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48h pour l’Europe des solutions : immersion des lauréats du Prix européen Jeunes Reporters d’Espoirs 2025

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Par Théo Criscuolo/Reporters d’Espoirs

Lundi 15 et mardi 16 septembre 2025, Reporters d’Espoirs a réuni à Paris cinq des six lauréats du Prix européen Jeunes Reporters d’Espoirs pour deux journées d’échanges, de rencontres et d’inspiration. Ces jeunes reporters, âgés de moins de 30 ans, ont été récompensés pour leurs reportages sur les grands défis économiques, écologiques, sociaux et culturels qui traversent l’Europe.

Journée 1 : des rencontres sous le signe de la transmission

Tout commence autour d’un déjeuner avec Mémona Hintermann, grand reporter et ancienne membre du CSA. Témoin de conflits majeurs, de la chute du mur de Berlin aux guerres du Moyen-Orient, elle partage avec les lauréats son regard sur le journalisme, fait de rigueur, d’engagement et de résilience. Un moment privilégié qui prend des allures de dialogue entre générations.

Début d’après-midi. Les jeunes reporters poussent les portes du Figaro, accueillis par Anne Rovan, journaliste qui durant six années a été la correspondante du journal à Bruxelles. Elle leur livre les coulisses d’un journalisme européen exigeant, où il s’agit de rendre lisibles des institutions complexes, tout en montrant les forces souvent méconnues de l’Union. Bien que critiquée, l’Europe sait aussi faire preuve de solidarité entre États membres, rappelle-t-elle. Et si le sujet peine à captiver le grand public, une clé réside dans la manière de les raconter : donner de la « chair », c’est-à-dire incarner les enjeux en parlant de personnes réelles, plutôt que rester dans un registre purement technique et institutionnel. Une leçon qui résonne particulièrement auprès des lauréats, soucieux de placer l’humain au cœur de leurs récits.

Challenge Reporters d’Espoirs Europe : 1 soirée, 40 invités de marque rassemblés autour des 5 lauréats

C’est à Europa Expérience que la journée se poursuit, avec la cérémonie de remise des Prix. Cinq lauréats sur les six récompensés sont dévoilés ce soir-là, et prennent la parole devant un public de 40 personnalités issues des mondes médiatique, économique, politique et culturel. Au-delà de la remise des prix, la soirée prend la forme d’un laboratoire d’idées. L’objectif : réfléchir à la manière dont les médias peuvent « donner envie d’Europe » aux citoyens. L’enjeu est clair : à travers une information à spectre large, capable de montrer à la fois les problèmes et les initiatives pour y répondre, les journalistes ont un rôle essentiel pour redonner confiance dans la démocratie européenne et la coopération des peuples et des nations.

Trois ateliers thématiques rythment la soirée dont deux conçus en collaboration avec Making Tomorrow, qui apporte sa méthode de design-fiction pour stimuler la créativité et projeter les participants dans des scénarios inédits. Un atelier “biodiversité” sur “comment les médias peuvent fédérer les Européens sur la préservation de leur patrimoine naturel”, un atelier “numérique” ou “comment les médias peuvent donner envie de souveraineté numérique européenne”, et enfin un atelier animé par Maxime Verner, centré sur la question “comment les médias peuvent donner envie d’Europe aux jeunes ?”.

Entre discours des lauréats, débats et ateliers, la soirée a offert un moment unique de dialogue, où s’est dessinée une vision commune : replacer l’Europe au cœur du récit médiatique, non pas comme un sujet technique ou institutionnel, mais comme une histoire collective à laquelle chacun peut prendre part.

Jour 2 : de l’AFP à France Médias Monde, plongée dans les coulisses des rédactions

Le lendemain, les lauréats ont vécu une immersion au sein de grandes rédactions. La matinée débute au siège de l’AFP (Agence France Presse), par l’observation de la conférence de rédaction. Puis un échange nourri s’engage avec Marianne Barriaux, adjointe à la rédaction en chef pour la région Europe et Juliette Michel, adjointe au service Planète. 

Créé en 2022, ce service est devenu l’une des deux priorités stratégiques de l’AFP avec le numérique. Juliette Michel explique comment l’agence a choisi de mêler ses journalistes environnement à ceux de l’économie pour créer des synergies inédites : couvrir ensemble les activités économiques qui affectent le climat et la biodiversité. Le dispositif fonctionne si bien que le sujet infuse désormais dans tout le réseau, avec des référents identifiés pour structurer et porter cette dynamique.

