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Rédaction

Le Parisien, La Croix, Libération : bonnes nouvelles, solutions et héros à l'heure du Réveillon

By Revue de presseNo Comments

31 décembre : c’est l’heure des bilans et des rétrospectives pour l’année 2015. Zoom sur quelques médias qui ont choisi de mettre en Une des raisons de se réjouir, ou mieux encore, des initiatives porteuses de solutions concrètes.

leparisien-cover-31122015Le Parisien titre « N’oublions pas les bonnes nouvelles », et met en avant 15 initiatives et histoires, « certaines hypermédiatisées, d’autres injustement passées inaperçues »

«Les bonnes nouvelles sont toujours retardées et les mauvaises ont des ailes. » Cette formule de Voltaire s’applique parfaitement à 2015. L’ultra-violence terroriste, la montée de l’intolérance et la persistance du chômage ont plané sur l’année qui s’achève. Mais au moment du bilan, il est important de regarder au-delà de ces nuages menaçants. On y découvre d’autres histoires, belles, authentiques, toutes porteuses d’espoir. Et puisque l’heure des bonnes résolutions approche, en 2016, promis, nous accorderons à ces informations la place qu’elles méritent. Sans retard.

Edito de Frédéric Vézard, directeur adjoint de la rédaction du Parisien
Le Parisien, 31 décembre 2015

Sur le site du Parisien
> Retrospective : les beaux moments de 2015
>
Rétro 2015 : de vraies raisons de se réjouir malgré tout

lacroix-cover-31122015La Croix met à l’honneur des héros « ordinaires » qui « font le bien sans faire de bruit »

Parmi eux : « Aman Bejaoui : Sauver des vies au Bataclan », « Sidonie Flahaut : Améliorer le quotidien de la « jungle » de Calais« , ou encore « Arash Derambarsh : En finir avec le gaspillage alimentaire »

Fidèle à sa ligne éditoriale, « […] La Croix a voulu aujourd’hui rendre hommage à tous ceux qui, jour après jour, font le bien sans faire de bruit. Ils sont présents partout. Auprès des blessés, des malades, des réfugiés, des esseulés, des égarés. Ce qu’ils font est souvent peu de chose mais, selon l’expression désormais consacrée, « ils font leur part ». Et c’est grâce à la somme de tous ces petits gestes que le tissu social ne craque pas, que l’humanité reste debout. Telle est la force faible de la bonté. Elle sera toujours présente dans l’année qui vient. C’est pourquoi nous pouvons y entrer l’esprit lucide mais le cœur en paix. […] »

 

Sur le site de La Croix
> L’édito de Guillaume Goubert, directeur de la rédaction
> Les bonnes nouvelles de 2015

liberation-cover-27-12-15Et toujours… : Libération récidive avec la 9e édition du « Libé des Solutions », un numéro spécial créé en 2007 avec Reporters d’Espoirs

Paru lundi 27 décembre, le 9e Libé des solutions fait la part belle à l’économie collaborative et l’économie du partage, mais aussi à des enseignants qui innovent dans leur pédagogie, à des chercheurs qui anticipent les conséquences du réchauffement de la planète, ou encore à des architectes qui œuvrent au « logement sur-mesure ».

"COMMENT JE ME POSITIONNE FACE À CET ENJEU CITOYEN ?"

By Non classéNo Comments

Lorsqu’on les interroge sur la question de leur engagement, les journalistes expriment des opinions divergentes qui renvoient au débat sur la neutralité journalistique. Pour Jean-Baptiste Comby, le militantisme écologique des années 70 serait devenu moins prégnant et les sujets moins politisés, au fur et à mesure que se serait institutionnalisée une nouvelle spécialité journalistique – celle de l’environnement.

 

√ JE RAPPORTE LES FAITS, RIEN QUE LES FAITS

«  Mon avis n’intéresse pas les auditeurs. Je suis là pour rapporter ce qui se passe, les opinions, les débats, les arguments, les contre-arguments. Après, ce que mon auditeur fait de l’information médiatisée, je n’en sais rien. Le journaliste ne peut pas s’inventer avocat, médecin, politique, agriculteur, psy ou militant écolo. Peut-être que vous avez rencontré des journalistes militants mais moi, je ne fais pas de choix politiques pour mes auditeurs. »  Anne-Laure Barral

 

