Pour remettre en selle les exclus du système, le monde de l’économie sociale et solidaire déplace des montagnes ! D’Emmaüs Défi au réseau des Jardins de cocagne, ceux qui les accompagnent trouvent au quotidien du sens à leur engagement professionnel.
Charles-Edouard Vincent a pris un virage à 180 degrés. Salaire divisé par 4, ce surdiplômé (X-Ponts, Stanford) a troqué un beau poste d’ingénieur pour rejoindre, au milieu des années 2000, le mouvement fondé par l’abbé Pierre. « J’étais très heureux dans mon travail, j’étais investi à 150 %, mais j’étais travaillé par des interrogations, explique-t-il. Les années passaient, ma carrière professionnelle avançait, je faisais un peu de bénévolat de temps en temps pour les Restos du cœur, le Samu social, le Secours populaire, mais la question de la grande exclusion m’interpellait toujours et je ne parvenais pas à relier les deux. »
Sa rencontre avec Martin Hirsch, le président d’Emmaüs France, va chambouler sa vie. Après avoir négocié une année sabbatique, Charles-Edouard a enfin trouvé aux milieu des compagnons ce qu’il cherchait. Fondateur d’Emmaüs Défi, « Charly » se démène pour donner une deuxième chance à ceux dont le monde du travail ne veut pas.
Dans la capitale, le nouveau magasin solidaire que s’apprête à ouvrir l’association est alimenté par les dons des particuliers. Au tri, à la collecte ou à la livraison, des personnes très éloignées de l’emploi y sont remises en selle grâce à « premières heures », un astucieux dispositif dont Hélio Borges, éducateur spécialisé, a la responsabilité : « Les personnes qui vivent dans la rue sont incapables de faire 26 heures hebdomadaires, physiquement ce n’est pas possible. On leur permet donc de faire 4 ou 5 heures et, à leur demande, quand ils ont envie d’augmenter leur quota horaire, on l’augmente. » En quête de sens eux aussi, des cadres, passés par la banque d’affaires, le conseil ou l’audit, mais aussi des étudiants des grandes écoles ou des jeunes diplômés s’investissent sans compter pour convaincre les grandes entreprises d’apporter leur soutien financier ou logistique à leurs nouveaux projets. Des mécènes qui leur permettent d’innover en mettant en place de nouveaux services comme la téléphonie solidaire ou une banque solidaire de l’équipement.
• Arnaud Mourot, directeur Général d’Ashoka France, le plus grand réseau international d’entreprises sociales et solidaires au monde.
• Florence Gilbert, entrepreneur social, directrice de l’association Voiture & co, qui fournit notamment des solutions de mobilité bon marché aux personnes en recherche d’emploi.
Documentaire
Durée 52’
Auteure Nadya Charvet
Réalisation Nadya Charvet et Olivier Wlodarczyk
Production Presse and Co, avec la participation de France Télévisions
Année 2012
Viandes, légumes, poissons, dessert… Ecomiam propose 94 références de produits.
Cependant, ici pas de produits frais, enfin… fraîchement récoltés, on ne trouve que du surgelé.
L’enseigne travaille avec une quarantaine de producteurs, majoritairement bretons. Seule la viande de boeuf est d’origine charolaise. On y trouve du lieu jaune du Finistère, du poulet des Monts d’Arrée…
L’enseigne veut rétablir le lien entre les producteurs et les consommateurs en reprenant les fondamentaux du commerce. « C’est le producteur qui crée la valeur ajoutée donc c’est à lui que doit revenir le fruit du travail », déclare Antoine Sauvaget. Les intermédiaires sont donc réduits au maximum : les produits sont transformés sur place, le transport jusqu’en magasin est pris en charge par Ecomiam et les marges de distribution sont réduites. « On est un peu les irréductibles Gaulois de la production. On s’efface pour mettre en avant les produits des producteurs dans leur plus simple appareil, mais sans perte de qualité », assure-t-il. Le fonctionnement de l’enseigne lui permet de pratiquer des prix bas, sans aucun jeu de promotions.
Pour exemple, un poulet Label Rouge est à 4,45 € le kilo et le rôti de boeuf charolais à 14,65 € le kilo. Le client peut aussi choisir d’acheter en colis ou à l’unité. Dans le magasin de 300 m², on ne trouve aucune affiche publicitaire, ni message marketing, le client se sert directement dans les bacs de surgélation. L’enseigne refuse tout artifice et fait le minimum en terme de communication pour encore une fois ne pas élever le prix de vente.
« Le client achète le produit et rien d’autre », insiste Antoine Sauvaget. Les produits sont conditionnés dans des emballages neutres et transparents. Une étiquette indique leur provenance et la part réservée au producteur (environ 50 %), au transformateur (environ 30 %) et à Ecomiam (environ 20 % avec les taxes).