Quant au journalisme de solutions, l’AFP applique une méthode exigeante, adaptée à son cas de figure spécifique, reposant sur quatre règles : 

  • Vérifier si l’angle est nouveau
  • S’assurer qu’il peut trouver un écho dans d’autres pays
  • Écrire simplement, sans jargon
  • Évaluer la crédibilité des solutions

Les rédactions sont très demandeuses de ce type de contenus porteurs d’espoir nous affirment nos interlocutrices. Et cela répond aussi à une préoccupation croissante : la santé mentale des publics, de plus en plus éprouvés par la surabondance d’informations anxiogènes.

Au fil des échanges, d’autres défis contemporains se font jour : la difficulté à produire des nouvelles positives face à l’urgence des crises, les conditions de travail des correspondants en Ukraine, ou encore le rôle de l’IA perçue comme un véritable enjeu pour l’avenir de l’agence. Enfin, les lauréats découvrent l’ampleur du travail de fact-checking mené par l’AFP, par une équipe de 100 journalistes dédiés dans le monde.

Après-midi. Cap sur les locaux du groupe France Médias Monde qui réunit notamment la radio RFI et la chaîne d’information France 24. Après une visite guidée des locaux, des plateaux TV et des salles de rédaction organisée par Ségolène Allemandou, rédactrice en cheffe d’ENTR, les lauréats rencontrent l’équipe d’ENTR. 

ENTR est un réseau de journalistes européens qui produit des vidéos à dimension transnationale, spécialement conçues pour les réseaux sociaux. Particularité : les contenus ne sont pas simplement traduits, mais adaptés aux publics de chaque pays, afin de toucher les jeunes générations là où elles s’informent et avec des formats qui leur parlent. L’équipe présente une série consacrée à l’environnement, pensée avec une approche de journalisme de solutions. Les vidéos mettent en avant des initiatives concrètes, réplicables et impactantes, ancrées dans différents territoires européens. Une manière de montrer que l’Europe n’est pas seulement une institution, mais aussi un vivier d’innovations et de réponses communes aux défis globaux.

Cette présentation fait écho aux discussions de la matinée à l’AFP : qu’il s’agisse d’une agence internationale de presse ou d’un média jeune et numérique, une même ambition se dessine. Les rédactions cherchent à intégrer l’environnement et le journalisme de solutions au cœur de leurs pratiques, répondant à une demande de plus en plus forte des publics et à un enjeu de société majeur.

De ces deux journées, une conviction ressort : l’Europe a besoin de nouveaux récits. Ces jeunes reporters, curieux, engagés et inventifs, sont prêts à les écrire. Grâce à cette immersion entre figures emblématiques du journalisme et coulisses de grandes rédactions, ils repartent avec des clés, des contacts, et une certitude : l’information européenne peut être vivante, proche des citoyens et porteuse d’avenir.

Qu’ont pensé les lauréats de leur séjour parisien ?

Esther Lubanza (République Démocratique du Congo, Kinshasa)

« En seulement 48 heures, le Prix européen Jeunes Reporters d’Espoirs a bouleversé ma vision et marqué un tournant dans mon parcours. Le concours, l’accompagnement et le Challenge du lundi m’ont portée bien au-delà de mes attentes. Moi qui pensais poursuivre en communication, j’ai découvert une évidence : le journalisme de solutions est ma voie. Ces rencontres et cette énergie collective m’ont donné confiance et l’envie de transmettre, à mon tour, des récits porteurs d’espoir. »

Amel Louzguiti (France, Lyon)

« La vie est faite de rencontres, dont certaines peuvent changer votre regard sur le monde, pour le mieux et pour longtemps. Reporters d’Espoirs fait exactement cet effet ! Le Prix, l’accompagnement, les visites que nous avons partagées m’ont offert le souffle nécessaire pour oser. Il m’a confirmé le rôle du journalisme de solutions pour éclairer le monde, servir l’intérêt général et semer des idées qui font naître de nouvelles perspectives et parfois, beaucoup. »