√ RESTER « NEUTRE » N’EST PAS TOTALEMENT ÉVIDENT

« Si je fais mon travail de journaliste, en donnant la parole à tout le monde, en établissant les faits, en croisant les sources, j’avoue que rester totalement « neutre » n’est pas évident quand on suit les sujets environnementaux. Car plus on creuse, plus on enquête, plus on se rend compte de la gravité de la crise environnementale dans tous les domaines (climat, biodiversité…) et de la nécessité urgente de la résoudre. On se rend compte qu’il en va du devenir de l’humanité, de nos conditions de vie sur Terre. Or beaucoup d’intérêts privés freinent toute action en ce sens, de façon souvent cynique, révoltante. Il me semble qu’il est de mon devoir de dénoncer cela, en me basant toujours sur des sources solides et en citant celles-ci. Et de montrer qu’il existe des alternatives crédibles au système actuel. Un journaliste est aussi un citoyen. » Coralie Schaub

 

√ JE MONTRE DES SOLUTIONS POUR AIDER NOS SOCIÉTÉS À RAISONNER AUTREMENT

« Ma priorité ultime en tant que journaliste et citoyen, c’est la crise climatique. J’ai cette conscience qui m’a été transmise par mes parents … C’est presque une discipline de vie et, en tant que journaliste, ma force, c’est de pouvoir montrer les solutions, les territoires, les villes, les citoyens qui se sont convertis à l’écologie. On peut convaincre que ces changements-là sont possibles, et qu’ils sont déjà en marche !  Il nous faut aider nos sociétés à raisonner autrement. » Jean-Baptiste Bouvet

 

√ JE N’AI AUCUN PRISME PARTICULIER

« Je n’ai un prisme ni éducatif, ni politique, ni thématique. Je veux juste que mon article soit lu et plaise au lecteur. On construit l’article avec des cassures de rythme, des relances. Les journalistes sont des gens qui racontent des histoires, mais des histoires vraies. » Gilles Van Kote

 

√ IL FAUT SE BATTRE POUR DÉFENDRE CES ENJEUX

« Être un bon journaliste écolo sans être écolo, je ne vois pas trop comment c’est possible parce qu’il faut se battre pour défendre ces enjeux. » Jade Lindgaard

La spécialiste du climat chez Médiapart compare d’ailleurs volontiers les enjeux climatiques aux enjeux sociaux du XIX°s :

« Les intellectuels militants et les syndicalistes qui se battaient, à l’époque, pour mettre en place le système de protection sociale, luttaient pour des enjeux aussi gigantesques qu’aujourd’hui, avec le climat. […] Il y a un vrai parallèle et c’est la raison pour laquelle être journalistique sur ces questions, en France, doit passer par le même type d’engagement. ».

Dans la bouche de Jade Lindgaard, le terme « engagement » n’est pas anodin :

«  Le mot engagement veut dire plusieurs choses. Moi, je l’entends dans le sens de dénoncer une situation, un système de pouvoirs destructeur, à la fois de l’écosystème, mais aussi des conditions de vie. Il produit des inégalités environnementales, des inégalités par rapport à la santé, etc. Décrire ce système, être journaliste engagé, ça ne veut pas dire ‘’produire diatribes sur diatribes’’. Non, c’est un engagement dans la description de cette réalité et des faits. […] Il faut donner à entendre des témoignages et documenter une situation. Si mon horizon est de montrer à quel point la lutte contre le changement climatique est un enjeu de société majeur, ma stratégie pour y parvenir – et ma façon d’alimenter ma réflexion – c’est de passer par l’enquête. L’enquête et l’information journalistique. »

"COMMENT J’EN SUIS VENU AUX PROBLÉMATIQUES DU CLIMAT"

By Non classéNo Comments

Maître de conférence en Sciences de l’information et de la communication, Jean-Baptiste Comby remarque que « l’entrée dans le ‘’journalisme environnemental’’ après le début des années 2000 s’apparente plus à une étape dans une ‘’carrière’’». Les journalistes n’ont que très rarement une formation scientifique et n’envisagent guère cette spécialisation durant leurs études. Aussi le caractère transversal de la problématique climatique permet aux journalistes polyvalents d’approcher le climat par un angle qu’ils maîtrisent ou affectionnent spécifiquement.