Le concept est né en 2009 au port de commerce de Brest avec Daniel Sauvaget, le père d’Antoine, l’actuel directeur général. Ecomiam a commencé par vendre des poulets surgelés entiers. Pour faire face à la demande, un circuit de distribution par camion itinérant a été mis en place et très vite la vente en magasin s’est imposée. En 2012, Ecomiam a réalisé un chiffre d’affaires de 2 millions d’euros. L’enseigne ouvre son 7e magasin à Lannion.
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Créé en 2007, le réseau national « Planète Sésame » a pour objectif l’émergence, la création et la pérennisation d’entreprises sociales sur le créneau des cuisines du monde. Le réseau Planète Sésame développe une stratégie d’essaimage de projets locaux et d’échange d’expériences au travers d’un réseau national.
L’enjeu de cette démarche est de contribuer à renforcer l’égalité des chances, la cohésion sociale et la lutte contre les discriminations. Cette action s’adresse à des personnes de cultures différentes, de nationalité française ou étrangère, en situation difficile, qui ont des talents de cuisiniers et qui souhaitent en faire leur métier. Il s’agit de faciliter l’autonomie et la professionnalisation pour l’accès à un emploi qualifié et durable. La mise en place d’un « Planète Sésame » s’appuie sur un réseau d’acteurs partenaires. Planète Sésame 92 fait partie de ce réseau.
Planète Sésame a deux grandes activités :
– La vente à emporter de plats chauds, salades, sandwichs dans un camion magasin près des zones de bureaux.
– L’organisation de réceptions et la livraison de cocktails, buffets, et plateaux-repas (en pulpe de canne à sucre biodégradable !).
Planète Sésame 92 connait un fort développement. Sur le seul mois de janvier 2012 l’entreprise a multiplié son chiffre d’affaires par plus de 6 par rapport au même mois l’année précédente ! Avec un taux de retour à l’emploi durable de 50%* (L’État requiert 25%).
Planète Sésame est une réussite en terme d’insertion. Pour poursuivre sa croissance Planète Sésame 92 a bénéficié en 2013 d’un local plus spacieux (450 m2), situé en Zone Urbaine Sensible (ZUS), près de Nanterre Université.
*50% des emplois d’insertion débouchent sur un CDI, un CDD ou une formation qualifiante.
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Une douce chaleur règne chez 4 MTec, à Montrouge. Ici, pas de chauffage central, mais une quinzaine de Q.rad, les « radiateurs numériques » de la start-up Qarnot Computing, hébergée dans les locaux de ce bureau d’études. A l’origine de cette invention, Paul Benoît, ingénieur polytechnicien aux faux airs de Harry Potter, croit beaucoup dans son système « économique et écologique ».
Avec ses trois associés, dont le médiatique avocat Jérémie Assous, très investi dans la promotion du projet, une vingtaine de personnes planchent aujourd’hui sur sa mise en œuvre.
Le principe, que comprendront tous ceux qui ont déjà travaillé avec un ordinateur portable sur les genoux : utiliser la chaleur dégagée par des processeurs informatiques installés dans le radiateur. Vendue à des entreprises, des particuliers, des centres de recherche pour traiter des données ou faire du calcul intensif, leur utilisation suffit largement à couvrir la dépense en électricité. Avantage pour l’habitant du logement ainsi chauffé : c’est gratuit! Et pour les clients des serveurs informatiques, la garantie de tarifs bien inférieurs à ceux des coûteux data centers. Mais l’atout est aussi écologique : « notre système gaspille cinq fois moins d’énergie pour le même résultat », affirme Paul Benoît.
Du côté des utilisateurs informatiques, c’est la question de la sécurité qui prime : là encore, Paul Benoît est sûr du résultat. « Nos systèmes ne stockent pas de données, elles ne font qu’y transiter de manière cryptée et à travers des calculateurs disséminés un peu partout. » Et si l’on tente d’ouvrir la machine, « elle s’arrête », prévient l’inventeur.
Des arguments qui ont déjà convaincu : le mois prochain, 25 radiateurs viendront chauffer l’école d’ingénieurs Télécom Paris Tech. Et à partir de cet été, ce sont quelque 300 Q.rad qui vont être installés dans la centaine de logements d’un HLM du XVe arrondissement parisien, à Balard. « Une première expérimentation à grande échelle, salue Jean-Louis Missika, l’adjoint parisien chargé de l’innovation et de la recherche, pour un projet qui pourrait être révolutionnaire! »
La démarche à voir en vidéo ICI
Permettant d’échapper aux seules considérations de soin et de santé, le prisme esthétique se fraye peu à peu un chemin dans des univers qui auraient pu, a priori, en être très éloignés, tels que le handicap ou la maladie.
De plus en plus d’initiatives osent mêler beauté et handicap (défilés de mode, campagnes de pub, expos photo, concours de beauté (lire articles en lien)), qui laissent augurer une nouvelle façon de percevoir les différences… et de se percevoir aussi soi-même.