48 h pour vivre l’Europe des solutions

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Le 3Prix européen jeunes Reporters d’Espoirs a été décerné à Paris, en février dernier, à sept jeunes originaires du Danemark, de Suisse, de France… et même du Sénégal ! L’équipe de Reporters d’Espoirs a embarqué les lauréats à la rencontre de journalistes de l’AFP et du « Figaro », et d’experts des enjeux européens. Retour sur ces deux journées. Paul Chambellant, 22 ans et futur étudiant en journalisme qui a contribué à l’organisation de ce Prix en tant que service civique, retrace ces deux journées. Quant à Angélica Tarnowska, globetrotteuse et journaliste correspondante de Reporters d’Espoirs au Royaume-Uni, elle revient sur la soirée organisée en leur honneur à la Gaîté Lyrique, à Paris.

Par Paul Chambellant et Angélica Tarnowska/Reporters d’Espoirs

 

Lundi 12 février 2024
Le rendez-vous est donné à 13 h au Caffe dei Fratelli, dans le 1er arrondissement de Paris.

C’est là que nous rencontrons Pierre Terraz, Amélie Reichmuth (venue de Suède), Emilie Andrieux et Sami Zaïbi (venu de Suisse), 4 des 7 lauréats décorés par ce Prix européen du jeune reporter, pour un déjeuner aux accents italiens. Alors, pâtes ou pizza ? Les choix diffèrent selon qu’ils soient pigistes, correspondants, data journalistes, photoreporters… ou professeurs, un ami de Sami nous ayant rejoints. Si lui est un profane du monde journalistique, les lauréats quant à eux y sont immergés : qu’ils soient issus d’une école ou formés sur le terrain, ils se destinent tous au journalisme. L’occasion de se découvrir des points communs insoupçonnés et de s’émerveiller devant des parcours d’ores-et-déjà inspirants. Amélie parle six langues, Pierre a appris le photojournalisme en autodidacte après une école de communication, Sami vient de s’installer au Caire pour y apprendre l’arabe et devenir correspondant, Emilie maîtrise déjà l’art des infographies… De vrais couteaux suisses !

 

14 h 30.
L’heure de rejoindre les locaux de Reporters d’Espoirs pour rencontrer les membres de L’Atelier Europe – Patrick d’Humières, Gabriela Martin, Aymeric Bourdin et Michaël Malherbe. 

Au programme : une discussion sur l’état de l’Europe, les défis des élections et de la mandature à venir et le rôle de vulgarisation des journalistes. A la fois européens convaincus et analystes critiques des institutions, ils s’engagent dans la poursuite du projet européen à travers voyages d’étude et analyses des révolutions écologique et industrielle. Nous abordons des sujets aussi variés que le difficile arbitrage européen de l’intelligence artificielle après la « révolution manquée » d’Internet, la communication européenne en matière de politique environnementale, ou encore les enjeux posés par l’hypothèse d’un élargissement de l’Union Européenne en pleine guerre à ses frontières. Les lauréats ont su s’affranchir de l’aspect un peu académique de la rencontre, s’inspirant de leurs expériences de terrain pour interroger l’indépendance des journalistes européens et la pertinence d’un Pacte Vert à l’échelle européenne.

 

17 h.
Cap sur les imposants locaux de l’Agence-France Presse (AFP), place de la Bourse à Paris.

Septième étage, vue imprenable sur Paris. Nous rencontrons Guillaume Rollin, rédacteur en chef du service vidéo de l’AFP, Cécile Feuillatre, journaliste au service international, Kadir Demir, journaliste au service vidéo, et Coline Sallois, chargée de communication et de projets, pour une heure de questions-réponses sur les coulisses de leur métier, la couverture des terrains de conflits, le sort des journalistes palestiniens à Gaza, les choix éditoriaux d’une rédaction d’envergure internationale… Tous sont journalistes multi-tâches, tantôt en « desk » tantôt sur le terrain, et chez chacun résonne l’idée que le sigle AFP doit rester un gage d’indépendance et de qualité de l’information. Nous visitons ensuite la newsroom, clignotant de mille feux au rythme d’une actualité mondiale qui s’affiche sur une multitude d’écrans, avant de libérer les lauréats pour la soirée.
Voilà qui vient conclure cette première journée passée sur la route de l’info !

 

Mardi 14 février, 9 h 30.
Rendez-vous avec Renaud Girard, grand-reporter au « Figaro ».