√  LA FORMATION SUR LE TAS DE JOURNALISTES NON SPÉCIALISTES

« Je n’avais pas du tout de connaissances sur l’environnement et il m’a fallu une période de remise à niveau […]. La formation se fait sur le terrain : il faut travailler, couvrir les sujets, échanger avec les spécialistes – de manière parfois informelle – et se constituer un réseau. Il faut lire aussi bien sûr […]. Et au bout de quatre mois, vous commencez à comprendre les grands enjeux, les grandes thématiques et ce qui se cache derrière. » Gilles van Kote

L’ancien directeur du Monde rejoint la spécialiste du climat chez Médiapart, elle aussi formée « sur le tas » :

« L’environnement – en termes de nature – ne m’intéressait pas. C’est par le climat, cette notion très politique qui mélange société-inégalité-économie, que j’en suis venue à m’intéresser à l’écologie. J’avais tout à apprendre. Je me suis formée en lisant des bouquins, en travaillant sur les sujets, en analysant les dossiers, en réalisant des interviews d’acteurs, de chercheurs… Une des personnes qui m’a beaucoup aidée, c’est Pierre Lascoumes — chercheur et co-auteur de l’ouvrage ‘’Agir dans un monde incertain’’. Grâce à lui, j’ai identifié les acteurs et leurs positions. » Jade Lindgaard

La formation au « journalisme climatique » est autodidacte. Jean-Baptiste Bouvet insiste sur l’importance de quelques références bibliographiques :

« Il faut lire Pascal Canfin, Gunter Pauli, Rifkin, il faut lire Le climat va-t-il changer le capitalisme, de Jacques Mistral. Il faut lire une synthèse du GIEC. Il faut lire, il faut lire… Par ailleurs, chaque année, il y a un palmarès européen des Green Tech les plus prometteuses. Je m’y intéresse personnellement. Mais c’est sûr, c’est un long chemin pour accumuler des repères, des connaissances, des certitudes. »
Jean-Baptiste Bouvet

√ RECOURIR AUX EXPERTS : UNE ÉTAPE INDISPENSABLE

« On le devient un peu, mais on n’est pas expert. J’ai travaillé sur les OGM, les biocarburants, les semences améliorées, les propriétés intellectuelles sur les végétaux, tout cela est extrêmement complexe. Il faut s’appuyer sur les experts. » Gilles van Kote

Malgré les connaissances accumulées, les journalistes spécialisés ne peuvent se passer des experts pour vérifier leurs sources et ajuster leurs propos. La complexité des enjeux face au climat est telle que chaque sujet nécessite une approche prudente et rigoureuse. Le « comité climat »,
dont s’est doté France Info, veut éviter les écueils :

« Tout sujet vendu comme ‘’bonne solution pour le climat‘’ doit passer par un filtre éditorial et scientifique. Les experts du Comité Climat peuvent ainsi s’opposer face à une solution qui manquerait de consensus, une initiative qui aurait des effets pervers ou ne serait, en réalité, que du greenwashing. » Anne-Laure Barral

Confronté aux experts, le journaliste est parfois amené à réévaluer les solutions qu’il souhaitait traiter. La problématique du changement climatique requiert une grande prudence journalistique mais aussi — comme le souligne Jean-Baptiste Bouvet — le sens et l’acceptation de la critique :

« C’est un énorme travail d’enquête, on glane par le biais des mails, on demande à l’ensemble des interlocuteurs de nous faire remonter les idées, les innovations, les solutions dont ils ont entendu parler. Après, il faut se référer aux experts. Certains peuvent me dire ‘’non, votre initiative n’est pas exactement comme vous la décrivez, il y a un truc qui vous a échappé’’. Dans ces cas-là, il faut accepter la remarque et faire preuve de beaucoup d’humilité. » Jean-Baptiste Bouvet

Faire preuve de vigilance face aux rapports de force et aux discours des acteurs

By Non classéNo Comments

Comment approcher et médiatiser les « solutions au climat » compte tenu des rapports de force, des conflits d’intérêt et de l’influence (économico-politico-médiatique) exercée par les différents acteurs ?

PAROLES-A

√ ANALYSER ET DÉCONSTRUIRE LES DISCOURS DE CERTAINES ENTREPRISES

« On a du mal à percer le discours officiel des entreprises. Le nucléaire est un bel exemple de ces jolies histoires racontées par les communicants d’entreprises. On nous présente le nucléaire comme une énergie propre, sous prétexte qu’il émet moins de carbone que les énergies fossiles. Mon rôle est de déconstruire ce discours, admettre la faible émission en CO², mais soulever, par ailleurs, les problèmes que l’on tend à ignorer : le coût très élevé, le risque d’accidents, etc. » Coralie Schaub

 

