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L’info vous épuise ? Ce que disent les études sur le journalisme de solutions

By 9 octobre 2026No Comments
L’info vous épuise ? Voici ce que disent les études (et leurs solutions)

42 % des gens évitent l’info au moins parfois. En 2017, ils étaient 29 %. Le journalisme de solutions apaise-t-il vraiment ceux qui la fuient ? Les études répondent clairement sur l’émotion. Sur l’action, elles divergent.

Lundi 28 septembre, la newsletter Time To Sign Off relayait un graphique d’Oxford Economics. D’après ce graphique, le moral économique de la zone euro est au plus haut depuis le rebond post-Covid, en décalage avec le récit médiatique ambiant

L’info pèse sur ceux qui la reçoivent, et ils le disent eux-mêmes. Selon le Digital News Report 2026 du Reuters Institute for the Study of Journalism, 42 % des personnes évitent l’info au moins parfois, contre 29 % en 2017. L’enquête porte sur 97 520 répondants dans 48 marchés.

Pourquoi ? Dans l’édition 2025, 39 % des personnes qui évitent l’info disaient le faire parce qu’elle pèse sur leur humeur. Le Reuters Institute distingue deux profils : ceux que l’info n’intéresse plus, et ceux qui s’en protègent parce qu’elle les submerge. C’est à ces derniers que s’adresse le journalisme de solutions.

Une autre façon de raconter

Le journalisme de solutions enquête avec la même rigueur sur la façon dont des personnes ou des organisations répondent à un problème. Il ne cache pas le problème. Il documente ce qui fonctionne, les preuves, les limites et ce qu’on peut en apprendre (Media Psychology, 2025).

Qu’est-ce que cela change dans la tête du lecteur ? Quatre résultats.

1. Il fait mieux comprendre

Dans une étude du Solutions Journalism Network et de l’Engaging News Project (2014, 755 adultes américains), les lecteurs d’un article avec solution avaient le sentiment de mieux connaître le sujet.

2. Il suscite des émotions plus favorables

Dans une expérience randomisée, les lecteurs d’un article présentant une solution efficace se sentaient moins mal et jugeaient mieux l’article et la solution que ceux d’un article sans solution ou avec une solution inefficace (McIntyre, Journalism Practice, 2019, lien vers la thèse associée en accès libre).

3. Il renforce la confiance dans l’action collective

Plus de 400 adultes américains ont lu un article sur des inondations aggravées par la crise environnementale. Ceux qui ont lu la version “solutions” se sentaient plus positifs, croyaient davantage à l’action collective et envisageaient plus volontiers des gestes pour l’environnement, comme un don à une association (Environment and Behavior, 2024 ; résumé de l’Université d’Oregon).

4. Il apaise

Dans une expérience préenregistrée auprès de 730 Allemands (Journalism Practice, 2025, sur la déforestation et les déchets électroniques), une analyse exploratoire suggère que les articles contenant une solution réduisent les émotions négatives.

Une autre expérience (Science Communication, 2025), sur la crise environnementale, montre que ces récits augmentent la croyance que les réponses proposées fonctionnent, pour soi comme pour le collectif.

Ce que les études établissent, et ce qu’il reste à démontrer

Ce qui tient. Sur l’émotion, les résultats concordent. Une revue de 22 expériences (Newspaper Research Journal, 2023) conclut que le journalisme de solutions agit sur l’émotion des lecteurs sans équivoque. Une revue plus récente (2026) précise que les effets les plus solides et les plus réguliers sont émotionnels, suivis des effets sur la compréhension.

L’étude de Science Communication (2025) va plus loin. Son autrice la présente comme la première à montrer que des articles de solutions sur la crise environnementale augmentent la conviction que les réponses fonctionnent, pour soi comme pour le collectif.

Ce qu’il reste à démontrer : le passage à l’acte. Sur l’action, les effets sont plus faibles et moins réguliers.

L’étude de 2024 mesure des intentions d’agir, pas des gestes. Ses auteurs rappellent que ces intentions peuvent être freinées par de nombreux facteurs. Chez McIntyre, les lecteurs se sentent mieux, mais leurs intentions et leurs comportements ne bougent pas (thèse). Dans l’étude de Science Communication, les émotions positives ne prédisent pas le soutien aux politiques climatiques.

Une expérience allemande (Media Psychology, 2025, 803 participants) donne une piste. Une solution seule n’a eu aucun effet. Une solution racontée a produit des effets, y compris sur les intentions pro-environnementales et le soutien aux mesures de protection du climat. La solution compte, et la manière de la raconter aussi.

Deux précautions. L’étude de 2014 a été menée avec le Solutions Journalism Network, qui défend cette approche. Sa réplication de 2016 confirme que les lecteurs se disent plus inspirés ou optimistes. Plusieurs autres écarts de 2014 n’y sont plus significatifs.

Ce qu’on peut en retenir

Le journalisme de solutions apaise, donne le sentiment de mieux comprendre et renforce la confiance dans l’action collective. Les études le montrent. Pour aller de la confiance à l’action, la solution doit être bien racontée, et elle ne suffit pas seule.

Un journalisme qui se réclame de la preuve doit accepter qu’on lui applique la même exigence.

Et vous, quelle information avez-vous lue récemment qui vous a donné envie d’agir plutôt que de tout fermer ?

Sources

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