Une lauréate est arrivée avant les autres : Cristina Coellen, étudiante autrichienne en école de journalisme à Paris. Bientôt rejoints par les autres lauréats, nous découvrons ensemble les bâtiments somptueux du Figaro, s’étendant sur une dizaine d’étages. C’est un Renaud Girard souriant et pensif qui nous y accueille, grand reporter au Figaro et spécialiste des crises et conflits mondiaux. Kosovo, Israël, Afghanistan, Ukraine, Irak… Lui qui a couvert toutes les guerres depuis 1984 s’en souvient avec vivacité, avec silence aussi parfois. C’est que le « souffle de l’histoire » qu’il a senti passer à de multiples reprises semble toujours l’habiter aujourd’hui, l’invitant à la contemplation. Il fait l’éloge de la lenteur sur les terrains en conflit, comparant les journalistes à des « historiens de l’instant ». Prendre le temps de la compréhension, choisir une histoire à raconter qui parle des gens et aux gens pour mieux rendre compte de la réalité : il faut montrer qu’on a été sur place, qu’on peut apporter de la valeur ajoutée. Inspirés par le personnage, son érudition et son parcours, nous prenons une photo de groupe pour immortaliser ce moment hors du temps, butte Montmartre en arrière plan. Et quittons le journal, nous prêtant à rêver nous aussi de pouvoir sentir le souffle de la grande histoire sur le terrain d’un reportage.

 

 

Mardi, 19h.
Soirée de remise des Prix et conférence de rédaction « Médias : donnez-nous envie d’Europe », à la Gaîté Lyrique, à Paris.

C’est donc à la Gaîté Lyrique que s’est tenu le final, mardi 13 février au soir, avec la 3édition du Prix européen jeunes Reporters d’Espoirs. Dans une effervescence positive, tous se sont retrouvés pour découvrir les sept lauréats sélectionnés parmi 140 candidats. L’objet du concours ? Réaliser un reportage sur des réponses concrètes apportées à un problème économique, social ou environnemental, avec une dimension européenne. Le défi ? Nous donner envie d’Europe ! Alexia Kefalas, correspondante de France24 et du Figaro, venue tout spécialement d’Athènes, menait la danse avec brio. Une soirée ponctuée des croquis plein d’humour signés Serge Bloch.

Le Best-of des Jurés

Chacun des jurés présents a évoqué le sujet qui l’a le plus enthousiasmé : Nicole Gnesotto, vice-Présidente de l’Institut Jacques Delors, a salué le reportage de Pierre Terraz, « Morts sous X », pour son originalité, la dignité et la délicatesse de son traitement. Étienne Pflimlin, à la tête de la Fondation du Crédit Mutuel pour la lecture, a retenu le sujet d’Émilie Andrieux, « Étudiants secouristes en santé mentale à l’Université de Bordeaux ». Patrick d’Humières, pionnier de la réflexion sur les médias et l’Europe, a été touché par le sujet d’Amélie Reichmuth, « Danemark : Grâce à Elderlearn, l’intégration devient un vecteur de lien social ». « Dans une société divisée, repliée sur soi et avec la peur des autres, ce projet valorise une Europe intergénérationnelle, où au contact des anciens, des réfugiés peuvent resocialiser, revivre, c’est un beau signe d’espoir », partage-t-il. Christophe Leclerc, fondateur d’Europe Média Lab, a lui aimé le sujet de Sami Zaïbi, « Samsø et l’énergie renouvelable, l’utopie devenue réalité ». Enfin, Dorothée Merville, Directrice générale de la Fondation Hippocrène, a choisi l’article de la journaliste autrichienne Cristina Coellen, « Extraire la chaleur des eaux usées, une technique de chauffage durable à la conquête des villes européennes ». « On y voit comment les solutions locales peuvent être répliquées partout et ce sujet donne envie d’Europe ! », commente-t-elle. Un vrai bon point car l’Union Européenne est assez dépréciée.

L’Europe mal-aimée et ses institutions méconnues : une image à redorer !