√ PRENDRE DU RECUL SUR LES  DOGMES

« En général vous avez deux camps : le camp des industriels et le camp des « écolos ». Le premier voit les solutions dans les entreprises, le deuxième dans les individus, à des échelles beaucoup plus réduites. Et grosso modo, chacun tente d’utiliser le journaliste à son profit pour dénigrer l’autre camp. Très souvent, on s’aperçoit que ce sont deux dogmes qui s’opposent. Le journaliste ne doit être l’otage ni de l’un, ni de l’autre. Une solution est de faire appel à une panoplie d’experts : interroger des experts pour comprendre, dans un premier temps, une controverse scientifique. Puis, interroger d’autres experts sur l’antagonisme dogme/contre-dogme lui-même, c’est-à-dire sur la société : pourquoi est-ce qu’il y a cette controverse ? Pourquoi deux camps sont-ils prêts à dire tout et n’importe quoi (certains sont à la limite de l’honnêteté intellectuelle…) ? » Gilles van Kote

 

√ IDENTIFIER LES STRATÉGIES DE « GREENWASHING »

« Attention, il y a beaucoup de com’. Sans changer leurs façons de faire, certaines boîtes vont juste repeindre leurs actions en vert ».
Pour éviter de tomber dans cet écueil, France Info s’est doté d’un comité d’experts qui attribue le label #maplanète aux solutions jugées pertinentes :
« On les identifie à l’antenne pour montrer que ce n’est pas du greenwashing et que c’est quelque chose de plutôt consensuelle chez les experts. »
Anne-Laure Barral

 

√ PENSER EN TERMES DE RAPPORTS DE FORCE

« La politique de François Hollande, comme celle de Nicolas Sarkozy, est tellement désidéologisée que ce sont les rapports de force qui prennent le dessus. En 2007, l’UMP a fait une OPA sur l’écologie. A l’époque, j’y croyais. J’étais en désaccord avec les positions de Nicolas Sarkozy, mais je croyais réellement à un effet d’opportunité qui conduirait à de véritables réformes. Quelles en étaient les motivations ? Là n’était pas la question. L’annonce de la taxe carbone me paraissait crédible. Mais, dès 2010, je me suis progressivement rendue compte de mon erreur : c’est une question systémique dans laquelle je vois clairement apparaître la force des lobbies industriels, des entreprises, des groupes énergétiques. Ils sont sous-estimés par les ONG, pourtant ils pèsent énormément sur les réformes environnementales. Le problème, c’est que les partis politiques, les ONG ou les mouvements écolos méconnaissent le monde de l’entreprise. Tous construisent une discussion idéologique alors que la vraie bataille est celle des rapports de force. C’est sur cela que je concentre mon travail. »
Jade Lindgaard

RENDRE CONCRET ET ACCESSIBLE : LA VULGARISATION DES « SOLUTIONS AU CLIMAT »

By Non classéNo Comments

L’ invisibilité et le temps de réponse – très long – des écosystèmes aux dégradations qu’on leur inflige rendent le changement climatique peu « médiagénique ». Le travail du journaliste est de rendre ce sujet intéressant, concret et intelligible à son public. En relayant des initiatives concrètes entreprises partout dans le monde, des solutions qui contribuent à limiter les émissions, le sujet devient bien plus palpable et attrayant. Qu’en pensent les journalistes spécialisés ?

Comment faciliter la réception d’un sujet si complexe en vulgarisant les enjeux sans les simplifier ?

PAROLES-A

√ FAIRE PREUVE DE PÉDAGOGIE

« Il ne faut jamais se dire ‘’ça a déjà été expliqué’’. Les auditeurs n’ont pas forcément la mémoire de tout ça. Ma double mission est, 1) ne pas perdre un auditeur qui n’y connait rien, 2) en apprendre davantage à ceux qui sont dans le secteur. Pour les premiers, il faut utiliser des images. Il faut faire attention aussi aux phrases prononcées par les experts lors des interviews : il faut qu’elles restent compréhensibles en évitant les sigles. » Anne-Laure Barral

√ ILLUSTRER PAR DES EXEMPLES SIMPLES ET CONCRETS

« Le changement climatique se voit sur l’agriculture, sur les arbres fruitiers, sur la façon dont les espèces migrent, etc. Ce sont des papiers très tangibles. Si la science est une matière aride pour certaines personnes, nous devons rendre les choses plus concrètes. Les détails techniques peuvent être incompréhensibles. Avec les exemples, c’est plus clair. » Marielle Court

