
L’été 2026 vient de commencer et nous battons déjà des records.
Fin juin, la France a enregistré la température moyenne nationale la plus élevée depuis le début des relevés en 1947 ; à peine un mois auparavant, une semaine de chaleur de niveau exceptionnel a déclenché la première alerte canicule de l’année et la première à avoir jamais été annoncée en mai.
Et c’est toute la biodiversité – flore, faune et donc…humains – qui en pâtit. Mais des solutions fondées sur la nature existent pour nous protéger des impacts des canicules, notamment en ville.
Les effets nuisibles de la chaleur urbaine
Avec la crise climatique vient une augmentation de la fréquence, de la force et des effets des évènements de chaleur extrême. Parmi eux, les dômes de chaleur, qui retiennent et compriment l’air chaud au-dessus d’une certaine zone pendant plusieurs jours d’affilée en raison d’un système de haute pression atmosphérique. Ils agissent comme un couvercle sur une casserole et empêchent la chaleur de s’échapper. Cela cause aussi une augmentation de la pollution de l’air, car il ne circule pas.
Couplé avec le réchauffement climatique plus globalement, les canicules deviennent de plus en plus fréquentes et précoces. La vague de chaleur de ce printemps en est un bon exemple : elle a suivi une semaine douce voire fraîche pour la saison, avec des températures semblables à celles que nous connaissons habituellement en août.
Les canicules sont généralement plus difficiles à supporter pour les citadins : plus de béton qui emmagasine et dégage de la chaleur, appartements sans climatisation ni volets, moins d’accès aux espaces verts ou ombragés. Dans l’ensemble, ces facteurs contribuent au développement des îlots de chaleur urbains. Les villes atteignent des températures plus importantes et des niveaux de pollution plus élevés que dans les milieux ruraux, où la nature atténue la chaleur plus immédiatement que les bâtiments.
La chaleur extrême est dangereuse pour la santé humaine : l’exposition prolongée à la chaleur augmente le risque de naissances et de décès prématurées, de crises de santé mentale et de problèmes rénaux.
Pour la flore et la faune qui peuplent les villes, les canicules provoquent souvent du stress hydrique. Il est ainsi plus difficile pour eux de se tempérer et de rester hydratés — augmentant leur mortalité. De plus, le changement rapide entre des températures habituelles et les températures élevées perturbe les rouages de ces organismes, particulièrement quand une vague de chaleur arrive des semaines ou des mois plus tôt que dans une année moyenne.
Le vivant, véritable climatiseur de la nature
Dans une ère de canicules fréquentes, pouvoir refroidir les villes est vital. Pour cela, l’intégration d‘espaces verts en milieu urbain fait partie des meilleures stratégies. Par exemple, le projet européen “LIFE-myBUILDINGisGREEN” montre que la végétalisation des toits et murs permet de baisser les températures d’intérieur de 4 à 6°C et de réduire la consommation d’électricité pour le rafraîchissement des bâtiments de plus de 11 %.
Une étude publiée en 2022 et menée par l’INRAE et EarthWatch a conclu que, à condition qu’ils soient taillés et entretenus, les arbres en ville refroidissent efficacement l’air grâce à leur ombrage et à l’évapotranspiration, qui transfert l’eau de la terre à l’atmosphère. Ils nettoient et purifient aussi l’air. Bien que cela puisse varier selon les espèces, une équipe de chercheurs suisses a découvert que les arbres urbains peuvent absorber entre 4 et 19 % des émissions anthropiques de PM10, de petites particules inhalables issues de la pollution atmosphérique.
Au-delà des bienfaits physiques, la biodiversité peut aussi être une inspiration pour trouver des solutions climatiques. Par exemple, la biomimétisme et la bio-inspiration s’inspirent des systèmes, des structures et des processus de la nature pour mettre au point des solutions. Au Zimbabwe par exemple, des architectes comme Mike Pearce se sont inspirés des termitières pour créer des bâtiments qui s’auto-ventilent et ne nécessitent pas de climatisation. L’intérieur de ces bâtiments peut rester 10°C plus frais que la température extérieure.
Ce n’est là qu’un exemple parmi d’autres de la manière dont le fait de puiser son inspiration dans la nature peut aider à trouver des solutions ingénieuses.
La biodiversité, une opportunité de renouveler le traitement médiatique de la crise climatique
Malgré les connaissances sur ces solutions inspirées ou fondées sur la biodiversité pour lutter contre les canicules, le discours autour de ces événements météorologiques se concentre sur la chaleur elle-même plus que leurs causes ou leurs solutions. Les médias manquent ainsi une opportunité cruciale de couvrir ces phénomènes météorologiques sous l’angle du journalisme de solutions, avec une approche constructive et inspirante pour les acteurs de la société.
Relier biodiversité et climat est également l’occasion de sensibiliser les publics sur le fait que leurs crises sont étroitement liées : la nature a un effet sur le changement climatique, et vice-versa. Par ailleurs, quand nous parlons d’adaptation, nous parlons aussi de logement, de sécurité alimentaire, d’économie, de société, de santé. Parler des solutions face aux canicules revient donc à irriguer les différentes rubriques médiatiques en rappelant que ces notions composent un système complexe et interconnecté.
Deux conseils concrets : parler aux chercheurs pour mieux comprendre les liens entre la biodiversité et le climat, et regarder notre base de données, Le Plus, pour trouver des initiatives qui correspondent aux enjeux discutés dans vos articles, s’inspirer et réfléchir aux pistes pour aller plus loin.