« L’Europe est devenue un bouc émissaire. Brisons ce cercle vicieux, ayons l’honnêteté de reconnaître les conquêtes nées d’une impulsion européenne et arrêtons de pointer les technocrates ! Car ces derniers, moins nombreux que les fonctionnaires de l’Île-de-France par exemple, sont souvent des jeunes, qui gèrent de Bruxelles une administration qui concerne 450 millions d’Européens », explique Paolo Levi, correspondant italien de « La Stampa » et de l’Agenzia Nazionale Stampa Associata  (Ansa). « L’Europe n’est pas un projet accompli mais une construction en cours ! », renchérit Bernard Guetta, Député européen Renew et journaliste. « Pour beaucoup, l’Europe reste une entité approximative et un pouvoir quasi-martien : Bruxelles est la capitale de la Belgique, mais accueille aussi les trois institutions de l’Europe, Conseil, Parlement et Commission. Or la place qui leur est consacrée dans les médias reste faible. On commence à peine à évoquer les débats au Conseil ou au Parlement européens… En défendant l’Europe, c’est un cri de besoin et de nécessité que je lance ! », conclut Bernard Guetta. Pour François Vey, rédacteur en chef des revues « Zadig » et « Légende », l’Europe des nations existe déjà : « La majorité du pouvoir est détenue par le Conseil européen, c’est lui qui tranche car il tient les cordons de la bourse ». Reste à faire découvrir la réalité de l’Union européenne, « trop souvent perçue comme ennuyeuse », explique Éléonore Gay, qui lui donne corps justement avec son émission « Nous les Européens », sur  France 2. Elle ajoute : « Mais les cartes ont été rebattues par la guerre en Ukraine. Les gens manifestent une curiosité nouvelle pour les équilibres géopolitiques. Des valeurs communes comme la paix resserrent les liens. À nous journalistes de faire aimer l’Europe ! ». 

Pitch des lauréats et conférence de rédaction

Venus d’Europe et même d’Égypte, il est temps pour les cinq lauréats [deux lauréates n’ont pu être présentes : Ndeye Fatou Toure (Sénégal) et Marie Dougnac (Bordeaux] de pitcher leur reportage afin de déterminer le sommaire idéal d’un journal dédié à l’Europe. Émilie démarre : « un étudiant sur six a une santé mentale dégradée. Depuis 2019, une formation australienne en secourisme psychologique se propage. À Bordeaux, 1 000 étudiants de fac la suivent, plus de 80 % sont prêts à aider leurs pairs, un franc succès pour des gestes qui peuvent sauver des vies ». Pour Mémona Hintermann, grand reporter, « voilà un grand sujet de société, car face aux 200 000 tentatives de suicides par an, il manque plus de 1 000 psychiatres en France ». Amélie a elle suivi l’association Elderlearn, qui a déjà créé au Danemark 1 600 binômes d’anciens, souvent trop seuls, avec des immigrés, qui veulent apprendre, avec 80 % de retours positifs ! Une idée lumineuse qui a tout pour s’exporter, pour une société inclusive et résiliente. Christina pitche : « L’eau peut avoir une seconde vie grâce à l’aquathermie, une technique réplicable partout ». Et Sami raconte Samsø, la première île autonome en énergie. « Les Danois sont ultra-pragmatiques, note Éléonore Gay, ils se sont organisés, ont confiance en l’autre, sont actionnaires de l’éolien, c’est un modèle visité par des groupes du monde entier ». Mémona Hintermann souligne : « là, c’est l’Europe qui marche ! ». Bernard Guetta note : « Européens, constructifs, passionnants, ces reportages sont parfaits pour l’ouverture des pages société, ils feront des émules ». Le sujet retenu par la majorité pour trôner en Une sera celui de Pierre Terraz qui a voulu savoir où était enterré « son » SDF, et a découvert le cimetière des Jardins de la Fraternité et ses tombes « sous X », à Thiais (94), où, avec, les collectifs de citoyens qui recherchent les familles de ces milliers de morts de la rue sans identité (migrants, vieux, corps retrouvés dans une rivière, bébés abandonnés… ». Bernard Guetta ponctue : « si je parle comme le directeur de rédaction que j’ai été à « L’Obs » et à « L’Expansion », alors le sujet sur les morts sous X, on achète, c’est intriguant, c’est forcément le sujet retenu pour faire la Une ».

Qu’ont pensé les lauréats de leur séjour parisien ?
Amélie Reichmuth et Sami Zaïbi témoignent. 