√ REDONNER LA PAROLE AUX CITOYENS

« Notre projet ‘’Le climat change et vous ?’’, sur Médiapart, est le fruit d’une rencontre avec les organisateurs du Festival du livre et de la presse d’écologie. Ils souhaitaient proposer un espace de parole non monopolisé par les experts du climat. Il s’agissait de sortir du discours savant pour le redistribuer plus démocratiquement. Nous avons fait un appel à contribution large pour nous adresser au grand public. L’hypothèse de départ était la suivante : les gens sont de plus en plus sensibles à la question climatique, ils sentent que quelque chose se passe et impacte leur vie. Mais tout ceci reste diffus. Notre pari est de faire émerger leur ressenti, d’aider nos lecteurs à l’exprimer, de montrer que le climat n’est pas l’apanage des experts, militants, ONG ou entreprises. C’est aussi une préoccupation qui monte dans la société. » Jade Lindgaard

√ MÉDIATISER LES INITIATIVES ET LES HISTOIRES D’HOMMES ET DE FEMMES

«  J’aime ce qui est concret. Bien sûr, il faut s’intéresser aux conférences internationales, à ce qui peut en sortir, etc., mais ce sont des sujets lourds et lents qui débouchent sur des papiers compliqués. Le sujet n’est pas toujours très excitant. On se doit d’aborder aussi des choses plus pratiques, plus précises, de terrain.

Par exemple ?

Sur la sécurité alimentaire, la culture des légumineuses en Afrique est un bon sujet. Ces plantes captent l’azote des sols et les fertilisent sans recours à des engrais minéraux. Un tel sujet raconte une histoire : des pays d’Afrique redécouvrent les vertus du haricot. Non seulement, des traditions locales sont réhabilitées, mais en plus, ce sont des pratiques agricoles exemplaires, susceptibles d’apporter une solution pour lutter contre la famine. Cette réalité est peut-être lointaine mais elle reste concrète. Sans nier le fait que 800 millions de personnes sont malnutries dans le monde (au contraire, chaque année, on va rappeler ce chiffre désespérant), on souligne, aussi, que des réactions existent dans ces pays : les communautés paysannes ne sont pas totalement démunies et n’attendent pas la prochaine famine sans rien faire. Les histoires d’hommes et de femmes intéressent le lecteur – bien plus que les affaires institutionnelles. Il faut aller à la rencontre de ces gens et raconter ce qu’ils font. Il n’y a, d’ailleurs, rien de plus excitant ! » Gilles van Kote

Médias & Climat : Le point de vue du psychologue – Serge Tisseron

By Le LabNo Comments

Serge Tisseron est psychiatre, docteur en psychologie habilité à Diriger des Recherches à l’Université Paris VII Denis Diderot, www.sergetisseron.com

Voir l’article de Serge Tisseron (PDF)

 

Pour une culture du « faire face ensemble »

Autour du climat, les mots changent aussi.
Celui de « réchauffement », d’abord privilégié, s’efface de plus en plus derrière celui de « dérèglement ». Le temps n’est plus « pourri », il devient fou, autrement dit imprévisible et dangereux, semblable à une sorte de terrorisme des éléments naturels. Et cette représentation des choses est évidemment favorisée par la façon dont les médias nous informent de ces dérèglements en tout lieu et à tout moment, avec des images saisies « sur le vif » par le téléphone mobile des protagonistes du drame. Nous ne sommes plus devant l’action, mais dans l’action, au point de nous imaginer déjà à la place des victimes. Et lorsque des journalistes interrogent des témoins, c’est hélas bien souvent pour privilégier ceux qui ont tout perdu plutôt que ceux qui ont su s’organiser. Ainsi, sans même que nous nous en rendions compte, s’insinue une fatigue d’impuissance dont la manifestation principale serait le sentiment d’être condamnés à subir. Certains n’osent même plus allumer la radio ou la télévision à l’heure des informations de crainte d’être submergés par le spectacle de la souffrance du monde. D’autres essayent d’oublier en se repliant sur des activités répétitives et stéréotypées, ou dans une recherche hédoniste à court terme. Comment en sortir ?

