose « n’est pas une solution ».

Une solution semble avant tout être une réponse. Une réponse à quelque chose qui s’est passé. L’étymologie du mot nous porte vers l’action de délier, d’effacer en séparant. En trouvant une solution, on trouve la façon de délier une situation emmêlée. Quelle est cette situation qu’on doit démêler ? Immédiatement, le binôme « problème – solution » vient à nos esprits. A partir du problème, on trouve la solution. Sa solution. Mais là, on brûle peut-être les étapes, mal conseillés par nos livres de mathématiques de l’école primaire. Nos maîtresses d’école nous demandaient de trouver la solution à un problème, mais le problème même était construit pour que nous trouvions une seule solution, la bonne. Résoudre le problème correctement mais de façon non orthodoxe était d’habitude source de trouble et de perplexité pour le pouvoir qui régnait sur la classe ! La structure même du problème, en fait, dépendait de la solution requise par un certain stade du programme.

Sortis des classes, les élèves font très vite face à des situations qui nécessitent des solutions, mais hélas bien plus floues que les problèmes que leurs professeurs leur assignaient. La volonté de satisfaire les contraintes des parents et les souhaits des camarades est un premier exemple de ce malaise. Ou encore, la nécessité de conjuguer le temps à passer avec le petit-ami et celui à dédier à la gymnastique. La nécessité de trouver une solution, d’agir, est posée avant tout par un malaise, un ennui (dans le sens de John Locke, précurseur des Lumières) –ou encore, dans les mots du pragmatisme américain, par une irritation de l’esprit. Le sujet mal à l’aise, irrité, doit trouver une façon d’agir pour remédier à cette sensation désagréable. À nouveau, pour la deuxième fois, l’étymologie nous vient en secours : « problème », en effet, est un mot venant du grec, et signifie ce qu’on a devant soi, obstacle. Avoir un obstacle devant soi, signifie que le sujet doit choisir dans quelle direction aller. Le malaise, donc, pousse à chercher une solution, engageant le choix d’une direction, qui elle-même reflète une interprétation du malaise, et définit alors le malaise comme un problème précis, passible d’action. Sans une solution qui illumine le malaise, qui le transforme en problème à résoudre, l’irritation reste et toute action est simplement aveugle. Qu’est-ce qu’un malaise sans solution, nous le verrons bientôt.

Pourquoi une solution doit-elle par essence pouvoir se répéter?

Mais trouver une solution au malaise ne signifie simplement pas le faire cesser. L’alcool et l’opium faisaient bien cesser temporairement le malaise des ouvriers anglais au XIX siècle, mais personne ne se songerait jamais à définir ces derniers comme des solutions. En effet, rien n’était démêlé par cette réaction au malaise. La pelote du malaise est bien démêlée si le malaise ne se reproduit plus, ou du moins, s’il y a une amélioration.Une solution doit avant tout s’évaluer sur sa portée  et sa répétabilité. Autrement dit, elle doit pouvoir être répétée en garantissant à chaque fois le même résultat attendu.

Voici un exemple qui nous aide à comprendre l’importance de la répétition comme critère essentiel de la définition d’une solution : ces cinq dernières années ont vu parmi les citoyens du Royaume Uni un malaise s’accroitre en ce qui concerne le chômage, le pouvoir d’achat, le sens de l’autonomie, ou encore l’appartenance ethnique et religieuse. Des formations et des acteurs politiques, dont le UKIP de Nigel Farage et, le conservateur Boris Johnson (ex maire de Londres), ont interprété le malaise comme étant le problème des contraintes imposées par l’Union Européenne au Royaume Uni. Ainsi, la solution à ces malaises était simplement la sortie du pays de l’Union. La logique du problème-solution a convaincu un nombre suffisant de citoyens pour que le référendum choc du 23 Juin 2016 penche en faveur de la sortie, le célèbre Brexit. En dépit des nombreux (et très médiatisés) repentants du Brexit, le résultat du referendum est vu comme un succès par les personnalités politiques qui ont poussé au referendum, et par la constitution d’une majorité au sein de l’électorat. Or, le Brexit peut-il être réellement vu comme une solution ?

 

Même sans juger ses conséquences pour l’Angleterre, le critère de la répétabilité semble mal respecté. En effet, comme pour tous les mouvements sécessionnistes, le risque est l’engendrement de contre-mouvements sécessionnistes qui cherchent à combler leur nouveau malaise par une répétition de la première solution, répétition souvent reçue assez froidement par ceux qui ont réalisé la solution en premiers. Concrètement, peu après le vote, le gouvernement Ecossais –qui n’a guère apprécié le résultat du Brexit,  a explicitement signifié vouloir répéter la même solution, en proposant un référendum pour décider de son indépendance face à l’Angleterre. Autrement dit : l’Ecosse, estimant que leur malaise était causé par leur appartenance au Royaume Uni qui venait de s’engager vers la sortie de l’Union Européenne, a de la même façon, considéré que la solution paraissait être la sécession avec le Royaume-Uni afin de rester dans l’Union Européenne. Entonnement, les premiers sécessionnistes n’ont pas du tout apprécié l’émulation et ont vite répondu qu’une répétition de la solution était « hors de question ». Visiblement, la solution incarné par le Brexit, a rapidement atteint ses limites quand à sa répétibilité…