Avec deux Erasmus à Sciences Po, Amélie Reichmuth, franco-allemande basée en Suède et mariée à un Danois, est résolument européenne. Elle se passionne très tôt pour le journalisme de solutions et avait déjà postulé au Prix européen du jeune reporter les années précédentes, une persévérance payante ! « Les visites organisées par Reporters d’Espoirs la veille étaient formidables, une occasion d’échanger avec des reporters de renom comme Renaud Girard, de voir comment pitcher un sujet, et aussi de tisser des liens entre lauréats aux profils très variés, autodidactes comme moi ou sortis d’écoles de journalisme. Débats à bâtons rompus, avis engagés… la soirée était formidable ! Seul petit regret, on aurait aimé que le public aussi participe par vote à la conférence de rédaction. » 

Sami Zaïbi, lui, a particulièrement aimé la visite à l’AFP : « on utilise tous les jours leurs dépêches, découvrir la mécanique et le nombre de journalistes dédiés à l’info était fascinant ». Curiosité, amour de l’écriture et de la transmission, le Tuniso-Suisse a étudié à l’Académie du Journalisme à Neuchâtel, « avec Serge Michel, Prix Albert Londres, le journalisme constructif y était évoqué plus que vraiment enseigné ». Journaliste chez « Le Temps », il a pris une année sabbatique pour apprendre l’arabe en Égypte, mais continue de rédiger une newsletter hebdomadaire sur le Moyen-Orient: « Elle s’intitule « Le Point du Jour » et comporte une rubrique Une Raison d’Espérer… Pas toujours simple à alimenter ! »

Prix européen du jeune Reporters d’Espoirs : rendez-vous samedi 18 novembre en clôture des Tribunes de la presse de Bordeaux pour découvrir le 1er lauréat !

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Avec le « Prix européen du jeune reporter », Reporters d’Espoirs encourage les jeunes francophones du monde entier à se faire acteurs de l’information, à pratiquer l’écriture en langue française, et à diffuser la connaissance d’initiatives constructives à l’échelle de l’Europe. Dédié aux 15-30 ans quels que soient leurs parcours et études, le Prix va soutenir 6 reportages écrits, couvrant des problèmes et des initiatives qui contribuent à une société européenne inspirante, solidaire et durable.

Le premier des 6 lauréats sera dévoilé ce samedi 18 novembre à 12h30 à l’occasion des « Tribunes de la presse de Bordeaux », événement majeur du paysage culturel bordelais dont Reporters d’Espoirs est partenaire, et ce en présence d’Alain Rousset, Président de la Région Nouvelle-Aquitaine. Et sera publié dans le journal Sud-Ouest.

Le jury est cette année est composé de :

8 journalistes et grands reporters : Christine Buhagiar de l’AFP, Eléonore Gay de France Télévisions, Jon Henley de The Guardian (UK), Alexia Kefalas correspondante du Figaro, du Point et de France 24 (Grèce), Paolo Levi correspondant de La Stampa et Ansa (Italie), Jean Quatremer de Libération, et deux indépendants, Solenn Cordroc’h et Olivier Weber ;

3 dirigeantes et dirigeants de fondations : Etienne Pflimlin de la Fondation du Crédit Mutuel pour la lecture, Dorothée Merville de la Fondation Hippocrène, Christophe Leclerc de la Fondation Europe’s Media Lab ;

et 2 experts et enseignants, Patrick d’Humières de CentraleSupelec et Nicole Gnesotto du CNAM et de l’Institut Jacques Delors.

Les 12 candidats en présélection pour leurs reportages sont :

  • Emilie Andrieux (France) A l’université de Bordeaux, on sensibilise les étudiants sur la santé mentale
  • Laura Bannier (France) De nos toits à nos assiettes
  • Juliette Boffy (France), Aux armes démocratiques, citoyens !
  • Thibaut Camboulives (France), L’art du faire-ensemble pour lutter contre le déclin démographique
  • Cristina Coellen (Autriche), Extraire la chaleur des eaux usées, une technique de chauffage durable à la conquête des villes européennes
  • Marie Dougnac (France), La construction en terre crue, armée face au béton ?
  • Amélie Reichmuth (France), Danemark : grâce à Elderlearn, l’intégration devient un vecteur de lien social
  • Marie Senécal et Zachariel Cossette-LeBlanc (Canada), La résilience à la grecque
  • Edward Sfeir (Liban), Les biocités : solution aux problèmes d’aujourd’hui et de demain
  • Pierre Terraz (France), Morts sous X
  • Fatou Toure (Sénégal), L’ONG Village Pilote, une lueur d’espoir pour les enfants des rues
  • Sami Zaïbi (Suisse), Samsø et l’énergie renouvelable, l’utopie devenue réalité