L’un des moyens de lutter contre ce danger réside dans une meilleure connaissance des drames du passé, et surtout dans la valorisation des expériences positives qui ont pu les accompagner. C’est dans ce but que j’ai lancé en 2012, avec l’aide du Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie (MEDDE) le site Internet « mémoiresdescatastrophes.org, la mémoire de chacun au service de la résilience de tous ». Ce projet participe à la construction d’une résilience qui, après avoir été décrite comme une qualité personnelle, puis comme un processus individuel, est maintenant conçue dans sa dimension collective et sociétale. Là où la résilience individuelle invitait à réfléchir en termes de soutien personnalisé aux plus fragiles, la résilience sociétale pense en termes d’information et de soutien réciproques, d’évaluation des vulnérabilités collectives, de confiance et de collaboration à travers des partenariats et des projets mutualisés. Elle est à la fois informative, formatrice, anticipatrice, interdépendante, et encourage la prise en charge de chacun par lui-même. C’est à la mettre en place que peuvent et doivent nous aider les médias, pour développer une culture du « faire face ensemble ».

Serge Tisseron

30/11 et 01/12/2015 Transformational Media Summit : rencontrez nos réseaux internationaux

By Agenda, L'actu de Reporters d'Espoirs, Les articlesNo Comments

Après Washington et Londres, c’est à Paris durant la Cop21 que se réunissent Reporters d’Espoirs et ses réseaux internationaux – journalistes, professionnels des médias, storytellers, réalisateurs, communicants… 2 jours de rencontres et d’échanges passionnants, les 30 novembre et 1er décembre 2015, réservés à 150 privilégiés.

En bref

Le thème : « Storytelling for a better world« , exploré à travers pitchs et ateliers, sur la créativité, l’innovation, le journalisme et les médias de solutions.
Le programme : consultable sur www.tmsummit.org
Parmi les intervenants : des personnalités et professionnels des médias du monde entier -USA, UK, DK, FR, ES, IT… Avec notamment Samuel Le Bihan (acteur producteur), Cathryne Gyldensted (journaliste, auteur, pionnière du journalisme constructif au Danemark), Laurent de Cherisey (fondateur de Simon de Cyrène et de Reporters d’Espoirs), Christine Cauquelin (Canal+)…
Le lieu : Place to B, le « hub » des médias et bloggeurs durant la Cop21.
L’adresse : Belushi’s, 5 Rue de Dunkerque, 75010 Paris
Réservation : 150 places seulement. Pour réserver votre place, c’est ici : http://tmsummitparis2015.eventbrite.com/

Plus précisément

The Transformational Media Summit is a gathering of changemakers, storytellers and media professionals and innovators from across the globe who are passionate about collaborating for good. Our vision is to use our creative talent and resources to help contribute to a more peaceful, prosperous, and sustainable world.

The summit addresses themes related to storytelling, media and technology for positive social, environmental and economic change. It brings together leading experts creating innovation in their fields drawing people from a diverse range of organizations such as: Reporters d’Espoirs, the BBC, UN Foundation, MTV, Discovery Channel, or the Jane Goodall Institute.

The summits have been attended by an international group of people working in the fields of media, social enterprise, international development, environmental preservation, economics, sustainable business, peace building, health, and well-being.

↗Launch summit in London in 2012
↗2nd summit in partnership with the UN Foundation in Washington, DC in November 2014
↗ 3rd summit in Paris during Climate conference/Cop21, with PlaceToB and Reporters d’Espoirs

An ideal spot: the partnership with Place to B 

TMSummit take place during Cop21, within the “Place to B” (St Christopher’s Inn Youth Hostel, its bar Belushi’s and Auditorium) located 200 meters from the Gare du Nord railway station on the line of the RER B train going to Le Bourget, where COP21 meetings will take place.

Place to B offers not only a place to stay, but also a coworking space, a program of events and a “News Fab Lab” about climate and solutions for the ecological transition. Place to B is above all a movement fuelled by all those who want to convey the message in a different way.

The modern complex has a capacity of 600 beds and opened in 2013. It will be especially shaped to host Place to B from 29th November to 12th December 2015. bedrooms are available to rent for your stay in Paris during Cop21.

Pour tout savoir : www.tmsummit.org

06/11/2015 Reporters d’Espoirs au Press’tival Info à Château-Gontier (Mayenne)

By Agenda, L'actu de Reporters d'Espoirs, Les articlesNo Comments

Cette année encore, Reporters d’Espoirs est partenaire du  Press’tiv@l Info.

Cet événement se tiendra du 2 au 30 novembre 2015 à Château Gontier (Mayenne).

Dans ce cadre, Gilles Vanderpooten, journaliste et directeur de Reporters d’Espoirs, participera à « Une soirée Capa : entre mémoire et espoir » vendredi 6 novembre à partir de 20h30 au cinéma Le Palace.