 

Pourquoi tant se soucier de la répétabilité d’une solution ? Parce que, comme suggérait l’économiste Herbert Simon, nous sommes dans une situation continue d’économie cognitive : en d’autres termes, les informations, le temps et le pouvoir de réflexion sont limités dans la vie de tous les jours, une bonne solution doit être répétable dans des cas similaires à venir ou déjà présents, pour ne pas devoir recommencer le processus d’identification du malaise, de ses sources et des actions pouvant le soulager. Plus précisément, comme le Brexit nous le montre, il semble s’agir d’une répétition en perspective, ou réciproque : lorsqu’une solution est envisagée par certains, ils doivent considérés les effets pour ceux qui la subissent, ainsi la juger digne d’entre mise en avant (donc bonne) , c’est accepter d’être la partie qui subit la solution dans un contexte similaire mais dans la position renversé.

 

Mais comment pouvons-nous mieux comprendre cette idée du malaise ? Surtout, est-il possible d’y voir quelque chose de plus objectif ? Dans une vision plus scientifique, nous pouvons relier le malaise à la notion d’anomalie. Percevoir une anomalie, troublante et irritante, c’est percevoir un écart par rapport à nos attentes. Nos attentes peuvent être informées par des théories, comme dans le cas des sciences, mais aussi par la projection dans l’avenir de ce qui s’est passé jusqu’au présent : cette projection du passé dans le futur n’est évidemment pas neutre, mais inclue aussi des émotions, des jugements de valeurs, des idéologies, qui nous apprennent à voir la réalité d’une certaine façon et à y rechercher certains éléments comme plus désirables que d’autres.

 

Voyons donc à quoi cela nous porte, à partir d’un autre phénomène récent qui a eu beaucoup d’écho dans les médias et apparemment dans les esprits : le « burkini ». Sans se perdre dans sa complexe genèse on peut dire que le burkini, une tenue très couvrante qui permet –selon ces proposants– aux femmes de profiter de la plage tout en observant les prescriptions de la décence islamique, a créé un malaise parce qu’il s’agit d’une anomalie. Pas nécessairement une anomalie morale, mais une anomalie statistique : à partir des années Cinquante, nous avons constaté une progressive diminution de la portion de corps couverte par le maillot de bain, et un phénomène qui semble aller à l’envers de cette tendance est anormale. Si ceci est objectif, la codification du problème qui engendre le malaise, donc l’identification de la cause de l’anomalie, suit de la solution envisagée. Dans les sciences, la pire réponse à une anomalie est donnée par une « hypothèse ad hoc », quoi que parfois il s’agit de la seule réponse possible face au risque de devoir abandonner la théorie tout-court. Une hypothèse ad hoc ressemble à quelque chose comme : « la théorie T explique toutes les instances d’un certain phénomène X sauf l’instance particulière X1 ». Naïvement, on dirait que c’est l’exception qui confirme la règle, mais il n’en faut pas beaucoup pour comprendre que les exceptions ne confirment absolument jamais la règle. Un exemple de solution ad hoc regardant l’anomalie du burkini semble être une réponse légale qui simplement le déclare hors loi : « La Loi garanti aux citoyens le droit d’exercer leur liberté à condition que celle-ci ne soit pas nuisible aux autres sauf dans le cas du burkini ». Cette solution encadre le malaise dans un problème de vide juridique et en tant que tel y fait face. Mais est-elle réellement répétable ? Un système scientifique peut rester efficace avec une, deux, trois anomalies par defaut de mieux, mais un nombre excessif d’anomalies démêlées par des hypothèses ad hoc vont finalement entrainer la crise et la défaite de la théorie même : un effort législatif excessif ciblant le principe de la liberté individuelle, en outre de n’être pas viable au niveau de la démarche politique, risque finalement de remettre en discussion le principe même de la liberté individuelle. C’est une solution qui n’indique pas un chemin, qui ne peut pas être objet de répétions vertueuses, mais qui plutôt doit être clonée – et une caractéristique des clones est de maintenir tous les traits de l’originale, faiblesses inclues.

 

Comment agir, comment répondre à une anomalie comme le burkini sans avoir recours à une hypothèse ad hoc ? La solution, qui codifie le problème en même temps qu’elle décrit comment le démêler, peut suggérer d’agir sur deux éléments : sur les acteurs de l’anomalie, ou sur la perception même de l’anomalie?

 

Tommaso W. Bertolotti