Ces 12 candidats ont été présélectionnés parmi 140 candidats. 6 d’entre eux vont se partager la dotation de 10 000 euros, en début d’année 2024 à l’occasion d’un événement célébrant les 20 ans de Reporters d’Espoirs.

Qui sera le lauréat ou la lauréate dévoilé aux Tribunes de la presse samedi 18 novembre ?

L’un des six lauréats du Prix sera dévoilé en clôture des Tribunes de la presse, samedi 18 novembre à 12h30 au TNBA – Théâtre National de Bordeaux en Aquitaine, en présence d’Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine et Gilles Vanderpooten, directeur général de Reporters d’Espoirs. Le reportage lauréat sera publié dans le journal Sud-Ouest.

Découvrez la passion sous toutes ses facettes lors de la 13e édition des Tribunes de la Presse !
De la politique aux relations amoureuses, de l’Histoire à la presse, des guerres aux passions qui gouvernent notre monde, plongez dans un tour d’horizon passionné.
Historiens, journalistes, écrivains, philosophes, responsables politiques et chercheurs seront présents pour partager leur vision de la passion et susciter le débat.

Entrez dans le débat avec Cédric Villani, Laure Adler, Hubert Védrine, Eric Fottorino, Gilles Clément, Florence Burgat, Emma Becker, Alain Rousset, Catherine Millet, Gaspard Koening, Mazarine Pingeot, Alain Juppé, Rose-Marie Lagrave, ou encore Barbara Stiegler.

Six lieux sont dédiés pour accueillir les plénières, débats, ateliers, cartes blanche et autres rencontres durant tout l’évènement. Toutes les infos à retrouver sur www.tribunesdelapresse.org

La déclinaison européenne du Prix Reporters d’Espoirs créé en 2004

Le Prix Reporters d’Espoirs met à l’honneur depuis 2004 les journalistes, innovateurs des médias, et étudiants-futurs professionnels des médias, pour leurs sujets traités sous l’angle « problème + solution ». Il a distingué plus de 120 lauréats depuis sa création, et célèbre en 2023 sa 13e édition.

Le Prix a permis à des journalistes de défendre leur travail au sein de leur rédaction, de gagner en notoriété auprès du public, de maintenir ou développer leurs rubriques, de convaincre leur média de la pertinence du journalisme de solutions, etc.

Le Prix s’inscrit dans la mission de Reporters d’Espoirs « pour une info et des médias qui donnent envie d’agir ».

Le Prix européen du jeune reporter est organisé avec le soutien de la Fondation du Crédit Mutuel pour la lecture (grand mécène), de la Fondation Hippocrène, du CFC Droit de copie, et du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Parmi les médias partenaires : Le Figaro, Sud-Ouest, Euradio, VoxEurop, Le Taurillon, la Revue demos ou Jeune Afrique.

50 organisations sont partenaires-relais de l’opération, en Europe et dans l’espace francophone parmi lesquelles de nombreuses Alliances Françaises et Instituts Français (Autriche, Togo, Malte, Manchester, La Haye, Madagascar, Lituanie, Cameroun, Hambourg…) ; ou encore les Clubs de la Presse de France, de Bretagne, de Bruxelles ou du Québec..

Pour retrouver les informations sur le Prix & les Tribunes de la presse : www.reportersdespoirs.org/prixeuropeen
www.tribunesdelapresse.org

 

« Le problème principal de l’Europe, c’est qu’elle se vend extrêmement mal » – Jon Henley, journaliste et correspondant au Guardian et membre du jury du Prix européen du jeune reporter

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Jon Henley œuvre au journal britannique The Guardian, pour lequel il a été correspondant dans plusieurs pays d’Europe au cours des trente dernières années. Membre du jury de notre Prix européen du jeune reporter en 2023, il aborde pour nous son parcours, sa vision de l’Europe et son expérience au sein de ce média indépendant.

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