Cette soirée se déroulera en deux temps :

  • Projection d’un documentaire hommage aux victimes de la rédaction de Charlie Hebdo en présence du journaliste Antonio Fischetti, rescapé de l’attentat
  • Projection d’un documentaire consacré au bilan de Kindia 2015, une action récompensée en 2014 par le Prix de l’innovation Reporters d’Espoirs.

Programme complet de l’édition 2015 du Press’tiv@l Info de Château Gontier

Pour plus d’informations, visitez le site de Press’tiv@l Info.

31/10/2015 : Salon du livre de Trouville-sur-mer

By Agenda, L'actu de Reporters d'Espoirs, Les articlesNo Comments

Gilles Vanderpooten, auteur et directeur de Reporters d’Espoirs, sera présent à « Trouville sur livres », 14ème Salon du livre qui se tiendra au Casino Barrière de Trouville-sur-Mer samedi 31 octobre 2015.

Rencontres, dédicaces, débats… Trouville sur livres est une occasion de découvrir de jeunes auteurs et de rencontrer des écrivains de talent.

De 14h à 18h30, Jean-Claude Carrière et Gilles Vanderpooten dédicaceront leur ouvrage « Utopie quand-reviendras-tu ? » (Editions de l’Aube – 2015) qui retrace le parcours étonnant de ce fils de viticulteurs, consacré à 83 ans par un Oscar à Hollywood pour l’ensemble de son œuvre.

Ancré dans ses Cévennes natales où il retourne vivre chaque été, cet homme aux multiples talents – scénariste, écrivain, acteur, parolier, metteur en scène – est depuis longtemps engagé pour l’écologie. Mais il ne cache plus son découragement, se fait peu d’illusion quant à notre volonté d’agir face aux défis majeurs de notre temps.

Pour autant, il a la grâce de continuer à s’émerveiller de ce qui lui arrive et du monde qui l’entoure. Et voudrait croire en une folie salutaire. Viendra-t-elle de la génération de sa fille aujourd’hui âgée de 12 ans ? De la jeunesse qu’il voit s’engager ?

Rencontre avec un « honnête homme », généreux, cultivé, à travers mille anecdotes qu’il aime partager.

(Extraits de la présentation de l’ouvrage par l’éditeur)

Consultez le programme complet de l’événement

Prix Reporters d'Espoirs 2015 : les journalistes et médias dénicheurs de solutions mis à l'honneur au Palais d'Iéna à Paris

By L'actu de Reporters d'EspoirsNo Comments

Décerné pour la 6e édition le 12 octobre 2015, le Prix créé par Reporters d’Espoirs met à l’honneur le travail des journalistes qui se font l’écho d’initiatives répondant aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux auxquels notre société est confrontée.

Aida Touihri, fidèle amie et ambassadrice de l'association, anime la soirée de remise du Prix Reporters d'Espoirs pour la troisième reprise.

Aida Touihri, fidèle amie et ambassadrice de l’association, anime la soirée de remise du Prix Reporters d’Espoirs pour la troisième reprise.

Une information constructive, active et vigilante, voilà ce que fête le Prix Reporters d’Espoirs décerné depuis 2004 par l’association éponyme. Animée par la pétillante Aïda Touihri, journaliste sur LCP et D8, la soirée a fait résonner optimisme, humour et intelligence dans l’enceinte de l’auditorium du Conseil Économique, Social et Environnemental, hôte de l’événement. Optimisme, intelligence et humour, Laurent de Cherisey, président de Reporters d’Espoirs, n’en manque pas. Le co-fondateur de l’association a rappelé qu’aujourd’hui comme en 2004, se faire l’écho dans les médias des nombreuses initiatives mises en œuvre pour répondre aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux de notre société est primordial. « Les médias doivent être la voix des sans voix, ils doivent diffuser cette tension créative à l’œuvre dans notre pays », a affirmé celui qui souhaite « voir retentir les voix de l’espoir, creuser un chemin du possible ». Jean-Paul Delevoye, président du Cese, a lui aussi rappelé notre capacité à « faire jaillir des étincelles, à imaginer un autre monde, centré sur l’humain et le partage ».

Ariane Ascaride, comédienne et réalisatrice, invitée d’honneur de cette 6e édition, a elle aussi eu recours à l’humour pour évoquer son engagement artistique depuis trente ans. Afin de couper court à « l’envie de se jeter à la mer quand [elle] allume la radio chaque matin », elle a rêvé tout haut d’une information qui transcenderait la réalité et inciterait à prendre des initiatives. L’actrice a aussi rappelé que « tout film, toute forme d’art, qu’il le dise ou non, est engagé, transmet un message ». Des messages, les sujets en lice pour le Prix Reporters d’Espoirs n’en manquent pas ; qu’ils soient diffusés en presse écrite, à la radio, sur le web ou à la télévision, leurs auteurs transmettent l’espoir.