LE CODES est une association unique qui, depuis 1978, a pour mission d’aider les souffrants à dépasser leur mal-être en les réconciliant avec leur corps et leur image grâce aux soins esthétiques. Depuis plus de 30 ans, ses deux principales actions sont la formation au titre d’Etat de « socio-esthéticien(ne) » et la promotion de la socio-esthétique comme discipline transversale et métier complémentaire dans le cadre de l’accompagnement médical et social.
« Le passage de la socio-esthéticienne a toujours été ressenti comme un moment de calme, de construction, de reprise de confiance par le patient, explique le professeur Le Floch, cancérologue et président du Codes. La maladie ne signifie plus un abandon ; l’image de soi dans le miroir ou dans les yeux de ses proches devient un reflet d’espoir et de sérénité suscitant un nouvel élan de courage.»
Dès 1979, le CODES met en place la première formation en France de « socio-esthéticien(ne) », titre reconnu par l’Etat depuis 2007 et inscrit au répertoire national des certifications professionnelles. En 35 ans, 1 100 professionnels y ont été formés.
Le CODES est devenu le référent en matière de socio-esthétique en France mais s’ouvre également à l’international depuis neuf ans, une première antenne ayant été créée au Japon en 2004 (41 Japonais ont été accueillis au cours de ces trois dernières années à Tours. Ils ont suivi les cours du CODES pour en comprendre l’organisation et la collaboration avec les professionnels de santé).
A son initiative, le 2ème Congrès national de socio-esthétique a lieu le 15 avril 2013, au sein de l’Institut Pasteur, à Paris. En 2012, lors de sa première édition, il avait réuni près de 450 participants.
Un article à retrouver ICI
(Source : Handicap.fr/Emmanuelle Dal’Secco)
Des milliers d’hommes et de femmes (entre 2000 à 5000) vivent et dorment dans les rues et les recoins de l’espace public parisien, exposés aux intempéries, à l’insécurité et aux maladies.
SOS MEITE MEITE est une association créée depuis août 2011 regroupant 300 bénévoles (pour la plupart entre 18 et 30 ans). Ces personnes accordent un peu de leur temps pour une cause juste : la solidarité entre humains.
Venant en aide aux plus démunis d’Île-de-France, ils distribuent de la nourriture et des vêtements aux sdf, réalisent des travaux tout corps de métier gratuitement ou à prix symbolique.
« SOS Meite Meite » est un cri du cœur lancé par Ahmed Meite. Ce jeune artisan peintre de vingt et un ans a fondé son association pour venir en aide, à sa façon, aux sans-domicile fixe.
Son éducation lui a appris la générosité. « Ma mère me disait d’aller donner une pièce aux plus démunis, nous raconte-t-il. Je voulais donc monter un projet humanitaire lorsque j’aurai trente ans. »
Mais pourquoi attendre ? Le décès de son cousin le fait réagir. « La vie est trop courte. Il faut agir maintenant. » Un autre déclic survient. Alors qu’il se trouve au supermarché, Ahmed prend conscience que donner un euro ou une bouteille d’eau revient au même. L’aventure commence !
Le 19 août 2011, il crée la marque SOS Meite Meite. Pour récolter des fonds, il vend des tee-shirts. L’acteur Fred Testot en possède un. Ahmed ne rencontre aucun obstacle. « Ce n’est pas de la chance, c’est du travail. Je peux travailler de minuit à minuit. »
Il lance sa page Facebook, qui compte déjà 6 900 abonnés. Sur ce réseau social, beaucoup de jeunes organisent des aides. Une étudiante a créé un collectif, Aido Sansabris. Une ancienne bénévole d’Ahmed a fondé Unicité, oeuvrons dans le bien et un groupe de jeunes hommes, Au coeur de la précarité. Sur ces pages : appels aux dons et création d’événements. « Il ne faut pas être pressé. »
La patience est une vertu et Ahmed le sait. Il dépense 5 000 euros avant de demander le statut d’association, un an plus tard. Une ou deux fois par semaine, tout au long de l’année, ses jeunes équipes distribuent des paniers-repas et des couvertures. Mais Ahmed veut se distinguer des grandes organisations. Il souhaite que tous les fonds soient dépensés pour les SDF. Et il veut créer un lien avec eux. « On les appelle par leurs prénoms. Ils partagent avec nous leurs bons et mauvais moments. » Ces jeunes se mobilisent en fonction de leurs moyens. À tous ceux qui n’osent pas franchir le pas et se disent : « Ça ne changera pas le monde », nous répondons « ça agira au moins sur votre ville. Eux l’ont bien compris ! ».
Cette mission est rythmée les samedis, par nos maraudes solidaires, au cours desquelles plusieurs panier-repas sont distribués (entre 40 et 60) du café du thé des gâteaux, ainsi que de vêtements.
Plus d’infos ICI.
Prix Nobel de chimie et pionnier Shamengo, Alan Heeger a créé un panneau solaire flexible, une révolution technologique !
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