Coralie Schaub et Nathalie Dubois ont ainsi, dans Libération, mis l’accent sur les bienfaits de l’agroforesterie dans un article intitulé Avec l’agroforesterie, l’agriculture retrouve ses racines. Un papier dont le ton et le sujet ont enthousiasmé Philippe Onillon (AFP) et Viviane Chocas (Madame Figaro). « Un autre modèle économique est possible, a rappelé Coralie Schaub. Et l’agroforesterie prouve qu’il est préférable de travailler avec la nature que contre elle. »

Sur le web, pour Phosphore et RFI, c’est le documentaire La Dream teenqui suit les rêves de cinq ados aux quatre coins de l’Europe –, réalisé par Estelle Faure et Emma Roulin, deux jeunes journalistes indépendantes âgées de moins de trente ans, qui a conquis Christophe David (Capital). Côté télévision, le jury représenté par Alexis Donot (L’Argus de la Presse), Véronique Richard (Celsa) et Annabel Benhaïem (Le Huffington Post) a choisi de primer deux reportages. Avec En terre sainte pour comprendre, d’Amira Souilem pour Canal+, ils sont tombés sous le charme de Latifa Iben Ziaten, cette femme engagée en faveur de la paix et de la tolérance. « Un cours de tendresse et de fermeté », a assuré Amira Souilem. Avec Énergie solaire et artisanat maya, diffusé sur Arte, c’est à des problématiques à la fois environnementales, sociales, et d’autonomie économique que Laurence Cuvillier et Matthieu Comin nous frottent.

 

L'actrice Ariane Ascaride, invitée d'honneur du Prix Reporters d'Espoirs 2015.

L’actrice Ariane Ascaride, invitée d’honneur du Prix Reporters d’Espoirs 2015.

Guetteurs d’innovations

Pour le prix radio, la voix sympathique et pertinente de Côme Bastin pour Radio Nova a conquis Sophie Jovillard (France Télévision). En deux minutes, avec une belle énergie et beaucoup d’esprit, le chroniqueur de Le Futur, c’est maintenant se fait chaque semaine « guetteur d’innovations sociales ».

Sylvia Amicone (LCI), lauréate du Prix Reporters d’Espoirs en 2014 pour Tous acteurs du changement, a promis à ses confrères : « Avec ce prix, on se sent moins seule. Depuis, le regard de la rédaction a changé, j’ai davantage de soutien, je me sens légitime ». Légitimité et pérennité, c’est tout ce que l’on souhaite aux heureux vainqueurs de cette année !

Avant de clore la soirée, le Prix Innovation a pris le devant de la scène. Quatre initiatives étaient à départager, entreprises par L’Express (Du Business et du Sens, ligne éditoriale plurimédia animée par Isabelle Hennebelle, arrivée en tête du côté des internautes), France4 (Assaut de bienfaiteurs), le HuffingtonPost (avec sa rubrique Ca marche, la première du genre rassemblant l’ensemble des rédactions internationales d’un media plure-player), et Arte Future (avec le serious game Speed Farming 2050, jeu de gestion d’une ferme verticale urbaine).

Avant de remettre cette distinction décernée à parité par les internautes et le public, Christine Cauquelin (Canal+), lauréate 2014 pour Kindia2015, est revenue sur la genèse de ce documentaire consacré aux actions menées par des ONG en Guinée-Conakry, dont le 4e volet sera diffusé le 4 novembre prochain. La directrice des chaînes thématiques du Groupe Canal+ a remis le prix à Assaut de bienfaiteurs (France 4), une émission qui milite pour une solidarité locale et festive. Festive, cette soirée le fut indéniablement !

Lauréats, jury et équipes du Prix Reporters d'Espoirs partagent la photo.

Lauréats, jury et équipes du Prix Reporters d’Espoirs partagent la photo.

Malika Souyah, journaliste, rédactrice en chef à Reporters d’Espoirs

Pour en savoir +

> Retrouvez le palmarès du Prix Reporters d’Espoirs sur le site de l’association : www.reportersdespoirs.org

> La vidéo de la soirée du 6e Prix Reporters d’Espoirs, lundi 12 octobre au palais d’Iéna : bientôt en ligne !